Des livres d’enfants, pour adultes aussi

Des livres d enfants pour les adultes aussi

Je suis une adulte qui lit des livres d’enfants. Enfin pas seulement… Si vous traînez par ici vous le savez déjà, j’ai même inauguré une nouvelle catégorie Lecture il y a peu de temps.

Mais quand même, les albums de littérature de jeunesse, je suis capable de les lire, sans mes enfants, sans mes élèves, juste pour moi-même et pour savourer leur beauté. Je recherche surtout la vibration à l’unisson entre la poésie des mots et le dessin, la douceur ou l’originalité des images, les couleurs, la signification soufflée tout en sensibilité…

Et comme, en plus, j’ai des enfants, une classe et un mari enseignant, la littérature de jeunesse, chez nous, c’est une institution. D’ailleurs quand je vais à la bibliothèque municipale avec mes enfants, je les stoppe au poids du sac qu’ils remplissent en seulement quelques minutes.

Il y a quelques jours, je me suis rendue seule à la grande bibliothèque de l’Alcazar à Marseille. Je voulais absolument recharger ma pile de livres à lire avant la tornade de la rentrée. Quelques livres pour moi – pas trop car le mois de septembre est de toute façon surchargé de boulot – le bon nombre c’était cinq. Avant que je ne quitte la maison mon fils m’a fait sa commande : « Prend des Claude Ponti et des livres qui nous plairont. ». Je comptais bien faire un petit passage au rayon jeunesse et prendre quelques albums de toute façon, j’en avais quatre sur ma liste de repérages. Je n’en ai trouvé aucun des quatre. Par contre j’ai rempli le sac en moins de temps qu’il n’en faut à mes deux enfants ensemble.

Je suis une adulte qui lit des livres d enfants

Au retour, sur mon épaule, il était au moins aussi lourd que si nous étions allé à la bibliothèque en famille.

Alors voilà. Je suis une adulte qui lit des livres d’enfants.

Et comme vous avez été très très sages, je vous donne quelques uns de mes coups de cœur du moment et de toujours…

184 Le doudou méchant

 

Le doudou méchant de Claude Ponti et de façon générale tous les albums de ce génie de la littérature de jeunesse, farfelus au possible, mettant en scène un univers tentaculaire d’une richesse prodigieuse.

 

184 Une figue de reve

 

Une figue de rêve de Chris Van Allsburg et tous les albums de ce maître du fantastique et du mystère, avec ses dessins ciselés et ses histoires envoutantes.

 

 

184 L enfant derriere la fenetre

 

L’enfant derrière la fenêtre de Anne-Gaëlle Féjoz et Dani Torrent, une découverte au hasard des bacs de la bibliothèque, un album tout en sensibilité sur l’autisme avec des dessins doux et colorés.

 

184 Les-poings-sur-les-iles

184 Les poings sur les iles bis

 

Le poing sur les îles d’Elise Fontenaille et Violeta Lopiz, un album recommandé par ma librairie adorée ; à l’intérieur c’est un jardin touffu et l’histoire d’un grand-père qui jardine, qui cuisine mais ne sait ni lire ni écrire.

 

184 La voliere doree

 

La volière dorée de Carll Cneut et Anna Castagnoli, une autre recommandation de ma librairie, un album dont les dessins superbes servent l’histoire d’une princesse sanguinaire à la recherche de tous les oiseaux les plus rares du monde et surtout de l’oiseau unique qu’elle pourra enfermer dans sa volière dorée.

 

184 Le jour d avant

 

Le jour d’avant d’Hélène Rice et Lydie Sabourin, une petite pépite fantasque (ce blog en parle très bien) découverte dans la maison échangée cet été, par hasard donc encore.

 

 

Il faut bien s’arrêter, il y en a tellement, des albums magnifiques…

Et vous, des coups de cœur littérature de jeunesse à partager ?

Rentrée

Rentrée

Depuis quelques jours déjà, on s’apprête à se glisser à nouveau dans le moule du quotidien, les horaires de classe, la nounou et les activités extra-scolaires, les journées de travail, les soirées trop vite passées et l’attente des week-ends. Et si c’était mieux que ça n’en a l’air ?

L’année dernière j’écrivais ce texte sur les instants précédant les premières minutes de classe. Cette année, on prend les mêmes et l’on recommence, avec toujours cette sensation de joie palpitante au creux du ventre. Septembre, cette effervescence d’envie et d’énergie, je la savoure chaque année de nouveau sans m’en lasser.

Et vous ?

 

Je vous souhaite, ainsi qu’à vos enfants, une rentrée joyeuse.

[Lecture] « La fissure » de Jean-Paul Didierlaurent

L07 imageJe m’étais délectée, il y a quelque temps, du Liseur du 6h27, du même auteur. C’est ce qui m’a poussé vers ce roman, une autre de mes lectures de vacances avec Le camion, My absolute darling et Cosmétique de l’ennemi. Ça et la quatrième de couverture bien sûr.

Dernier représentant d’une entreprise de nains de jardin rachetée par une holding américaine, Xavier Barthoux mène une vie bien rangée entre la tournée de ses clients, son épouse, son chien et sa résidence secondaire des Cévennes. Mais quand il découvre une fissure dans le mur de sa maison, c’est tout son univers qui se lézarde… Animé par une unique obsession, réparer la fissure, il entreprend un périple extrême et merveilleux jusqu’à l’autre bout du monde.

Ce livre, je l’ai trouvé parfait dans le contexte de camping dans lequel je l’ai lu, pas très loin de la fameuse maison secondaire des Cévennes qui plus est. Les aventures du très rangé Xavier Barthoux sont loufoques, rafraichissantes et très amusantes. On passe un délicieux moment de détente et d’évasion avec ce livre. L’aventure, pourtant, est plus profonde et intime qu’il n’y paraît d’abord. Au point de nous interpeller, une fois le roman refermé, sur la fissure que l’on porte tous et toutes sous nos camouflages…

La playlist des vacances

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Avant de s’engouffrer dans la tornade de la rentrée, il est encore temps de se remémorer le temps des vacances.

Nous, cet été, on a beaucoup plus été dans le relâchement que dans la culture. J’en prends pour preuve les refrains entonnés par nos enfants tout l’été, qu’ils auront j’espère oublié avant de les chanter à leur maîtresse…

Vous voulez des exemples ?

Non je n’veux plus jamais travailler, plutôt crever ! Non je n’irai plus jamais au supermarché, plutôt crever ! Non mais laissez moi, non mais laissez moi, manger ma banane.

Ou alors…

Fous ta cagoule, fous ta cagoule, ou t’auras froid t’auras les glandes t’auras les boules.

(On fait ce qu’on peut pour lutter mentalement contre la canicule.)

Disons qu’on relèvera le niveau langagier de nos enfants un peu plus tard.

Notre playlist coup de cœur des vacances en version intégrale, elle est là, avec juste quatre titres, les plus demandés, redemandés, reredemandés, sur toutes les routes de nos vacances.

La banane de Philippe Katerine, joyeusement subversif.

Fous ta cagoule de Fatal Bazooka, un grand classique de mes favoris, déjà dans cette playlist personnelle.

Barbara Ann des Beach Boys, bien dans l’esprit combi qu’on affectionne.

La bande originale de La Chèvre de Vladimir Cosma, parce qu’on l’a chanté en private joke d’adulte devant les maladresses de notre fille – et de notre fils, pas de jaloux –, qu’on a fini par leur mettre en musique de route et qu’ils l’ont plus qu’adoré…

 

Et vous, qu’y a-t-il dans votre playlist de vacances ?

Bretagne – Etape 1

De Marseille à la Bretagne en 6 jours.

Jour 1 : Marseille – Béziers / 246 km

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Pique-nique à l’ombre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bivouac à Béziers, au domaine Mi-Côte, accueil sympathique, très bon vin, vue sur Béziers.

 

 

 

 

 

 

 

 

Balade et pique-nique autour des Ecluses de Fonseranes.

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Puis feu d’artifice sur fond de musique d’opéra.

 

Jour 2 : Béziers – Agen / 289 km

Jolie route au milieu des collines vertes entre Béziers et Castres, pique-nique vers Castres.

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Route au milieu des champs, foins, tournesols, vignes surtout, jusqu’à la ferme Roques, après Agen.

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La vue qu’on a en levant la tête, dans notre cabine de douche (bricolage maison sous le hayon du T3) :

 

 

 

 

Jour 3 : jusqu’au nord de Bordeaux (estuaire de la Gironde) / 153 km

Route dans les vignobles bordelais, arrêt près d’un lac de pêcheurs pour le midi.

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Camping le soir, Finale de la coupe du monde (« on est les champions, on est les champions… »).

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Jour 4 : jusqu’à Niort / 216 km

Route par Saintes, Rochefort, un passage express dans le marais poitevin (à faire plus tard, en vélo et en barque !).

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Accueil exceptionnel à la ferme Les fromages de Sylvie à Coulonges sur l’Autize, avec pleins d’animaux pour le plus grand plaisir des enfants.

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Jour 5 : jusqu’à Pornic / 224 km

Le matin, direction l’océan ! Les sables d’Olonne, repas sur la plage.

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Bivouac magique près de Pornic :

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Jour 6 : Pornic – Plovan / 254 km

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C’est le jour de l’arrivée en Bretagne ! Direction la maison de Plovan (sud du Finistère, sur la baie d’Audierne) par la départementale rapide.

Arrêt du midi à la Crêperie des 2 Provinces à Locoal-Mendon

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Plage de Plovan en fin d’après-midi, marée basse, puis montante…

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A suivre… la découverte de la Bretagne en commençant par les environs de la baie d’Audierne…

Rêve grand format

Reve grand format

Nous verrouillons la porte de notre appartement. Nos regards se caressent. Les enfants ont leurs yeux pétillants, ceux des matins d’aventure. Arthur porte fièrement sa valise à bout de bras. Nina se tient droite comme un i à côté de la sienne. Mon sac à dos est si plein qu’il rebondit contre mes omoplates. Mes yeux effleurent la valise portée par mon époux. Si menue pour six mois.

Sans un souffle, nous nous sourions. Le silence nous étreint. Autour tout sommeille, un cœur de nuit dans le petit matin. Nos pieds semblent flotter en descendant l’escalier, rien ne choque, tout caresse. Les clés sombrent dans la boîte aux lettres de nos voisins avec un cliquetis étouffé. Je perçois un presque clin d’œil à mon intention tandis qu’il ressort les doigts de l’ouverture. Les enfants sont à l’entrée de l’immeuble, raccords, chacun son rôle. Une qui pousse le loquet tandis que l’autre tire la porte à lui.

L’air froid nous surprend. Au delà des immeubles, des rues et des collines, les premiers rayons du soleil luttent déjà pour se pointer.

Je dis au revoir dans ma tête, sans me retourner. J’attrape à tâtons la main de ma fille contre ma jambe, d’un coup d’œil je retiens mon fils. Nous nous éloignons de chez nous, lentement. Le taxi est là.

Durant le trajet, le silence nous enveloppe, à peine dérangé par les phrases rapides du standard résonnant dans la radio.

L’aéroport est un autre lieu sans sons, feutré, avant le lever du jour.

Les heures d’avion s’égrènent et les mots reviennent, les rires, les bruits, les éclats. Nous sommes indifférents au film défilant sur grand écran. Notre cinéma, nous l’étalons sur nos quatre tablettes côte à côte. La carte des six prochains mois.

A l’atterrissage pourtant, la fatigue s’empare de nos corps. Le chauffeur de taxi parle dans une langue incompréhensible, jusqu’à ce que je reconnaisse son français. Il s’arrête devant une maison. Je ne reconnais pas la baraque. Le camion, si. Je descends, vite, mes jambes se pressent. Mon cœur tambourine. Les enfants crient. Mon mari arrive dans mon dos, attrape ma main et pose son menton sur mon épaule.

« Comment cela nous est-il arrivé ? »

Je murmure : « Tu te souviens ? »

Nous étions dans un camping des Cévennes. Nous venions de passer notre première nuit à quatre sous une tente. Au petit déjeuner, nos corps frais, nos mains blotties contre notre tasse de café, nos yeux encore embués, nous avons posé nos regards tout autour de nous, il était là. Le van. Avec un toit relevable et un branchement électrique.

« Tu as vu ? »

 

 

(Un texte écrit à l’occasion d’un atelier d’écriture autour des « presque riens ».)

Notre rêve au format réel, il est dans la rubrique Road-trip de ce blog.

Reve format reel

Succession de phases

Succession de phases

Souvent j’envisage la vie de parents telle une succession.

Il y a quelques mois, imbibés de parentalité bienveillante, nous avions laissé couler notre vie familiale, tranquille, facile et sereine. Puis la rentrée scolaire, avec ses nécessaires chamboulements, a marqué un basculement, un amoncellement de pleurs et de cris. Tous les accrocs du quotidien sont devenus des prétextes, entre parents et enfants, entre enfant et enfant, à ne pas se comprendre, à ne pas se voir, à se fâcher.

Une grande dame de ma connaissance raconte au sujet de l’équilibre familial qu’au moment où tout va bien dans nos vies l’univers nous envoie de quoi tout remettre en question. Parfois nous souhaiterions rester dans la tranquillité, mais c’est sans compter ces successions de phases rythmant nos vies.

Au sommet des montagnes russes l’euphorie nous porte si haut que nous n’envisageons même pas la chute, ses battements cardiaques et ses hurlements. Quand elle survient, soudaine et progressive, douce et violente, on change de phase comme l’on se retournerait sur ses propres pas. Gardons en tête dans les phases basses de nos existences que d’autres phases viendront…

Ainsi depuis quelques jours la sérénité semble être de retour par chez nous…

Succession de phases.

Bonne année !

Bonne année

Mon premier article de 2018 sera, comme il se doit (ou pas !), un article de vœux. Je suis pourtant loin de suivre, pour moi-même, cette obsession du texto ou du coup de fil de bonne année. Je crois que l’essentiel est ailleurs, même si les vœux emplissent à leur façon notre besoin d’être ensemble, d’être pareils et d’échanger…

Je vous souhaite, alors, une année 2018 à l’unisson de vos souhaits, de vos espoirs et même de vos rêves…

Ici, la sérénité joyeuse dans laquelle a été créé ce bonhomme de neige s’inscrira je l’espère dans notre mélodie familiale de 2018. Et si je continuerai, bien sûr, à écrire sur ce blog, le ralentissement de rythme influera encore sur mes moments de présence et d’absence, comme une vague à l’équilibre délicat entre ma famille, moi-même, mon travail et l’écriture, sans oublier mon unique (très) bonne résolution dont je vous parlerai je l’espère un de ces jours de 2018…

Souvent, ralentir…

Souvent ralentir

Souvent je lâche le rythme effréné. Je deviens soudain moins hyperactive. Je zappe le rythme de publication du blog. Je revois mes priorités en fonction de mon énergie disponible, des obligations professionnelles ou de la météo.

S’il fait froid je ne souhaite que me blottir devant ma cheminée imaginaire, sous un plaid, les pieds au chaud. Déjà le sapin clignote dans un coin du salon. J’ai ressorti les gants et même les bonnets.

Je veux du temps vide, j’en ai besoin, alors je renonce. Je renonce pour l’heure au moins à certains projets… Les heures perdues de ma vie, je veux d’abord les perdre. Regarder mes enfants qui jouent. Jouer avec eux. Offrir les minutes qui restent, perdues, aux mots plutôt qu’aux images.

Poursuivre au fil des inspirations les rendez-vous illustrés du blog. Et puis surtout, creuser jusqu’au bout de la matière mes chantiers d’écriture.

Souvent je change de rythme, ici et ailleurs. Ralentir c’est encore plus… vivre.