Le plastique c’est pas fantastique

Le plastique c est pas fantastique

Jeudi dernier je me suis réveillée avec cette information : selon une étude du WWF, les cétacés de Méditerranée sont contaminés par les phtalates (ces composés chimiques dangereux qui rentrent dans la composition des plastiques).

Vous le savez peut-être déjà, nos océans abritent 269000 tonnes de plastique.

Au nord de l’océan pacifique, c’est une soupe de plastique qui flotte, jusqu’à 30 mètres de profondeur. Une soupe mêlant de petits fragments et de gros déchets, sur une surface étendue comme six fois la France. A ce sujet vous pouvez lire cet article du Monde sur le 7ème continent de plastique.

Il paraît qu’on a commencé à faire des efforts pour réduire nos déchets plastiques. Déjà on a interdit les sacs plastiques en magasin (j’en parlais ). Enfin pas vraiment, on trouve encore des sacs plastiques – « réutilisables » qu’ils disent. Ensuite, les gobelets et assiettes en plastique devraient être interdits en 2020 pour privilégier le carton…

Mais en attendant, si l’on suit l’estimation selon laquelle 10% du plastique produit chaque année finit dans la mer, ça fait 1000 gobelets par an dans la Méditerranée rien que pour l’école maternelle de mon fils…

Comme les sources se croisent et se confortent, je suis tombée sur cette interview de Beth Terry, une activiste américaine du no plastic. Selon elle, le plastique biodégradable est problématique car sa composition est souvent obscure. Quant au recyclage, quand il est possible il reste cher, coûteux en énergie et même polluant… Reste la possibilité de réduire notre consommation de plastique. Vous voulez vous y mettre ? Voici les 100 premières étapes – en anglais – de Beth Terry.

(Moi je vais ressortir la partie anglaise de mon cerveau pour les lire… et puis je vous tiens au courant !)

« Smaïl le gardien du phare de Planier » primé !

bateau-14

Je vous en avais parlé , le film réalisé avec les jeunes de l’IME où je travaille faisait partie de la sélection officielle du concours Je filme le métier qui me plaît, la cérémonie de remise des prix avait lieu la semaine dernière… et le film a obtenu un Clap de Bronze (comme 140 autres films, parmi les 614 de la sélection officielle).

Toute l’équipe et les jeunes qui ont travaillé sur ce projet sont très fiers.

Si vous voulez voir le palmarès, c’est ici, pour (re)voir certains films, c’est (il y a une zone de recherche). Le film « Smaïl le gardien du phare de Planier » est toujours .

 

Avant de vous laisser, voici quelques uns de mes films préférés du concours :

Empreinte (Clap d’Or)

Tutu vas voir ! (Clap de la communication)

Etre écrivain (Clap de bronze)

 

A très bientôt ! (J’espère écrire un peu plus ici au mois de juin… avant le ralentissement de rythme estival…)

L’Eurovision, le kitch à l’ère du numérique

L'Eurovision

Ce soir, c’est Eurovision. Je n’ai même pas honte de m’afficher – il paraît que ce n’est plus ringard l’Eurovision (On ne peut pas décemment reprocher au concours qui a sacré Conchita Wurtz d’être resté dans le passé). N’empêche, la dernière fois que j’ai regardé ce programme j’avais moins de douze ans. Ce soir, alors, j’essaie de me défaire de mes préjugés, j’ouvre mes oreilles mes yeux et mon cœur à toutes ces différences. L’air du temps et le folklore. Les origines et la modernité. La sobriété et le spectacle pyrotechnique sur écran géant. Les nuages de fumée rose. Les tenues à paillettes. Des morceaux de texte projetés. Des fans déchaînés. Des fentes hautes sur les cuisses.

Toute cette démesure au service du kitch, c’est étonnant.

Pour que ce soit aussi amusant, je prends des notes comme quand j’étais enfant… Mon propre classement se rapprochera-t-il du résultat du concours ? Verdict en fin de soirée.

Allez, je vous livre – avant proclamation des résultats – mon propre classement (sans chauvinisme) :

  1. Croatie
  2. France
  3. Royaume Uni
  4. Hongrie
  5. Moldavie
  6. Belgique
  7. Roumanie

 

Et vous alors, êtes-vous Eurovision ?

Oscillations de température et vibrations printanières

Oscillations 1

Un jour je sors de chez moi et ma veste reste suspendue dans l’entrée. Même pour quelques minutes, je chausse mes lunettes. Sous le pull le débardeur s’installe…

On ressort notre camion aménagé. On achète de la crème solaire. On fait notre premier pique-nique sur une pelouse couverte de pâquerettes.

Les envies culinaires changent. Verdure, fraîcheur.

Les premières fraises dans notre panier.

Des couches de tissu à enlever ou à remettre.

La laine passe de mes épaules, à ma taille, à mes épaules.

Demain, avril – ne te découvre pas d’un fil – deviendra mai – fais ce qu’il te plaît.

Mais quand se fera, vraiment, le passage ?

Un jour, après-demain ou le jour suivant, c’est évident, nous serons en saison chaude.

En attendant, oscillons gaiement…

Oscillations 2

Oscillations 3

Oscillations 4

Oscillations 5

Je vous souhaite un joyeux passage au mois de mai.

Et en même temps

Et en même temps

Pour ceux qui seront en famille lors de ce week-end pascal, pensez-vous que vous parviendrez, à seulement une semaine du premier tour, à échapper aux discussions politiques ?

On le sait bien, pourtant, qu’il faut éviter de parler politique si l’on ne veut pas se disputer avec les gens – ou alors choisir de n’en parler qu’avec ceux qui partagent les mêmes convictions.

En pensant à ce week-end et aux suivants, j’ai décidé de vous transmettre cette petite clé trouvée – contre toute attente – sur facebook. Si ce réseau social me laisse globalement assez indifférente – même si c’est un outil de communication à côté duquel on ne peut plus passer – de temps en temps j’y trouve une pépite, une info, un article, une vidéo… qui me fait évoluer. Cette fois-ci, une vidéo expliquant comment discuter avec une personne qui a des convictions à l’opposé des nôtres. Une méthode qui pourrait se résumer à la technique du « et en même temps »… c’est ici.

Ce que j’en retiens, c’est de se centrer sur les émotions et non sur les faits et de bannir le « oui mais » pour le « et en même temps ».

Petit clin d’œil à la campagne présidentielle, au début j’ai cru que cette vidéo était une blague parce que j’avais vu cela. Mais en fait c’est peut être juste la preuve que les candidats à l’élection chopent eux aussi des astuces sur internet…

Ces gens trop overbookés pour répondre à vos mails

Ces gens trop overbookés pour répondre à vos mails

C’est une expérience récente qui m’a inspiré cet article. Pour couper court à l’imagination de certain(e)s, je ne parle pas ici des copines qui n’ont pas le temps de répondre à un mail amical, celles-là sont toutes excusées… Non, je parle des personnes avec qui j’ai un lien professionnel – donc un intérêt commun à travailler ensemble – mais qui sont tellement mais alors tellement overbookées qu’elles ne peuvent pas répondre à mes mails…

J’ai essayé d’être compréhensive. J’ai mis les formes pour insister sans harceler. J’ai proposé de me déplacer un midi sur ma pause déjeuner – aucune réponse.

Aucune réponse quand on prépare un événement pour dans moins de trois semaines, cela n’envoie pas les bons signaux…

Puis j’ai attendu – que pouvais-je faire d’autre ? J’ai attendu, donc, trois jours et demi – autant dire une éternité dans ces circonstances – pour avoir un retour sur des flyers pour une expo. J’y avais passé du temps, plusieurs heures de mon week-end. Et pour être tout à fait honnête, j’ai vécu l’absence de réponse, et le contenu des réponses tardives, comme du mépris.

Dans un contexte où le temps était clairement compté, nous avons fini par échanger quand même par mail. Mais vous l’avez probablement vécu aussi, ces échanges par écrit ont leurs limites, surtout quand les relations se tendent pour quelque raison que ce soit. A chaque phrase les incompréhensions semblent s’accentuer. « Coupons court », me suis-je dis. J’ai proposé une conversation téléphonique sur le mode j’aimerais t’appeler mais je n’ai pas ton numéro de téléphone… A deux semaines et deux jours de l’événement.

J’ai attendu six jours.

Visiblement, quand on est trop overbooké pour répondre aux mails, on est aussi trop overbooké pour filer son 06…

Bon, je vous rassure, j’ai quand même eu une réponse – par mail, faut pas pousser, pas le temps de décrocher son téléphone – au bout de six jours… pour annuler l’expo (à dix jours de la date prévue initialement, sans être du tout d’accord sur la forme et sur le fond des flyers, ce n’était pas une énorme surprise non plus).

De cette petite histoire tellement commune, je veux juste tirer une leçon de vie.

Nous avons tous des vies de dingues. On a un boulot, des enfants, une famille, un repas à préparer le soir, on est fatigué, on attend les vacances, on n’a pas le temps. On est tous overbookés.

A quel point l’êtes-vous ?

Trop overbooké pour répondre aux sollicitations ? Pour filer son numéro ? Pour faire tout son boulot ? Pour faire bien son boulot ? Pour jouer avec ses enfants ? Pour faire l’amour avec son conjoint ? Pour être sympathique ? Pour sourire ? Pour vivre ?

A quel point on se ferme aux autres, à leur univers à leurs propositions à leurs demandes et aux échanges qu’on pourrait avoir avec eux ?

Pour moi, c’est la même chose qui est à l’œuvre, lorsque je demande son mail à un collègue de boulot et qu’il me donne le mail professionnel collectif qu’il partage avec cinq autres personnes.

Une façon de fermer la porte.

Moi je m’en fiche, j’ai un trou en forme de cœur sur mes volets…

Et je crois que je vais bannir le mot «overbookée» de mon vocabulaire.

La règle du 20/40/40

La règle du 20 40 40

C’est une phrase anodine, incrustée dans ma tête et devenue un moyen de décoder des comportements. Lâchée au détour d’une conversation par l’ancien directeur de mon IME, une vérité issue de son expérience de manager – du moins est-ce ainsi que je l’ai entendue : «Dans un groupe de personnes, il y en a 20% qui s’impliquent dans les projets, 40% qui attendent de voir ce que ça donne avant de bouger, et 40% qui quoi qu’il arrive ne bougeront jamais. Les pourcentages peuvent varier un peu, mais le principe reste le même.»

Cela m’a rappelé ce que j’avais lu dans L’encyclopédie du savoir relatif et absolu de Bernard Werber au sujet des rats. Dans un groupe de rats, il y a systématiquement des dominants et des dominés dans des proportions semblables, et ce quel que soit le groupe de départ. Même en ne prenant que des dominants – ou que des dominés – l’équilibre se reconstitue toujours avec les mêmes rapports entre dominants et dominés. Dans les sociétés humaines, c’est pareil. Quel que soit le groupe, ses actions et son contexte, la règle du 20/40/40 semble s’appliquer. D’ailleurs les mots de mon directeur m’ont rappelé ce que j’avais observé dans l’Association des Parents d’Elèves de l’école de mon fils. Il n’y en a toujours qu’un certain pourcentage qui se bouge sur un événement, pas toujours les mêmes selon les moments et les relations dans le groupe, mais en nombre comparable par rapport à la totalité…

Vous en voulez plus ? Quelques éléments ici sur les niveaux d’implication dans un groupe et sur la règle du 1% régissant la participation dans une communauté en ligne (ici on est dans le 1/9/90 !).

J’avoue que cette « trouvaille » n’est pas d’un intérêt majeur, mais en ce qui me concerne, elle m’aide à surmonter mes difficultés à appréhender le fonctionnement des groupes d’adultes…

J’y ai même pensé pendant nos vacances à la neige, quand il ne restait que 20% de neige sur 40% de glace et 40% de terre !

En ce moment, à mon travail…

Tag Escat

Les montagnes russes des émotions répondent à une mécanique étrange… Ou c’est que la joie inondant mon cœur peut braver les tempêtes les plus violentes.

Avant-hier encore j’étais paumée. Je ne savais pas si je voulais rester ou tenter de partir.

J’ai essayé de prendre de la distance et de peser mentalement le poids des éléments. J’ai rédigé un tableau en deux colonnes et contre toute attente la liste de positif dépassait celle de négatif.

Alors j’ai décidé de laisser un an de plus la chance à ce lieu de se rapprocher de ce qu’il pourrait être, pour moi.

Sans surprise j’ai été rassurée par ma décision, emplie de bonheur et de rire toute la journée d’hier…

Avant de retomber, jeudi prochain peut-être, je publie cette chanson. Ecrite il y a quelques semaines quand on avait encore un directeur dynamique et enjoué, plein d’espoir et d’optimisme. Ecrite quand l’avenir était lumineux et certain. Ecrite avant.

 

Elle suit le thème de la chanson de La Petite Sirène « Sous l’océan », elle était ma réponse aux discours sombres…

 

Le roseau est toujours plus vert

Dans l’IME d’à côté

Toi qui voudrais y prendre l’air

Ce serait une calamité !

 

Regarde bien le monde qui t’entoure

Dans l’IME de Périer

On fait carnaval tous les jours

Mieux tu ne pourras pas trouver !

 

Au Centre Escat, au Centre Escat

Promis c’est bien mieux

Tout le monde est heureux

Au Centre Escat

Chez nous on n’est pas cent cinquante

Allez hisse-toi en haut de notre pente

Presqu’une famille

Même quand ça vrille

Le Centre Escat

 

Chez nous on invente, on cuisine

On construit et on fabrique

On a notre journal, on jardine

On fait du sport, de la musique

 

On s’épanouit en peinture

Et on écrit même des livres

On fait des sorties en nature

Ici on apprend à vivre

 

Au Centre Escat, au Centre Escat

Vraiment c’est le mieux

Tout le monde est heureux

Au Centre Escat

Ailleurs ils bossent tout l’été

Et en continu toute l’année

Mais nous on danse

Chaque vacances

Au Centre Escat

 

Au Centre Escat !

Au Centre Escat !

Au Centre Escat !

La vie est super

Voyons notre verre

A moitié plein

Oui, à moitié plein ! Hihi !

 

Maintenant regarde comme c’est chouette

Bientôt notre blog sur internet

On garde le rythme

C’est de la dynamite

Au Centre Escat !

 

(Le nuage de tags entièrement personnalisable, c’est sur Tagxedo, une application en ligne découverte par ma collègue professeur des écoles pour nos élèves. Ou comment s’amuser avec les mots…)

Des humains comme nous

caresse

Aujourd’hui, sur le territoire français, on peut remettre en cause le droit à la nourriture pour certains êtres humains.

Cela ne ressort pas particulièrement si l’on ne scrute pas les actualités, à croire que cette information est moins émouvante que l’affaire Fillon… Mais pourtant elle existe bien, relayée par de nombreux journaux – et par certains de mes contacts Facebook en l’occurrence. Jeudi dernier, le 2 mars 2017, la maire de Calais Mme Bouchart a signé un arrêté interdisant les regroupements sur une zone déterminée, zone sur laquelle se déroulaient précisément les distributions de repas aux migrants restés – et revenus – sur la «jungle» de Calais. Le but, bien entendu, est d’éviter la constitution d’une nouvelle jungle… Mais là où le ministre de l’intérieur Bruno Le Roux s’est montré tout de même favorable à la poursuite des distributions de repas, l’élue Les Républicains a persisté sur sa ligne, souhaitant éviter un effet «appel d’air».

Selon les dernières infos que j’ai pu trouver, la situation est en suspens. Les associations poursuivent les distributions, la maire attend une intervention de la préfecture et semble avoir renoncé à prendre de nouveaux arrêtés comme elle l’affirmait jeudi.

N’empêche. Au risque de me répéter, aujourd’hui en France on peut remettre en question le fait de distribuer de la nourriture à des personnes qui ont faim. Sous le prétexte qu’ils sont nombreux. Sous le prétexte qu’ils sont «en situation illégale». Sous le prétexte qu’ils ne sont pas nous. Sous le prétexte que nous ne voulons pas d’eux chez nous…

Sauf qu’ils sont des humains comme nous. Ils sont nous.

Quand vient le soir, vous avez faim ? Ils ont faim.

Vous voulez vivre, vous voulez être en sécurité. Ils veulent…

Si nous étions nés à quelques kilomètres de là où nous avons la chance de vivre, juste de l’autre côté de la Méditerranée, nous serions eux.

Ils sont nous.

Il y a moins de deux mois, j’avais écrit cet article, déjà, avec un lien vers ce livre : «Eux c’est nous».

Ce qui m’a poussé à réitérer sur le sujet des «migrants» – encore un article politique, le deuxième en deux jours – outre l’actualité choquante, ce sont les commentaires des lecteurs du Figaro. Si vous voulez sentir votre cœur d’humain se briser, ou que vous avez besoin de dégueuler votre repas, ils sont en bas de cette page. Un amas monstrueux de haine, où les commentaires de félicitation à la maire de Calais effacent ceux qui parlent fraternité et charité. A titre d’exemple à vomir, j’évoquerais seulement la «bien commode» guerre qui leur permet de venir chez nous. J’avoue n’avoir jamais aperçu ce genre d’idée traverser ma tête…

Si nous allons au bout de leur logique «nous ne voulons pas d’eux, sous aucun prétexte, aucune aide d’aucun ordre pour les clandestins» devons nous arrêter de secourir les embarcations en détresse en Méditerranée ? Jusqu’à quelle inhumanité pourrait nous mener le rejet de ces humains là ?

Déjà le directeur de Frontex (l’agence de protection des frontières européennes) affirmait le 27 février dernier qu’«il faut éviter de soutenir l’action des réseaux criminels et des passeurs en Libye en prenant en charge les migrants de plus en plus près des côtes libyennes». Je vous invite à lire la réponse de SOS Méditerranée ici, et ses données en nombre de morts en Méditerranée qui font tourner la tête…

Je terminerai en vous disant que j’ai peur. J’ai peur que la libération de la parole de haine qui fleurit sur internet devienne la norme dans la vraie vie. J’ai peur que nos futurs élus soient le relais de ces idées. J’ai peur qu’au son des cris d’«on ne peut pas accueillir toute la misère du monde» on perde notre humanité. J’ai peur qu’on perde notre âme à force d’avoir peur… d’eux… qui sont nous.

La juge et le président

la-politique-en-2017-fait-irremediablement-partie-du-paysage-quotidien

Je me suis tellement retenue de parler de politique sur internet ces temps-ci, que j’en ai presque des fourmis au bout des doigts… De temps en temps, je craque et clique sur le bouton partager de Facebook. Instantanément, c’est un article avec tout son cortège d’interprétations et de commentaires qui déboule sur mon « mur ».

Et j’ai la très nette sensation que la moindre de mes prises de positions est comme une pancarte fluo qui décrypte mes opinions politiques. J’en suis gênée. Pourtant je n’ai pas honte de mon vote. Mais internet, c’est tellement le domaine public que la discrétion d’un vote qui se veut personnel ne peut que se disloquer à son contact.

Dans le même temps l’affaire Fillon (pour ne pas faire semblant de ne pas parler de cela) s’impose tant dans l’actualité, et dans ma manière de penser l’élection qui se profile, que j’ai le plus grand mal à retenir ma langue. Dans le privé et à l’oral, je me lâche – et je saoule mon homme avec mes analyses politico critiques. La politique, en 2017, fait irrémédiablement partie du paysage quotidien.

Par contre, à mon travail, face à mes élèves, neutralité obligatoire.

A la question – très surprenante au demeurant – « pour qui vous avez voté madame ? », je réponds sans ciller « Je n’ai pas le droit de vous le dire. »

Mais (un très grand «mais», à l’origine de cet article) je me questionne. Pour le spectacle type comédie musicale en cours de préparation à l’IME, l’histoire s’est construite, petit à petit, en partant de nos premières chansons. Une troupe de pirates, un voyage en bateau («Santiaaano»)… Pour justifier «La Marseillaise», on a collé un Président de la République – un clin d’œil à l’année électorale pensais-je. Et pour que le président suive les pirates dans leur bateau, on a imaginé une juge qui déboulerait en lui criant : « Je vais te mettre en prison ! ». (Alors, le président fait deux trois tours de piste, saute dans le bateau ; et la juge saute dans sa bouée canard pour courir derrière le bateau…)

Comble de la coïncidence, on a conçu ce délire bien avant l’affaire Fillon. En même temps, ce n’est pas comme si M. Fillon était le seul présidentiable – ou présidentié – à avoir concentré l’intérêt des juges. (Lorsque j’ai entendu, hier sur France Inter, un journaliste danois affirmer qu’ils étaient « habitués », de chez eux, à voir les hommes politiques français empêtrés dans des affaires judiciaires, j’ai frémi d’une si glaçante vérité.)

Notre histoire de juge et de président, alors, vous trouvez que c’est une blague potache à prendre au second degré, ou une entorse à notre devoir de neutralité ?