Croquer et troquer ses livres

Croquer et troquer ses livres

Les livres, on les croque, et après, on les troque !

Bien sûr, nous avons tous des livres dont nous ne voulons pas nous séparer, qui nous ont marqué profondément, qu’on pense relire ou faire lire ou qui nous ont constitué au même titre que les évènements de notre vie. Mais il y a aussi tous les autres bouquins, ceux qu’on ne touchera plus, ceux avec lesquels on a passé un bon moment mais qu’on n’a pas besoin d’encastrer dans nos murs. Et puis, dans nos maisons non extensibles, on doit bien libérer de la place si l’on veut continuer à garder certains livres…

Depuis quelque temps, j’ai donc pris l’habitude d’élaguer mes étagères, et je ressens de moins en moins de difficultés à me séparer de certains ouvrages. Nos bibliothèques deviennent vivantes, mouvantes, elles évoluent comme nous au fil des découvertes.

Mon envie, depuis quelques mois déjà, c’était de troquer mes livres, qu’ils puissent en quittant ma maison poursuivre leur vie dans d’autres mains et que je puisse varier mes lectures grâce à ces échanges. Alors je me suis inscrite sur le site internet La Tornade. Ce n’est pas le lieu parfait dont je rêverais (la bibliothèque d’échange de type cabine téléphonique ne l’est malheureusement pas non plus), mais je dois avouer qu’il fonctionne assez bien et qu’il y a beaucoup de choix, y compris des films.

Ça vous tente ? Sautez le pas, c’est gratuit (à l’exception des timbres pour les envois) et hyper simple d’utilisation, on peut même obtenir un objet avant d’avoir commencé à échanger les siens grâce à l’avance de points. Et si vous rejoignez La Tornade, venez donc jeter un coup d’œil sur mon profil (SoDeb) et donnez moi votre pseudo en commentaire !

Dire la mort aux enfants

Dire la mort aux enfants

Ce sujet traîne depuis des mois dans les prévisions d’articles pour mon blog… Je ne vais pas vous mentir, j’ai eu du mal à tirer l’inspiration qui sommeillait en moi à ce sujet, mais ce thème est tellement nécessaire et important dans une vie de famille, comment passer à côté ?

Nous y avons été confronté en 2016, lorsque j’ai perdu mon père. Mon fils avait cinq ans, il a vécu la mort d’un proche, l’a comprise, en a souffert. Ma fille avait deux ans. Elle n’a clairement pas compris le concept de mort, à ce moment là. Aujourd’hui elle en parle avec ses mots lorsque nous évoquons leur « papou », elle chemine en grandissant.

Au moment où la mort a toqué chez nous, nous avons choisi d’expliquer à nos enfants ce qu’il se passait, dès l’étape hôpital. Le jour du décès, nous avons mis des mots sur cet événement. Des mots vrais et simples. « Papou est mort, ça veut dire qu’on ne le verra plus jamais. » On n’a pas dit (ou peu, comme une habitude d’adulte à chasser) « parti », « au ciel », « décédé ». On a dit « mort ». Le vrai mot qui ne renvoie pas à une autre réalité. Parce que « parti »… en voyage ? « au ciel »… dans les nuages ?… comme le père Noël ? « Non le père Noël lui il est au pôle nord. » (Oulala on s’égare…)

« Mort » donc. Pas « décédé », ce mot d’adulte inventé pour adoucir la réalité auprès des adultes. « Mort ».

Dire la mort à nos enfants, cela s’est presque résumé à dire cette phrase, donc. « Papou est mort, ça veut dire qu’on ne le verra plus jamais. » En boucle parfois. Surtout pour la petite qui ne comprenait pas. « Il est où Papou ? » « Il est à l’hôpital ? »

Dire la mort aux enfants, c’est aussi les entendre dire des mots qui grattent la blessure déjà à vif. « Papou est mort. On ne le verra plus. On ne pourra même plus l’appeler au téléphone. C’est triste. Je voulais qu’il soit encore en vie. »

Dire la mort aux enfants c’est accepter de les voir tristes. De les voir tristes de nous voir tristes.

C’est se demander s’ils viennent à l’enterrement. Nous avons choisi de les laisser à l’école ce jour là mais il aurait pu en être autrement. Les habitudes anciennes de laisser les enfants à l’écart de ces choses de la vie est selon moi un carcan à faire exploser.

Dire la mort aux enfants, c’est aussi leur expliquer ce que veut dire « être incinéré » et leur montrer – un jour prochain – l’endroit où nous avons mis les cendres de mes parents.

Je me rends bien compte que la mort, c’est aussi une question religieuse. Que les mots d’autres seront teintés de croyances accompagnant les morts dans un ailleurs. J’ai bien vu les yeux brillants de mon fils quand je lui ai parlé du royaume des morts de l’Egypte antique – en mode « ah mais alors on est sauvés maman ».

Dire la mort hieroglyphes

Il est vrai que le moment de la mort de mon père a coïncidé avec – exacerbé peut être – les craintes de mort de mon fils. Ce qui génère des conversations presque insoutenables pour une maman. « Un jour tu vas mourir maman et moi je voudrai pas que tu sois morte je serai triste que tu meures. » Parfois sans crier gare, à table, au moment du dessert, ou au moment du couché, avec ou sans larmes.

Heureusement, dire la mort à ses enfants c’est aussi se détacher de la noirceur et de la peur qu’elle fait vibrer en nous. Dire la mort à ses enfants, c’est aussi dire la vie. Prendre sur soi et dire les mots pansements. Que la mort fait partie de la vie. Que tous les êtres vivants vivent et meurent. Que c’est ainsi et qu’on n’y peut rien. Qu’il faut simplement essayer de profiter au mieux de toute cette vie. Et que ceux qui sont morts continuent à exister dans les souvenirs des vivants.

A ce sujet en particulier – la mémoire des proches morts – je vous conseille Coco, le dernier Pixar de décembre 2017 sorti en DVD début avril, qui aborde ces thèmes à travers les traditions mexicaines du jour des morts. Un film magnifique, très esthétique, un métissage réussi entre légèreté joyeuse et profondeur du propos. Cet article de blog vous donnera plus d’éléments sur le film Coco. Dernière précision, la fin de ce dessin animé me retourne complètement, avec larmes abondantes et inévitables, mais ce n’est pas grave, la vie c’est aussi pleurer en pensant à la mort…

Starwars 7, les femmes aussi ont la Force

30 Starwars

Attention, pour ceux qui n’auraient toujours pas vu Starwars 7, il y a des spoilers dans cet article ! Par contre si vous ne souhaitiez pas forcément voir ce film mais changez d’avis à la lecture de cet article (sait-on jamais), sachez que je n’en révèle pas trop…

La Force est aussi, donc, avec les femmes… Il aura fallu attendre le septième épisode pour s’en apercevoir.

J’avoue que ça m’a fait plaisir de voir le premier rôle occupé par une fille. J’ai pu m’identifier à Rey la splendide, et la vibration que j’ai ressentie en regardant ce film en a été toute différente. Même mon homme, fan de la première heure, a tout de suite pointé cette évidence : “C’est bien que ce soit une femme, cette fois”.

Avant Rey, la force, c’était un truc de mec. Les Jedis femmes existaient, pourtant, mais on ne les voyait jamais.

Il y avait bien Leia. Fille d’Anakin, elle aussi a la Force – enfin je suppose – mais ne s’en sert jamais, sauf pour aller aider son Jedi de frère. Leia, c’est vraiment la potiche de base, alors que Rey, elle envoie, elle ne se laisse pas faire, elle se bat pour ses convictions, elle ne se contente pas de regarder les mecs se battre pour elle. Certains diront que Leia est une figure du féminisme, et qu’elle tue Jabba the Hutt toute seule comme une grande fille. D’autres estiment que son bikini doré est une humiliation pour les femmes, et qu’il fait de Leia un fantasme d’adolescents.

Mon homme m’explique que Leia et Padmé sont des femmes de pouvoir, des femmes politiques qui défendent la paix à leur façon. Alors oui, c’est vrai, on nous dit qu’elles agissent, mais on les voit peu en action. Mon sentiment, c’est qu’elles sont des faire-valoir pour les hommes qui les entourent.

Et que dire de la mère d’Anakin ? Une femme qui a porté Anakin Skywalker dans ses entrailles, tout de même, on pourrait s’attendre à ce qu’elle ait une petite étincelle de Force, non ? Et bien non ! Parce qu’Anakin a été conçu par l’ « immaculée conception ». Alors là, vraiment, c’est la goutte d’eau. En fait, avant l’épisode 7, Starwars, c’est sexisme à tous les étages…

Cela explique peut-être pourquoi j’ai vécu des années sans être particulièrement emballée par la saga, mais ce film là, « Le réveil de la Force », pourrait me faire entrer dans l’univers Starwars. Outre le rôle féminin pas tapisserie, il y a cette respiration, l’alternance des scènes, le rythme, le montage… Moi je dis, allez-y, vous allez en prendre plein les mirettes.

Et vous, vous en pensez quoi ? Sexiste, Starwars ?