On va rien lâcher

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Lundi, cet article est arrivé dans ma boîte mail. J’ai regardé la vidéo, découvert cette chanson slamée par Grand Corps Malade et Richard Bohringer.

L’impression que c’était pour moi, pour nous, pour ce début d’année 2017 et les élections que nous vivrons à son zénith. Pour leurs discours. Pour notre vie.

2017. On va rien lâcher.

 

Course contre la honte

 

Eh Tonton, est-ce que t´as regardé dehors ? Sur l´avenir de nos enfants il pleut de plus en plus fort

Quand je pense à eux pourtant, j´aimerais chanter un autre thème

Mais je suis plus trop serein, je fais pas confiance au système

Ce système fait des enfants mais il les laisse sur le chemin

Et il oublie que s´il existe, c´est pour gérer des êtres humains

On avance tous tête baissée sans se soucier du plan final

Ce système entasse des gosses et il les regarde crever la dalle

Tonton on est du bon côté mais ce qu´on voit, on ne peut le nier

J´ai grandi au milieu de ceux que le système a oubliés

On vit sur le même sol mais les fins de mois n´ont pas le même parfum

Et chaque année monte un peu plus la rumeur des crève-la-faim

Le système a décidé qu´y avait pas de place pour tout le monde

Tonton, t´as entendu les cris dehors, c´est bien notre futur qui gronde

Le système s´est retourné contre l´homme, perdu dans ses ambitions

L´égalité est en travaux et y´a beaucoup trop de déviations

 

Eh Tonton… On va faire comment ? Dis-moi Tonton, on va faire comment ?

Est-ce que les hommes ont voulu ça, est-ce qu´ils maîtrisent leur rôle

Ou est-ce que la machine s´est emballée et qu´on a perdu le contrôle

Est-ce qu´y a encore quelqu´un quelque part qui décide de quelque chose

Ou est-ce qu´on est tous pieds et poings liés en attendant que tout explose

Difficile de me rassurer Tonton, je te rappelle au passage

Que l´homme descend bel et bien du singe pas du sage

 

Et c´est bien l´homme qui regarde mourir la moitié de ses frères

Qui arrache les derniers arbres et qui pourrit l´atmosphère

Y´a de plus en plus de cases sombres et de pièges sur l´échiquier

L´avenir n´a plus beaucoup de sens dans ce monde de banquiers

C´est les marchés qui nous gouvernent, mais tous ces chiffres sont irréels

On est dirigé par des graphiques, c´est de la branlette à grande échelle

 

Eh Tonton, on va faire comment, tu peux me dire?

Comme il faut que tout soit rentable, on privatisera l´air qu´on respire

C´est une route sans issue, c´est ce qu´aujourd´hui, tout nous démontre

On va tout droit vers la défaite dans cette course contre la honte

 

Eh Tonton… On va faire comment ? Dis-moi tonton, on va faire comment ?

Entre le fromage et le dessert, tout là-haut dans leur diner

Est-ce que les grands de ce monde ont entendu le cri des indignés

Dans le viseur de la souffrance, y´a de plus en plus de cibles

Pour l´avenir, pour les enfants, essayons de ne pas rester insensibles

 

Ma petite gueule d´amour, mon Polo, mon ami Châtaigne

On va rien lâcher, on va aimer regarder derrière pour rien oublier, ni les yeux bleus ni les regards noirs

On perdra rien, peut-être bien un peu, mais ce qu´il y a devant, c´est si grand

Ma petite gueule d´amour, mon Polo, mon ami Châtaigne

T´as bien le temps d´avoir le chagrin éternel

S´ils veulent pas le reconstruire le nouveau monde, on se mettra au boulot

Il faudra de l´utopie et du courage

Faudra remettre les pendules à l´heure, leur dire qu´on a pas le même tic tac, que nous, il est plutôt du côté du coeur

Fini le compte à rebours du vide, du rien dedans

Ma gueule d´amour, mon petit pote d´azur il est des jours où je ne peux rien faire pour toi

Les conneries je les ai faites, et c´est un chagrin qui s´efface pas

Faut pas manquer beaucoup pour plus être le héros, faut pas beaucoup

Je t´jure petit frère, faut freiner à temps

Va falloir chanter l´amour, encore plus fort

Y´aura des révolutions qu´on voudra pas, et d´autres qui prennent leur temps, pourtant c´est urgent

Où est la banque ?

Il faut que je mette une bombe, une bombe désodorante, une bombe désodorante pour les mauvaises odeurs du fric qui déborde

Pas de place pour les gentils, les paumés de la vie

Chez ces gens-là, on aime pas, on compte

 

Ma petite gueule d´amour, mon Polo, mon ami Châtaigne

P´tit frère, putain, on va le reconstruire ce monde

Pour ça, Tonton, faut lui tendre la main

Tonton, il peut rien faire si t´y crois pas

Alors faudra se regarder, se découvrir, jamais se quitter

On va rien lâcher

On va rester groupé

Y´a les frères, les cousines, les cousins, y a les petits de la voisines, y´a les gamins perdus qui deviennent des caïds de rien, des allumés qui s´enflamment pour faire les malins

Y´a la mamie qui peut pas les aider, qu´a rien appris dans les livres, mais qui sait tout de la vie

À force de ne plus croire en rien, c´est la vie qui désespère

Faut aimer pour être aimé

Faut donner pour recevoir

Viens vers la lumière, p´tit frère

Ta vie c´est comme du gruyère, mais personne te le dis que tu as une belle âme

Ma petite gueule d´amour, mon Polo, mon ami Châtaigne

On va rien lâcher

On va aimer regarder derrière pour rien oublier

 

Une réflexion sur “On va rien lâcher

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