[Lecture] « Cosmétique de l’ennemi » d’Amélie Nothomb

L06 imageC’était mon premier Nothomb. Et oui, j’étais jusqu’à présent passée à côté de ce phénomène littéraire. Le hasard, l’indifférence à son excentricité, la préférence pour d’autres lectures surtout m’avaient tenue à l’écart de ses romans. J’ai donc abordé Cosmétique de l’ennemi sans a priori autre que celui induit par sa quatrième de couverture :

« Sans le vouloir, j’avais commis le crime parfait : personne ne m’avait vu venir, à part la victime. La preuve, c’est que je suis toujours en liberté. » C’est dans le hall d’un aéroport que tout a commencé. Il savait que ce serait lui. La victime parfaite. Le coupable désigné d’avance. Il lui a suffi de parler. Et d’attendre que le piège se referme. C’est dans le hall d’un aéroport que tout s’est terminé. De toute façon, le hasard n’existe pas.

J’avoue avoir été étonnée par l’entrée dans ce livre : un dialogue entre deux hommes dans un aéroport, l’un imposant sa logorrhée envahissante à l’autre. « Ce n’est que cela, la prose d’Amélie Nothomb ? » me suis-je surprise à penser. Mais page après page, tandis que l’échange se poursuit, désagréable puis oppressant et pour finir terriblement révélateur, on entre dans ce jeu littéraire, dans ce roman qui peut se lire d’une traite. Et finalement, « c’est donc cela, Amélie Nothomb ».

Sur l’intrigue, je n’en dirai pas plus. Par contre, je peux vous dire que je suis allée chercher les autres Amélie Nothomb présents dans la bibliothèque familiale…

Une dernière chose tout de même. Je m’interroge souvent sur la genèse des livres que je lis. Je me suis alors demandé, à propos de Cosmétique de l’ennemi, si la scène décrite à la fin était un fait divers réel ayant inspiré l’auteure. En furetant sur internet, j’ai trouvé cet entretien avec Amélie Nothomb expliquant la genèse de ce roman (attention elle en dit plus que moi sur certains éléments de l’histoire). Maintenant, que j’ai en tête ses mots pour décrire son acte d’écrire, j’ai encore plus envie de la lire. Allez, je vous laisse, j’ai un Amélie Nothomb sur ma table de chevet…