Le vélo, liberté urbaine ?

Le vélo, liberté urbaine ?

C’est l’événement politique de la semaine qui m’a fait ressortir cette idée d’article de mes tiroirs… Quand Christiane Taubira a quitté le gouvernement, sourire aux lèvres, à bicyclette, on a érigé ce vélo en « symbole de liberté » – n’ayons pas peur des mots.

Alors je me suis rappelée qu’il y a quelques mois déjà, je m’interrogeais sur ce phénomène récent – pour moi du moins – du vélo électrique. J’ai l’impression très nette que le vélo est de plus en plus répandu, souvent électrique, toujours assumé comme un mode de transport – et un transport à la mode – quasiment parfait.

Le côté électrique, c’est chic, c’est tendance, c’est urbain. Et à vrai dire, Marseille est si vallonnée que le moteur peut s’avérer tout à fait nécessaire si l’on n’a pas de douche sur son lieu de travail…

Et puis c’est devenu familial, le vélo. Sièges adaptés, charriotes à tirer, barres pour relier un vélo enfant à l’arrière d’un vélo adulte… et on roule en famille !

Moi même je me laisserais presque tenter par le vélo (électrique hein faut pas abuser) – écologique, pratique, dynamique – si je n’avais pas terriblement peur de l’accident. Alors pour l’instant, je me contente de regarder en souriant mes voisins gravir notre rue en pédalant tranquillement, je m’interroge, j’écris cet article, je prends des photos, et j’attends le déclic…

Et vous, vélo ?

Mes chers parents je vole…

Mes chers parents je vole...

Ce matin, au petit déjeuner, mon fils – presque cinq ans – se met à chanter cette litanie : « Mes chers parents je vole, je vous aime mais je vole… »

Lorsqu’il perçoit mon regard interrogateur, il me dit : « Tu sais ce que ça veut dire, je vole, maman ? Ça veut dire que la fille elle s’en va de la maison de ses parents. Il me l’a expliqué, papa, quand on l’a vu à la télé (La famille Bélier, pour ceux qui n’auraient pas suivi). »

Et puis il fait une petite bouille que je reconnais, un minois qui semble murmurer qu’elle ne devrait pas, que c’est une bêtise…

Alors moi : « Tu sais, toi aussi tu partiras, un jour, quand tu seras grand.

– Ah non ! Moi quand je serai grand je resterai dans cette maison, déclare-t-il en montrant la pièce autour de nous, parce que sinon je serai plus avec papa et maman. »

Deux ans et demi, et un petit problème de place

Deux ans et demi, et un petit problème de place

Les jeunes enfants, c’est souvent, en plus de tout le reste, un souci de garde. Et à l’usage, on se rend vite compte que le choix est bien plus restreint qu’il n’y paraît, entre les différents modes de garde…

Les places en crèches ? Rarissimes dans les crèches municipales et dans les crèches privées à prix abordable. J’ai été surprise de parvenir à dégoter, en urgence, une place pour ma fille l’an dernier… en micro-crèche. Un endroit génial, mais à près de 100€ la journée tout de même. Bon, résumons. Les places en crèche, on en trouve, si on aligne les ronds. Soustrayons à cela les aides de la CAF qui se tarissent aux trois ans de l’enfant, et le budget se resserre.

D’autres modes de garde ? Les assistantes maternelles… Mais souvent elles ne sont pas si ouvertes à l’accueil des petits à temps partiel.

Reste l’école, puisque ma puce aura deux ans et sept mois à la rentrée prochaine. Mais, là encore, contre toute attente, c’est un problème de place qui se pose. La puce, née en janvier, ne sera pas « dans l’année de ses trois ans » en septembre prochain. Alors la mairie étudiera mon dossier après la rentrée – pratique pour s’organiser, n’est-ce pas ? Même les écoles privées n’ont plus de place, un an à l’avance pourtant !

Au final, c’est quand même un petit casse-tête qui se pose. Quand je l’aurai résolu, je vous dirai comment…

Mais vous, dites-moi, est-ce que vos enfants ont trouvé leur « place » ?

La parole automatique

La parole automatique

« Ne t’inquiète pas », me dit mon père.

« Tu manges, hein, papa ?

— Mais oui, ne t’inquiète pas. »

« Tu prends tes médicaments ?

— Oui oui, ne t’inquiète pas. »

« Tu m’appelles si ça va pas !

— Ne t’inquiète pas. »

Jusque dans le box d’un service d’urgences : « Ne t’inquiète pas. »

Alors si, je m’inquiète, et sa phrase automatique, répétée comme une prière, comme une ponctuation, il y a des moments où je voudrais juste ne plus l’entendre. Cette exhortation impossible, ce conseil irréalisable, je souhaiterais surtout qu’il le taise.

Un jour, je lui ai demandé de ne plus prononcer ces mots. Et pendant trois jours il s’est retenu.

Mais les mêmes mots sont revenus, dans ma propre bouche. « Ne t’inquiète pas », à mon fils. Comme une phrase gravée dans mon esprit. Une phrase qui sort sans qu’on y pense.

Il y en a tant d’autres, inscrites au fronton de nos habitudes, sentences inutiles autant qu’automatiques.

« Ne pleure pas », aux jeunes enfants qui geignent dans nos bras.

« Tu vas te faire mal », comme une prédiction que l’on fait pour éviter qu’elle ne se réalise. Celle-là, j’arrive parfois à la remplacer par « Tu RISQUES de te faire mal ». La langue française est nuances…

Je suis sûre que vous en avez, vous aussi, des phrases automatiques…

Les petits boulets !

Les petits boulets !

« Je vais l’écharper ce gosse ! » murmure-t-il, exaspéré.

Le jeune garçon vient de passer à toute allure à côté du bureau de son père, faisant voler un paquet de feuilles. L’homme devient cramoisi et se lève en fulminant. Sans un mot, il ramasse les feuilles étalées par terre, se rassoit sur son fauteuil de cuir vieilli et entreprend de les remettre en ordre.

Dans la pièce voisine, Thomas, cinq ans, court après sa petite sœur en poussant des cris stridents.

Sans bouger de sa place, Claude prend une grande respiration, comme pour se calmer, mais sa voix se fait tonitruante lorsqu’il s’adresse à son épouse :

« Dis-leur d’arrêter de courir, et d’arrêter de gueuler, on va encore avoir des ennuis avec les voisins. »

Le volume sonore baisse un petit peu, mais cinq minutes plus tard le camion de Sam le pompier file, sirène hurlante, sur le sol stratifié du petit appartement.

Thomas crie : « Attention, accident !!! » et le jouet lancé à fond traverse l’entrée, passe la porte de la chambre des parents et finit sa course folle dans le verre que Claude, faute de place sur le bureau surchargé, a posé par terre.

La bière se répand. Le père met sa tête dans les mains en soufflant bruyamment.

« Pardon papa ! » entonne Thomas de sa voix fine et claire, nuancée d’une pincée de regret.

Tandis que Claude attrape un torchon pour éponger sa bière, Thomas a rejoint sa petite sœur et sa mère dans le salon. Il attrape un poupon qui traîne là, et se met à le remuer dans tous les sens. La petite Clara, deux ans, lève des yeux admiratifs vers son grand frère, mais lorsqu’elle voit ce qu’il fait subir à son bébé de plastique, elle se met à hurler. Sa voix aigüe crispe les corps, attaque les oreilles, et le son insupportable de son cri ne semble pas vouloir s’arrêter. Elle attrape le poupon et le tire vers elle, l’arrachant avec violence des bras de son frère. Celui-ci, surpris et vexé, essaye de récupérer le jouet, en vain. A chaque tentative, Clara parvient à s’échapper en poussant un petit cri strident.

Alors Thomas se met à pleurer. Le visage déformé, il parvient à faire couler des larmes sur ses joues. Il fixe sa mère d’un œil implorant, les sanglots vont crescendo.

Suzanne attrape avec tendresse chacun de ses enfants par une main, et déroule, sans être écoutée, ses explications.

Pourtant, les larmes et les cris ne cessent pas. Essayant à nouveau d’échapper à son frère, Carla retire vivement la poupée en levant le bras au dessus de sa tête. Cette fois, l’objet lui échappe des mains et va se fracasser sur le camion de pompier. Au bruit de plastique brisé succèdent les pleurs de Thomas qui redoublent de force. La grande échelle ne tient plus.

Le temps de faire passer la crise, et Thomas rejoint sa sœur pour jouer aux figurines dans leur chambre. Moins d’une minute plus tard, il est de retour devant ses parents qui regardent la télé, enfin posés dans leur canapé, et il les interroge en leur montrant deux petits bonhommes en plastique : « C’est qui, eux ?

— Joe et Averell Dalton.

— Et ça ?

— Ça, ce sont leurs petits boulets. Ils sont petits, mais très lourds.

— Un peu comme…

— Comme quoi, papa ?

— Comme rien…

Tu redeviendras poussière

Tu redeviendras poussière

Un jour ou l’autre, nous y serons… Et pour certains d’entre nous, un petit tas de cendres dans une boîte.

Je suis dans un moment de ma vie où j’ai décidé de m’occuper – enfin – des cendres de ma mère. La décision fut sans appel, en attendant. Il est hors de question que je garde une boîte avec les cendres d’une personne morte – fut-ce ma mère – à l’endroit où je vis. Alors j’ai déplacé l’objet dans le nouvel appartement de mon père, planqué au fond d’un placard. J’ai réfléchi à ce que j’allais en faire. J’ai ri, avec mon père, avec mon mari, du cocasse de cette situation heureusement inhabituelle. Mais surtout, j’ai exprimé le souhait de ne pas « finir », moi-même, en tas de cendres dans une boîte. Enfin, pour le tas de cendres, oui. Mais pour la boîte, non.

Ce « contenant » que mon mari ou mes enfants devraient transporter de maisons en placards… Jamais de la vie (si je peux me permettre l’ironie d’une telle expression) !

Les morts que l’on enterrait dans les cimetières, au moins, ne vivaient pas à l’état de petite boîte dans nos maisons (ou pire, sur une étagère bien en vue). De toute façon, à quoi bon conserver ces reliquats, puisqu’ils vivent pour l’éternité dans nos souvenirs et dans nos cœurs ?

Le jour où les cendres de ma mère retourneront à la poussière du monde, je devrai l’expliquer à mes enfants, et d’une certaine façon, la boucle sera bouclée…

Clic clac, et le lit s’ouvre comme un parapluie

Clic clac, et le lit s'ouvre comme un parapluie

Je n’ai jamais vu un parapluie aussi difficile à utiliser… Le lit parapluie, si l’on en croit son nom, devrait s’ouvrir en un clic, ou en un claquement de doigt.

Mais non.

Au passage, peut être l’ignorez-vous, mais il existe des alternatives au lit parapluie, Maman dans le vent y parle dans son blog, ici, et c’est d’ailleurs son article qui m’a inspiré celui-ci.

Si vous avez quand même choisi un classique lit parapluie, la première fois, il vaut mieux avoir quelques dizaines de minutes devant soi. Et même les fois suivantes… En ce qui me concerne, j’ai joué les flemmardes. Pendant que « maman » s’occupe de la tétée d’endormissement, « papa » ouvre le lit parapluie. Ainsi ai-je échappé à la corvée pendant des années (oui, j’allaite longtemps, mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui), et puis un jour, j’ai dû utiliser le fameux lit parapluie, seule. Plus de quatre ans après la naissance de mon aîné, je me suis – enfin – confronté à ce faux-ami du jeune parent. Et j’ai bien cru que je n’y arriverais pas.

Je savais que l’ouverture était soumise à des circonstances hasardeuses. J’avais bien vu mon homme y passer du temps, s’y reprendre à plusieurs reprises, plier pour déplier puis recommencer… Jusqu’à ce que la tige – ou que sais-je – se fiche dans l’encoche.

Depuis des mois – des années – on a mis cette difficulté sur le compte d’une soi-disant déformation du lit. Il se serait « voilé » dans le coffre de notre voiture, sous le poids des valises, ou se serait déformé à force d’être plié et déplié… Dans cette histoire, il est possible que l’on se fourvoie, dans un sens ou dans l’autre, d’ailleurs…

Mais dites moi, vous… Il s’ouvre aussi facilement qu’un parapluie, votre lit-parapluie ?

Surconsommation

Surconsommation

Elle sortit un sachet de thé de la boîte en carton et lui imprima un léger mouvement de balancier, observant sa forme pyramidée. Encore un de ces produits « nouvelle génération » aux performances, goûts et prix sur-améliorés. Elle trouvait cela ridicule, toutes ces nouveautés soi-disant révolutionnaires, mais son mari et ses enfants les adoraient au contraire. Ainsi, chaque semaine, ils revenaient des courses avec les derniers nés des industriels : blocs de produit-lavant-tout-compris-anti-vaisselle-ternie encore plus efficaces, sodas et sucreries sans-sucre-mais-avec-vitamines-à-hauteur-des-apports-de-cinq-fruits-et-légumes-par-jour, mélange d’épices-extraordinaires-et-leur-sac-plastique-pour-une-cuisson-géniale-au-micro-onde, parmi d’autres choses incroyables.

En suivant, distraite, les oscillations du sachet pointu, elle se mit à songer à la cuisine de sa grand-mère. Dans cette pièce, claire, lumineuse, chaleureuse, emplie des odeurs de son enfance, elle avait observé, des années durant, la lourde cocotte en fonte où mijotaient les ragoûts, la batterie de cuisine en cuivre accrochée au mur, les ustensiles en bois. Aujourd’hui, entourée de sa multitude de gadgets modernes, noyée sous des kilos de plastique, elle enviait cette modeste simplicité.

Oubliant son sachet dans l’eau bouillante, elle quitta sa cuisine précipitamment. Sa famille l’appelait pour qu’elle vienne ouvrir son cadeau de fête des mères. Avec vivacité, elle déchira le papier, et découvrit le dernier né des gadgets de cuisine : un épulpeur.

« Merci », murmura-t-elle, sans conviction. « On n’en avait pas encore. »

Pendant que ses enfants tournaient le carton dans tous les sens pour détailler les différentes fonctions de ce nouvel appareil, son mari se mit en quête d’une place pour ranger le nouveau venu dans leur cuisine aménagée.

La mère de famille retourna, en soupirant, remuer son sachet de thé dans l’eau bouillante. Saisissant son smartphone, elle pianota sur le clavier, dans la barre de recherche google : « Quel livre acheter pour apprendre la décroissance heureuse à des surconsommateurs hystériques ? »

Et le papa ?

Et le papa ?

Plus de deux mois que j’écris, ici, ma vie de maman.

Et le papa, dans tout ça ?

Mon homme, mon amour, ce père formidable pour nos enfants… Il est là, en filigrane dans tout ce que j’écris de notre vie de famille. Tellement présent. Mais je ne voulais pas parler en son nom. Alors sa présence est restée diffuse, parfois presque imperceptible.

Aujourd’hui, je veux le raconter, en secret (car il ne sait rien de cet article, il le découvrira comme vous).

Sur le dessin – spontané – de mon fils, son papa (à gauche) m’a transformé en glaçon (oui, c’est moi la chose informe dans le carré rose sur la droite). Un papa roi des neiges en somme !

Mon homme, il est, je suppose, ce que certains appelleraient un « papa moderne », un « super papa », un « papa impliqué ». Et je me questionne sur ces « nouveaux papas ». Sont-ils en passe de devenir la majorité ? A quel point faut-il valoriser cette soi-disant révolution de la paternité ? Pour moi, le problème, si je peux me permettre ce mot, avec les « nouveaux pères » — comme le souligne très justement une blogueuse dans ce billet — c’est qu’ils sont encensés lorsqu’ils jouent leur rôle de père. Alors que nous, les mères, peu importe à quel point on se démène pour faire de notre mieux, personne ne nous dira jamais qu’on est une bonne mère. Pire, au moindre souci chez nos enfants, on sera pointée comme la responsable.

Mais sortons de cette opposition stérile. Cela ne concerne pas le père de mes enfants. Il n’y est pour rien, si le monde ne tourne pas toujours rond…

Pour moi, le papa de mes enfants, c’est mon égal. Il peut faire tout ce que je fais. Je peux faire tout ce qu’il fait. Nous sommes tous les deux, tout simplement, des parents pour nos petits.

S’il est « Papa » pour mes enfants, il demeure «Chéri», «Mon amour», pour moi. J’essaie de ne jamais m’adresser à lui en lui disant « papa ». C’est un interdit, chez nous, de nous appeler mutuellement « Papa Maman ». Parents à temps plein, nous voulons rester, quand même, des amoureux…

Mais vous, au fait, vous en pensez quoi des « nouveaux papas » ?

Tenir son enfant par la main

Tenir son enfant par la main

J’étais loin d’imaginer ce que l’on ressentait en serrant la main de son enfant, avant de le toucher du bout des doigts…

Pendant des mois, des années, j’ai marché avec lui dans la rue, tenant sa petite main dans la mienne.

J’ai savouré. Tendrement pressé sa paume.

J’ai goûté, cette chaleur, cette douceur.

Je me suis sentie entièrement maman à travers ce simple geste.

Tenir sa main. Cheminer avec lui. Lui parler, lui montrer, l’emmener avec moi. Être avec lui.

J’avais pris l’habitude de passer mon petit doigt de l’autre côté de sa main, pour l’enserrer plus près, plus fort. Puis il a grandi et m’a dit, m’a répété, de ne plus faire ça. Il m’a montré comment il voulait que je le tienne.

Les mois passant, j’ai gardé sa main. Je n’arrivais pas à imaginer qu’un jour je le lâcherais, qu’il marcherait à côté de moi, sur un trottoir, au cœur de cette ville dangereuse, tout près des voitures, des scooters, des clébards. Qu’il marcherait et que sa main ne serait plus dans la mienne.

Il en était capable depuis longtemps. Mais sa main restait là.

Et puis, ma fille a grandi. Au début de l’année dernière, elle a fait ses premiers pas, et quelques mois plus tard elle s’est mise à réclamer de descendre de mon dos. Alors, j’ai commencé à marcher, dans la rue, en tenant sa toute petite main, à elle.

Le moment était arrivé. J’ai lâché la main de mon fils.

Aujourd’hui, il m’arrive encore, souvent, de réclamer sa petite main à mon grand garçon… mais de moins en moins.

En écrivant cet article, j’ai une chanson qui trotte dans ma tête, une chanson au goût de nostalgie. Prendre un enfant par la main. Je me souviens du jour où je l’ai entendue pour la première fois, j’étais alors toute jeune, et ma mère tellement émue de me faire découvrir cette chanson qu’elle adorait.

Près de vingt-cinq ans plus tard, c’est mon tour. Je comprends.

Et j’ai encore quelques mois, quelques années, à tenir la main de ma fille…