L’arbre est-il un humain comme un autre ?

L arbre est il un humain comme un autre

Allez, un petit sujet surprenant aujourd’hui, pour sortir un peu la tête des pré-pré-pré-préparatifs de Noël, du froid, de l’automne et des gratins de courge…

Cette idée d’article traînait depuis bien longtemps dans mes tiroirs. Et peut-être qu’à la fin de la page, vous aussi, vous ne regarderez plus les forêts de la même façon… D’abord, j’avais lu ceci et cela sur le « Wood Wide Web ». Puis j’ai vu l’émission Envoyé spécial du 26 octobre dernier, «Le monde secret des arbres», évoquant les liens tissés entre les arbres d’une forêt, cette société interconnectée dans laquelle des couples vivent entrelacés, des mères nourrissent leurs enfants, et des anciens sont soutenus par les membres de la communauté. Certains scientifiques ont même prouvé que les arbres émettent des messages électriques, certes très lents, mais pouvant induire des réactions de défense face à un danger.

Du coup, après ces révélations, je ne sais pas bien comment gérer la question de l’arbre de Noël…

Une cour de récré est faite pour Jouer !

Une cour de récré est faite pour Jouer

Au mois d’août dernier, en furetant sur internet pour préparer en douceur ma rentrée scolaire, je suis tombée sur ce concept. Des jeux libres pour la cour de récréation… Des objets récupérés en fait, que les enfants peuvent utiliser selon leurs souhaits pour jouer. Le concept peut paraître simple. Mais la réalité, une vraie belle découverte… Imaginez, une cour de récréation dans laquelle les enfants trouvent, rangés dans un coin, des pneus, des bâches, des poussettes ou une chaise roulante. Ils vivent ensuite la liberté d’utiliser ces objets, collaborent, partagent, échangent, fabriquent. De tels projets ont été menés dans différents établissements scolaires, en Angleterre (Scrapstore Playpod), en Belgique (les récrés « Jeu t’aime »), en Espagne et en France (la boîte à jouer). Je vous laisse libre de lire les conclusions de ceux qui ont sauté le pas, mais ce qui en ressort, pour moi, c’est moins d’ennui, moins de disputes, plus d’entraide et de création dans le jeu. Ces cours de récréation deviennent ce qu’elles devraient toutes être, des espaces de liberté et d’expérimentation. Les vidéos en particulier (ici et ) sont édifiantes.

Au-delà des obstacles de tout ordre que ne doit pas manquer de soulever un tel projet, je crois réellement que le gain pour les élèves et les professionnels est à la mesure de la folie du concept… Alors, parents, enseignants, directeurs, directrices, vous les imaginez, ces jeux de récup dans vos écoles (ou les écoles de vos enfants) ?

« Moi aussi » ?

Moi aussi

Je n’arrive pas à retirer le point d’interrogation de mon titre. Je n’arrive pas à me sentir complètement légitime derrière les #metoo et #balancetonporc car il ne m’est jamais rien arrivé de grave. Pas d’agression physique. Pas de harcèlement sur mon lieu de travail. Je suis chanceuse.

De ma petite place derrière mon ordi j’observe depuis quelques jours la parole se libérer et je sens en même temps une colère sourde monter à l’intérieur. Une furieuse envie de guillotiner des testicules. (Certaines testicules, je vous rassure tout de suite messieurs, si vous n’êtes pas un sale pervers aucun risque pour vos bourses…)

A force de lire des témoignages, je me suis sentie concernée. Moi aussi.

Moi aussi je me suis fait insulter dans la rue parce que je ne répondais pas aux « Eh mademoiselle t’es charmante ! ».

Moi aussi j’ai senti les regards poisseux des hommes déjà adultes sur mes formes de jeune fille dans le métro.

Moi aussi j’ai eu peur dans les transports en commun quand il était un peu trop tard, qu’il n’y avait pas trop de monde, et que l’ambiance sentait mauvais pour mes fesses.

Alors je me suis protégée avec une série de mesures d’éloignement du danger.

J’ai appris à baisser la tête, à ne pas soutenir le regard, à accélérer le pas.

J’ai renoncé aux jupes les jours où je prenais le métro – je n’avais pas encore quinze ans lorsque j’ai pris cette décision.

J’ai considéré que le métro marseillais ne fonctionnait plus pour moi passé 20h.

J’ai laissé passer les années sans me préoccuper beaucoup du harcèlement quasi quotidien subi par les femmes. Mais aujourd’hui l’explosion de témoignages, de mots et d’anecdotes sordides me tire de cette torpeur soumise.

Aujourd’hui, tout cela n’en finit pas de s’accumuler dans ma tête. Une gamine de treize ans se fait coller par un pervers dans le bus et n’ose pas en parler à ses parents par crainte de les mettre en colère. Une jeune femme se fait bloquer les jambes dans le métro, plusieurs fois, et doit quitter le wagon en courant, la peur au ventre. (Deux histoires récentes et malheureusement vraies !) Pour certains hommes les femmes ne sont que des sexes, des seins et des culs à consommer… dès treize ans, si elles commencent à avoir des formes.

Pour ma fille ce sera dans dix ans.

Je la regarde, ma petite fille souriante, joyeuse, avec ses boucles blondes et ses yeux pétillants. Je voudrais que le monde change avant que je lui ais inculqué la peur du viol, celle que ma mère a instillé dans mon cerveau il y a de cela bien longtemps… Et pour chaque femme, remplacer la crainte par le refus, être capable de dire : « Je refuse que tu me parles, me regardes, me traites ainsi. Je n’ai pas peur de toi. »

 

Vous voulez lire les témoignages qui ont précipité le mien ? Il y a celui de Maman BCBG ici, celui de ColombesMum là, et puis encore celui de 3 enfants en 3 ans, puis sa suite, celui de Red red wine, celui d’Une apprentie végane en Bretagne, celui de Des gueules. J’arrête de chercher, j’en trouverais des dizaines, des centaines, des milliers.

 

Je vous laisse avec les paroles d’une comptine dans laquelle une bergère se fait aborder draguer harceler (?) par un « monsieur ». La fin est sidérante ! J’en suis désolée mais je ne pourrai plus lire ou voir une situation de « drague » sans penser à l’article de Des gueules (à cliquer juste au dessus).

 

Ah ! dis moi donc bergère, à qui sont ces moutons ?
Eh par ma foi Monsieur, à ceux qui les gardions
Et tra la la déridérette et tra déronla 

Ah ! dis-moi donc bergère, combien as-tu d’moutons ?
Et par ma foi Monsieur, il faut qu’je les comptions
Refrain

Ah ! dis-moi donc bergère, l’étang est-il profond ?
Et par ma foi Monsieur, il descend jusqu’au fond
Refrain

Ah ! dis-moi donc bergère, par où ce chemin va ? 
Et par ma foi Monsieur, il ne bouge pas de là !
Refrain

Ah ! dis-moi donc bergère, le poisson est-il bon ? 
Et par ma foi Monsieur, pour ceux qui le mangions
Refrain

Ah ! dis-moi donc bergère, n’as-tu pas peur du loup 
Et par ma foi Monsieur, pas plus du loup qu’de vous !
Refrain

 

Ces corps parfaits sont de pauvres «fake»

Ces corps parfaits qui sont des fake

Nous le savons tous et toutes et pourtant la supercherie continue. Tous ces corps parfaits dessinés au bistouri photoshop auxquels on se compare, encore et toujours… de pauvres «fake». Non les mecs, ne pleurez pas que vous n’avez pas autant de pectoraux que je ne sais quel mannequin… vous savez que vous ne serez jamais comparés, mesurés, jaugés comme le sont les femmes. Evaluées à coup de « elle est bonne celle-là ». Sur nos écrans et les murs de nos villes, combien de ventres d’hommes pour combien de seins de femmes, de fesses de femmes, de nombrils de femmes ? Le pire, c’est que tout cela est faux. Vous le savez. Nous le savons. Ces mannequins qui tirent la tronche ne représentent pas les femmes réelles (parmi lesquelles seules 5% mettent de la taille 36). Toutes les lignes de ces corps sont réinventées. Des mensonges en forme de corps de femme pour vendre des vêtements, des parfums, des yaourts ou des crèmes solaires. Nous le savons tous, pourtant, les vrais corps des vraies femmes sont beaux, ils vibrent de leur réalité sous le grain de leur peau.

Je pourrais écrire cet article comme ça, gratuitement, juste pour le plaisir de dénoncer le diktat du corps parfait, mais ce n’est pas le cas. Vous avez peut-être déjà eu l’information… à partir de maintenant, si une photo a été retouchée dans une publicité cela devra être indiqué, comme les avertissements sur l’alcool et les cigarettes. Une avancée salutaire. Par contre les magazines pourront continuer à nous tromper impunément dans leurs pages « mode » et sur leurs couvertures, nulle obligation pour eux… alors en attendant, on continue à informer toutes les jeunes filles complexées – ou pas encore ! – autour de nous : «non tu vois ma bichette, cette femme n’a pas vraiment ce corps, elle a été re-tou-chée !».

Marseille aussi

136 Fort St Jean

Je ne supporte pas les oiseaux de mauvaise augure. Aussi j’évite autant que possible d’en être un moi-même. Alors je le disais peu. Mais je savais. Que cela arriverait. Ici. Dans ma ville. Lumineuse, insouciante, virevoltante.

L’anticipation n’a pas rendu le choc plus doux.

J’ai pensé ne pas publier l’article sur les parents bienveillants hier. Puis j’ai songé qu’être parent c’est aussi passer outre la terreur dans le quotidien. Le lendemain du Bataclan nous allions au théâtre en famille et j’écrivais cet article : « Pleurer, aimer, continuer ». Aujourd’hui encore, l’écriture me libère et je sais que si la joie est éteinte aujourd’hui elle renaîtra demain. Sous leur haine nos vies trépigneront toujours…

Septembre…

134 Septembre

J’adore septembre. Son énergie. Son renouveau, son retour à la vie quotidienne. Année après année la rentrée demeure un moment exaltant. Professionnelle, littéraire, culturelle.

La vie urbaine bat à nouveau, on sort de la paresseuse torpeur estivale. Le repos devenu ennui se barre au moment où le goudron revient sous nos pieds – cette année la chaleur a aussi disparu dans la foulée.

En tant que professeur des écoles, le mois de septembre c’est aussi un travail intense. Cette année en particulier, puisque j’ai changé de poste, et malgré mon anticipation – préparation de la rentrée à partir du 16 août – je me suis sentie submergée jusqu’à… maintenant.

Enfin… je recommence à écrire, à dessiner, à rêver éveillée d’autre chose que du collège. J’émerge de mes eaux tumultueuses et je retrouve le plaisir d’être ici.

Peut-être qu’un de ces quatre je prendrai le temps de mettre à jour mon profil et d’alimenter ma page facebook.

Je vous dis, alors, à très bientôt…

Le plastique c’est pas fantastique

Le plastique c est pas fantastique

Jeudi dernier je me suis réveillée avec cette information : selon une étude du WWF, les cétacés de Méditerranée sont contaminés par les phtalates (ces composés chimiques dangereux qui rentrent dans la composition des plastiques).

Vous le savez peut-être déjà, nos océans abritent 269000 tonnes de plastique.

Au nord de l’océan pacifique, c’est une soupe de plastique qui flotte, jusqu’à 30 mètres de profondeur. Une soupe mêlant de petits fragments et de gros déchets, sur une surface étendue comme six fois la France. A ce sujet vous pouvez lire cet article du Monde sur le 7ème continent de plastique.

Il paraît qu’on a commencé à faire des efforts pour réduire nos déchets plastiques. Déjà on a interdit les sacs plastiques en magasin (j’en parlais ). Enfin pas vraiment, on trouve encore des sacs plastiques – « réutilisables » qu’ils disent. Ensuite, les gobelets et assiettes en plastique devraient être interdits en 2020 pour privilégier le carton…

Mais en attendant, si l’on suit l’estimation selon laquelle 10% du plastique produit chaque année finit dans la mer, ça fait 1000 gobelets par an dans la Méditerranée rien que pour l’école maternelle de mon fils…

Comme les sources se croisent et se confortent, je suis tombée sur cette interview de Beth Terry, une activiste américaine du no plastic. Selon elle, le plastique biodégradable est problématique car sa composition est souvent obscure. Quant au recyclage, quand il est possible il reste cher, coûteux en énergie et même polluant… Reste la possibilité de réduire notre consommation de plastique. Vous voulez vous y mettre ? Voici les 100 premières étapes – en anglais – de Beth Terry.

(Moi je vais ressortir la partie anglaise de mon cerveau pour les lire… et puis je vous tiens au courant !)

« Smaïl le gardien du phare de Planier » primé !

bateau-14

Je vous en avais parlé , le film réalisé avec les jeunes de l’IME où je travaille faisait partie de la sélection officielle du concours Je filme le métier qui me plaît, la cérémonie de remise des prix avait lieu la semaine dernière… et le film a obtenu un Clap de Bronze (comme 140 autres films, parmi les 614 de la sélection officielle).

Toute l’équipe et les jeunes qui ont travaillé sur ce projet sont très fiers.

Si vous voulez voir le palmarès, c’est ici, pour (re)voir certains films, c’est (il y a une zone de recherche). Le film « Smaïl le gardien du phare de Planier » est toujours .

 

Avant de vous laisser, voici quelques uns de mes films préférés du concours :

Empreinte (Clap d’Or)

Tutu vas voir ! (Clap de la communication)

Etre écrivain (Clap de bronze)

 

A très bientôt ! (J’espère écrire un peu plus ici au mois de juin… avant le ralentissement de rythme estival…)

L’Eurovision, le kitch à l’ère du numérique

L'Eurovision

Ce soir, c’est Eurovision. Je n’ai même pas honte de m’afficher – il paraît que ce n’est plus ringard l’Eurovision (On ne peut pas décemment reprocher au concours qui a sacré Conchita Wurtz d’être resté dans le passé). N’empêche, la dernière fois que j’ai regardé ce programme j’avais moins de douze ans. Ce soir, alors, j’essaie de me défaire de mes préjugés, j’ouvre mes oreilles mes yeux et mon cœur à toutes ces différences. L’air du temps et le folklore. Les origines et la modernité. La sobriété et le spectacle pyrotechnique sur écran géant. Les nuages de fumée rose. Les tenues à paillettes. Des morceaux de texte projetés. Des fans déchaînés. Des fentes hautes sur les cuisses.

Toute cette démesure au service du kitch, c’est étonnant.

Pour que ce soit aussi amusant, je prends des notes comme quand j’étais enfant… Mon propre classement se rapprochera-t-il du résultat du concours ? Verdict en fin de soirée.

Allez, je vous livre – avant proclamation des résultats – mon propre classement (sans chauvinisme) :

  1. Croatie
  2. France
  3. Royaume Uni
  4. Hongrie
  5. Moldavie
  6. Belgique
  7. Roumanie

 

Et vous alors, êtes-vous Eurovision ?

Oscillations de température et vibrations printanières

Oscillations 1

Un jour je sors de chez moi et ma veste reste suspendue dans l’entrée. Même pour quelques minutes, je chausse mes lunettes. Sous le pull le débardeur s’installe…

On ressort notre camion aménagé. On achète de la crème solaire. On fait notre premier pique-nique sur une pelouse couverte de pâquerettes.

Les envies culinaires changent. Verdure, fraîcheur.

Les premières fraises dans notre panier.

Des couches de tissu à enlever ou à remettre.

La laine passe de mes épaules, à ma taille, à mes épaules.

Demain, avril – ne te découvre pas d’un fil – deviendra mai – fais ce qu’il te plaît.

Mais quand se fera, vraiment, le passage ?

Un jour, après-demain ou le jour suivant, c’est évident, nous serons en saison chaude.

En attendant, oscillons gaiement…

Oscillations 2

Oscillations 3

Oscillations 4

Oscillations 5

Je vous souhaite un joyeux passage au mois de mai.