Le principe de réalité

Le principe de réalité

Peut-être avez vous, vous aussi, remarqué la différence plus que notable qui existe entre la théorie et la réalité. Un fossé qui s’avère d’autant plus large et plus profond que les enfants sont jeunes… Ou peut-être est-ce lié à ma naïveté volontaire (mon arme quotidienne contre le pessimisme ambiant) ? Quoi qu’il en soit, voilà ce que je retiens de mon lundi de Pâques, et qui m’a donné l’envie d’écrire cet article.

Le programme de la journée, c’était une chasse aux œufs au château, avec visite guidée, animation médiévale par un chevalier, fabrication de boucliers et couronnes, et contes de Pâques. Sur le papier, une belle journée en famille pleine de jolies surprises, donc ! Pourtant, en réalité…

Nous sommes arrivés vers midi, deux heures après l’ouverture, alors qu’on aurait voulu être sur place assez tôt. Il y avait une file d’attente gigantesque pour acheter les billets. Le temps passant, nous renonçons déjà à l’animation médiévale (« Il y a tant de monde, nous reviendrons plus tard ! »). Après trois-quarts d’heure, les précieux sésames en main, nous nous précipitons à la chasse aux œufs. File d’attente, on nous donne deux tickets pour récupérer des paniers vides. Puis il faut attendre encore que des enfants ramènent leur panier. Heureusement, ça ne dure pas trop. On commence la chasse, mais les lapins de Pâques ne sont pas très nombreux, les plus grands les suivent et raflent tous les œufs. La récolte, pour mes petiots de deux et cinq ans, relève alors du tour de force. Nous les aidons de notre mieux, puis échangeons notre maigre récolte — de deux et trois œufs — contre des œufs en chocolat.

Vers une heure et quart, nous nous installons pour déjeuner sur l’herbe. Comme à son habitude, la petite bouge dans tous les sens, renverse du riz, demande de l’eau toutes les deux minutes, refuse de manger puis crie quand on lui retire son assiette…

Après le pique-nique, c’est l’heure du conte. Quand on arrive toutes les chaises sont déjà occupées et les enfants installés devant. Je dégote une place étroite pour mon fils. Mon mari berce la petite un peu en retrait, le spectacle commence. Le micro ne fonctionne pas, les essais s’éternisent, et finalement, ce sera sans micro. Tous ceux (nombreux) qui n’entendent pas décrochent, mais mon fils est intéressé. Ma fille, elle, ne dort pas malgré la fatigue et fait des aller-retour sur les pelouses, avec moi ou son père sur les talons. Elle ramasse des fleurs et des petits bâtons…

Pendant le temps de l’histoire, on voit les gens s’amasser au départ de la visite guidée. Là où il était prévu une visite toutes les vingt minutes, après une bonne demi-heure de conte, les personnes patientent, toujours plus nombreuses, et nous voilà découragés par cette foule compacte. La visite, ce sera pour une autre fois…

Il nous reste encore l’atelier créatif de fabrication de bouclier ou de couronne. Il n’y a pas de file d’attente devant la salle dédiée. Ouf, nous y allons — d’un pas rapide car à la suite du spectacle les familles risquent bien de s’y ruer. C’est une salle voutée, assez profonde et très sombre. Le lieu grouille de monde. Nous avions déjà repéré des enfants qui peignaient à l’extérieur, sur les bancs et les bordures en pierre, et nous avions prévu de faire de même. Mais dès mon entrée dans la salle, ressortir au plus vite relève presque de l’urgence vitale. On attrape un carton pour le bouclier, un carton pour la couronne, des pochoirs pour reporter les formes souhaitées. Je me retourne vers la table où l’on distribue la peinture. Une maman au visage cerné m’indique que la queue commence au fond de la salle. Un coup d’œil fugace à mon amoureux. « C’est pas grave, on a de la peinture chez nous ! » Il n’y a plus de ciseaux disponibles. « On a des ciseaux aussi ! » On a trouvé un coin de bordure en pierre inoccupé. On a dessiné nos formes de bouclier et de couronne, on a promis de terminer à la maison, on a donné une sucette au chocolat au grand, pris la petite aux bras, et vite vite vite on a rejoint notre voiture pour rentrer chez nous.

C’était notre lundi de Pâques, une belle journée en famille pleine de jolies surprises…

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