Cabane

Cabane

Camping sauvage (2011) de Fred BIESMANS

Les murs de ma cabane sont des mots. Partout où elle va elle en attrape des nouveaux. Parce que ma cabane, elle roule. Elle prend la route, elle aussi, ma cabane à la pensée nomade. Ses murs sont d’abord les pages des livres lus. Les histoires qui peuplent mon passé, mes pensées, mon imagination d’avenir.

Mais ensuite, elle roule et cahote. Son plancher glisse, doux et lisse sous la plante de mes pieds. Et chaud. Il sent la résine. Quand je frotte le bout de mes orteils sur son bois je sens ses anneaux, ses nœuds et ses veines.

Elle a de grandes fenêtres pour contempler le monde. Et une porte close. Sauf… rarement. Pour garder la chaleur et éviter les flèches.

Ma cabane est une roulotte musicienne. Tous les sons de l’univers directement branchés sur mon cerveau. En très fort parfois. Ou en silence impérieux. Elle porte des stylos feutres de toutes les couleurs, des carnets aux couvertures colorées et au papier doux.

Elle reçoit les pages que j’écris dans son ventre, comme une amie. Mes mots rebondissent sur ses murs, deviennent familiers à force de résonner et bourdonner sous mon nez. Et ils rejoignent leurs amis, dans les murs de ma cabane.

[Lecture] « Papiers » de Violaine Schwartz

L37 imgCe livre est une somme de témoignages de «migrants». On y apprend les sigles et la machinerie européenne de l’immigration. Et on y touche cette humanité vibrante au delà de la vérité.

Pour moi, c’est un livre bouleversant, à lire absolument dans le contexte actuel.

Etant plutôt une adepte des fictions, même très en lien avec notre monde contemporain, j’avoue avoir été happée par ce livre lu en quelques heures.

Une pépite de réalité. A mettre entre toutes les mains…

(Rires)

Rires

Allez, maintenant, rions !

Les bouches ouvertes, les dents, les gloussements de dindons et autres caquetements.

Ouvrez grand. Aaaah…

Vous avez mal ?

Hon…

Et là ?

Hiii…

Est ce que c’est mieux comme ça ?

Eu hé ha.

Comment il veut que je lui réponde. Il a ses doigts dans ma bouche.

En plus il a battu mon mec au tennis paddle yogalate. Enfin, au tennis.

Enfoiré de dentiste.

J’en étais où ?

Ah oui, le rire. La bouche, les dents, j’ai dérivé.

Reprenons.

Le rire ce n’est pas cela. Ce n’est pas le masque.

Qu’est ce qu’elle disait déjà ?

« Le rire sardonique de ceux qui vont mourir. »

Voilà.

En même temps… (En même temps, comme les allocutions du dernier atelier, les « à un moment donné » et « du coup ». Du coup quoi ? Du coup… rien.)

Reprendre le fil.

En même temps, donc, nous allons tous mourir un jour.

Tous dans le rire sardonique, alors, si l’on y pense…

Rire en mourant, pourquoi pas.

A moins que (A moins que ?)… A moins que ce ne soit Mourir en riant.

Pas vraiment en riant, avec un rictus plutôt. (Plutôt ? C’est pas… ? J’arrête.)

Un rictus de rire dans la mort.

Un rictus. Ça doit faire mal aux mâchoires.

Quelle mort de merde.

Moi, je veux mourir en dormant.

Ou en baisant, tiens.

Quoique. C’est pas cool pour le mec. Ou la fille.

Ah non, ça suffit. La personne, dit. La personne ! Arrête de t’afficher, un peu. C’est un atelier d’écriture, pas un divan de psychanalyse, putain !

Reviens, t’es trop loin.

Lâche le, le divan.

Un divan rouge en velours côtelé qui sent les beaux quartiers et les livres poussiéreux.

Lâche le.

Oui, le psy est beau gosse. Un petit air de David Duchovny à la belle époque. Talalalalala… Pompompompom.

Ma pauvre fille t’es dingo.

Le sujet ! Oui madame.

Ecrire, sur le rire, à propos de… Euh…

Ecrire un texte qui fait rire.

J’espère qu’elle leur file pas des sujets comme ça à ses élèves…

Les pauvres gosses…

Je te lis de la poésie contemporaine.

Et maintenant écris un texte qui fait rire.

Si tu veux ça peut être un rire sardonique…

Tu la vois, là, la gueule de l’ado de base derrière son bureau ?

Tu l’entends, le silence crispé de la classe ?

Allez, tranche-t-elle, on se poile !

Quoi ? A poil ?

Ah, voilà une bonne idée !

A poil !

On y revient, enfin. On y revient toujours.

Peau contre peau. Côtes contre côtes.

Nos jambes imbriquées, alternées.

Il me chuchote une blague et je ris dans ses bras.

Peut-être que je préfèrerais être secouée d’autre chose.

Merde, ça revient.

Où il est le divan ? Vite ! Le psy d’X-files !

Ça y est, je recommence à débloquer.

Je suis au lit avec un homme, docteur, et je pense au rire sardonique.

Au rire de ceux qui vont mourir.

Ceux qui vont mourir te saluent, César.

Normalement, c’est en latin.

Normalement.

Rien n’est normal dans ce texte.

On rit sur commande.

Sous la plume.

Dans les lits et au restaurant.

En sous-vêtements dans la cuisine.

On rit à pleines dents en mangeant.

Dégueulasse.

Voilà, c’est malin, j’imagine l’intérieur de la bouche de quelqu’un qui mange, maintenant. Et tout le reste disparaît.

Le lit, le divan, le psy canon.

Le sujet d’écriture. C’était quoi déjà ?

Madaaaaaame ?

La ligne d’horizon du monde

La ligne d'horizon du monde

La ligne entre lumière et soir se découpe selon les crêtes des montagnes. Elle dessine le seuil d’un monde infini, presque une invention. Elle se fait vibrante d’irréel quand la nuit arrive sans se presser. Elle devient une ondulation sous la brise inexistante tandis que ce que nous avons construit disparaît dans le sombre.

Elle se mue en un silence assourdissant.

Elle se déploie. Elle s’anime. Elle palpite. Puis elle se met à cogner comme le noir se répand.

Elle cogne contre ma peau. La déchire. Pourchasse mon espoir. Ecrase sa braise.

Je lutte mais elle vibre. Elle court. Elle galope. Elle bondit. Elle danse.

Et elle entre. Furieuse, bondissante et dansante.

Je la laisse anéantir mon enveloppe et danser dedans. Vibration sinueuse. Rythme détonnant. Folie écartelante.

Mes pupilles entrent en résonance avec elle. Mes paupières la camouflent. Dedans. D’un bord à l’autre des os de mon crâne. D’un bout à l’autre des limites de mon corps. Jusqu’aux lignes dessinées entre mes omoplates.

Je la laisse m’écraser. Un hommage à sa beauté, à son infini, à sa vérité au delà de toutes nos gesticulations. Elle existera au delà de nos morts à venir.

Quand la lumière revient je suis là, ma carapace déchirée. Nue, immobile, silencieuse. Je suis cette autre ligne, derrière son sourire. Celle des inégalités de ses dents en train de pousser. Mon regard caresse le paysage de sa peau jusqu’au minuscule cratère laissé par la varicelle d’une autre vie. Je reste là. A l’admirer.

Bretagne – du sillon de Talbert à Saint-Malo – et retour

Jour 14 – 112 km

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Sillon de Talbert

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Vue sur l’île de Bréhat depuis la pointe de l’Arcouest

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Plage de Plouha, crêperie Les Falaises pour le midi

 

Jour 15 – 114 km

Plage des Sables d’Or :

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Cap Fréhel :

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Du haut du phare

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Bivouac près de Saint Suliac sur le mont Garror (73 m) – avec plein d’autres camions et du vent, dodo toit baissé :

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Jour 16 – 126 km

Saint Malo :

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Saint-Malo était notre dernière étape bretonne…

Bivouac au sud-est de Rennes, près d’un étang à Visseiche :

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Jour 17 – 116 km

Route jusqu’à Juigné-sur-Loire près d’Angers, domaine des 2 moulins :

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Jour 18 – 218 km

Vers Argenton sur Creuse

Jour 19

Val de Creuse près d’Argenton sur Creuse

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Jour 21 – 287 km

Bivouac près de Saint-Flour, château du Sailhant

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Jour 22 – 379 km

Traversée de la Lozère :

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Puis Cévennes, pause goûter à Anduze sous une chaleur insupportable, Nîmes, Arles, Marseille.

 

Nous bouclons nos 3 semaines de combi avec un total de 3019 km.

Bretagne – de Roscoff à Pleubian – en passant par la côte de granit rose

Jour 11 – 111 km

Roscoff :

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Visite du jardin exotique et botanique de Roscoff :

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Passage par Morlaix pour remplir l’eau, puis bivouac près d’une plage à Locquirec, baignade un peu compliquée avec beaucoup d’algues vertes, mais marée fascinante, encore…

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Notre van sur la route en face

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Jour 12 – 66 km

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Pique nique à l’Ile Grande

Vers Trégastel :

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Nuit au camping municipal de Louannec.

 

Jour 13 – 56 km

Vers Plougrescant, suivi de la côte :

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Gouffre de Plougrescant

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Bivouac vers Pleubian, près de la maison phare de Port la Chaine, en plein vent :

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A suivre, la suite de la côte bretonne vers Saint Malo et le retour à Marseille…

 

Bretagne Côte des Légendes

Jour 9 – 106 km

Nous arrivons sur la côte pour midi, au niveau de l’aber Ildut :

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On trouve un bivouac à Lanildut, après-midi les pieds dans l’eau :

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Soirée vue sur plage, sentier côtier, tranquillité…

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Jour 10 – 69 km

Une journée de plages de sable blanc en plages de sable blanc…

Le matin :

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Le midi, entre l’aber Benoît et l’aber Wrac’h :

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Bivouac du soir après l’aber Wrac’h, après-midi les pieds dans l’eau. A chercher des crabes sous les rochers … pour les enfants. A ne rien faire d’autre que contempler le paysage et lire … pour les adultes :

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A suivre, Roscoff et la Côte de granit rose…

 

Bretagne intérieure – de Brocéliande aux Monts d’Arrhée

Notre entrée en Bretagne s’est faite cette année par les légendes de ses forêts… en commençant par la plus célèbre d’entre elles, Brocéliande.

Jour 7 – 73 km

Nous entrons dans la forêt de Brocéliande sur cette musique… La magie est déjà là.

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Visite contée sur les pas des fées, elfes et korrigans…

Légende du Val sans retour et de la fée Morgane

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Miroir aux fées (Val sans retour)

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Arbre d’or (Val sans retour)

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Miroir aux fées

Puis Fontaine de Barenton

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Sur le chemin vers la fontaine de Barenton

Dernière histoire avant de quitter Brocéliande : L’énigme d’Arthur (ma préférée, si vous êtes patients je la retranscrirai ici…).

Bivouac dans la forêt de Brangily, près d’un étang, on prolonge la magie de cette journée…

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Jour 8 – 119 km

Matin, derniers pas dans « notre » forêt d’une nuit :

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Puis direction les Monts d’Arrhée. Passage par hasard par Carhaix-Plouguer, au lendemain du week-end des Vieilles Charrues ! Beaucoup de monde…

Nuit dans un camping à Brennelis, au bord du lac Saint-Michel (avec baignade pour les enfants, bien sûr…).

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Jour 9 – début

Passage dans les Monts d’Arrhée

 

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Enclos paroissial de Lampaul-Guimiliau

 

A suivre, Côte des Légendes…