Des expériences scientifiques à faire avec les enfants (1)

Cela faisait un an que j’entassais dans Pinterest (grosse source d’inspiration Pinterest) des expériences à faire avec les enfants. Pendant ces vacances j’ai eu envie d’en tester quelques unes, et tant qu’on y était on a étalé cela sur une semaine… une semaine de la science décalée, en quelque sorte.

 

Jour 1 : Des mélanges de couleurs aléatoires et éphémères

Ingrédients : eau

colorants alimentaires

lait ou crème liquide

assiette

produit vaisselle

coton ou coton tige

bocal

mousse à raser

Des experiences 01   Des experiences 02

L’assiette de lait : On verse un fond de lait dans une assiette, puis on répartit quelques gouttes d’eau colorée (de différentes couleurs) dans le lait (attention de ne pas bouger l’assiette pour ne pas gâcher l’effet). Avec un coton tige (ou du coton roulé comme une mèche) on dépose une goutte de liquide vaisselle au centre des gouttes de colorant. C’est alors une explosion de couleurs dans l’assiette de lait.

Explication : le liquide vaisselle repousse le gras du lait, réaction qui devient visible grâce à l’utilisation des colorants.

Des experiences 03

De la pluie colorée dans un bocal : On remplit un bocal aux trois quart d’eau, puis on recouvre l’eau d’une couche de mousse à raser qui représentera le nuage. Quand on verse de l’eau colorée au dessus du « nuage », celle-ci le traverse et se répartit dans l’eau à la manière d’une pluie colorée au ralenti.

 

Jour 2 : Les pouvoirs de la reine des neiges

Ingrédients : eau

congélateur

glaçons

bol

ficelle

sel

verres

Fabriquer de la glace : Je tiens à vous prévenir, cette expérience n’a pas fonctionné chez nous, mais je vous donne quand même son déroulement.

Préparation avant l’expérience : des glaçons et une bouteille d’eau au congélateur pour 2h45.

On met des glaçons dans un bol. On sort la bouteille d’eau du congélateur très délicatement (le moindre choc la ferait geler instantanément). L’eau doit être à 0°C mais pas encore gelée, c’est là toute la difficulté. Quand on verse cette eau à 0°C sur les glaçons, l’eau se transforme en glace en raison du choc des molécules.

Si vous voulez tester cette expérience chez vous, ou voir en images ce que ça donne quand ça marche, vous pouvez aller faire un tour sur ce site.

Des experiences 04

La pêche au glaçon : On pose devant chaque enfant un verre d’eau avec un glaçon et une ficelle. Le défi consiste à attraper le glaçon avec la ficelle, sans mettre ses doigts dans l’eau. Pour réaliser ce « tour », on utilise du sel de table. On pose la ficelle mouillée sur le glaçon (qui flotte), puis on la saupoudre de sel. Le sel fait fondre un peu la glace au niveau de la ficelle puis celle-ci se reforme en emprisonnant la ficelle… après quelques secondes on peut soulever le glaçon en tirant sur la ficelle.

 

Jour 3 : De la magie ?

Ingrédients : une bouteille en verre

une assiette

eau

colorant alimentaire bleu

bouilloire ou plaque électrique

un œuf dur

des allumettes

Des experiences 05

La bouteille qui aspire… de l’eau : On met de l’eau colorée dans une assiette. On chauffe la bouteille en verre (renversée tête en bas) en faisant couler de l’eau bouillante dessus, puis on pose la bouteille renversée sur l’assiette.

Au bout de quelques secondes, l’eau commence à monter dans la bouteille.

Explication : En chauffant la bouteille on réchauffe l’air contenu à l’intérieur de cette bouteille. En refroidissant, le volume de l’air diminuera, et donc l’eau montera dans la bouteille, prenant la « place » libérée par l’air.

Je pense sérieusement faire cette expérience en classe pour montrer à mes élèves que le volume d’un gaz augmente quand la température augmente (et inversement).

Des experiences 06

La bouteille qui aspire… un œuf : On place un œuf dur (sans la coquille) au niveau du goulot de la bouteille pour montrer qu’il ne peut pas rentrer dans la bouteille entier. Puis l’on jette une allumette en train de bruler au fond de la bouteille. En consommant l’oxygène, la flamme fait diminuer le volume d’air dans la bouteille, l’œuf est aspiré.

 

Jour 4 : Plus de magie ?

Ingrédients : un sac de congélation

des crayons à papier très bien taillés

eau

feuilles de papier

jus de citron

coton ou coton tige ou pinceau

une bougie et des allumettes

Des experiences 07

Le sac à crayons magique : On remplit le sac de congélation d’eau et on le tient suspendu au dessus de l’évier par exemple. Avec un crayon bien taillé, on transperce les deux parois du sac en traversant l’eau et – oh magie – l’eau ne coule pas ! (Enfin, presque pas, pour nous…)

L’explication est dans les propriétés moléculaires du plastique utilisé pour les sacs de congélation. Si cela vous intéresse et que vous êtes fluent en anglais, c’est .

Des experiences 08

Une encre invisible : On écrit au préalable un message sur une feuille de papier en utilisant du jus de citron (ou du lait). Une fois sec, le message invisible sera révélé par une exposition à la chaleur de la flamme d’une bougie par exemple.

 

Voilà déjà de quoi vous amuser un peu… la suite est à venir, très vite !

Des placards de rue momifiés

Momie 1

Rue Vendôme 13007

Momie 2

Chemin du Roucas Blanc 13007

Momie 3

Chemin du Roucas Blanc (entre la maternelle et l’élémentaire de l’école du Roucas Blanc) 13007

Momie 4

Rue d’Endoume 13007

Momie 5

Rue Fénélon et Robert Giudicelli 13007

« Nous étions éventrés, nos portes ne fermaient plus ou étaient arrachées, nos entrailles à la merci du mistral ou de la pluie battante. Parfois de petits doigts enfantins venaient nous chatouiller entre les fils, épisodes de rire grinçant irrémédiablement suivis de hurlements parentaux. Comme si jouer avec nous était dangereux ! Maintenant, derrière notre déguisement de momies nous voilà un peu protégés, nos tripes à l’abri, et nous avons gagné en prime une apparence amusante. Les petits et grands enfants arrêtent même leur course pour lire nos mots. Finalement, notre nouvelle vie est un pur bonheur ! Nous tenons alors à remercier nos organismes propriétaires légitimes de nous avoir abandonnés à notre délabrement. »

 

Avant :

Avant 1   Message orange

Avant 2   Avant 4

Avant 5

 

J’aimerais beaucoup voir ces photos publiées dans un média ou un autre… Si vous voulez leur donnez un coup de pouce n’hésitez surtout pas !

Les stéréotypes de genre expliqués à mon fils

Les stereotypes de genre expliques à mon fils

Ses yeux s’ouvrent grands, deux billes bleues qui fixent le grand-père avec intensité. Elle tend sa minuscule main, paume ouverte, vers le biscuit inaccessible. Elle commence à geindre. A peine une plainte, d’abord. Son papi lui propose le doudou abandonné sur la table, puis la poupée, le chapeau, la figurine, le gribouillage réalisé quelques heures plus tôt. Le râle se transforme en pleurs criards, avec des pointes vers les aigus et des sanglots tout au fond. Le grand-père s’excuse, il ne comprend pas. Mais la petite est allongée par terre désormais, elle tape des pieds, elle se tortille dans tous les sens, et crie de plus en plus fort.

« Qu’est ce qu’il se passe ici ?

– Je ne sais pas ce qu’elle veut. Je lui ai proposé tous les jouets de la table, elle a tout repoussé.

– Mais ma poupette, susurre la grand-mère, essaie de nous dire ce que tu veux ! »

Tout à coup, les hurlements cessent. La petite Elise se relève, les yeux baignés de larmes, la morve coulant du nez. Elle regarde, implorante, son grand-père, et murmure : « Veut un biki. »

Le grand-père interroge son épouse du regard.

« Un biscuit, traduit-elle.

– Et le mot magique ?

– Pipeplait Papi. » Elle penche la tête et offre un sourire timide.

Les grands-parents, interloqués, observent leur petite fille passer des pleurs au rire en quelques secondes. La mamie mouche son nez, et le grand-père lui explique qu’elle ne doit pas se mettre dans de tels états pour un pauvre biscuit.

Pour Elise, le chambardement est déjà loin derrière. Elle croque dans son biscuit, radieuse. Puis elle dévisage son grand-père qui converse, et à la fin de sa logorrhée conclut de sa petite voix charmeuse : « D’accord Papi. »

« Alors celle là, c’est vraiment bien une fille ! » lance la grand-mère. Puis elle retourne à sa cuisine.

Moins d’une heure plus tard, l’odeur de gâteau au caramel leur saute au nez lorsqu’il entrent dans l’appartement. Thomas jette son sac à travers l’entrée au moment où la grand-mère tourne la tête dans sa direction. « Qu’est ce qu’il t’arrive ? » s’écrit-elle.

Le grand-père, sur les talons de son petit-fils, lui fait signe de se taire. Elle entame une autre question, mais son époux lui coupe la parole. « Laisse-le arriver ! »

Le ton est sans appel, et la mamie observe en silence la mine renfrognée du jeune garçon.

Il s’installe dans un fauteuil, la tête engoncée dans ses épaules, le visage fermé et dirigé vers le sol.

« Tu as passé une mauvaise journée à l’école ? » demande encore la grand-mère.

Son époux lève les mains, près à intervenir, à nouveau, pour lui faire tenir sa langue.

« Je me suis disputé avec mes copains. » Le papi interrompt son geste. « Ils m’ont dit que j’étais une fille parce que j’ai un jouet de fille. »

Et le jeune garçon raconte tout. Il parle de ce jouet qu’il trouvait vraiment super, un piano avec les personnages de la Reine des Neiges dessus. Il était tellement content que ses parents lui aient acheté ce cadeau qu’il s’en était vanté à l’école. Mais ses copains s’étaient moqués de lui. Ils avaient ricané que la Reine des Neiges c’était un dessin animé de fille. « D’ailleurs, le piano est rose, et ils m’ont dit que c’était une couleur de fille. Mais moi j’aime bien la Reine des Neiges. Est ce que ça veut dire que je suis comme une fille ?

– Mais non chéri, tu es un garçon voyons, répond la grand-mère.

– Tu as aussi beaucoup de jouets de garçon, surenchérit le grand-père. »

Et tous deux lui dressent la liste de ses jouets virils. Camion de pompier, épée de chevalier, figurine de super-héros, déguisement de pirate… Peut-être pourra-t-il laisser le piano Reine des neiges à sa petite sœur.

Mais Thomas reste boudeur. Pour lui même il chuchote des phrases incompréhensibles, la colère et la tristesse transpirent sur son visage.

La grand-mère sent une boule grossir dans son ventre. « Si tu veux, on va t’acheter un vrai jouet de garçon, comme… » Elle réfléchit une seconde puis poursuit. « … un pistolet en plastique ! Et tu l’amèneras à l’école pour prouver à tes copains que tu es un vrai garçon. »

L’idée semble séduire Thomas. Il relève un peu la tête, et demande à manger.

Dans la cuisine, la grand-mère démoule le gâteau. D’un pas rapide, le grand-père rapplique et lui souffle : « En même temps, quelle idée ils ont eu de lui offrir ce jouet de fille ! C’était sûr que ça allait faire des histoires.

– Oui, beh, ne leur dis pas ça, hein ! Ils vont mal le prendre.

– Oui oui, je sais. De toute façon, on peut rien leur dire ! »

En face de sa fille, le grand-père est moins virulent lorsqu’il essaie de lui expliquer pourquoi Thomas traîne une telle mine morose. La grand-mère rapplique bientôt pour expliquer toute l’histoire. Mais la mère de Thomas reprend à la volée les propos de ses parents. « Un jouet de fille ? Qu’est ce que c’est un jouet de fille ? » Elle s’adresse à son fils. Elle le questionne sur ce qui rend un jouet féminin, ou masculin, mais Thomas ne sait pas. Alors Estelle cesse de parler, s’accroupit et le prend dans ses bras.

A ses parents, elle murmure simplement : « On va en parler à la maison. » Et elle rentre chez elle avec ses enfants.

Thomas dilue un peu sa colère dans les routines du soir. Dans le bain il se dispute des jouets flottants avec sa sœur, il sautille et fait des grimaces en enfilant son pyjama tout seul, et au repas il chantonne et répète les injonctions des parents. Au moment de l’histoire, Estelle tend un album coloré à son époux : « Je crois qu’il est temps de lui lire et de lui expliquer ce livre… »

Alors, Christophe s’assoit sur le petit lit, à côté de son fils. « Tous les garçons et les filles sont ainsi », lit-il. Il ouvre l’album, tourne les pages, pose les mots avec douceur. Les dessins sont simples et colorés, et l’histoire raconte une dispute autour d’un jouet, qui vire au règlement de compte entre garçons et filles. Les préjugés sont étalés. Christophe et Thomas discutent ces phrases jetées comme des vérités, et se moquent un peu de leur bêtise.

Quand Christophe referme le livre, Thomas semble avoir compris. « Je peux jouer à ce que je veux. »

Christophe acquiesce : « Oui, exactement. Et la seule chose qui fait de toi un garçon, c’est ton zizi, ça suffit pour être un garçon. »

A la même heure, dans un autre appartement, le grand-père regarde le début du film du soir. Il essaie, du moins, d’en saisir l’essentiel, oscillant sa tête de droite et de gauche pour apercevoir la télévision derrière les allées et venues de son épouse. La grand-mère, elle, débarrasse la table, secoue la nappe, passe un coup d’éponge sur le bois verni puis un coup de balai au sol. Quand elle quitte la pièce pour s’occuper de la vaisselle dans la cuisine, le grand-père pousse un soupir de soulagement. Enfin il peut regarder son film sans être gêné.

Le grand-père sur son fauteuil et la grand-mère à sa vaisselle pensent tous les deux, à peu près au même moment, qu’il est tout de même extraordinaire que les hommes et les femmes soient si différents… Et que c’est là l’un des grands mystères de la biologie.

 

Cette nouvelle a été publiée dans le recueil de nouvelles Les femmes nous parlent au sein d’une édifiante accumulation d’histoires du sexisme résonnant d’une manière particulière avec notre l’actualité du ashtag…

Fabriquer sa bouteille de retour au calme

Fabriquer sa bouteille de retour au calme

Une des magies que je vis sur internet, c’est d’y trouver des idées que je n’aurais pas eu autrement… Comme la bouteille de retour au calme. A force de cliquer, dans Pinterest (j’en parlais ), sur des idées de bricolages pour mes enfants ou pour ma classe, ou sur des astuces d’éducation positive, j’ai vu apparaître ces objets remplis de paillettes, j’ai nommé les « bouteilles sensorielles » ou « bouteilles de retour au calme ». Alors je ne vais pas vous vanter les propriétés calmantes des dites bouteilles, je doute fort que quelques paillettes flottant dans une bouteille en plastique puisse avoir un effet sur les grosses colères de mes enfants… Mais l’objet est joli, très attractif même, facile à fabriquer et à personnaliser, ce qui suffit déjà pour en faire une sympathique activité de début de vacances.

Comme pour le slime (pour le coup la pâte pailletée moitié coulant moitié gluante je ne suis pas sûre de tester je crains que mon intérieur ne s’en remette pas), il semblerait qu’il existe de nombreuses recettes. Je ne vais pas vous livrer « la vraie bonne recette », oubliez-moi sur ce coup. Au contraire, je vais vous rassurer : faites au feeling ce sera très bien. En ce qui nous concerne, on a mis environ un tiers d’eau colorée avec de la gouache fluo, de la colle Cléopatre (mélangée en amont avec des colorants alimentaires et des paillettes) puis pour compléter, encore de la colle, un peu plus de paillettes, un peu de liquide vaisselle (pour faire des liquides de différentes densité, j’avais lu ça sur un site – ne me demandez pas lequel) et pour finir des sequins étoiles. On peut bien sûr varier les éléments, ajouter de petits objets, des pompons, des perles (allez, promis si j’en fabrique d’autres je rééditerai cet article avec les variantes)…

Dans tous les cas, la bouteille ne doit pas être trop remplie, pour que le liquide puisse « bouger » à l’intérieur. Le plus délicat est la coloration de la colle avec les colorants alimentaires en poudre, par exemple je n’ai jamais réussi à obtenir du violet pour la bouteille de ma fille qui en est restée au bleu foncé, et le orange de mon fils tire plus vers le jaune. Certains utilisent de la colle pailletée (glitter glue) achetée dans le commerce. J’ai voulu faire ma maline en la fabriquant moi-même mais le résultat est moins joli, d’autant plus que je n’ai trouvé que de la colle blanche, et l’effet serait probablement meilleur avec de la colle transparente…

Quoi qu’il en soit, je vous conseille cette fabrication, de quoi mettre des paillettes dans les yeux de vos petits !

 

Et vous ? Vous avez testé la bouteille de retour au calme ? Le slime ? Avec quels effets sur vos enfants ? Dites-nous tout en commentaire !

« Moi aussi » ?

Moi aussi

Je n’arrive pas à retirer le point d’interrogation de mon titre. Je n’arrive pas à me sentir complètement légitime derrière les #metoo et #balancetonporc car il ne m’est jamais rien arrivé de grave. Pas d’agression physique. Pas de harcèlement sur mon lieu de travail. Je suis chanceuse.

De ma petite place derrière mon ordi j’observe depuis quelques jours la parole se libérer et je sens en même temps une colère sourde monter à l’intérieur. Une furieuse envie de guillotiner des testicules. (Certaines testicules, je vous rassure tout de suite messieurs, si vous n’êtes pas un sale pervers aucun risque pour vos bourses…)

A force de lire des témoignages, je me suis sentie concernée. Moi aussi.

Moi aussi je me suis fait insulter dans la rue parce que je ne répondais pas aux « Eh mademoiselle t’es charmante ! ».

Moi aussi j’ai senti les regards poisseux des hommes déjà adultes sur mes formes de jeune fille dans le métro.

Moi aussi j’ai eu peur dans les transports en commun quand il était un peu trop tard, qu’il n’y avait pas trop de monde, et que l’ambiance sentait mauvais pour mes fesses.

Alors je me suis protégée avec une série de mesures d’éloignement du danger.

J’ai appris à baisser la tête, à ne pas soutenir le regard, à accélérer le pas.

J’ai renoncé aux jupes les jours où je prenais le métro – je n’avais pas encore quinze ans lorsque j’ai pris cette décision.

J’ai considéré que le métro marseillais ne fonctionnait plus pour moi passé 20h.

J’ai laissé passer les années sans me préoccuper beaucoup du harcèlement quasi quotidien subi par les femmes. Mais aujourd’hui l’explosion de témoignages, de mots et d’anecdotes sordides me tire de cette torpeur soumise.

Aujourd’hui, tout cela n’en finit pas de s’accumuler dans ma tête. Une gamine de treize ans se fait coller par un pervers dans le bus et n’ose pas en parler à ses parents par crainte de les mettre en colère. Une jeune femme se fait bloquer les jambes dans le métro, plusieurs fois, et doit quitter le wagon en courant, la peur au ventre. (Deux histoires récentes et malheureusement vraies !) Pour certains hommes les femmes ne sont que des sexes, des seins et des culs à consommer… dès treize ans, si elles commencent à avoir des formes.

Pour ma fille ce sera dans dix ans.

Je la regarde, ma petite fille souriante, joyeuse, avec ses boucles blondes et ses yeux pétillants. Je voudrais que le monde change avant que je lui ais inculqué la peur du viol, celle que ma mère a instillé dans mon cerveau il y a de cela bien longtemps… Et pour chaque femme, remplacer la crainte par le refus, être capable de dire : « Je refuse que tu me parles, me regardes, me traites ainsi. Je n’ai pas peur de toi. »

 

Vous voulez lire les témoignages qui ont précipité le mien ? Il y a celui de Maman BCBG ici, celui de ColombesMum là, et puis encore celui de 3 enfants en 3 ans, puis sa suite, celui de Red red wine, celui d’Une apprentie végane en Bretagne, celui de Des gueules. J’arrête de chercher, j’en trouverais des dizaines, des centaines, des milliers.

 

Je vous laisse avec les paroles d’une comptine dans laquelle une bergère se fait aborder draguer harceler (?) par un « monsieur ». La fin est sidérante ! J’en suis désolée mais je ne pourrai plus lire ou voir une situation de « drague » sans penser à l’article de Des gueules (à cliquer juste au dessus).

 

Ah ! dis moi donc bergère, à qui sont ces moutons ?
Eh par ma foi Monsieur, à ceux qui les gardions
Et tra la la déridérette et tra déronla 

Ah ! dis-moi donc bergère, combien as-tu d’moutons ?
Et par ma foi Monsieur, il faut qu’je les comptions
Refrain

Ah ! dis-moi donc bergère, l’étang est-il profond ?
Et par ma foi Monsieur, il descend jusqu’au fond
Refrain

Ah ! dis-moi donc bergère, par où ce chemin va ? 
Et par ma foi Monsieur, il ne bouge pas de là !
Refrain

Ah ! dis-moi donc bergère, le poisson est-il bon ? 
Et par ma foi Monsieur, pour ceux qui le mangions
Refrain

Ah ! dis-moi donc bergère, n’as-tu pas peur du loup 
Et par ma foi Monsieur, pas plus du loup qu’de vous !
Refrain

 

ECRIRE

Aujourd’hui vous aurez deux textes en un… les productions de mon tout premier atelier d’écriture (lui, ). Enfin j’ai sauté le pas de l’atelier, pour moi une incitation lumineuse à continuer, à persister…

 

Le rituel

Ecrire 1

Tu fermes les yeux une seconde. Ou deux. Ou trois. Tu contemples le blanc brillant de la page. Tu baisses le menton vers ta poitrine, prends une inspiration. La blancheur vibre. Elle semble résonner. Tu effleures le clavier de ton ordinateur. Tu chasses la poussière ? Tu le caresses plutôt. Encore. Encore. Une obsession sous le grain de tes doigts. Parfois tes mains s’élèvent juste au dessus des touches. Tes doigts se frottent les uns contre les autres. Encore un époussetage. Que pensera celui qui te verra accomplir cette danse des mains devant ton traitement de texte encore vide ? Tes pensées prennent le relai. Tu te trouves ridicule.

Tu le sais bien, pourtant, qu’il te faut juste écrire. Jeter les mots. Les envoyer comme des projectiles. Alors ils s’enchaîneront les uns aux autres et l’écran se remplira. La lecture de tes mots sera une autre épreuve. Une autre souffrance. Un combat que tu perdras peut-être. Plus tard.

Maintenant, tes doigts martèlent le clavier de ton portable en saccades de mots. Le cliquettement ininterrompu te berce, t’enivre…

Soudain le silence. Vide. Tes doigts battent l’air en silence. Ils montent sur tes tempes. Se frottent les uns contre les autres. Caressent la frontière de ta lèvre inférieure. Tu entends la voix de ta tête dans le vide qui t’entoure. Tu changes de position peut-être. Tu étends ou replies tes jambes. Tu passes du canapé à la table. Tu te sers un thé. Tu joues avec la mollette à faire défiler ton pauvre texte. Puis… Tu fermes les yeux une seconde.

 

 

Le Pourquoi de l’Ecrire

Ecrire 2

Quand je ferme les yeux j’entends la mer, le souffle de son ressac lent sur une plage déserte, son calme, son bruit de respiration silencieuse, son chemin qui repart et revient à l’infini. Elle est inexorable, inexprimable, inventive, intérieure, infinie, comme l’écriture, elle est, elle existe, elle se contente d’être à la vie.

Ecrire ce n’est pas raconter, ce n’est pas raisonner, ce n’est pas faire des phrases, c’est lutter avec les moyens du bord. Ecrire, c’est vivre, plutôt, même si vivre c’est peut-être lutter, c’est peut-être danser, c’est peut-être chanter. Ecrire c’est inqualifiable et inévitable. Ecrire c’est vivre, c’est se remplir de mots pour dire le plein ou le vide de sa vie. Ecrire c’est penser, réfléchir, naviguer, cheminer, voyager. Ecrire c’est être, être soi, être à soi, être même à soi-même. Alors pourquoi écrire ? Parce que.

 

 

Pour ce second texte, l’incitation d’écriture était d’insérer la citation choisie par notre voisin de gauche (en italique dans mon texte, il s’agit d’une citation de Daniel Pennac tirée de la préface de l’Affreuse, d’Ariel Crozon).

Et bien sûr, ce texte dialogue avec celui-là : Ecrire c’est vivre.

Chemin de parents

Chemin de parents

Pendant que les enfants poussent les parents grandissent.

A chaque croisement ils font des choix. Allaitement ou biberon. Pouce ou sucette. Sommeil séparé ou cododo. Tel pédiatre ou tel autre. Poussette ou écharpe.

Au fur et à mesure qu’ils avancent, ils ferment des voies. D’autres s’ouvrent. Ils évoluent, découvrent, explorent. Des rencontres de bord de chemin dévoilent des sentiers cachés.

Mais surtout, ils deviennent sûrs. Gagnent en confiance. En sérénité. En expérience.

Ils ne sont plus ces jeunes parents avides de perfection, avec ce besoin de prouver à tous qu’ils sont capables. Ils ont renoncé à la perfection et même à la capacité. Ils ont compris qu’ils ne seront jamais cette illusion…

Au bout de quelques années et à partir de deux enfants, tous ceux qui les noyaient de conseils plus ou moins (plutôt moins) sollicités ne mouftent plus un mot. Les parents n’ont plus rien à prouver. Leur susceptibilité s’est éteinte.

Alors les rares conseils encore donnés glissent. Ils acceptent cette main tendue pour ce qu’elle est, ni critique ni recette, mais une astuce en forme de parenthèse.

De toute façon, pour ceux autour, ils n’en ont pas vraiment besoin. Ils ont gagné leurs galons de parents, comme un tampon à chaque étape. Ils sont sacrément tamponnés, ça se voit de l’extérieur. Qu’importe si l’intérieur est constamment submergé.

Un chemin sous-marin en quelque sorte…

Réussir son allaitement ce n’est pas seulement un coup de chance

Tenue correcte exigée

On a peut être un peu trop tendance à penser, enceintes, que l’allaitement c’est naturel. Que ça coulera tout seul – c’est le cas de le dire.

On compte sur la chance de la débutante, sur les conseils à la maternité, sur l’expertise du pédiatre… Aïe ! Rien de tout cela ne fonctionne à coup sûr. L’accompagnement en maternité est souvent bien léger – quand il est approprié ; les conseils contradictoires – voire contraires aux bons usages de l’allaitement ; les pédiatres pas formés à cette question – et pour certains carrément réfractaires à un allaitement qui dépasserait trois mois. On n’est pas rendues dès lors, si l’on ne s’est pas renseignées pendant la grossesse, si l’on ne pose pas les questions aux bonnes personnes, si l’on ne se blinde pas contre les bêtises que l’on entendra.

Si l’allaitement est important pour vous, si vous croyez qu’il est important pour votre enfant, si vous y tenez, ne passez pas à côté de l’inévitable prise d’informations avant. Sachez où prendre les infos pendant (site de la Leche League, Forum des tétouilleurs, associations de soutien à l’allaitement). Et puis venez partager aux réunions allaitement, on y chemine tellement, entourées d’autres mères qui allaitent, qui ont allaité, qui vivent, qui ont vécu ce que l’on traverse…

A Marseille, c’est nouveau cette année, la Famille Zen propose des rencontres allaitement, totalement gratuites, que je co-anime avec une autre maman ayant une expérience longue d’allaitement (en ce qui me concerne : plus de deux ans pour mon fils et plus de trois ans pour ma fille), avec l’envie d’accompagner avec bienveillance votre expérience d’allaitement.

Les réunions allaitement me manquaient tant, j’ai dû trouver un moyen d’en faire exister de nouvelles ! Et puis… le savoir ne vaut rien s’il n’est pas partagé.

Ça vous tente ? Je vous donne les dates des prochaines réunions pour 2017 : le dimanche 15 octobre, le dimanche 12 novembre et le dimanche 17 décembre, de 10h à 12h à chaque fois. Après-demain, ce sera au parc du Palais Longchamps (tant qu’il fait beau et chaud profitons-en !). Toutes les infos sont sur la page facebook de la Famille Zen. A dimanche ?

Ces corps parfaits sont de pauvres «fake»

Ces corps parfaits qui sont des fake

Nous le savons tous et toutes et pourtant la supercherie continue. Tous ces corps parfaits dessinés au bistouri photoshop auxquels on se compare, encore et toujours… de pauvres «fake». Non les mecs, ne pleurez pas que vous n’avez pas autant de pectoraux que je ne sais quel mannequin… vous savez que vous ne serez jamais comparés, mesurés, jaugés comme le sont les femmes. Evaluées à coup de « elle est bonne celle-là ». Sur nos écrans et les murs de nos villes, combien de ventres d’hommes pour combien de seins de femmes, de fesses de femmes, de nombrils de femmes ? Le pire, c’est que tout cela est faux. Vous le savez. Nous le savons. Ces mannequins qui tirent la tronche ne représentent pas les femmes réelles (parmi lesquelles seules 5% mettent de la taille 36). Toutes les lignes de ces corps sont réinventées. Des mensonges en forme de corps de femme pour vendre des vêtements, des parfums, des yaourts ou des crèmes solaires. Nous le savons tous, pourtant, les vrais corps des vraies femmes sont beaux, ils vibrent de leur réalité sous le grain de leur peau.

Je pourrais écrire cet article comme ça, gratuitement, juste pour le plaisir de dénoncer le diktat du corps parfait, mais ce n’est pas le cas. Vous avez peut-être déjà eu l’information… à partir de maintenant, si une photo a été retouchée dans une publicité cela devra être indiqué, comme les avertissements sur l’alcool et les cigarettes. Une avancée salutaire. Par contre les magazines pourront continuer à nous tromper impunément dans leurs pages « mode » et sur leurs couvertures, nulle obligation pour eux… alors en attendant, on continue à informer toutes les jeunes filles complexées – ou pas encore ! – autour de nous : «non tu vois ma bichette, cette femme n’a pas vraiment ce corps, elle a été re-tou-chée !».

Quelle cachotière cette souris verte !

137 Quelle cachotiere cette souris verte

Je pensais tout savoir sur cette souris verte. Qui trouve qu’il fait trop noir dans le tiroir, trop chaud dans le chapeau et qui fait trois petites crottes dans une culotte… Mais figurez vous que ce n’est pas tout ! Mon fils – six ans – a ramené de l’école cette information étonnante. La très connue souris verte fait aussi des petites bises quand on la met dans sa chemise, croque les pieds si elle se trouve enfermée dans des souliers et danse même le rock’n’roll dans les casseroles.

Une petite recherche internet m’a appris en prime qu’elle en a ras le bol de l’école mais qu’elle se sent bien dans le jardin…

Elle peut y courir dans l’herbe !