Oscillations de température et vibrations printanières

Oscillations 1

Un jour je sors de chez moi et ma veste reste suspendue dans l’entrée. Même pour quelques minutes, je chausse mes lunettes. Sous le pull le débardeur s’installe…

On ressort notre camion aménagé. On achète de la crème solaire. On fait notre premier pique-nique sur une pelouse couverte de pâquerettes.

Les envies culinaires changent. Verdure, fraîcheur.

Les premières fraises dans notre panier.

Des couches de tissu à enlever ou à remettre.

La laine passe de mes épaules, à ma taille, à mes épaules.

Demain, avril – ne te découvre pas d’un fil – deviendra mai – fais ce qu’il te plaît.

Mais quand se fera, vraiment, le passage ?

Un jour, après-demain ou le jour suivant, c’est évident, nous serons en saison chaude.

En attendant, oscillons gaiement…

Oscillations 2

Oscillations 3

Oscillations 4

Oscillations 5

Je vous souhaite un joyeux passage au mois de mai.

Coloriages animés

Coloriages animés

Imaginez que les coloriages de votre enfant puissent devenir un véritable dessin animé… C’est ce que proposent les éditions animées avec leur série d’albums à colorier et à animer grâce à une application (gratuite) pour smartphone ou tablette numérique.

Mon petit fan de dinosaures a juste adoré l’album dédié, et voilà le résultat, un dessin animé de 3 minutes expliquant les principales caractéristiques de quelques espèces de dinosaures…

Magique !

L’expo-jeux Multi(carto)colore

Tableau Aubagne

Aujourd’hui je vous présente ma prochaine exposition, une exposition pour tous, adultes et enfants, dont le vernissage aura lieu dans un mois tout juste. Une occasion, peut-être, de découvrir le Baobab Café des enfants, ce café associatif du centre ville d’Aubagne, un véritable havre de paix chaleureux pour les familles. Là-bas, les enfants peuvent jouer ou lire pendant que les parents se détendent… (Amis marseillais, je vous assure que cet endroit vaut la demi-heure de route pour y aller !)

Le vernissage, donc, aura lieu le vendredi 19 mai à partir de 19h, et sera l’occasion d’un repas partagé – le 19 mai étant aussi le jour de la fête des voisins.

Pourquoi « expo-jeux » ? Parce que cette exposition est conçue pour être aussi un lieu de jeux créatifs pour les enfants dès 2 ans. En lien avec les œuvres exposées, les petits pourront manipuler, construire, dessiner, réfléchir, inventer… Je crois que les lieux d’art doivent être ouverts aux familles et proposer des activités à la portée des enfants. Exposer au Baobab Café des enfants, c’était alors une évidence !

Image flyer

Pour les adultes, vous découvrirez mes œuvres récentes, totalement inédites (à l’exception des deux œuvres dont j’utilise les visuels pour communiquer), qui ont comme support des cartes routières. Ces cartes, objets du quotidien froids et informatifs, deviennent sous mon regard des supports d’abstraction. Les routes sont des lignes et les formes qu’elles dessinent s’avèrent à la fois pleines de sens et hasardeuses. Les tableaux qui naissent de ces choix abstraits participent à mon univers pictural multicolore en questionnant notre rapport d’adultes à nos espaces de vie. Ils racontent une histoire de lieu, de vie, de routes que l’on trace ou que l’on suit. Les fils, symboliques des cheminements de nos existences, sortent du cadre de la carte. Quand on prend la route, où nous mène-t-elle ? De petits objets du quotidien, boutons, perles, jouets et galets, s’imbriquent dans l’image et prennent sens au sein de cet univers coloré et joyeux.

Pour moi, l’art est toujours un questionnement, un jeu, une contemplation. Et la pratique artistique, un outil pour dire et réfléchir la vie…

Le dernier jour de l’exposition, le 10 juin, je proposerai un atelier créatif Parents-enfants au terme duquel chaque famille repartira avec sa propre carte-œuvre d’art personnalisée – une carte de sa ville, de sa région ou d’un lieu de son choix…

Flyer Expo Baobab

Vies d’ordures, l’exposition incontournable du Mucem

Vie d'ordures 2

Cette grande exposition très complète nous permet de réfléchir à nos modes de vie, et en particulier à notre énorme production de déchets.

En cheminant, on observe tour à tour le débordement de déchets sur notre planète, ce que la modernité nous a apporté en terme de surconsommation d’objets en plastique jetables, et puis tous ces gestes de gestion de ces déchets qu’on oublie volontiers au quotidien : ramasser, transporter, stocker, trier, recycler…

Vie d'ordures 4

Vie d'ordures 5   Vie d'ordures 6

Vie d'ordures 7

C’est une exposition nécessaire, dont on ressort à la fois écrasés par l’immensité de la tâche à accomplir, et la tête pleine d’images pour nous aider à nous améliorer. Car le changement vient aussi de chacun d’entre nous.

Je crois que faire cette expo en famille, c’est un acte d’éducation incontournable au 21ème siècle… Allez, amis marseillais (ou pas), vous avez jusqu’au 14 août pour vous y rendre !

Vie d'ordures 3

D’ailleurs, pour aller au bout de la logique, je compte bien recycler cette expo auprès de mes élèves…

Et promis, je vais me remettre la tête dans la réduction de déchets, et je reviens très bientôt pour vous parler « Zéro déchet » (ou presque).

 

Une allergie qui sonne très « Pâques »…

Une allergie qui sonne très Paques

Hier, nous avons passé notre après-midi aux urgences, en famille, pour « éruption cutanées sans fièvre » de la petite. En ce samedi de week-end pascal, les urgences pédiatriques étaient bien entendu archi-pleines… des enfants tout rouges, des parents exaspérés, des pleurs, des cris, des jeux de slalom entre les sièges et les poussettes posées ça et là… Au bout de quasiment trois heures d’attente, le diagnostic est tombé – sans certitude tout de même : allergie au lapin (caressé il y a trois jours au parc animalier). En plein week-end de Pâques, amusante coïncidence, non ?

 

Et comme je ne peux plus entendre le mot « lapin » sans penser à cette chanson, voici Lapin pouet pouet (attention, cette chanson risque d’agripper votre cerveau jusqu’à la fin du week-end, voire plus…).

Et en même temps

Et en même temps

Pour ceux qui seront en famille lors de ce week-end pascal, pensez-vous que vous parviendrez, à seulement une semaine du premier tour, à échapper aux discussions politiques ?

On le sait bien, pourtant, qu’il faut éviter de parler politique si l’on ne veut pas se disputer avec les gens – ou alors choisir de n’en parler qu’avec ceux qui partagent les mêmes convictions.

En pensant à ce week-end et aux suivants, j’ai décidé de vous transmettre cette petite clé trouvée – contre toute attente – sur facebook. Si ce réseau social me laisse globalement assez indifférente – même si c’est un outil de communication à côté duquel on ne peut plus passer – de temps en temps j’y trouve une pépite, une info, un article, une vidéo… qui me fait évoluer. Cette fois-ci, une vidéo expliquant comment discuter avec une personne qui a des convictions à l’opposé des nôtres. Une méthode qui pourrait se résumer à la technique du « et en même temps »… c’est ici.

Ce que j’en retiens, c’est de se centrer sur les émotions et non sur les faits et de bannir le « oui mais » pour le « et en même temps ».

Petit clin d’œil à la campagne présidentielle, au début j’ai cru que cette vidéo était une blague parce que j’avais vu cela. Mais en fait c’est peut être juste la preuve que les candidats à l’élection chopent eux aussi des astuces sur internet…

Allaitement long, très long, très très long

Allaitement long

Il fait tellement partie de mon quotidien, cet allaitement. Avec le temps il est devenu tellement naturel, tellement normal. J’ai développé une telle indifférence à la surprise des gens, qu’elle glisse sur moi. Les remarques sont devenues inexistantes face à cette assurance sereine que je porte en moi, qu’allaiter son enfant jusqu’au sevrage « naturel » c’est… naturel. J’en parlais déjà, ici, avant que ma fille ne fête ses trois ans. Quelques mois sont passés, et l’allaitement est encore là, en pointillé, de moins en moins présent, chaque tétée comme peut-être la dernière, mais encore là… Dans une semaine, cela fera six ans que j’allaite – avec une interruption de cinq mois pendant ma seconde grossesse. Alors oui, chez nous l’allaitement est très très long. Une très longue période de ma vie de femme, de notre vie de famille.

En créant ce blog je pensais que l’allaitement serait un sujet récurrent, et puis finalement dans le nuage de tags le mot reste petit, discret, comme son rôle dans notre vie de famille, maintenant que nous n’avons plus de nourrisson à la maison.

Je pensais que l’allaitement – ce lien et cette implication du corps dans la maternité – me manquerait en s’estompant, mais je me trompais. L’allaitement est un passage. La maternité est un tout.

Je l’oublie, alors, cet allaitement « hors norme »… Et puis parfois il ressurgit dans toute son exception. L’autre jour chez notre pédiatre un journaliste faisait un reportage sur la vaccination. Quand j’ai mis ma fille de trois ans au sein pour l’aider à gérer la douleur de l’injection, que mon médecin adoré en a rajouté une – énorme – couche en me demandant de répéter l’âge de ma fille, et a affirmé au journaliste qu’il assistait à quelquechose d’extraordinaire… Bon j’avoue que j’ai piqué un fard.

De la même façon, quand je compare nos propos de futurs parents à ce que l’on vit aujourd’hui, le contraste est flagrant. Enceinte, quand j’évoquais, déjà, l’allaitement long (à cette époque j’envisageais d’allaiter un an), nous étions d’accord avec mon amoureux pour dire que nous trouvions cela étrange un enfant qui marche, qui parle… et qui tète encore. Mais ça c’était avant… Il y a quelques semaines, ma fille est venue me voir dans ma chambre et m’a dit très précisément : « Je veux téter avant que tu ailles te doucher ». « Avant que tu ailles », quoi ! Et puis elle a tété, cinq secondes en tout, moi accroupie, elle debout, et j’ai eu cette image à l’esprit…

Allaitement long Une Time

Cette Une « scandaleuse » représentant une réalité que personne ne veut voir.

Un jeudi soir aux urgences pédiatriques

Un jeudi soir aux urgences pédiatriques

C’était un jeudi d’hiver. Rentrée de mon travail à 19h, je referme la porte de mon appartement derrière moi et j’entends mon fils gémir depuis son lit. Hier il a loupé l’école pour un passage de virus, mais ce matin il allait plutôt bien.

Je me précipite à son chevet, il a mal. Pas de fièvre, mais il se plaint de douleurs. Je le sors du lit, le garde dans mes bras sur le canapé. Mon amoureux m’explique qu’il s’est mouché avec un kleenex à la menthe et que depuis il a mal. Mal à la bouche, à la langue, puis à l’œil. La douleur semble osciller d’un lieu à l’autre et se montre fulgurante.

Je demande à mon homme d’appeler les urgences. Ils ne savent rien sur les mouchoirs à la menthe et nous conseillent d’appeler le 15. Il s’exécute, explique le problème, puis commence à s’énerver avant de conclure : « Je vais arrêter de faire mon père maltraitant et donner du Doliprane ! » et de raccrocher.

La doc de garde lui a signifié avec dédain que la première chose à faire était de donner du Doliprane. Sans bienveillance ni écoute. Doliprane et lâchez-moi avec vos questions débiles.

Nous ne savons toujours pas si l’irritation causée par le menthol peut être grave. Cet élément semble ne pas exister pour les gens auxquels on parle. Notre fils se tord de douleur, il crie, il râle. On flippe. Maintenant c’est l’oreille. Plus la langue, plus l’œil. Juste l’oreille.

Il est 19h30, une dose de Doliprane plus tard, je l’habille et en route pour les urgences. Lorsque je le laisse quelques secondes dans les escaliers pour remonter chercher le carnet de santé, je le retrouve allongé par terre sur le palier. « Pourquoi tu es par terre ? – Parce que j’ai mal. »

Dans la voiture, il gémit « Aïe, j’ai mal, maman, j’ai mal. »

On arrive aux urgences, il s’allonge la tête sur mes genoux. Je regarde les autres enfants dans la salle d’attente. Les autres parents surtout. L’inquiétude au coin de l’œil. Je le questionne sur sa douleur. Ça va mieux. Il a encore un peu mal. A l’oreille juste. Le Doliprane a fait effet.

Il décrit joyeusement les personnages peints sur les murs.

L’infirmière d’accueil nous reçoit. Elle introduit ma carte vitale dans son lecteur, puis dit le prénom de mon fils et notre adresse. Mon garçon se tourne vers moi : « Comment elle fait pour tout savoir ?

– Je suis une magicienne, répond-t-elle avec un sourire de fée. »

Quand elle demande ce qu’il a, il répond tout seul « J’ai mal à l’oreille ». Elle le regarde, elle l’écoute. Elle prend son pouls au bout du doigt, sa température. Elle lui met son bracelet. Et l’on retourne s’asseoir dans la salle d’attente.

Il ne tarit pas de paroles, avec sa voix claire plus du tout gémissante.

« Je l’adore, elle ! »

« Pourquoi elle m’a mis un bracelet ? »

« Je vais le montrer à ma sœur mon bracelet, je vais lui montrer qu’il y a mon nom dessus. »

Puis on a appelé chez nous : « Papa, j’ai un bracelet avec mon nom dessus ! »

La visite aux urgences est en train de devenir une aventure extraordinaire pour petit garçon malicieux.

« Chut. Ne parle pas trop fort. »

Une otite et un petit en pleine forme, combien de temps va-t-on attendre avant d’être appelés ?

Quelques minutes passent et l’on se retrouve dans un box étriqué à attendre le médecin. Mon fils est en slip, je le couvre avec mon pull. Il me questionne sur les machines suspendues sur le mur au dessus de la table de consultation. Je ne connais rien de tout cela.

La doc arrive. Auscultation. Petite otite.

Je lui parle des mouchoirs. Sans jugement elle me répond : « Les mouchoirs à la menthe ce n’est pas dangereux. » Si seulement la doc du 15 nous avait dit ces mots…

Elle rédige l’ordonnance – antibio, gouttes et doliprane.

Dans ma tête une question passe : « Les antibios ça peut attendre demain ? » Mais je suis venue aux urgences pour rien, avec un gosse qui n’a plus mal grâce au doliprane donné chez nous. Alors je me tais. Je prends l’ordonnance, je remercie.

Mon fils est ravi. Il dit au revoir à tout le monde, très poliment. Et il ajoute « A bientôt ! »

Euh, non, pas à bientôt…

Aller aux urgences un soir de semaine pour « rien », on va essayer d’éviter. En plus j’avais des gouttes magiques pour calmer les otites dans mon armoire à pharmacie…

Ces gens trop overbookés pour répondre à vos mails

Ces gens trop overbookés pour répondre à vos mails

C’est une expérience récente qui m’a inspiré cet article. Pour couper court à l’imagination de certain(e)s, je ne parle pas ici des copines qui n’ont pas le temps de répondre à un mail amical, celles-là sont toutes excusées… Non, je parle des personnes avec qui j’ai un lien professionnel – donc un intérêt commun à travailler ensemble – mais qui sont tellement mais alors tellement overbookées qu’elles ne peuvent pas répondre à mes mails…

J’ai essayé d’être compréhensive. J’ai mis les formes pour insister sans harceler. J’ai proposé de me déplacer un midi sur ma pause déjeuner – aucune réponse.

Aucune réponse quand on prépare un événement pour dans moins de trois semaines, cela n’envoie pas les bons signaux…

Puis j’ai attendu – que pouvais-je faire d’autre ? J’ai attendu, donc, trois jours et demi – autant dire une éternité dans ces circonstances – pour avoir un retour sur des flyers pour une expo. J’y avais passé du temps, plusieurs heures de mon week-end. Et pour être tout à fait honnête, j’ai vécu l’absence de réponse, et le contenu des réponses tardives, comme du mépris.

Dans un contexte où le temps était clairement compté, nous avons fini par échanger quand même par mail. Mais vous l’avez probablement vécu aussi, ces échanges par écrit ont leurs limites, surtout quand les relations se tendent pour quelque raison que ce soit. A chaque phrase les incompréhensions semblent s’accentuer. « Coupons court », me suis-je dis. J’ai proposé une conversation téléphonique sur le mode j’aimerais t’appeler mais je n’ai pas ton numéro de téléphone… A deux semaines et deux jours de l’événement.

J’ai attendu six jours.

Visiblement, quand on est trop overbooké pour répondre aux mails, on est aussi trop overbooké pour filer son 06…

Bon, je vous rassure, j’ai quand même eu une réponse – par mail, faut pas pousser, pas le temps de décrocher son téléphone – au bout de six jours… pour annuler l’expo (à dix jours de la date prévue initialement, sans être du tout d’accord sur la forme et sur le fond des flyers, ce n’était pas une énorme surprise non plus).

De cette petite histoire tellement commune, je veux juste tirer une leçon de vie.

Nous avons tous des vies de dingues. On a un boulot, des enfants, une famille, un repas à préparer le soir, on est fatigué, on attend les vacances, on n’a pas le temps. On est tous overbookés.

A quel point l’êtes-vous ?

Trop overbooké pour répondre aux sollicitations ? Pour filer son numéro ? Pour faire tout son boulot ? Pour faire bien son boulot ? Pour jouer avec ses enfants ? Pour faire l’amour avec son conjoint ? Pour être sympathique ? Pour sourire ? Pour vivre ?

A quel point on se ferme aux autres, à leur univers à leurs propositions à leurs demandes et aux échanges qu’on pourrait avoir avec eux ?

Pour moi, c’est la même chose qui est à l’œuvre, lorsque je demande son mail à un collègue de boulot et qu’il me donne le mail professionnel collectif qu’il partage avec cinq autres personnes.

Une façon de fermer la porte.

Moi je m’en fiche, j’ai un trou en forme de cœur sur mes volets…

Et je crois que je vais bannir le mot «overbookée» de mon vocabulaire.