[Lecture] « La fissure » de Jean-Paul Didierlaurent

L07 imageJe m’étais délectée, il y a quelque temps, du Liseur du 6h27, du même auteur. C’est ce qui m’a poussé vers ce roman, une autre de mes lectures de vacances avec Le camion, My absolute darling et Cosmétique de l’ennemi. Ça et la quatrième de couverture bien sûr.

Dernier représentant d’une entreprise de nains de jardin rachetée par une holding américaine, Xavier Barthoux mène une vie bien rangée entre la tournée de ses clients, son épouse, son chien et sa résidence secondaire des Cévennes. Mais quand il découvre une fissure dans le mur de sa maison, c’est tout son univers qui se lézarde… Animé par une unique obsession, réparer la fissure, il entreprend un périple extrême et merveilleux jusqu’à l’autre bout du monde.

Ce livre, je l’ai trouvé parfait dans le contexte de camping dans lequel je l’ai lu, pas très loin de la fameuse maison secondaire des Cévennes qui plus est. Les aventures du très rangé Xavier Barthoux sont loufoques, rafraichissantes et très amusantes. On passe un délicieux moment de détente et d’évasion avec ce livre. L’aventure, pourtant, est plus profonde et intime qu’il n’y paraît d’abord. Au point de nous interpeller, une fois le roman refermé, sur la fissure que l’on porte tous et toutes sous nos camouflages…

La playlist des vacances

RT21 J8 07

Avant de s’engouffrer dans la tornade de la rentrée, il est encore temps de se remémorer le temps des vacances.

Nous, cet été, on a beaucoup plus été dans le relâchement que dans la culture. J’en prends pour preuve les refrains entonnés par nos enfants tout l’été, qu’ils auront j’espère oublié avant de les chanter à leur maîtresse…

Vous voulez des exemples ?

Non je n’veux plus jamais travailler, plutôt crever ! Non je n’irai plus jamais au supermarché, plutôt crever ! Non mais laissez moi, non mais laissez moi, manger ma banane.

Ou alors…

Fous ta cagoule, fous ta cagoule, ou t’auras froid t’auras les glandes t’auras les boules.

(On fait ce qu’on peut pour lutter mentalement contre la canicule.)

Disons qu’on relèvera le niveau langagier de nos enfants un peu plus tard.

Notre playlist coup de cœur des vacances en version intégrale, elle est là, avec juste quatre titres, les plus demandés, redemandés, reredemandés, sur toutes les routes de nos vacances.

La banane de Philippe Katerine, joyeusement subversif.

Fous ta cagoule de Fatal Bazooka, un grand classique de mes favoris, déjà dans cette playlist personnelle.

Barbara Ann des Beach Boys, bien dans l’esprit combi qu’on affectionne.

La bande originale de La Chèvre de Vladimir Cosma, parce qu’on l’a chanté en private joke d’adulte devant les maladresses de notre fille – et de notre fils, pas de jaloux –, qu’on a fini par leur mettre en musique de route et qu’ils l’ont plus qu’adoré…

 

Et vous, qu’y a-t-il dans votre playlist de vacances ?

[Lecture] « Cosmétique de l’ennemi » d’Amélie Nothomb

L06 imageC’était mon premier Nothomb. Et oui, j’étais jusqu’à présent passée à côté de ce phénomène littéraire. Le hasard, l’indifférence à son excentricité, la préférence pour d’autres lectures surtout m’avaient tenue à l’écart de ses romans. J’ai donc abordé Cosmétique de l’ennemi sans a priori autre que celui induit par sa quatrième de couverture :

« Sans le vouloir, j’avais commis le crime parfait : personne ne m’avait vu venir, à part la victime. La preuve, c’est que je suis toujours en liberté. » C’est dans le hall d’un aéroport que tout a commencé. Il savait que ce serait lui. La victime parfaite. Le coupable désigné d’avance. Il lui a suffi de parler. Et d’attendre que le piège se referme. C’est dans le hall d’un aéroport que tout s’est terminé. De toute façon, le hasard n’existe pas.

J’avoue avoir été étonnée par l’entrée dans ce livre : un dialogue entre deux hommes dans un aéroport, l’un imposant sa logorrhée envahissante à l’autre. « Ce n’est que cela, la prose d’Amélie Nothomb ? » me suis-je surprise à penser. Mais page après page, tandis que l’échange se poursuit, désagréable puis oppressant et pour finir terriblement révélateur, on entre dans ce jeu littéraire, dans ce roman qui peut se lire d’une traite. Et finalement, « c’est donc cela, Amélie Nothomb ».

Sur l’intrigue, je n’en dirai pas plus. Par contre, je peux vous dire que je suis allée chercher les autres Amélie Nothomb présents dans la bibliothèque familiale…

Une dernière chose tout de même. Je m’interroge souvent sur la genèse des livres que je lis. Je me suis alors demandé, à propos de Cosmétique de l’ennemi, si la scène décrite à la fin était un fait divers réel ayant inspiré l’auteure. En furetant sur internet, j’ai trouvé cet entretien avec Amélie Nothomb expliquant la genèse de ce roman (attention elle en dit plus que moi sur certains éléments de l’histoire). Maintenant, que j’ai en tête ses mots pour décrire son acte d’écrire, j’ai encore plus envie de la lire. Allez, je vous laisse, j’ai un Amélie Nothomb sur ma table de chevet…

[Lecture] « My absolute darling » de Gabriel Tallent

L05 image.jpgC’est un livre percutant, traduit de l’américain mais dans lequel la traduction ne se sent pas, un roman qui nous enserre et nous embarque dans sa violence et sa beauté obscure.

C’est l’histoire captivante d’une jeune fille de quatorze ans, servie par une écriture magnifique de contrastes, tour à tour enivrante de poésie et terriblement crue dans ses dialogues répétitifs.

C’est une lecture haletante, puisque jusqu’à la toute fin du livre on se demande si «Turtle» parviendra à s’échapper de cette emprise d’amour absolu («my absolute darling», lui dit-il), de cette prison folle construite par son père autour d’elle, autour d’eux.

C’est un roman extrême, à découvrir absolument. Et comme ils en parlent tellement mieux que moi, je vous invite à visionner ici l’entretien réalisé par François Busnel avec l’auteur pour La Grande Librairie du 8 mars 2018.

C’est une découverte, enfin, que je n’aurais pas pu faire sans la magnifique note rédigée par l’une des libraires de chez Pantagruel (ma librairie de quartier), merci à elle.

Road-trip plan B

Après la panne de combi… Road-trip plan B avec voiture et tente ; de la campagne, du vert, du calme…

Aveyron, Cantal, Corrèze, Creuse, Indre

Jour 1

Départ de Marseille, passage par le sud des Cévennes et ses paysages magnifiques.

Installation au camping à la ferme de Castelnau, près de Nant.

RT21 J1 01

RT21 J2 02

Au fond du camping, la rivière (la Dourbie).

RT21 J1 02

RT21 J1 03

Jour 2

RT21 J2 01

 

 

Nant :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après-midi au bord de la rivière…

Soirée au marché paysan de Montredon du Larzac.

Jour 3

Vélo rail du Larzac en famille.

RT21 J3 01

La cheffe de gare de Sainte-Eulalie de Cernon

RT21 J3 02

RT21 J3 03

RT21 J3 04

RT21 J3 05

RT21 J3 06

RT21 J3 07

RT21 J3 08

RT21 J3 09

RT21 J3 10

L’animation de la gare de la Bastide Pradine

RT21 J3 11

Sur le chemin du retour, le plateau du Larzac

Jour 4

Superbe route une partie de la journée, en repassant par le Larzac, puis l’Aubrac, vues merveilleuses à l’infini, carré de prés et murets de délimitation, arbres disséminés, troupeaux de vaches.

RT21 J4 01

Prades d’Aubrac

Plateau de l’Aubrac, lignes d’arbres, vaches, paysage à perte de vue.

RT21 J4 02

RT21 J4 03

Installation au camping Hortiver, vers Aurillac, dans le Cantal (là où il y a plus de vaches que d’humains – 1,5 pour 1 selon cet article (oui oui il y a quelqu’un qui a épluché des données statistiques pour écrire cet article sur le nombre de vaches dans les différents départements français, internet est une découverte de chaque jour…)).

RT21 J5 01

Jour 5

Balade dans les gorges de la Jordanne.

RT21 J5 02

RT21 J5 03   RT21 J5 04

RT21 J5 05   RT21 J5 06

RT21 J5 09   RT21 J5 08

RT21 J5 07

Jour 6

Ascension du Puy Mary, vues d’en haut :

RT21 J6 01

RT21 J6 02   RT21 J6 03

Jour 7

On quitte le Cantal pour le plateau des Millevaches dans le Limousin, installation au camping de l’Enclose à Tarnac.

RT21 J7

Jour 8

Petite randonnée à la cascade de la Tine depuis Pradines.

RT21 J8 01

RT21 J8 02   RT21 J8 03

RT21 J8 04

RT21 J8 05   RT21 J8 06

RT21 J8 07

(Jamais vu autant de mousse de ma vie, même sur le goudron.)

 

RT21 J8 08

L’église au toit de chaume de Lestard

RT21 J8 09

Le lac de Viam

Jour 9

Dernier jour de camping à Tarnac, baignade au plan d’eau de l’Enclose…

Jour 10

Direction Argenton-Sur-Creuse, balade en bord de Creuse.

Jour 11

Argenton-sur-Creuse

RT21 J11 01

RT21 J11 02

RT21 J11 03

Jour 12

Observation rapprochée des canards de la Creuse, courses aux halles d’Argenton, baignade dans la Creuse l’après-midi.

Jour 13

Retour à la maison par l’autoroute, vue sur Clermont-Ferrand et le puy de Dôme, passage par le viaduc de Millau et le Larzac.

Marseille, ma douce, mon amoureuse, nous sommes de retour !

[Lecture] « Le camion » de Neige Sinno

L04 imgJe cherchais des livres à lire pendant mes vacances en combi (je dis « en camion » aussi parfois) et je suis tombée sur ce livre là.

Sa quatrième de couverture :

Ils dorment dans le camion et c’est un peu comme s’ils étaient partis très loin. Ils s’allongent à l’arrière dans leurs jeans pleins de cambouis. Le soir tombe avec des bruits d’oiseaux. Ils parlent avant de s’endormir, avec des voix rêveuses, éreintées, repues, et leurs mains se touchent. Ils parlent de pays, de routes, de kilomètres. Le monde est à eux, comme un fruit mûr, tout près, au bout de la branche, à prendre, il suffit de tendre la main.

Autant dire qu’il m’était prédestiné.

L04 Le camion

Et puis je l’ai lu.

Au début on croit que c’est juste l’histoire d’une bande de jeunes qui veulent partir en camion. Puis l’on se demande où veut nous emmener ce livre, ses phrases un peu décousues, ses propos un peu éclatés. On suit sur la pointe des pieds, on sent qu’il y a quelque chose de plus profond à trouver. Et puis finalement on comprend que l’exubérance de ces mots sans enchaînement est peut-être exactement ce qu’il y a à saisir.

Vous vous êtes déjà demandé ce qu’il reste de votre jeunesse dans l’adulte que vous êtes devenu ?

La réponse n’est pas dans le livre. La question, si.

Bretagne – Etape 4 (et fin)

Jour 19 / 156 km

On repart de Plovan avec le combi, direction la presqu’île de Crozon.

Passage par Locronan :

RT20 J19 01

RT20 J19 02

RT20 J19 03

Découverte du Kouign Amann dans les rues de Locronan… Miam !

RT20 J19 04

RT20 J19 05

RT20 J19 06

 

Sur la presqu’île de Crozon, Cap de la Chèvre :

RT20 J19 07

RT20 J19 08

RT20 J19 09

Là, au loin, c’est la pointe du Raz…

RT20 J19 10

 

Toujours sur la presqu’île, depuis la pointe de Dinan :

RT20 J19 11

RT20 J19 12

RT20 J19 13

 

On quitte cette presqu’île, très belle et sauvage, pour notre lieu de bivouac du soir, la cactuseraie de Creisméas. On s’installe dans un immense jardin et l’on visite la cactuseraie : étonnement et émerveillement au rendez-vous !

RT20 J19 14

RT20 J19 15

RT20 J19 16   RT20 J19 17

RT20 J19 18

 

Jour 20

A l’arrivée sur Brest, c’est la panne ! Moteur fumant et combi poussé sur le bord de la route… On sait bien que c’est probablement la fin du voyage pour cette fois, mais en attendant le diagnostic du mécanicien, on va quand même à Océanopolis.

RT20 J20 01

RT20 J20 02

RT20 J20 03

RT20 J20 04

Demain, retour sur Marseille. La Bretagne, c’est fini pour cet été, mais on est certains de revenir ! On a vraiment adoré ce qu’on a découvert de la Bretagne.

 

Jour 21

Sur le chemin du retour, on retourne à la crêperie des 2 provinces, puis on s’accorde un petit détour pour aller voir les alignements de Carnac.

RT20 J21 01

RT20 J21 02

RT20 J21 03

 

Jour 22

Arrivée à Marseille, après plus de 1400 km en deux jours !

[Lecture] « L’enfant qui mesurait le monde » de Metin Arditi

L03 imageL’enfant qui mesurait le monde, c’est le genre de livre qu’on traîne de partout avec soi, pour lire une page dans une salle d’attente, deux chapitres dans le bus ou un petit peu plus si l’on a la chance de tomber dans les embouteillages. Un livre qui nous emmène, loin, sous le soleil grec, dans ces paysages d’une beauté chaude crue et simple, un livre qui happe avec une extrême douceur. Le contexte est amer, pourtant : la Grèce dans la tourmente de la crise, acculée par sa dette, l’Europe, les créanciers et les comptes à rendre… Mais on s’attache à ces personnages, à leur humanité et leur histoire comme un tourbillon entraînant, on a l’impression d’être là-bas, avec eux, de leur tenir la main. Le garçon autiste m’a touchée tout particulièrement avec sa différence extraordinaire, sa présence inouïe, son lien secret avec le lecteur… Il faut dire que l’autisme est un sujet redondant dans ma vie, et sur ce blog aussi (j’en parle ici et ).

Dans L’enfant qui mesurait le monde, on suit cet enfant, donc, qui compte les éléments du monde autour de lui, les compare et essaie de réparer le désordre généré par le changement. On s’attendrit de la morosité de sa mère, de sa fatigue solitaire. On suit Eliot, le vieil homme, sur son chemin de vie, comme si l’on était un peu lui, à la fois étranger et habitant de cette petite île grecque oubliée. On sent le lieu, son énergie, sa beauté.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce livre, une belle découverte et peut-être même un roman parfait pour l’été…