La cheville au frais

La cheville au frais

Avez-vous remarqué cette étrangeté de la mode ?

Je crois me souvenir que c’est d’abord une image Pinterest expliquant comment mettre en valeur un jean qui a attiré mon attention sur le raccourcissement du pantalon sur peau nue. Nous étions déjà en hiver. « Pas adapté à la saison », me suis-je dit. Puis j’ai regardé autour de moi dans la rue…

Faites le test et vous verrez, on pourrait presque catégoriser les femmes par tranche d’âge en regardant juste leurs chevilles – c’est bien moins flagrant sur les hommes. Les moins de trente ans, cheville au frais. Presqu’aucune collégienne n’y coupe, et même chez les jeunes femmes moins perméables aux phénomènes de groupe… cheville au frais je vous dis !

Vous aussi cela vous questionne ? Cet article du journal Le Temps explique que pour les ados, les chaussettes qui dépassent de la basket « c’est pas swag » (attention, cet article a déjà deux ans, ce n’est plus « swag » de dire « swag » !), et que la mode pantalon feu de plancher et basket basse vient de… Lisez l’article, moi je ne sais plus. Le Huffington Post revient aussi, en cette semaine de froid transsibérien, sur la question des chevilles (ici)… Apparemment la mode n’a que faire de la température, mais rassurez-vous, on a questionné des experts pour vous, le rhume ne s’attrape pas par les chevilles à l’air.

Bon, moi, vous l’aurez compris, déjà j’ai dépassé les trente ans, et puis la mode… mon confort passe avant…

D’ailleurs, à ce sujet, je vous parlerai chaussures à talons un de ces jours.

 

Et vous alors, vous êtes plutôt cheville au frais ou cheville au chaud ?

La revendication de la lenteur

La revendication de la lenteur

A l’origine de cet article, une interrogation sur ce que je reproche vraiment à Facebook (sur lequel je « suis »… même si je ne m’y épanouis pas vraiment tant je n’ai pas l’impression d’y exister humainement) et à Twitter (sur lequel j’ai un compte à usage professionnel tout récent mais complètement inactif)… Le point central du malaise que je ressens sur ces réseaux semble se résumer à la frénésie qui y règne. Quand notre espérance de vie est de l’ordre de 80 ans, la durée d’une de nos journées de 14 à 18 heures, connaissez-vous la longévité d’une publication sur Facebook, ou pire, la durée de vie d’un tweet (quatre heures (!) selon plusieurs articles dont celui-là) ? Cet empressement, cette injonction à réagir, à poster, à partager, à commenter, à liker à l’échelle du temps de la minute ou de l’heure… je les refuse. Je ne réagis pas souvent à la vie privée des gens. Pour le reste, informations, articles, coups de gueule ou coups de cœur, je souhaite réfléchir plutôt que réagir. Même dans ma vie quotidienne, personnelle ou professionnelle, je demande souvent à mes interlocuteurs de me laisser le temps de « décanter » comme je l’exprime dans mon langage propre.

Prendre le temps pour mettre du sens.

Déjà, , je disais mon besoin du moment de ralentir ma vie.

Pour l’information aussi, j’ai ressenti depuis quelque temps une impression de saturation comparable, à recevoir, dès le matin et tout au long de la journée, les mêmes actualités reprises commentées étalées diluées ressassées sans presque jamais aller plus loin que la surface de l’événement. Lorsque j’ai découvert Brief.me, j’ai avancé dans ma propre interprétation de ce « slow movement » qui existait bien avant que je me pose ces questions. Depuis quelques jours, j’ai fait taire les informations radiophoniques, celles qui me réveillaient à la violence des drames pas encore révélés, en les remplaçant par une radio musicale. Je me suis abonnée à Brief.me, donc, ce « slow media » à la fois concis et réfléchi qui trie, explique et approfondit les actualités de chaque jour. Maintenant l’information arrive dans ma boîte mail six jours par semaine. Je suis au courant de l’essentiel tout en approfondissant ce que je n’avais pas le temps de chercher ni de décrypter. J’en sais plus, je le sais mieux et j’y consacre moins de temps. Je suis passée de l’information réaction à la réflexion. Et, oui, passé le mois d’essai gratuit, j’accepte de payer mon information… puisque ce n’est pas la publicité qui finance à ma place le travail de ces journalistes…

Ces derniers temps, j’ai donc remplacé le malaise ressenti devant la pression numérique, en choix. Je fais le choix de prendre le temps d’écrire quitte à laisser filer le flot des actualités, de laisser l’écriture à chaud tiédir avant d’appuyer sur le bouton de programmation de la publication. Je fais le choix de ne pas me laisser happer par l’information minutée. Je fais le choix de regarder du plus loin possible cet empressement qui a cours sur les réseaux sociaux. Je trouve d’ailleurs cela assez amusant qu’une information puisse être si vite enterrée dans un fil d’actualité, tout en restant éternellement présente. Facebook a inventé l’imprescriptibilité, camouflée sous la frénésie de vitesse et de quantité.

Dans la même veine, je fais aussi le choix de ne pas poursuivre mes nouveaux, futurs ou potentiels lecteurs… Depuis la création de mon blog il y a plus de deux ans, je n’ai jamais réussi à mettre en place cette campagne de publicité sur les réseaux qui propulserait peut-être mes chiffres de statistiques. Je suppose que d’autres excellent dans ce domaine. Je suis moi-même une assez bonne cliente de ces opérations de rameutage du chaland si j’en crois le nombre de blogs auxquels je suis abonnée… Mais si je me penche sur mes lectures réelles, mes vrais coups de cœur de la blogosphère, les personnes que je lis vraiment à chacune de leurs incursions dans ma boîte mail… elles ne sont pas si nombreuses.

La campagne « je booste l’audience de mon blog », donc, très peu pour moi. Je ne veux pas pousser mes contacts à la consommation de mes écrits, organiser des concours pour appâter les likes, demander un clic, aimer pour être aimée, partir à la recherche de nouveaux lecteurs… J’ai décidé de ne pas perdre de temps à faire tout cela, je préfère écrire ou dessiner même s’il n’y a que quelques personnes pour l’observer à l’arrivée… Le nombre de mes lecteurs reste quasiment clandestin, mais chaque nouvel abonné me touche pour sa démarche, son clic singulier non sollicité.

Aujourd’hui, je fais des choix et j’adapte mon utilisation de l’outil internet à ma vie en mode « slow ». Demain peut être, cet article sera déterré pour montrer que j’ai accéléré…

 

Et vous, alors, vous êtes plutôt « slow web » ou « fast web » ?

Le sommeil des bébés, ce sujet de déchirure

Le sommeil des bebes ce sujet de dechirure

Les jeunes mères l’ignorent avant d’y être confrontées – parfois dès la grossesse – mais dans la parentalité il est des sujets glissants, voire tabous. Le choix du sein ou du biberon font partie de ces thèmes polémiques, puisque presque tout le monde a un avis tranché sur la question et essaiera la plupart du temps de vous ramener dans son camp. Pour le sommeil des bébés, même combat. Ceux qui n’y sont plus confrontés ne manqueront pas d’y aller de leur petite expérience ou de leur conseil même non sollicité pour ces jeunes parents, épuisés par leurs nuits hachées en pleins de minuscules petits bouts.

Ce qui est majoritairement admis, et transmis, c’est que les enfants doivent « faire leurs nuits ». A votre première réunion de famille après la naissance de votre bébé, ou chaque fois que vous croiserez la vieille voisine de vos parents, la même question reviendra, comme une comptine enfantine : « Elle fait ses nuits ? ». C’est le pendant du « Il est sage ? », vous le savez, vous le sentez, que vous ne devez pas répondre non à ces questions. Alors vous mentez peut être ou vous éludez… Mais au fond, n’ayez plus de doute, la réponse normale et largement répandue, c’est non. Non, mon enfant de dix jours, un mois, trois mois, six mois, ne fait pas ses nuits. Enfin en tout cas il ne fait pas nos nuits, à nous ses parents.

J’ai souvent entendu dans les réunions d’allaitement (ces succursales de mamans allaitantes mais aussi, porteuses, bienveillantes, cododotantes, voire instruisantes en famille…) que « faire ses nuits » signifiait dormir cinq heures d’affilée trois fois par semaine (je cite de mémoire). De quoi répondre à votre tante Gertrude que oui oui, votre loustic fait bien ses nuits même si votre anticerne est devenu votre meilleur ami. Sans aucun hasard, le sujet du sommeil finissait constamment par arriver vers le milieu des réunions allaitement. Il y avait toujours une maman épuisée pour demander de l’aide tout en répétant ce que lui serinait l’entourage plus ou moins proche.

« C’est parce que tu l’allaites qu’elle ne fait pas ses nuits. »

« Tu devrais essayer le « 5 10 15 » ça a marché avec la cousine de la fille de mon patron. »

« Un bébé ça doit dormir 21 heures par jour donc 11 heures et demi par nuit. »

La vérité, c’est que la plupart de bébés ne font pas les nuits de leurs parents avant plusieurs mois. Allaitement ou pas. Blindage de biberon à la farine épaississante en soirée ou pas. Méthode du laisser pleurer ou pas. Croire que la normalité pour les bébés est de laisser les parents dormir… est un autre leurre qu’on agite devant les parents débutants et démunis. Cet article de Happynaiss en parle fort bien – et a d’ailleurs inspiré mon propre article. C’est aussi le thème de ce projet photographique que vous avez peut-être croisé sur les réseaux sociaux : Nuits sans larmes, Parents debout.

En expliquant que ces semaines ou ces mois de fatigue intense sont inéluctables, je ne veux pas non plus les réduire à une souffrance silencieuse. Au contraire, la solitude n’est pas obligatoire pour les mères en manque chronique de sommeil. Les partages bienveillants entre mères permettent toujours de délayer le ras-de-bol installé, même s’ils restent moins efficaces que le partage des réveils nocturnes avec le papa…

Vous voulez que je termine sur une bonne nouvelle ? Ils finissent par dormir, et cela se produit forcément avant l’adolescence…

Aux mères et aux pères dont le sommeil ne coïncide pas avec celui de leurs enfants, je souhaite simplement du courage pour « passer le cap ». Vous êtes les meilleurs des parents pour votre enfant…

Il n’y a pas de «parce que» dans mes «je t’aime»

Il n y a pas de parce que dans mes je t aime

J’en parlais dans mon article précédent. Nous avons traversé une phase familiale mouvementée entre septembre dernier et maintenant. Une tempête d’émotions qui a opposé nos deux enfants et nous a embarqué nous aussi, les parents, dans ses tourbillons. Dès la rentrée j’ai perçu que ma fille souffrait de la nouvelle place de son grand frère, l’apprenti lecteur, encore plus posé et tranquille qu’auparavant, étalant sa raison et sa sagesse pour nous épater. Nos mots n’ont pas su apaiser sa déception de n’être «que» la petite sœur de trois ans et demi, notre amour ne l’a pas assez rassurée et les crises se sont enchaînées, inexorablement attachées les unes aux autres. Un jour elle s’est mise à dessiner avec frénésie. Des semaines plus tard je me suis remémoré mes mots : « Toi tu es en petite section, tu apprends à dessiner… » Les mots peuvent nous enfermer parfois.

Puis nous libérer.

Il y a deux semaines environ j’exprimais une fois de plus à mes deux enfants mon amour pour eux. Pour chacun d’eux. Je leur redisais que je n’aimais pas «plus» l’autre, en leur demandant de cesser leur lutte pour notre amour de parents. A ce moment là, je regarde ma fille dans les yeux : « Je t’aime pour ce que tu es. »

Mon fils enchaîne : « Et moi tu m’aimes parce que je sais lire. » Ces mots ont résonné comme l’explication de texte des cris réitérés des mois précédents… Alors j’ai trouvé cette phrase libératrice. « Il n’y a pas de «parce que» dans mes «je t’aime». » En leur disant que mon amour ne dépendait pas de leurs réussites je les ai peut-être libérés. Apaisés…

Magie des mots.

Succession de phases

Succession de phases

Souvent j’envisage la vie de parents telle une succession.

Il y a quelques mois, imbibés de parentalité bienveillante, nous avions laissé couler notre vie familiale, tranquille, facile et sereine. Puis la rentrée scolaire, avec ses nécessaires chamboulements, a marqué un basculement, un amoncellement de pleurs et de cris. Tous les accrocs du quotidien sont devenus des prétextes, entre parents et enfants, entre enfant et enfant, à ne pas se comprendre, à ne pas se voir, à se fâcher.

Une grande dame de ma connaissance raconte au sujet de l’équilibre familial qu’au moment où tout va bien dans nos vies l’univers nous envoie de quoi tout remettre en question. Parfois nous souhaiterions rester dans la tranquillité, mais c’est sans compter ces successions de phases rythmant nos vies.

Au sommet des montagnes russes l’euphorie nous porte si haut que nous n’envisageons même pas la chute, ses battements cardiaques et ses hurlements. Quand elle survient, soudaine et progressive, douce et violente, on change de phase comme l’on se retournerait sur ses propres pas. Gardons en tête dans les phases basses de nos existences que d’autres phases viendront…

Ainsi depuis quelques jours la sérénité semble être de retour par chez nous…

Succession de phases.

La télé des mini-nains

La tele des mini nains

J’avais déjà écrit (ici) un article sur les dessins animés. Ceux de ma jeunesse et ceux de leur jeunesse. J’avoue avoir toujours cet engouement particulier pour Miraculous, ce qui amuse particulièrement mon mari d’ailleurs (« Laisse maman tranquille elle regarde son dessin animé. »).

Je ne vous ai pas parlé par contre des autres dessins animés, ceux qu’on ne regarde pas ou plus, ou du coin de l’œil. Ceux dont le principal – seul ? – intérêt est de permettre aux parents de grappiller quelques dizaines de minutes supplémentaires dans leur lit les matins de week-end. Je suis tombée sur cet article le week-end dernier justement, j’en ai pleuré de rire… Parents de nains, je vous souhaite une bonne lecture.

Hommes femmes le débat de la séduction

Hommes femmes le debat de la seduction

Séduction ou écrasement ?

Bon, vous savez, la libération de la parole féminine, les récits additionnés puis multipliés d’agressions, de harcèlements, d’intimidations, d’humiliations… Nous avons cru que c’était une chance pour la modernité et pour le changement, mais la honte, le déni et le rejet se sont incrustés sur le revers de notre pouvoir de mots. Là où nous voyions une chance pour toutes les femmes de revendiquer une vraie égalité des sexes, d’autres n’ont réagi qu’avec un silence gêné. Là où nous rêvions de relations respectueuses, d’autres ont rétorqué puritanisme et nouvelle censure galopante.

N’empêche, cette réponse à « la tribune des cent femmes » pointe que la « liberté d’importuner » reste un privilège masculin, un symbole du déséquilibre dans les rapports entre hommes et femmes. Déjà il y a trois mois j’avais mis de côté cet entretien de Françoise Héritier : « Il faut anéantir l’idée d’un désir masculin irrépressible ».

Et puis comme j’ai la chance de faire le métier de prof, je peux même porter ces sujets dans la classe, en parler, en débattre. Ainsi, il y a deux semaines, le point de départ de notre discussion était : « Les filles qui se font agresser elles l’ont bien cherché » (Merci Riposte ! un livre précieux pour déconstruire tous les stéréotypes qui sclérosent nos relations aux autres). Notre idée d’arrivée a été ce jour là la plainte des garçons : «Pourquoi est-ce toujours à nous de draguer ?» et le rassemblement de tous, filles et garçons, autour de cette douleur partagée de «se prendre un râteau».

Finalement, mes jeunes ados, n’expriment-ils pas aussi une volonté de se défaire des carcans de ces rôles prédéfinis ?

Si la séduction entre hommes et femmes est un vrai sujet, méritant que l’on s’interroge, elle est aussi un jeu pouvant se réinventer à l’infini. Je crois qu’elle continuera à vibrer au delà des évolutions inévitables.

Alors j’entends le questionnement autour de la censure moderne… mais ce discours anti « balance ton porc », il se rapproche plus, dans mon esprit, de cette vidéo (le dernier Tutotal, « émanation Web de l’émission d’Arte « Personne ne bouge » », à propos du nouveau film de Woody Allen, sur le mode du « on ne peut plus rien dire »)

 

Et vous alors, vous le vivez comment, ce débat entre libération de la parole et anti-puritanisme ?