La juge et le président

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Je me suis tellement retenue de parler de politique sur internet ces temps-ci, que j’en ai presque des fourmis au bout des doigts… De temps en temps, je craque et clique sur le bouton partager de Facebook. Instantanément, c’est un article avec tout son cortège d’interprétations et de commentaires qui déboule sur mon « mur ».

Et j’ai la très nette sensation que la moindre de mes prises de positions est comme une pancarte fluo qui décrypte mes opinions politiques. J’en suis gênée. Pourtant je n’ai pas honte de mon vote. Mais internet, c’est tellement le domaine public que la discrétion d’un vote qui se veut personnel ne peut que se disloquer à son contact.

Dans le même temps l’affaire Fillon (pour ne pas faire semblant de ne pas parler de cela) s’impose tant dans l’actualité, et dans ma manière de penser l’élection qui se profile, que j’ai le plus grand mal à retenir ma langue. Dans le privé et à l’oral, je me lâche – et je saoule mon homme avec mes analyses politico critiques. La politique, en 2017, fait irrémédiablement partie du paysage quotidien.

Par contre, à mon travail, face à mes élèves, neutralité obligatoire.

A la question – très surprenante au demeurant – « pour qui vous avez voté madame ? », je réponds sans ciller « Je n’ai pas le droit de vous le dire. »

Mais (un très grand «mais», à l’origine de cet article) je me questionne. Pour le spectacle type comédie musicale en cours de préparation à l’IME, l’histoire s’est construite, petit à petit, en partant de nos premières chansons. Une troupe de pirates, un voyage en bateau («Santiaaano»)… Pour justifier «La Marseillaise», on a collé un Président de la République – un clin d’œil à l’année électorale pensais-je. Et pour que le président suive les pirates dans leur bateau, on a imaginé une juge qui déboulerait en lui criant : « Je vais te mettre en prison ! ». (Alors, le président fait deux trois tours de piste, saute dans le bateau ; et la juge saute dans sa bouée canard pour courir derrière le bateau…)

Comble de la coïncidence, on a conçu ce délire bien avant l’affaire Fillon. En même temps, ce n’est pas comme si M. Fillon était le seul présidentiable – ou présidentié – à avoir concentré l’intérêt des juges. (Lorsque j’ai entendu, hier sur France Inter, un journaliste danois affirmer qu’ils étaient « habitués », de chez eux, à voir les hommes politiques français empêtrés dans des affaires judiciaires, j’ai frémi d’une si glaçante vérité.)

Notre histoire de juge et de président, alors, vous trouvez que c’est une blague potache à prendre au second degré, ou une entorse à notre devoir de neutralité ?

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