Marseille, otage de l’Euro

Marseille

Vous avez vu, dans vos télés, smartphones et autres objets connectés, la violence en pleine rue ce week-end. Les chaises jetées, les bagarres en plein jour, le sol jonché de bouteilles de bière éclatées. L’endroit où se sont déroulés ces faits, c’est chez moi. Je vis dans ces rues, je m’y balade, je prends des photos de mes enfants regardant le plafond miroir de la verrière du Vieux-Port, j’y fais le marché de Noël…

Ceux qui vivent ailleurs qu’à Marseille ne savent de notre ville que la violence dont s’abreuvent les médias. Une image médiatique aux antipodes de notre vie quotidienne.

Pour moi, Marseille, ce n’est pas la drogue, pas les armes, pas même le foot.

Mon Marseille, c’est la mer, les collines, les pinèdes, l’accent chantant et les gens rigolos qui ne se prennent pas au sérieux.

Quand j’ai demandé à mon mari de choisir deux mots pour décrire notre ville, ils ont été « bien-être » et « ouverte ». Pour moi, elle est « lumineuse » et « tranquille ». On est loin de l’ambiance survoltée de ces premiers jours d’Euro. Et comme on ne peut pas ignorer la violence, on l’évite. Samedi après-midi, il se trouve que j’étais en ville au moment où les bagarres entre supporters ont éclatées. J’étais à deux rues du Vieux-Port, en train de rentrer chez moi en évitant justement de passer au cœur de la foule alcoolisée et échauffée.

Jusqu’à la fin de la compétition, je serai sur mes gardes, plus que d’habitude. Cette année, nous ne sortirons pas pour la fête de la musique, puisque les hooligans seront eux aussi de sortie ce soir là (et que nos enfants sont trop jeunes pour courir vite…). Ces évènements ne changeront pas ma vision de Marseille, ils sont temporaires, mais je me sens quand même prise en otage. Le mois de juin interdit de centre ville les soirs de matchs, soit la plupart des samedis soirs. Les rues autour du stade coupées dès le milieu d’après-midi, les jours de match. On a un calendrier de l’Euro sur notre frigo pour adapter notre vie quotidienne… Vivre à Marseille, c’est aussi ça, devenir prévisionniste d’embouteillages en fonction de l’actualité.

Je vois tous ses défauts, mais je l’aime toujours. Marseille la tentaculaire, imprévisible et mystérieuse. J’y suis née, j’y ai grandi, et elle se dérobe encore. Je sais que je ne la connaîtrai jamais vraiment. Et c’est ce que j’aime ici, de découvrir toujours des petits coins précieux, ces pépites joyeuses…

Marseille, on la kiffe ou on la quitte…

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