Bonne année !

Bonne année

Mon premier article de 2018 sera, comme il se doit (ou pas !), un article de vœux. Je suis pourtant loin de suivre, pour moi-même, cette obsession du texto ou du coup de fil de bonne année. Je crois que l’essentiel est ailleurs, même si les vœux emplissent à leur façon notre besoin d’être ensemble, d’être pareils et d’échanger…

Je vous souhaite, alors, une année 2018 à l’unisson de vos souhaits, de vos espoirs et même de vos rêves…

Ici, la sérénité joyeuse dans laquelle a été créé ce bonhomme de neige s’inscrira je l’espère dans notre mélodie familiale de 2018. Et si je continuerai, bien sûr, à écrire sur ce blog, le ralentissement de rythme influera encore sur mes moments de présence et d’absence, comme une vague à l’équilibre délicat entre ma famille, moi-même, mon travail et l’écriture, sans oublier mon unique (très) bonne résolution dont je vous parlerai je l’espère un de ces jours de 2018…

Souvent, ralentir…

Souvent ralentir

Souvent je lâche le rythme effréné. Je deviens soudain moins hyperactive. Je zappe le rythme de publication du blog. Je revois mes priorités en fonction de mon énergie disponible, des obligations professionnelles ou de la météo.

S’il fait froid je ne souhaite que me blottir devant ma cheminée imaginaire, sous un plaid, les pieds au chaud. Déjà le sapin clignote dans un coin du salon. J’ai ressorti les gants et même les bonnets.

Je veux du temps vide, j’en ai besoin, alors je renonce. Je renonce pour l’heure au moins à certains projets… Les heures perdues de ma vie, je veux d’abord les perdre. Regarder mes enfants qui jouent. Jouer avec eux. Offrir les minutes qui restent, perdues, aux mots plutôt qu’aux images.

Poursuivre au fil des inspirations les rendez-vous illustrés du blog. Et puis surtout, creuser jusqu’au bout de la matière mes chantiers d’écriture.

Souvent je change de rythme, ici et ailleurs. Ralentir c’est encore plus… vivre.

Autoportrait

Les mots...

Les mots…

Je regarde vivre les gens. Qui marchent. Qui courent. Qui trépignent ou jacassent. Je les écoute. Je voudrais vivre mes journées à la terrasse d’un bar. Un bar qui ressemblerait à un bistrot parisien. Avec des chaises rouges et des tables rondes. De ma terrasse je regarderais les gens. Ils seraient indifférents à mon regard dans la vibration de leurs vies. Quand je quitte ma terrasse je marche en ville. Je déroule ma carcasse le long des trottoirs assiégés. Je dormirais bien les volets jamais fermés, chaque nuit. Quand j’avais vingt ans je pensais que toute la joie de ma vie était là. A trente ans j’aurais brûlé mes vingt ans insignifiants devant la plénitude trentenaire. Vivrai-je une crise à quarante ans ? J’ai appris à aimer les légumes. A les cuisiner aussi, c’est peut-être pour ça. Merci à eux, mon mari et mes gosses, d’exister pour me faire cuisiner. Pour moi-même la plupart des soirs je ne pourrais même pas me faire cuire des pâtes. J’aime les voisins qui font du bruit. Ça me libère de mon propre bruit. Et ça me permet de les espionner. A l’oreille. J’aime bien deviner les histoires d’intimité des gens (si c’est crasseux c’est mieux mais même trop sage ça passe). Si j’avais une grande maison d’écrivain, je m’ennuierais et j’aurais froid. J’aime avoir chaud l’hiver. Pousser le chauffage mettre des cols roulés moches et des chaussures montantes pour aller travailler. Et une veste en polaire ou un blouson de ski. Parfois j’ai un peu honte mais j’aime quand même. Je ne peux pas écrire tranquillement si j’ai froid aux pieds.

 

Un petit texte d’atelier d’écriture inspiré d’Edouard Levé (« Autoportrait ») avec pour contrainte de terminer par « Je ne peux pas écrire tranquillement si… » (la phrase d’Edouard Levé étant « Je ne peux pas écrire tranquillement s’il n’y a rien à manger dans mon frigidaire. »).

C’est ma peau tu comprends…

C'est ma peau tu comprends

C’est ma peau tu comprends, elle veut écrire aussi.

Elle veut des lettres incrustées.

Elle veut des mots arabesques.

Elle veut des points, des volutes.

C’est ma peau tu comprends, elle veut se dire aussi.

Elle veut se dessiner des morceaux de musique, faire dans le lyrique.

Elle veut se noircir, se colorer, elle veut crier.

C’est ma peau tu comprends, elle veut me voir souffrir.

Souffrir avant de sourire.

C’est ma peau tu comprends, elle veut son mot à dire.

Je ne sais pas si je peux la laisser se couvrir de rires.

Avant les rides.

 

 

Texte d’atelier d’écriture sur le thème de l’autoportrait à partir de l’incitation d’écriture «C’est ma peau tu comprends, elle…».

ECRIRE

Aujourd’hui vous aurez deux textes en un… les productions de mon tout premier atelier d’écriture (lui, ). Enfin j’ai sauté le pas de l’atelier, pour moi une incitation lumineuse à continuer, à persister…

 

Le rituel

Ecrire 1

Tu fermes les yeux une seconde. Ou deux. Ou trois. Tu contemples le blanc brillant de la page. Tu baisses le menton vers ta poitrine, prends une inspiration. La blancheur vibre. Elle semble résonner. Tu effleures le clavier de ton ordinateur. Tu chasses la poussière ? Tu le caresses plutôt. Encore. Encore. Une obsession sous le grain de tes doigts. Parfois tes mains s’élèvent juste au dessus des touches. Tes doigts se frottent les uns contre les autres. Encore un époussetage. Que pensera celui qui te verra accomplir cette danse des mains devant ton traitement de texte encore vide ? Tes pensées prennent le relai. Tu te trouves ridicule.

Tu le sais bien, pourtant, qu’il te faut juste écrire. Jeter les mots. Les envoyer comme des projectiles. Alors ils s’enchaîneront les uns aux autres et l’écran se remplira. La lecture de tes mots sera une autre épreuve. Une autre souffrance. Un combat que tu perdras peut-être. Plus tard.

Maintenant, tes doigts martèlent le clavier de ton portable en saccades de mots. Le cliquettement ininterrompu te berce, t’enivre…

Soudain le silence. Vide. Tes doigts battent l’air en silence. Ils montent sur tes tempes. Se frottent les uns contre les autres. Caressent la frontière de ta lèvre inférieure. Tu entends la voix de ta tête dans le vide qui t’entoure. Tu changes de position peut-être. Tu étends ou replies tes jambes. Tu passes du canapé à la table. Tu te sers un thé. Tu joues avec la mollette à faire défiler ton pauvre texte. Puis… Tu fermes les yeux une seconde.

 

 

Le Pourquoi de l’Ecrire

Ecrire 2

Quand je ferme les yeux j’entends la mer, le souffle de son ressac lent sur une plage déserte, son calme, son bruit de respiration silencieuse, son chemin qui repart et revient à l’infini. Elle est inexorable, inexprimable, inventive, intérieure, infinie, comme l’écriture, elle est, elle existe, elle se contente d’être à la vie.

Ecrire ce n’est pas raconter, ce n’est pas raisonner, ce n’est pas faire des phrases, c’est lutter avec les moyens du bord. Ecrire, c’est vivre, plutôt, même si vivre c’est peut-être lutter, c’est peut-être danser, c’est peut-être chanter. Ecrire c’est inqualifiable et inévitable. Ecrire c’est vivre, c’est se remplir de mots pour dire le plein ou le vide de sa vie. Ecrire c’est penser, réfléchir, naviguer, cheminer, voyager. Ecrire c’est être, être soi, être à soi, être même à soi-même. Alors pourquoi écrire ? Parce que.

 

 

Pour ce second texte, l’incitation d’écriture était d’insérer la citation choisie par notre voisin de gauche (en italique dans mon texte, il s’agit d’une citation de Daniel Pennac tirée de la préface de l’Affreuse, d’Ariel Crozon).

Et bien sûr, ce texte dialogue avec celui-là : Ecrire c’est vivre.

Marseille aussi

136 Fort St Jean

Je ne supporte pas les oiseaux de mauvaise augure. Aussi j’évite autant que possible d’en être un moi-même. Alors je le disais peu. Mais je savais. Que cela arriverait. Ici. Dans ma ville. Lumineuse, insouciante, virevoltante.

L’anticipation n’a pas rendu le choc plus doux.

J’ai pensé ne pas publier l’article sur les parents bienveillants hier. Puis j’ai songé qu’être parent c’est aussi passer outre la terreur dans le quotidien. Le lendemain du Bataclan nous allions au théâtre en famille et j’écrivais cet article : « Pleurer, aimer, continuer ». Aujourd’hui encore, l’écriture me libère et je sais que si la joie est éteinte aujourd’hui elle renaîtra demain. Sous leur haine nos vies trépigneront toujours…

Mon roman est fini. Fini.

Marypol

La sensation reste étrange. Au dernier mot posé, j’ai balancé mon euphorie sur facebook. Puis j’ai fignolé. Une relecture, quelques corrections et une rentrée scolaire plus tard, il est toujours à la même place dans mon salon. Il patiente.

Il est fini fini ; bientôt il sera parti parti, dans le monde. (Vous ne comprenez pas pourquoi je double les mots fini et parti ? Vous avez peut-être loupé l’article sur le « partie partie » de ma fille) …

Bon, sans blague, il est temps de couper le cordon.

Vous voulez le lire ? Peut-être en savoir un peu plus avant…

Papa où t’es est un roman racontant, sans complaisance, le passage que constitue la mort de ses parents, une expérience universelle à travers une histoire singulière. La perte du père ici s’accompagne d’un mystère sur fond d’argent et de sexe. La recherche de la vérité ne donne pas lieu à une enquête, mais à une exploration imaginaire… Dans sa forme, ce roman se construit autour d’une alternance de récits réalistes à la première personne du singulier et de courtes fictions reprenant des éléments de la réalité. Cette œuvre, comme nombre de mes autres créations, interroge alors les rapports entre l’imagination et le réel… Encore quelques lignes de présentation.

Vous qui lisez ces mots, que pensez-vous trouver ?

Le réel dans la fiction ou la fiction dans le réel ?

Le deuil de nos parents est un passage, universel. Suivez le chemin dans le brouillard, là où la réalité et la vérité se confondent avec l’imagination et la création.

Les prénoms inventés (n’y a-t-il pas écrit « roman » sur la couverture ?), le réel camouflé, la vérité est telle la réponse aux énigmes laissées par mon père, elle nous glisse entre les doigts. Ma solution, c’est la fiction.

Vous voulez toujours le lire ? Un simple mail à mamandeplume@gmail.com et je vous l’envoie en format pdf. (Et vous serez libre de me faire un retour, si vous voulez, quand vous voulez.)

(Pour comprendre le lien entre le roman et la photo… il faudra lire.)

Pause estivale

Pause estivale

L’été est là. Les vacances toutes proches. Les soirées, les barbecues, les glaces, le sable, les lunettes de soleil.

Je vais éteindre mon ordinateur, m’éloigner de ma connexion internet, oublier Facebook et les statistiques de mon blog.

Je vais jouer avec mes enfants, sourire à mon mari, partir sur les routes.

Je vais lire dans mon lit le soir, parfois à la frontale sous la toile du combi.

Je vais écrire, un peu beaucoup passionnément, prendre le temps de poser mes idées en mots sans les publier tout de suite sur internet.

Je vais prendre des centaines de photos.

 

Et puis dans seulement quelques semaines ce sera l’heure de la rentrée. L’énergie reviendra avec le renouveau et des projets tout neufs (re)prendront forme…

Ma vie professionnelle sera chamboulée, un nouveau poste dans un autre lieu et davantage de travail.

J’espère pouvoir écrire régulièrement pour le site internet d’une association marseillaise et y aborder des thèmes qui me tiennent à cœur – maternité parentalité allaitement famille…

Il y aura peut-être une exposition de photographies à l’automne.

Je présenterai – si tout va bien – de nouveaux tableaux dans un restaurant marseillais en décembre ou en février.

 

En attendant, je vous souhaite un bel été, joyeux, léger et ressourçant. Et de pouvoir suivre jusqu’au bout vos envies pour maintenant et pour ensuite…

Ecrivain, en 2017 ?

Ecrivain, en 2017

Ecrivain, quel mot !

Mais je vous l’avais promis et le voilà, l’article où je reviens sur mon premier salon du livre… J’y évoquerai aussi – brièvement – les maisons d’édition et la rémunération des auteurs…

J’avoue que depuis que je suis en âge de me croire capable d’écrire un livre en entier, je considère le métier d’écrivain avec une naïveté poétique. Je trimballe dans mon imaginaire des représentations surannées, l’écrivain attablé à son bureau ou à la table de sa salle à manger, l’écrivain cherchant l’inspiration en déambulant dans des paysages de bord de mer, l’écrivain plongé dans les intrigues de ses personnages tard dans la nuit. Toujours solitaire, toujours frappé de la grâce de l’artiste, un génie en quelque sorte, dont les mots sont suffisamment forts et profonds pour qu’il puisse vivre de son art… D’ailleurs il est des lieux que j’associe irrésistiblement au métier d’écrivain. La maison de la photo est de ceux-là, une demeure d’écrivain dans mon imaginaire… Elle est à la mesure de l’immensité que je place dans l’Ecrivain. Rien que le mot est gigantesque. En ce qui me concerne, j’ai beau écrire depuis des mois voire des années, j’ai le plus grand mal à me qualifier d’écrivain. Quel grand mot pour le peu que je fais des mots. Si j’arrive un jour au bout d’un roman, alors peut-être je serai plus que «juste quelqu’un qui écrit un peu»…

Mais revenons à la réalité, bien moins romantique vous vous en doutez.

Il y a presque trois semaines, je me suis rendue à un « salon du livre » à Trets (petite ville à trois-quart d’heure de Marseille). J’en parlais et je promettais d’y revenir dans un article.

Ce dimanche matin là, donc, assez tôt – trop tôt pour un dimanche matin – j’ai pris ma voiture, vérifié l’adresse sur mon smartphone, programmé le GPS, et je suis partie comme on part à l’aventure. De cette journée, je n’attendais rien d’autre que les rencontres que je pourrais y faire. J’allais représenter un livre collectif auquel j’avais participé (Les femmes nous parlent), et pour lequel les droits d’auteurs sont reversés à des associations de défense des femmes. Aucun enjeu financier, donc. Aucun enjeu d’orgueil non plus. Juste une journée pour discuter avec d’autres auteurs, rencontrer un éditeur en vrai, parler de mon blog éventuellement…

Quand je suis arrivée à Trets, le centre-ville était bouclé pour cause de fête de printemps. Premier obstacle. Le GPS recalcule et je poursuis ma route. Au deuxième virage, je me retrouve sur une route de terre, les trottoirs impraticables, de gros travaux en cours. Un instant je me demande où je suis. En bonne marseillaise j’ai déjà une sensation de ruralité extrême dès que je sors de ma ville, alors quand les rues d’un « centre-ville » n’ont plus de goudron, tous mes repères se trouvent presque anéantis… Lorsque mon GPS m’annonce que je ne suis plus qu’à 600 mètres de mon point d’arrivée, en bonne marseillaise, je me gare à la première belle place venue. (Mais vous allez voir, le réflexe « il y a une place je me gare et je finis à pied », si c’est redoutablement efficace à Marseille, ça l’est beaucoup moins à Trets.)

Je descends de ma voiture. Il est 9h10. Je suis attendue à 9h30. Autour de moi, une zone pavillonnaire où de petites maisons s’égrènent en face d’une paire de terrains de basket. Dans la rue, pas un chat. Il fait froid – comme d’ordinaire on perd presque dix degrés en sortant de la pollution urbaine. Je perçois un reste de brume matinale à la cime des arbres et dans les bosquets des jardins. Smartphone en main, j’avance vers mon but. Un peu plus loin dans la rue une femme suivie d’un homme traîne une valise à roulettes. Je songe que la valise est peut-être pleine de livres… Au croisement suivant, ils ont disparus. D’après mon téléphone, ma cible est là, au milieu du chemin de terre en face de moi. Improbable, même pour un salon du livre à Trets ! Je suis dans la bonne rue, mais la vérité est ailleurs, plus loin. Dois-je prendre à gauche ou à droite ? Je choisis au hasard le côté qui semble se rapprocher du centre, selon le plan partiel dont je dispose il y a une école et une crèche à côté de la salle où se déroule le salon. Seule, j’avance en scrutant les panneaux. A nouveau, je doute, comme tout à l’heure en conduisant sur la terre nue. Mais qu’est ce que je fais là ?

Finalement je trouve la place, le parking puis la salle. A l’intérieur, ça s’installe, ça papote, ça se retrouve. J’entre et mes yeux dessinent des cercles autour de moi. Une personne vient me parler. Un organisateur. Ouf. Il me montre « mon éditeur », je me présente. « C’est ton premier salon ? »

Plus tard dans la journée nous rirons de la crainte dans mes yeux à ce moment là…

Les minutes du début s’étalent et les présentations aussi. Je les regarde s’installer. Ouvrir leurs valises pleines de livres et installer minutieusement leur « stand ». Je sors juste mes cartes de visites et un stylo (pour les « dédicaces », rires).

A ma droite, elle défend son premier roman « Pauline et le hussard ». A ma gauche, elle a déjà plusieurs livres à son actif, un petit livre de citations, plusieurs ouvrages de littérature de jeunesse, et le recueil collectif de nouvelles Les femmes nous parlent. De l’auto-édition et de l’édition classique, parmi lesquelles une petite maison d’édition qui a fermé (et donc un livre à faire rééditer)… Jacques, qui porte les éditions Phénix d’Azur, a les yeux qui pétillent quand il parle des livres, ceux qu’il montre et ceux à venir. Une vraie belle personnalité bien éloignée de l’image que je me faisais de l’éditeur. Pourtant, c’est une triste réalité, loin des gros blogbusters de l’édition et leurs bureaux au sol jonché de manuscrits, les petites maisons d’édition à taille humaine peinent à survivre. Si vous voulez aider Phénix d’Azur éditions qui s’engage – entre autre – pour l’égalité hommes femmes, je vous invite à aller faire un tour sur la campagne de financement Ulule avant le 27 avril…

Revenons à notre salon. La journée démarre et les visiteurs sont rares. Une conjecture d’éléments explique peut-être la faible fréquentation, la pluie, le changement de lieu par rapport aux années précédentes, la communication incomplète (les banderolles qui devaient être affichées en ville sont restées roulées à la mairie faute de personnel municipal disponible le vendredi après-midi pour les poser). Pour moi, c’est l’absence d’animation sur le lieu du salon qui pose problème. Qui vient volontairement se faire signer des livres que personne ne connaît par des auteurs que personne ne connaît ?

Malgré l’absence de public, pourtant, je n’ai pas ressenti l’ennui. J’ai discuté, beaucoup, un peu surfé et lu sur mon portable, et surtout, je suis rentrée chez moi avec l’envie de reprendre le travail sur mon roman – bon par contre je n’ai toujours pas gagné d’heures supplémentaires sur mes journées pour m’y remettre…

Ma voisine de gauche s’étonnait, le matin, que j’ai pu venir passer une journée à poireauter dans un salon sans la perspective du moindre euro dans ma poche. Mais la journée avançant, j’ai finalement apprécié d’être venue sans me faire la moindre illusion. Parce que clairement on est nombreux à avoir fait du bénévolat ce jour là !

D’ailleurs, à ceux qui pensent ou disent « ah oui, tu as écrit un livre, ça va, tranquille, tout va bien pour toi ! » (petite anecdote de ma voisine de droite), sachez que la rémunération d’un auteur, c’est environ un euro par livre vendu… Trois euros s’il vend en direct et qu’il récupère la marge libraire. Pas de quoi faire des folies quand dans un salon comme celui de mon «baptême» on vend sur la journée un, deux ou trois livres (voire zéro) !

Une de mes collègues de ce jour m’a raconté ce mot d’auteur : «  Si tu veux travailler sur ton ego, tu te places dans un salon du livre juste à côté de Marc Lévy ». Pour moi, participer à un salon du livre où l’on trouve Marc Lévy serait déjà une belle avancée…

D’autant plus qu’avec la perspective d’augmenter mes heures de travail l’an prochain, je suis en train de revoir mes priorités. Je continuerai à peindre, à avancer sur mes projets d’albums jeunesse, et à publier sur mon blog. Mais poursuivre mon roman, je ne sais pas si j’y parviendrai.

En même temps, si mon but c’est d’écrire pour être un peu lue… j’ai mon blog. Direct, gratuit, bloguer c’est échanger avec le monde entier. Alors pour moi, écrire en 2017, c’est peut-être juste le faire ici… Affaire à suivre.