Les instants avant les premières minutes d’école

Les instants avant les premières minutes d'école

Le moment approche, l’excitation monte. Les cartables pleins de matériel sagement posés dans l’entrée. Tout est neuf, propre, rangé. A aucun autre moment de l’année les affaires de classe ne seront si bien alignées.

Le matin de la rentrée, le réveil nous trouve tous, petits et grands, les yeux vite ouverts et le cœur cognant. Le sourire au bord des lèvres. L’attente et sa légère anxiété. L’impatience de la dernière félicité d’un été paresseux.

Les battements de cœur se font plus forts derrière la porte d’entrée, encore à l’intérieur. La photo d’un cartable sur le dos. Les derniers instants sont les plus intenses. C’est parti.

Ensuite on sautille sur le trottoir. Ça sent la joie. Au premier copain rencontré la bulle d’émotions éclate. Le moment est arrivé. La maîtresse est là, on va se rencontrer, se connaître, vivre les rires l’attachement la difficulté parfois. Au premier échange de regards déjà on est passés de l’autre côté. L’anxiété s’étouffe au pied des minutes écoulées dans cette classe, l’enfant devient élève, l’adulte devient enseignant.

Vous voulez un petit secret ? L’enseignant aussi vit ce vertige avant le saut dans l’inconnu d’une nouvelle classe. Le pincement intérieur, avant de se retrouver à la bonne place dans la bonne sensation.

Demain je vivrai mes instants d’enseignante, mon mari les siens, pendant que nos enfants vivront, loin de nous, leurs instants d’écoliers. Ils auront la main et le sourire de leur nounou du matin pour les emmener faire leurs premiers pas, en petite section pour la petite, au CP de la « grande » école pour le grand… et même séparés nous seront proches dans l’émotion…

En spéciale dédicace aux parents de petites sections, je vous laisse avec cette excellente illustration de Papa Cube. Parce que oui, il va pleurer, et non, ce n’est pas grave. (Et s’il ne pleure pas ? Pas grave non plus.)

Matin école

Allez, il ne me reste plus qu’à souhaiter une bonne rentrée à tous les petits et aux plus grands !

Le « partie partie » de ma fille

Le partie partie de ma fille

Voilà le mois de septembre qui pointe – bientôt – son nez frétillant de nouveautés. Aujourd’hui je vous propose un tout petit article léger pour se mettre en jambes. Ensuite j’aurai beaucoup d’autres choses à dire et écrire, sur l’école, l’orthographe, la parentalité positive, la maternité, les jeux de cour de récréation, le sexisme ordinaire, l’allaitement…

Mais pour l’heure, je vais vous parler du « partie partie ».

Chers amis marseillais, rien à voir avec le « fini parti » !

Chers amis non marseillais, le « fini parti » c’est une pratique des éboueurs marseillais consistant à quitter leur travail dès lors que leur mission de la journée est finie. Un article à ce propos ici. Et non, je ne vous donnerai pas mon avis, ni dans un sens ni dans l’autre bien au contraire…

Le « partie partie » donc, c’est une trouvaille de ma fille, trois ans et demi, pour manger moins que ce que contient son assiette. La négociation donne à peu près ça :

« Maman, on fait « partie partie ». Cette partie je mange. Et cette partie je laisse.

– Non chérie, on fait « fini fini », ça veut dire… tu finis. »

Bon je plaisante, on fait souvent partie partie, mais comme c’est à tous les repas, ça peut avoir un côté lassant. Surtout le matin au petit dèj où le « partie partie » sur la galette ressemble davantage à « je mange un tout petit bout je laisse le reste » qu’à « je fais moitié moitié ».

Là tout de suite j’ai une pensée attendrie pour notre nounou du matin (entrain) qui va découvrir le « partie partie » dès lundi prochain !

Les cadeaux de fin d’année…

129 Les cadeaux de fin d annee 01

C’est un billet de l’excellent blog Happynaiss qui m’a inspiré cet article… Il m’a donné envie de partager avec vous mes meilleures idées de cadeau à la maîtresse, ou en tout cas celles qui ont eu le plus de succès. Je zappe volontairement l’option on se met à plusieurs pour faire une cagnotte et on offre un (très) joli cadeau parce que du coup on a le budget pour… option que je valide totalement, d’ailleurs. Seulement, parfois, l’organisation cagnotte ne se fait pas, ne parvient pas à vos oreilles, arrive trop tôt ou trop tard. Bref.

L’an dernier, ma fille quittait sa crèche et je voulais remercier chacune des cinq personnes du lieu pour leur implication, ainsi que la maîtresse de mon fils et sa « tata » qu’il adorait. Sept cadeaux à faire donc avec un budget serré, j’ai opté pour des sacs en tissu (pour faire les courses). Je les ai trouvés chez le géant du meuble suédois, avec différents motifs sur le devant. Pour le « dos » du sac, j’ai transféré un dessin personnalisé, des empreintes de main à la peinture et une phrase de remerciement pour ma fille, des dessins personnalisés avec une phrase copiée en écriture bâton pour mon fils. Du coup chacune s’est retrouvée avec un sac, normal au recto, personnalisé avec un dessin d’enfant au verso. Pour sa maîtresse mon fils a écrit « Merci ma belle maîtresse de cette année avec toi » (trop chou !) avec ce dessin (vous voyez le volcan – appris en classe – et les montagnes de la classe verte…).

129 Les cadeaux de fin d annee 02

Pour Noël, même dilemme, six personnes à remercier au jardin d’enfants de ma fille, plus la maîtresse de mon fils… J’ai opté pour la matinée aux fourneaux plutôt que l’achat de chocolats et leur ai offert des amandes caramélisées (à tomber, recette ici) et à chacune une couronne de biscuits étoiles.

Vous en voulez encore ? Les idées cadeaux du blog Happynaiss sont supers, très personnalisées, joliment présentées et originales (j’adore en particulier le kit SOS cookie), allez jeter un œil ici !

Et vous, des idées cadeaux ? Partagez, partagez !!

Le hand spinner ou quand la fulgurance d’une mode file le tournis

Le hand spinner

Il y a trois semaines, je ne connaissais pas cet objet. Vous non plus j’en suis sûre.

Et puis j’ai vu l’une de mes élèves jouer avec à la récré et les autres tourner autour.

Mon mari m’a demandé si mes élèves en amenaient à l’école.

Quelques jours sont passés, désormais à mon travail chaque jeune possède le sien.

J’ai même du édicter une nouvelle règle qui pourrait se résumer en « Spinner sorti en classe, spinner dans ma besace ».

A la sortie de l’école, chez les « grands » d’élémentaire, des spinners tournent au bout de chaque petite main.

Et maintenant, mon fils.

Pour l’instant, je le trouve amusant ce petit jouet tournant.

 

Il suscite tout de même une question chez moi, une question d’instits, récurrente. Comment se fait-il que d’un bout à l’autre de la France les mêmes jeux envahissent les cours de récré au même moment ? Alors que des dizaines de jeux différents sont disponibles en magasin… Et à une vitesse telle qu’on ne peut pas croire à une expansion « de bouche à oreille ». (D’autant que dans le cas du hand spinner, selon certaines sources, la demande a précédé l’offre. Une petite histoire de cette « toupie à main » ici.)

 

A votre avis, combien de temps durera cette mode ? On lance les paris ?

On ne sait plus comment s’habiller !

On ne sait plus comment s'habiller

Elle : pantalon velours et débardeur / Lui : Short et tshirt manches longues

Et oui, ma bonne dame, il n’y a plus de saison…

Ce matin…

Ma fille : « Mais maman, je peux enlever le pull là… parce que dans notre maison il n’y a pas de vent ! »

Mon fils : « Maman, je mets le pantalon manches courtes ou manches longues ? »

La Famille Zen, une jeune association marseillaise à découvrir

Banderolle Famille zen

Vous l’avez peut-être ressenti à travers le rythme de publication ralenti des derniers jours… En ce moment, il m’est difficile de trouver du temps. Mes listes de choses à faire s’allongent et mes journées s’écourtent. Je suis plongée dans les préparatifs de mon exposition qui démarre dans deux semaines et j’avoue avoir du mal à me poser pour respirer, réfléchir, ou écrire… Pourtant dans cet ouragan d’activités se superposant les unes aux autres, j’ai vécu aujourd’hui une parenthèse de rencontre et d’écoute. Je suis allée, en famille, à un pique-nique organisé par la toute jeune association marseillaise La Famille Zen, qui entend reprendre les activités du Zèbre Zen aujourd’hui disparu. Pour l’instant les deux super mamans qui tiennent cette association organisent environ une fois par mois des rencontres avec les familles (papas et enfants archi bienvenus) pour échanger sur la parentalité. Ainsi, aujourd’hui, nous avons causé éducation bienveillante et phases d’opposition. Nous avons partagé nos astuces pour gérer les crises de nerfs de nos minots sans taper ni crier. C’était doux, vrai, chaleureux, un moment d’échange sans jugement, un moment où l’on se sent compris et capable d’évoluer. Même mon homme – qui n’a pourtant jamais trop voulu m’accompagner aux réunions allaitement où j’allais aussi chercher ces instants de partage bienveillant – a apprécié le pique-nique. Et moi, qui ai été une grande consommatrice de réunions d’allaitement quand j’en avais le temps et l’occasion, j’ai retrouvé avec bonheur cette ambiance feutrée et ressourçante.

Alors merci La Famille Zen, de proposer ces temps hors du temps. Si vous n’avez pas encore cliqué sur le lien plus haut, la page Facebook de La Famille Zen c’est . Et si vous avez envie de vous investir… vous savez bien que les plus belles choses se construisent à plusieurs. J’essaie d’enrôler, mais pour être honnête avec vous, mon investissement pour l’instant s’est limité à la création de leur logo, et à cet article. Promis je vais réfléchir à ce que je pourrais proposer, et à comment trouver le temps pour cela. Je termine en parlant du temps qui manque, et la boucle et bouclée…

Je vous souhaite de profiter de ce week-end prolongé.

Une allergie qui sonne très « Pâques »…

Une allergie qui sonne très Paques

Hier, nous avons passé notre après-midi aux urgences, en famille, pour « éruption cutanées sans fièvre » de la petite. En ce samedi de week-end pascal, les urgences pédiatriques étaient bien entendu archi-pleines… des enfants tout rouges, des parents exaspérés, des pleurs, des cris, des jeux de slalom entre les sièges et les poussettes posées ça et là… Au bout de quasiment trois heures d’attente, le diagnostic est tombé – sans certitude tout de même : allergie au lapin (caressé il y a trois jours au parc animalier). En plein week-end de Pâques, amusante coïncidence, non ?

 

Et comme je ne peux plus entendre le mot « lapin » sans penser à cette chanson, voici Lapin pouet pouet (attention, cette chanson risque d’agripper votre cerveau jusqu’à la fin du week-end, voire plus…).

Allaitement long, très long, très très long

Allaitement long

Il fait tellement partie de mon quotidien, cet allaitement. Avec le temps il est devenu tellement naturel, tellement normal. J’ai développé une telle indifférence à la surprise des gens, qu’elle glisse sur moi. Les remarques sont devenues inexistantes face à cette assurance sereine que je porte en moi, qu’allaiter son enfant jusqu’au sevrage « naturel » c’est… naturel. J’en parlais déjà, ici, avant que ma fille ne fête ses trois ans. Quelques mois sont passés, et l’allaitement est encore là, en pointillé, de moins en moins présent, chaque tétée comme peut-être la dernière, mais encore là… Dans une semaine, cela fera six ans que j’allaite – avec une interruption de cinq mois pendant ma seconde grossesse. Alors oui, chez nous l’allaitement est très très long. Une très longue période de ma vie de femme, de notre vie de famille.

En créant ce blog je pensais que l’allaitement serait un sujet récurrent, et puis finalement dans le nuage de tags le mot reste petit, discret, comme son rôle dans notre vie de famille, maintenant que nous n’avons plus de nourrisson à la maison.

Je pensais que l’allaitement – ce lien et cette implication du corps dans la maternité – me manquerait en s’estompant, mais je me trompais. L’allaitement est un passage. La maternité est un tout.

Je l’oublie, alors, cet allaitement « hors norme »… Et puis parfois il ressurgit dans toute son exception. L’autre jour chez notre pédiatre un journaliste faisait un reportage sur la vaccination. Quand j’ai mis ma fille de trois ans au sein pour l’aider à gérer la douleur de l’injection, que mon médecin adoré en a rajouté une – énorme – couche en me demandant de répéter l’âge de ma fille, et a affirmé au journaliste qu’il assistait à quelquechose d’extraordinaire… Bon j’avoue que j’ai piqué un fard.

De la même façon, quand je compare nos propos de futurs parents à ce que l’on vit aujourd’hui, le contraste est flagrant. Enceinte, quand j’évoquais, déjà, l’allaitement long (à cette époque j’envisageais d’allaiter un an), nous étions d’accord avec mon amoureux pour dire que nous trouvions cela étrange un enfant qui marche, qui parle… et qui tète encore. Mais ça c’était avant… Il y a quelques semaines, ma fille est venue me voir dans ma chambre et m’a dit très précisément : « Je veux téter avant que tu ailles te doucher ». « Avant que tu ailles », quoi ! Et puis elle a tété, cinq secondes en tout, moi accroupie, elle debout, et j’ai eu cette image à l’esprit…

Allaitement long Une Time

Cette Une « scandaleuse » représentant une réalité que personne ne veut voir.

Un jeudi soir aux urgences pédiatriques

Un jeudi soir aux urgences pédiatriques

C’était un jeudi d’hiver. Rentrée de mon travail à 19h, je referme la porte de mon appartement derrière moi et j’entends mon fils gémir depuis son lit. Hier il a loupé l’école pour un passage de virus, mais ce matin il allait plutôt bien.

Je me précipite à son chevet, il a mal. Pas de fièvre, mais il se plaint de douleurs. Je le sors du lit, le garde dans mes bras sur le canapé. Mon amoureux m’explique qu’il s’est mouché avec un kleenex à la menthe et que depuis il a mal. Mal à la bouche, à la langue, puis à l’œil. La douleur semble osciller d’un lieu à l’autre et se montre fulgurante.

Je demande à mon homme d’appeler les urgences. Ils ne savent rien sur les mouchoirs à la menthe et nous conseillent d’appeler le 15. Il s’exécute, explique le problème, puis commence à s’énerver avant de conclure : « Je vais arrêter de faire mon père maltraitant et donner du Doliprane ! » et de raccrocher.

La doc de garde lui a signifié avec dédain que la première chose à faire était de donner du Doliprane. Sans bienveillance ni écoute. Doliprane et lâchez-moi avec vos questions débiles.

Nous ne savons toujours pas si l’irritation causée par le menthol peut être grave. Cet élément semble ne pas exister pour les gens auxquels on parle. Notre fils se tord de douleur, il crie, il râle. On flippe. Maintenant c’est l’oreille. Plus la langue, plus l’œil. Juste l’oreille.

Il est 19h30, une dose de Doliprane plus tard, je l’habille et en route pour les urgences. Lorsque je le laisse quelques secondes dans les escaliers pour remonter chercher le carnet de santé, je le retrouve allongé par terre sur le palier. « Pourquoi tu es par terre ? – Parce que j’ai mal. »

Dans la voiture, il gémit « Aïe, j’ai mal, maman, j’ai mal. »

On arrive aux urgences, il s’allonge la tête sur mes genoux. Je regarde les autres enfants dans la salle d’attente. Les autres parents surtout. L’inquiétude au coin de l’œil. Je le questionne sur sa douleur. Ça va mieux. Il a encore un peu mal. A l’oreille juste. Le Doliprane a fait effet.

Il décrit joyeusement les personnages peints sur les murs.

L’infirmière d’accueil nous reçoit. Elle introduit ma carte vitale dans son lecteur, puis dit le prénom de mon fils et notre adresse. Mon garçon se tourne vers moi : « Comment elle fait pour tout savoir ?

– Je suis une magicienne, répond-t-elle avec un sourire de fée. »

Quand elle demande ce qu’il a, il répond tout seul « J’ai mal à l’oreille ». Elle le regarde, elle l’écoute. Elle prend son pouls au bout du doigt, sa température. Elle lui met son bracelet. Et l’on retourne s’asseoir dans la salle d’attente.

Il ne tarit pas de paroles, avec sa voix claire plus du tout gémissante.

« Je l’adore, elle ! »

« Pourquoi elle m’a mis un bracelet ? »

« Je vais le montrer à ma sœur mon bracelet, je vais lui montrer qu’il y a mon nom dessus. »

Puis on a appelé chez nous : « Papa, j’ai un bracelet avec mon nom dessus ! »

La visite aux urgences est en train de devenir une aventure extraordinaire pour petit garçon malicieux.

« Chut. Ne parle pas trop fort. »

Une otite et un petit en pleine forme, combien de temps va-t-on attendre avant d’être appelés ?

Quelques minutes passent et l’on se retrouve dans un box étriqué à attendre le médecin. Mon fils est en slip, je le couvre avec mon pull. Il me questionne sur les machines suspendues sur le mur au dessus de la table de consultation. Je ne connais rien de tout cela.

La doc arrive. Auscultation. Petite otite.

Je lui parle des mouchoirs. Sans jugement elle me répond : « Les mouchoirs à la menthe ce n’est pas dangereux. » Si seulement la doc du 15 nous avait dit ces mots…

Elle rédige l’ordonnance – antibio, gouttes et doliprane.

Dans ma tête une question passe : « Les antibios ça peut attendre demain ? » Mais je suis venue aux urgences pour rien, avec un gosse qui n’a plus mal grâce au doliprane donné chez nous. Alors je me tais. Je prends l’ordonnance, je remercie.

Mon fils est ravi. Il dit au revoir à tout le monde, très poliment. Et il ajoute « A bientôt ! »

Euh, non, pas à bientôt…

Aller aux urgences un soir de semaine pour « rien », on va essayer d’éviter. En plus j’avais des gouttes magiques pour calmer les otites dans mon armoire à pharmacie…

Des bouteilles à la mer du web

Des bouteilles à la mer du web

Une lecture déjà « vieille » (vingt jours, une éternité sur internet !) m’a inspiré cet article. Allez donc faire un tour sur le très joli blog Happynaiss qui parle maternage et bienveillance avec légèreté (si si, je vous assure, c’est possible !), vous découvrirez, dans cet article en particulier, des mots terriblement vrais pour parler de l’exemple que l’on donne à nos enfants.

Pour les parents, pour les adultes, pour les humains que nous sommes, ces mots comme des bouteilles accrochées à notre mémoire feront peut-être leur œuvre…