L’autisme couleur grand bleu

L'autisme couleur grand bleu

Aujourd’hui, 2 avril, c’est la journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme. Une journée bleue. « Habillez-vous tous en bleu », disent-ils, ici et là.

Nos habits bleus, sur le sol de notre salon, prennent la forme de sphères flottantes. Ces bulles que j’imagine, parois invisibles entre « leur monde » et nous.

Il y a trois jours, quand France 2 faisait le lancement de sa « grande soirée » sur le thème de l’autisme, j’ai tenté d’expliquer à mon fils les images qu’il avait aperçues à la fin de son repas. Les mots défilent : langage, parole, handicap, différence, peur… Je me sens armée pour répondre à ses interrogations, apte à ouvrir son cœur, à l’emmener sur le chemin de la tolérance. « C’est mon métier, lui dis-je, j’ai des élèves qui sont autistes. » Alors je lui explique. Je me sens à l’aise. Et en même temps, pleine de questions, et sans aucune certitude.

Le jour où je « saurai », je n’aurai qu’à changer de métier…

En attendant, j’ai laissé vagabonder mon esprit sautillant, j’ai rêvé de poissons d’avril qui laissaient s’échapper des bulles, prisons de verre irisé. Et tout ce bleu, cet océan, ce monde du silence, comme Le Grand Bleu. Est-ce pour cela – pour le silence – qu’ils ont choisi le bleu pour la journée de l’autisme ?

Hier soir, mon fils s’est couché en parlant de poissons de papier collés dans le dos de sa maîtresse, et en demandant d’en fabriquer et d’en coller d’autres. Pour le coup, on colle au thème de la journée !

Ce sera une journée bleue, donc, chez nous.

Et l’occasion rêvée de vous parler de ce personnage, ce porte-parole de « l’Autistan », comme il aime lui-même se présenter : Josef Schovanev, philosophe, globe-trotteur, et autiste « Asperger ». Au fil des derniers mois, il est devenu en quelque sorte un représentant de l’autisme en France, une « personne ressource », un « exemple type », permettant aux non-initiés de se représenter ce qu’est l’autisme. Ses chroniques sur Europe 1, le dimanche juste avant midi, sont savoureuses, à chaque fois prétexte à s’interroger.

Mais, pour être confrontée, parmi d’autres handicaps, à l’autisme, je sais que Josef avec son syndrôme d’Asperger est un cas particulier. Dans la vraie vie, hors médias, il semblerait que la moitié, au moins, des autistes présentent aussi un retard mental. Les autistes de haut niveau nous « parlent » plus, ils sont plus proches de nous (au sens propre comme au sens figuré), mais ne devraient pas occulter tous les autres, moins « photogéniques » mais qui rencontrent, peut-être, de plus grandes difficultés dans la vie quotidienne… A méditer, donc…

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