La kermesse est dite

La kermesse est dite

L’année scolaire s’achève dans trois jours et l’heure est au bilan. Cette année j’avais endossé le costume de présidente de l’association de parents d’élèves. Un costume qui s’avère plusieurs mois après à la fois trop grand et trop lourd pour moi.

Je voulais que ce ne soit qu’un mot posé sur moi comme une plume, parce qu’il en faut bien un… Je voulais une démocratie participative sans chef, une responsabilité partagée. Je voulais n’être qu’une dans le groupe. Une qui synthétise quand il le faut, et qui fait le lien entre les parents et les enseignants. Une qui dissémine le poids… Je pensais que comme je suis moi même « instit » ce rôle me conviendrais. Expliquer l’école et son fonctionnement, parler le Professeur des écoles deuxième langue. Si pour cette part du job ça fonctionne à peu près, je ne m’attendais pas à l’inertie du groupe. Je pensais que mon investissement et mon énergie génèreraient des vocations. Je pensais qu’à plus de vingt adultes on soulèverait des montagnes. Mon optimisme trop éclatant m’éblouissait, et ce n’est qu’après, dans le vif, que j’ai vu la réalité.

J’ai envoyé des mails par dizaines à ce groupe de 23. En réponse, parfois, je n’ai eu que le souffle du vent vide du désert de Gobi. Un silence assourdissant quand on demande un ou des volontaires pour une chose ou une autre. Et toujours les quelques mêmes qui se bougent.

J’ai organisé la kermesse de l’école. Pas seule, non. L’ancien président le faisait seul. Je ne sais comment c’est possible. Il est pour moi un commando de la fête d’école, un militaire de l’extrême. Moi, j’ai eu de l’aide. Une surtout, et en binôme on a passé une grande partie de notre temps libre à… À faire quoi, me direz vous, ce n’est qu’une kermesse…

Répertorier, concevoir, écrire les règles de jeux. Choisir, comparer, acheter les jouets. Créer des documents. Organiser les volontaires sur les stands. Recenser et acheter le matériel nécessaire. Penser à chaque petit détail. Imprimer, demander à imprimer, récupérer les copies. Agrafer, découper. Avoir besoin de relancer ceux qui avaient dit qu’ils feraient. Ne pas relancer. Trouver des solutions. S’appeler, se concerter, se questionner, s’envoyer des mails jusque tard le soir et parfois aussi tôt le matin. Oui, faire une kermesse, c’est du boulot, surtout si l’on veut y apporter un souffle nouveau.

Quand tout a été est fini, tout réussi que ça ait été, je me suis demandé si cela valait vraiment l’énergie dépensée…

Ce qui est sûr, c’est que sur la fin je n’ai plus éprouvé le plaisir. Juste l’obligation d’aller au bout de mes engagements. Il y a une semaine, j’ai affiché devant l’école les résultats des concours de la kermesse. En réalisant cette dernière des tâches, je me suis dit : «Maintenant c’est fini.»

Je ne ferai aucun compte rendu d’aucune réunion. Je n’enverrai plus aucun mail.

Je me sens usée par la fonction. Au bout de tout.

Pendant ce temps à mon boulot l’année se termine aussi. La kermesse c’était hier.

L’année est finie. Les kermesses sont dites.

On se retrouvera à l’école dans deux mois, les enfants, les parents, les enseignants, et le renouveau dynamique de la rentrée nous portera.

En attendant, je veux juste « vivre, rire, lire et écrire ». Le rythme du blog sera au fil de l’inspiration et des possibilités de connexion… Quelle que soit la fréquence de mes articles, de vos lectures, je vous souhaite un bel été.

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