Une cour de récré est faite pour Jouer !

Une cour de récré est faite pour Jouer

Au mois d’août dernier, en furetant sur internet pour préparer en douceur ma rentrée scolaire, je suis tombée sur ce concept. Des jeux libres pour la cour de récréation… Des objets récupérés en fait, que les enfants peuvent utiliser selon leurs souhaits pour jouer. Le concept peut paraître simple. Mais la réalité, une vraie belle découverte… Imaginez, une cour de récréation dans laquelle les enfants trouvent, rangés dans un coin, des pneus, des bâches, des poussettes ou une chaise roulante. Ils vivent ensuite la liberté d’utiliser ces objets, collaborent, partagent, échangent, fabriquent. De tels projets ont été menés dans différents établissements scolaires, en Angleterre (Scrapstore Playpod), en Belgique (les récrés « Jeu t’aime »), en Espagne et en France (la boîte à jouer). Je vous laisse libre de lire les conclusions de ceux qui ont sauté le pas, mais ce qui en ressort, pour moi, c’est moins d’ennui, moins de disputes, plus d’entraide et de création dans le jeu. Ces cours de récréation deviennent ce qu’elles devraient toutes être, des espaces de liberté et d’expérimentation. Les vidéos en particulier (ici et ) sont édifiantes.

Au-delà des obstacles de tout ordre que ne doit pas manquer de soulever un tel projet, je crois réellement que le gain pour les élèves et les professionnels est à la mesure de la folie du concept… Alors, parents, enseignants, directeurs, directrices, vous les imaginez, ces jeux de récup dans vos écoles (ou les écoles de vos enfants) ?

Les instants avant les premières minutes d’école

Les instants avant les premières minutes d'école

Le moment approche, l’excitation monte. Les cartables pleins de matériel sagement posés dans l’entrée. Tout est neuf, propre, rangé. A aucun autre moment de l’année les affaires de classe ne seront si bien alignées.

Le matin de la rentrée, le réveil nous trouve tous, petits et grands, les yeux vite ouverts et le cœur cognant. Le sourire au bord des lèvres. L’attente et sa légère anxiété. L’impatience de la dernière félicité d’un été paresseux.

Les battements de cœur se font plus forts derrière la porte d’entrée, encore à l’intérieur. La photo d’un cartable sur le dos. Les derniers instants sont les plus intenses. C’est parti.

Ensuite on sautille sur le trottoir. Ça sent la joie. Au premier copain rencontré la bulle d’émotions éclate. Le moment est arrivé. La maîtresse est là, on va se rencontrer, se connaître, vivre les rires l’attachement la difficulté parfois. Au premier échange de regards déjà on est passés de l’autre côté. L’anxiété s’étouffe au pied des minutes écoulées dans cette classe, l’enfant devient élève, l’adulte devient enseignant.

Vous voulez un petit secret ? L’enseignant aussi vit ce vertige avant le saut dans l’inconnu d’une nouvelle classe. Le pincement intérieur, avant de se retrouver à la bonne place dans la bonne sensation.

Demain je vivrai mes instants d’enseignante, mon mari les siens, pendant que nos enfants vivront, loin de nous, leurs instants d’écoliers. Ils auront la main et le sourire de leur nounou du matin pour les emmener faire leurs premiers pas, en petite section pour la petite, au CP de la « grande » école pour le grand… et même séparés nous seront proches dans l’émotion…

En spéciale dédicace aux parents de petites sections, je vous laisse avec cette excellente illustration de Papa Cube. Parce que oui, il va pleurer, et non, ce n’est pas grave. (Et s’il ne pleure pas ? Pas grave non plus.)

Matin école

Allez, il ne me reste plus qu’à souhaiter une bonne rentrée à tous les petits et aux plus grands !

Les cadeaux de fin d’année…

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C’est un billet de l’excellent blog Happynaiss qui m’a inspiré cet article… Il m’a donné envie de partager avec vous mes meilleures idées de cadeau à la maîtresse, ou en tout cas celles qui ont eu le plus de succès. Je zappe volontairement l’option on se met à plusieurs pour faire une cagnotte et on offre un (très) joli cadeau parce que du coup on a le budget pour… option que je valide totalement, d’ailleurs. Seulement, parfois, l’organisation cagnotte ne se fait pas, ne parvient pas à vos oreilles, arrive trop tôt ou trop tard. Bref.

L’an dernier, ma fille quittait sa crèche et je voulais remercier chacune des cinq personnes du lieu pour leur implication, ainsi que la maîtresse de mon fils et sa « tata » qu’il adorait. Sept cadeaux à faire donc avec un budget serré, j’ai opté pour des sacs en tissu (pour faire les courses). Je les ai trouvés chez le géant du meuble suédois, avec différents motifs sur le devant. Pour le « dos » du sac, j’ai transféré un dessin personnalisé, des empreintes de main à la peinture et une phrase de remerciement pour ma fille, des dessins personnalisés avec une phrase copiée en écriture bâton pour mon fils. Du coup chacune s’est retrouvée avec un sac, normal au recto, personnalisé avec un dessin d’enfant au verso. Pour sa maîtresse mon fils a écrit « Merci ma belle maîtresse de cette année avec toi » (trop chou !) avec ce dessin (vous voyez le volcan – appris en classe – et les montagnes de la classe verte…).

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Pour Noël, même dilemme, six personnes à remercier au jardin d’enfants de ma fille, plus la maîtresse de mon fils… J’ai opté pour la matinée aux fourneaux plutôt que l’achat de chocolats et leur ai offert des amandes caramélisées (à tomber, recette ici) et à chacune une couronne de biscuits étoiles.

Vous en voulez encore ? Les idées cadeaux du blog Happynaiss sont supers, très personnalisées, joliment présentées et originales (j’adore en particulier le kit SOS cookie), allez jeter un œil ici !

Et vous, des idées cadeaux ? Partagez, partagez !!

Le plastique c’est pas fantastique

Le plastique c est pas fantastique

Jeudi dernier je me suis réveillée avec cette information : selon une étude du WWF, les cétacés de Méditerranée sont contaminés par les phtalates (ces composés chimiques dangereux qui rentrent dans la composition des plastiques).

Vous le savez peut-être déjà, nos océans abritent 269000 tonnes de plastique.

Au nord de l’océan pacifique, c’est une soupe de plastique qui flotte, jusqu’à 30 mètres de profondeur. Une soupe mêlant de petits fragments et de gros déchets, sur une surface étendue comme six fois la France. A ce sujet vous pouvez lire cet article du Monde sur le 7ème continent de plastique.

Il paraît qu’on a commencé à faire des efforts pour réduire nos déchets plastiques. Déjà on a interdit les sacs plastiques en magasin (j’en parlais ). Enfin pas vraiment, on trouve encore des sacs plastiques – « réutilisables » qu’ils disent. Ensuite, les gobelets et assiettes en plastique devraient être interdits en 2020 pour privilégier le carton…

Mais en attendant, si l’on suit l’estimation selon laquelle 10% du plastique produit chaque année finit dans la mer, ça fait 1000 gobelets par an dans la Méditerranée rien que pour l’école maternelle de mon fils…

Comme les sources se croisent et se confortent, je suis tombée sur cette interview de Beth Terry, une activiste américaine du no plastic. Selon elle, le plastique biodégradable est problématique car sa composition est souvent obscure. Quant au recyclage, quand il est possible il reste cher, coûteux en énergie et même polluant… Reste la possibilité de réduire notre consommation de plastique. Vous voulez vous y mettre ? Voici les 100 premières étapes – en anglais – de Beth Terry.

(Moi je vais ressortir la partie anglaise de mon cerveau pour les lire… et puis je vous tiens au courant !)

Le hand spinner ou quand la fulgurance d’une mode file le tournis

Le hand spinner

Il y a trois semaines, je ne connaissais pas cet objet. Vous non plus j’en suis sûre.

Et puis j’ai vu l’une de mes élèves jouer avec à la récré et les autres tourner autour.

Mon mari m’a demandé si mes élèves en amenaient à l’école.

Quelques jours sont passés, désormais à mon travail chaque jeune possède le sien.

J’ai même du édicter une nouvelle règle qui pourrait se résumer en « Spinner sorti en classe, spinner dans ma besace ».

A la sortie de l’école, chez les « grands » d’élémentaire, des spinners tournent au bout de chaque petite main.

Et maintenant, mon fils.

Pour l’instant, je le trouve amusant ce petit jouet tournant.

 

Il suscite tout de même une question chez moi, une question d’instits, récurrente. Comment se fait-il que d’un bout à l’autre de la France les mêmes jeux envahissent les cours de récré au même moment ? Alors que des dizaines de jeux différents sont disponibles en magasin… Et à une vitesse telle qu’on ne peut pas croire à une expansion « de bouche à oreille ». (D’autant que dans le cas du hand spinner, selon certaines sources, la demande a précédé l’offre. Une petite histoire de cette « toupie à main » ici.)

 

A votre avis, combien de temps durera cette mode ? On lance les paris ?

Vies d’ordures, l’exposition incontournable du Mucem

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Cette grande exposition très complète nous permet de réfléchir à nos modes de vie, et en particulier à notre énorme production de déchets.

En cheminant, on observe tour à tour le débordement de déchets sur notre planète, ce que la modernité nous a apporté en terme de surconsommation d’objets en plastique jetables, et puis tous ces gestes de gestion de ces déchets qu’on oublie volontiers au quotidien : ramasser, transporter, stocker, trier, recycler…

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C’est une exposition nécessaire, dont on ressort à la fois écrasés par l’immensité de la tâche à accomplir, et la tête pleine d’images pour nous aider à nous améliorer. Car le changement vient aussi de chacun d’entre nous.

Je crois que faire cette expo en famille, c’est un acte d’éducation incontournable au 21ème siècle… Allez, amis marseillais (ou pas), vous avez jusqu’au 14 août pour vous y rendre !

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D’ailleurs, pour aller au bout de la logique, je compte bien recycler cette expo auprès de mes élèves…

Et promis, je vais me remettre la tête dans la réduction de déchets, et je reviens très bientôt pour vous parler « Zéro déchet » (ou presque).

 

La juge et le président

la-politique-en-2017-fait-irremediablement-partie-du-paysage-quotidien

Je me suis tellement retenue de parler de politique sur internet ces temps-ci, que j’en ai presque des fourmis au bout des doigts… De temps en temps, je craque et clique sur le bouton partager de Facebook. Instantanément, c’est un article avec tout son cortège d’interprétations et de commentaires qui déboule sur mon « mur ».

Et j’ai la très nette sensation que la moindre de mes prises de positions est comme une pancarte fluo qui décrypte mes opinions politiques. J’en suis gênée. Pourtant je n’ai pas honte de mon vote. Mais internet, c’est tellement le domaine public que la discrétion d’un vote qui se veut personnel ne peut que se disloquer à son contact.

Dans le même temps l’affaire Fillon (pour ne pas faire semblant de ne pas parler de cela) s’impose tant dans l’actualité, et dans ma manière de penser l’élection qui se profile, que j’ai le plus grand mal à retenir ma langue. Dans le privé et à l’oral, je me lâche – et je saoule mon homme avec mes analyses politico critiques. La politique, en 2017, fait irrémédiablement partie du paysage quotidien.

Par contre, à mon travail, face à mes élèves, neutralité obligatoire.

A la question – très surprenante au demeurant – « pour qui vous avez voté madame ? », je réponds sans ciller « Je n’ai pas le droit de vous le dire. »

Mais (un très grand «mais», à l’origine de cet article) je me questionne. Pour le spectacle type comédie musicale en cours de préparation à l’IME, l’histoire s’est construite, petit à petit, en partant de nos premières chansons. Une troupe de pirates, un voyage en bateau («Santiaaano»)… Pour justifier «La Marseillaise», on a collé un Président de la République – un clin d’œil à l’année électorale pensais-je. Et pour que le président suive les pirates dans leur bateau, on a imaginé une juge qui déboulerait en lui criant : « Je vais te mettre en prison ! ». (Alors, le président fait deux trois tours de piste, saute dans le bateau ; et la juge saute dans sa bouée canard pour courir derrière le bateau…)

Comble de la coïncidence, on a conçu ce délire bien avant l’affaire Fillon. En même temps, ce n’est pas comme si M. Fillon était le seul présidentiable – ou présidentié – à avoir concentré l’intérêt des juges. (Lorsque j’ai entendu, hier sur France Inter, un journaliste danois affirmer qu’ils étaient « habitués », de chez eux, à voir les hommes politiques français empêtrés dans des affaires judiciaires, j’ai frémi d’une si glaçante vérité.)

Notre histoire de juge et de président, alors, vous trouvez que c’est une blague potache à prendre au second degré, ou une entorse à notre devoir de neutralité ?

Je suis la galette, la galette

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Je suis faite avec le blé, ramassé dans le grenier, on m’a mise à refroidir, mais j’ai mieux aimé courir !

Si vous avez des enfants en âge d’aller à l’école, vous n’avez pas pu passer à côté du célèbre album Roule Galette – enfin, c’est surtout eux qui n’ont pas pu passer à côté ! Une histoire à la structure répétitive dans lequel la galette prend la poudre d’escampette et rencontre tour à tour un lapin, un loup, un ours et un renard. Tous veulent la manger mais seul le rusé renard y parvient…

Je ne m’appesantirai pas sur la lecture archaïque que je fais de cet album. Le vieux assis sur son confortable fauteuil de patriarche demande à la vieille de lui faire une galette. Et la vieille ne lui répond pas «Tu n’as qu’à te la faire toi même ta galette !». Non, elle s’exécute. Sur les conseils du vieux, elle monte au grenier et balaie le plancher pour récupérer du blé pour faire la galette (Beurk ! Crado la galette à la poussière de grenier !). Le tout avec le sourire bien sûr. Quand elle a fini : Et voilà la galette cuite. « Elle est trop chaude ! crie le vieux. Il faut la mettre à refroidir ! » Et en plus il crie ! Non mais il se prend pour qui ce goujat. Si c’était moi je… (censuré)… D’accord je me suis un peu appesanti, mais c’est vrai qu’à chaque fois que je leur lis cette histoire, je ne peux pas m’empêcher de la trouver pas très vingt-et-unième siècle !

Revenons à notre galette qui roule, roule. L’autre jour mon fiston – cinq ans et demi – me demande : «Maman ? Est ce que ça existe en vrai la galette à l’escampette ?

– La galette à quoi ?

– Ben oui, si on met de la poudre d’escampette dans la galette ! »

C’est peut être pour ça qu’elle roule, cette galette, si l’on remplace la poudre d’amande par la poudre d’escampette, forcément…

Enfin, je n’ai pas résisté à la tentation d’aller voir sur internet d’où vient vraiment cette expression. Si ça vous intéresse, c’est .

Une coquille dans les vœux de fin d’année

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Oui, vous lisez bien. La Marie – au lieu de la Mairie – nous souhaite de Joyeuses fêtes. Ce papier a été distribué, pour de vrai, à l’école, à tous les maternelles et élémentaires du secteur – ceux-là mêmes qui perdent ou perdront un point par erreur dans leurs dictées… Si la mairie n’a pas pris la peine de corriger, peut-être est-ce parce qu’ils présumaient, à juste titre, que leur tract serait jeté directement à la poubelle par la grande majorité des parents ? Ou qu’ils n’ont pas relu ? Ou qu’ils ont tenté un trait d’humour décalé ! Peut être que l’an prochain on aura un ^^ en signature ou un #jekiffemamairiedesecteur…

Là où c’est moins drôle, c’est que ce superbe message accompagne un sac plein de mauvais chocolats et de bonbons chimiques…

L’école n’est-elle pas le lieu où l’on apprend aussi à respecter l’équilibre alimentaire ?

Faudra-t-il, à l’avenir, apprendre à nos enfants à refuser les cadeaux des politiques en quête d’électeurs ? “Mais maman c’est le vrai père Noël qui nous l’a donné !”

Bon, je ne vous parle même pas du cadeau en plastique, probablement fabriqué par des enfants de l’autre bout du monde, et on ne peut plus genré (un camion de pompier pour les garçons et une poupée sirène aux cheveux roses pour les filles)…

Mais bon, c’est Noël, ne faisons pas de mauvais esprit. Et tous ensemble disons merci à la Marie… et à la Sabine…

« C’est dans combien de dodos le week-end ? »

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Les semaines se suivent et se ressemblent, mais pour mes enfants tout est incompréhensible.

«Demain tu ne vas pas à l’école.

– Je vais à la Ludigym ?

– Non la Ludigym c’est le mercredi, là demain c’est samedi, c’est pas le jour de la Ludigym.»

Je vous laisse imaginer le regard perplexe de ma fille, deux ans et demi.

Mon fils, cinq ans, maîtrise peu à peu son temps. « Aujourd’hui c’était une moitié de journée d’école (le mercredi) ». Mais il a encore besoin de demander, chaque jour : « Tu me racontes la journée de demain ? »

Et puis le vocabulaire temporel reste un peu hasardeux :

« Tu te rappelles quand on a joué à ce jeu, l’année dernière (hier !) ? »

Alors, oui, le repérage dans le temps, c’est un apprentissage au long cours – j’en avais d’ailleurs fait le sujet de mon mémoire de spécialisation tant cela posait de problèmes à mes élèves…

Ce week-end, j’ai décidé de fabriquer une aide précieuse à mes deux loustics pour qu’ils comprennent mieux le temps : un planning de leur semaine. Mon grand a collé ses images – école, maison, cantine, gym – et des mini photos de papa et maman selon qui vient le chercher à l’école. Ensuite chaque planning a été collé sur du papier cartonné et plastifié pour tenir dans le temps…

Si vous êtes intéressé, les documents clés en main sont ici (ne restera qu’à rajouter vos bouilles) : planning-semaine-enfants

Et vous pouvez partager toutes vos astuces d’aide au repérage dans le temps en commentaire…