[Lecture] « L’homme-dé » de Luke Rhinehart

L01 L homme déLe propre d’un blog est peut-être d’évoluer avec le temps… Aujourd’hui j’inaugure une nouvelle catégorie, Lecture, pour partager avec vous mes découvertes littéraires. Le livre qui m’a inspiré cette nouvelle proposition, c’est L’homme dé de Luke Rhinehart.

Luke Rhinehart (pseudonyme utilisé par l’auteur américain Georges Powers Cockcroft) est un psychiatre new-yorkais étouffé par l’ennui et la vacuité de sa vie rangée au point d’être tenté par le suicide. A la recherche d’une expérience psychologique revigorante, il se met à jouer aux dés certaines décisions de sa vie. Peu à peu, il donne davantage de pouvoir au Dé, jusqu’à lui confier toute son existence. La théorie de la dé-vie du docteur Rhinehart se développe tout au long des 500 pages du livre : le recours au Dé permet d’exprimer les multiples « moi » minoritaires, réprimés d’ordinaire par la personnalité dominante. Tandis que l’histoire progresse, les alternatives dérangeantes proposées au tirage du Dé se multiplient. Le docteur Rhinehart approfondit sa dé-vie, fait des adeptes de la dé-thérapie, monte des dé-centres dans lesquels les dé-tudiants mettent en œuvre les préceptes du Dé.

Pendant la première moitié de ce pavé, j’ai éprouvé surtout de l’écoeurement et trouvé le concept du Dé malsain voire pervers. La curiosité pourtant m’a fait poursuivre la lecture. Je voulais savoir jusqu’où irait le docteur Rhinehart dans son obéissance au Dé.

La soirée donnée en l’honneur du docteur Klum, pendant laquelle Rhinehart expérimente la multiplicité de rôles sous le contrôle du Dé, a marqué un tournant dans ma lecture. Je n’ai plus envisagé de reposer le livre et j’ai poursuivi la plongée dans cet univers soumis au Dé en éprouvant une multiplicité d’émotions et en les accueillant toutes également. (Etre Un c’est aussi accepter d’être plusieurs, sans accorder au Hasard le pouvoir de choisir entre ces multiples…) J’ai donc lu en étant successivement – ou conjointement – intéressée, amusée, sidérée, dégoutée, sceptique voire critique.

Je comprends que ce livre soit devenu un manifeste anticonformiste, même si les scènes sexuelles choquent très probablement moins en 2018 qu’au moment de sa publication en 1971. Pour moi la principale subversion ne réside pas tant dans l’expression de tous les fantasmes que dans la destruction plus insidieuse des liens entre êtres humains. Au moment où tout explose, où la civilisation se délite, je m’interroge sur l’auteur caché derrière le Luke Rhinehart autobiographe. L’homme dé est peut être le premier roman écrit au lancer de dés – pour le coup le concept m’agrippe davantage – et Georges Powers Cockcroft le premier dé-crivain. Le premier, car je suis presque certaine maintenant – sans pouvoir le prouver – que d’autres ont tenté l’aventure de la dé-criture.

Au final, un livre décalé, sulfureux, excitant et écoeurant, un livre – ce n’est que mon avis mais je ne peux que l’affirmer très fort – à ne surtout pas mettre entre toutes les mains. Si vous n’êtes pas prêt à renoncer à votre libre arbitre, à votre raisonnement ou à votre intuition au profit du Dé, alors vous pouvez faire l’expérience de lire L’homme dé sans craindre de vous perdre dans les méandres du Hasard…

Grand écart culturel

Grand ecart culturel

Je vais vous faire une confidence. Cela fait une dizaine d’années que je regarde Koh Lanta, tous les ans, deux fois par an maintenant. A chaque retour de l’émission (tous les trois mois c’est fou on n’a même plus le temps d’attendre) c’est l’enthousiasme à la maison. Si si, je vous promets. Je n’en fais pas une fierté, je n’en fais pas la pub autour de moi. Regarder de la télé-réalité – quand bien même de la télé-réalité aventurière ou immobilière (on aime aussi beaucoup Stéphane Plaza mais c’est une autre histoire) – quand on est adultes, parents, conscients des dérives de la télévision… c’est pas la panacée. En même temps, il ne faudrait pas non plus se prendre pour ce que nous ne sommes pas – des snobs de la sélection télévisée. Alors autant assumer.

J’assume d’autant mieux que si Koh Lanta est l’incontournable du vendredi soir six mois par an, l’incontournable du jeudi soir c’est… La Grande Librairie. Et oui, je suis tombée dans la marmite de livres de Busnel et je ne peux plus m’en passer. J’en chialerais presque, dès le début du mois de juin, quand il fait en direct sa valise de lecture pour les vacances et qu’il nous donne rendez-vous à la rentrée. Ce faisant, il sonne le top départ des programmes d’été, indigestes comme la bouillie de sable préparée par vos enfants sur la plage, avec un peu d’arôme crème solaire pour l’odeur…

Mais poursuivons notre grand écart télévisé. Le mercredi soir, quand on a la chance d’être dans une période de diffusion, c’est Grey’s Anatomy ! Mon côté midinette sans doute, même si les années passant je prends de plus en plus de recul sur les drames à répétition et les catastrophes typiques de cette série, score maximal en nombre de litres de larmes versées par téléspectatrice (avec un record chez les femmes enceintes).

Finalement, j’aime bien cette diversité, ces sauts de puces ou de géants d’un programme à l’autre… comme pour la musique… puisque mon univers sonore c’est le rock doux ou l’énervé, le rap américain ou marseillais, le ska à message, la chanson française, celle que mes élèves connaissent et celle qu’ils ne connaissent pas, les éclats de rire en musique, l’intensité du classique et sa beauté à pleurer

Et vous, êtes-vous adepte du grand écart visuel ou sonore ? N’hésitez pas à mettre vos propres exemples en commentaire…

Septembre…

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J’adore septembre. Son énergie. Son renouveau, son retour à la vie quotidienne. Année après année la rentrée demeure un moment exaltant. Professionnelle, littéraire, culturelle.

La vie urbaine bat à nouveau, on sort de la paresseuse torpeur estivale. Le repos devenu ennui se barre au moment où le goudron revient sous nos pieds – cette année la chaleur a aussi disparu dans la foulée.

En tant que professeur des écoles, le mois de septembre c’est aussi un travail intense. Cette année en particulier, puisque j’ai changé de poste, et malgré mon anticipation – préparation de la rentrée à partir du 16 août – je me suis sentie submergée jusqu’à… maintenant.

Enfin… je recommence à écrire, à dessiner, à rêver éveillée d’autre chose que du collège. J’émerge de mes eaux tumultueuses et je retrouve le plaisir d’être ici.

Peut-être qu’un de ces quatre je prendrai le temps de mettre à jour mon profil et d’alimenter ma page facebook.

Je vous dis, alors, à très bientôt…

Ecrire sous pseudo

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Avez-vous entendu parler de l’affaire Elena Ferrante ? Romancière italienne très connue, elle n’a jamais voulu révéler ni son véritable nom, ni son visage. Mais son magnifique succès a attisé, depuis des années, la curiosité de tous, et la recherche de son identité est devenue un jeu national en Italie.

Le secret a subitement été rompu il y a moins d’un mois, quand un journaliste a révélé, au terme d’une enquête particulièrement intrusive (avec notamment vérification de fiches de paye et du prix d’achat d’appartements à Rome) l’identité (supposée) d’Elena Ferrante. Si vous voulez en savoir plus sur cette affaire, l’émission culturelle Stupéfiant ! de mercredi 26 octobre y a consacré une chronique, il vous reste quelques jours pour la voir «en replay». (Au passage, je vous recommande chaudement cette émission sur France 2, car même quand les sujets, de prime abord, ne semblent pas attractifs, il s’avère que « La culture est une drogue dure ».)

Après ce reportage, je m’interroge. Pourquoi chercher à tout prix à lever le voile sur l’identité d’un artiste qui souhaite rester anonyme ? De tout temps des écrivains ont usé de pseudos, pour des raisons variées. Jeu, discrétion, sexisme, attractivité du nom… Pourquoi vouloir déflorer ce mystère ?

Dans mon cas, la notoriété n’est pas un problème – vu que je suis tout sauf connue, mais je souhaitais quand même ne pas coller mon vrai nom sur mon profil Facebook. Alors j’ai choisi l’acronyme d’un jeu de mot construit en accolant mes deux noms de famille – de jeune fille et de femme mariée. Le pseudo obtenu s’avère, pour moi, plus original que chacun de mes vrais noms.

Au quotidien, c’est pas toujours facile de jongler avec trois noms : mon nom de jeune fille dans mon adresse mail et au travail (par facilité car je suis rentrée dans l’Education Nationale sous ce nom) ; mon nom d’épouse dans ma vie quotidienne ; mon nom d’écrivain sur internet et quand je fais de la promo pour mon blog.

Les gens qui me connaissent dans la vraie vie font le lien entre ces trois noms. Les autres n’ont pas besoin de connaître le nom de mon mari et de mes enfants.

Je crois qu’écrire sous pseudo, c’est une liberté qui ne nuit à personne.