La Famille Zen, une jeune association marseillaise à découvrir

Banderolle Famille zen

Vous l’avez peut-être ressenti à travers le rythme de publication ralenti des derniers jours… En ce moment, il m’est difficile de trouver du temps. Mes listes de choses à faire s’allongent et mes journées s’écourtent. Je suis plongée dans les préparatifs de mon exposition qui démarre dans deux semaines et j’avoue avoir du mal à me poser pour respirer, réfléchir, ou écrire… Pourtant dans cet ouragan d’activités se superposant les unes aux autres, j’ai vécu aujourd’hui une parenthèse de rencontre et d’écoute. Je suis allée, en famille, à un pique-nique organisé par la toute jeune association marseillaise La Famille Zen, qui entend reprendre les activités du Zèbre Zen aujourd’hui disparu. Pour l’instant les deux super mamans qui tiennent cette association organisent environ une fois par mois des rencontres avec les familles (papas et enfants archi bienvenus) pour échanger sur la parentalité. Ainsi, aujourd’hui, nous avons causé éducation bienveillante et phases d’opposition. Nous avons partagé nos astuces pour gérer les crises de nerfs de nos minots sans taper ni crier. C’était doux, vrai, chaleureux, un moment d’échange sans jugement, un moment où l’on se sent compris et capable d’évoluer. Même mon homme – qui n’a pourtant jamais trop voulu m’accompagner aux réunions allaitement où j’allais aussi chercher ces instants de partage bienveillant – a apprécié le pique-nique. Et moi, qui ai été une grande consommatrice de réunions d’allaitement quand j’en avais le temps et l’occasion, j’ai retrouvé avec bonheur cette ambiance feutrée et ressourçante.

Alors merci La Famille Zen, de proposer ces temps hors du temps. Si vous n’avez pas encore cliqué sur le lien plus haut, la page Facebook de La Famille Zen c’est . Et si vous avez envie de vous investir… vous savez bien que les plus belles choses se construisent à plusieurs. J’essaie d’enrôler, mais pour être honnête avec vous, mon investissement pour l’instant s’est limité à la création de leur logo, et à cet article. Promis je vais réfléchir à ce que je pourrais proposer, et à comment trouver le temps pour cela. Je termine en parlant du temps qui manque, et la boucle et bouclée…

Je vous souhaite de profiter de ce week-end prolongé.

Vies d’ordures, l’exposition incontournable du Mucem

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Cette grande exposition très complète nous permet de réfléchir à nos modes de vie, et en particulier à notre énorme production de déchets.

En cheminant, on observe tour à tour le débordement de déchets sur notre planète, ce que la modernité nous a apporté en terme de surconsommation d’objets en plastique jetables, et puis tous ces gestes de gestion de ces déchets qu’on oublie volontiers au quotidien : ramasser, transporter, stocker, trier, recycler…

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C’est une exposition nécessaire, dont on ressort à la fois écrasés par l’immensité de la tâche à accomplir, et la tête pleine d’images pour nous aider à nous améliorer. Car le changement vient aussi de chacun d’entre nous.

Je crois que faire cette expo en famille, c’est un acte d’éducation incontournable au 21ème siècle… Allez, amis marseillais (ou pas), vous avez jusqu’au 14 août pour vous y rendre !

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D’ailleurs, pour aller au bout de la logique, je compte bien recycler cette expo auprès de mes élèves…

Et promis, je vais me remettre la tête dans la réduction de déchets, et je reviens très bientôt pour vous parler « Zéro déchet » (ou presque).

 

Des bouteilles à la mer du web

Des bouteilles à la mer du web

Une lecture déjà « vieille » (vingt jours, une éternité sur internet !) m’a inspiré cet article. Allez donc faire un tour sur le très joli blog Happynaiss qui parle maternage et bienveillance avec légèreté (si si, je vous assure, c’est possible !), vous découvrirez, dans cet article en particulier, des mots terriblement vrais pour parler de l’exemple que l’on donne à nos enfants.

Pour les parents, pour les adultes, pour les humains que nous sommes, ces mots comme des bouteilles accrochées à notre mémoire feront peut-être leur œuvre…

Pu… rée !

107 Pu... rée !

Aujourd’hui je vous livre des morceaux choisis des mots de mes enfants sur le thème des gros mots…

Mon fils, cinq ans, il y a quelques mois : « Il faut pas le dire hein maman, le vilain mot, tu sais, le mot qui commences par pu et qui finit par tain ? »

Nous habitons Marseille, et ce vilain mot là, il reste assez présent, presqu’un signe de ponctuation comme diraient certains… Un jour, ma fille m’a même affirmé, toute fière d’elle du haut de ses deux ans et demi : « Quand je sera grande je dira pu**** ! ». (Sur le coup, j’ai changé de tête – et maintenant j’en rigole.)

Alors on a trouvé des substituts, devenus presqu’autant savoureux que l’original.

Ma fille, trois ans, tout récemment : « Il faut dire purée ou punaise et pas l’autre mot ! » Et son frère de répondre : « On peut dire crotte-zut-flute aussi ! »

J’avoue, « crotte zut flute », ça va rester…

Et chez vous, on en rit ou pas ?

Des mots-défouloirs à partager ?

Routine matinale version 2

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C’est comme Georges Sand…

Ce matin là, au moment fatidique de mettre leurs chaussures, ils se houspillent et le ton commence à monter. «Non c’est moi le père Noël !» affirme la petite à son frère, qui essaie de lui expliquer : «Tu ne peux pas être le père Noël, tu es la mère Noël et c’est moi le père Noël.» Mais la petite sœur répond du tac au tac : «Non, c’est toi la mère Noël et moi je suis le père Noël.» Mon fils argumente. Le père Noël est un garçon, la fille c’est la mère Noël… Alors j’interviens. Peut être qu’en fait, le père Noël est une fille. Mais qu’elle fait semblant d’être un garçon, parce que la vie est toujours plus facile pour les garçons (message non subliminal numéro 1).

J’enchaîne. «C’est comme Georges Sand.» Et je leur conte, avec des mots simples, l’histoire de cette femme qui faisait semblant d’être un homme pour écrire des livres…

Croyez-le ou non, non seulement ils ont arrêté là leur bataille d’ego, mais en plus mon fils a retenu mon histoire. Le soir quand j’ai prononcé le nom de Georges Sand il s’est écrié : «C’est la dame qui écrivait des livres, avant, quand c’était les garçons qui écrivaient les livres, alors elle faisait semblant d’être un garçon.»

Et moi, j’ai trouvé une autre façon d’égayer le quotidien, faire des liens complètement loufoques en prenant comme point de départ leurs réflexions d’enfants…

Routine matinale version 1

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La musique adoucit les moeurs

Ce matin là, ça partait mal… Les premières phrases de ma fille avaient été : «Non pas maman.» «Moi je t’aime pas. » «Tu es une vilaine maman.»

Ça aurait pu finir dans les cris, comme .

Le petit déjeuner entamé dans la tension, je commençais à me sentir dépassée. Lorsque je me suis entendue leur dire que leur père pouvait les déposer à l’école à 7h si je ne leur convenais pas le matin, j’ai pris une autre bifurcation.

« Je mets de la musique, c’est moi qui choisis. »

J’ai mis du Slam, le premier album de Grand Corps Malade, et j’ai retrouvé mes sensations oubliées d’avant eux. Ils ont écouté, silencieux.

Puis ils m’ont demandé leurs chansons fétiches du moment, La croisade des enfants et La maman des poissons. Ensuite mon fils a quémandé de l’opéra. Et j’ai enchaîné sur Les quatre saisons de Vivaldi. L’hiver. On a fini le petit déjeuner. Le printemps. On s’est habillé. L’été. On s’est brossé les dents et on a terminé nos préparatifs. L’été s’est terminé quand on mettait nos chaussures. Ce matin là il n’y eut ni cri ni énervement. Juste nous et nos grands écarts musicaux.

Dans la version 0 de la routine matinale, j’affirmais que tous les matins c’est le même refrain. Mais heureusement les habitudes peuvent aussi se réinventer…

Et chez vous ?

Maman tu cries très fort !

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J’avais annoncé () que la culpabilité était bannie de ma vie de mère. Mais vous le savez, elle n’est jamais très loin, elle se planque derrière la moindre de nos faiblesses – la garce ! Et quand ce sont nos enfants qui pointent nos défauts, c’est parfois drôle (vive l’auto-dérision) et souvent un peu – voire très – douloureux…

 

La semaine dernière, j’ai crié – je devrais dire hurlé – une fois de plus. C’était le matin, nous étions – comme d’habitude – en retard sur l’horaire qui m’assurerait d’être à l’heure à mon travail. Je leur avais dit de mettre leurs chaussures, puis j’avais préparé mon sac, mon thé, mon repas. Les chaussures n’étaient toujours pas mises. Je leur avais demandé de mettre leurs pulls, et leurs manteaux, tout en enfilant mes chaussures et en n’oubliant pas le sac du goûter, les clés de la voiture, le portable. Je lui avais dit de mettre ses gants en fermant le manteau de sa sœur. Il avait hésité, cherché, tatonné. «Mets tes gants !» «METS TES GANTS ! MAINTENANT !»

Quelques minutes plus tard, la colère était partie, alors de sa toute petite voix si douce, ma fille m’a dit : «Tu as crié vraiment très fort maman. Je veux que tu cries moins fort.» Oups. J’ai promis de faire des efforts.

 

Déjà quelques jours avant, j’avais raconté au repas du soir que j’avais crié sur mes élèves – ils n’arrivaient pas à faire un exercice de maths réalisé déjà de nombreuses fois et j’ai « craqué ». Le jugement de mon fils – 5 ans – a été sans appel : «  Mais maman ! Tu ne dois pas t’énerver contre eux ! Tu es leur maîtresse tu dois être gentille avec eux !

– Ah parce que ta maîtresse ne crie pas ?

– Jamais ! Ma maîtresse elle ne nous crie jamais dessus ! »

Un peu plus tard, j’ai eu l’explication complète : «Des fois elle se fâche, et elle nous punit. Mais elle ne nous crie jamais dessus…»

 

Il ne me reste plus qu’à présenter mes respects à la maîtresse de mon fils. Et à essayer de m’améliorer, comme maîtresse, et comme maman…

Peut-être prendre exemple sur la maman des poissons

Zappe la guerre

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C’est un jour de trêve aujourd’hui. Dans de nombreux foyers, famille réunie et télévision éteinte. Les uns avec les autres, on partage, on discute, on se dispute même, mais sans scène de guerre en Syrie, sans photo d’enfant affamé, sans images d’attentats…

Cette absence au monde me renvoie à celle que l’on s’impose depuis quelques semaines, chez nous, pour le repas du soir. Avant, on laissait la télé, les enfants lui tournaient le dos et nous on s’y intéressait. Les reportages du JT nous happaient au détriment de la parole de nos minots. « Chut » « Arrêtez de parler » « Je veux écouter ce reportage ! » Les derniers temps on gardait quand même la télécommande à table, pour pouvoir zapper les conflits et autres violences, épargner les yeux et les oreilles de nos petits.

Tous les soirs, on devait zapper.

Et puis on a débranché.

Et depuis, on se parle. Eux surtout. Ils nous racontent leurs journées d’école, leurs rêves ou leurs cauchemars. Ils nous posent des questions. La petite chante souvent à la fin du repas une partie de son répertoire appris à l’école… On vit.

Et l’on trouve d’autres moments pour s’informer des désastres du monde…

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« Zappe la Guerre » de PEF, dans la collection Histoire d’Histoire aux éditions Rue du Monde, est à la fois un excellent album de littérature de jeunesse et une ouvrage documentaire qui aborde la première guerre mondiale. Dans la même collection – et du même auteur – j’ai eu les larmes aux yeux en lisant « Papa, pourquoi t’as voté Hitler ? »…

 

Je vous souhaite un merveilleux Noël.

Jouets genrés, un an après

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En décembre dernier je déplorais, dans cet article, la frontière hermétique qui se dressait entre jouets « de garçon » et jouets « de fille » dans les catalogues des enseignes spécialisées.

Sans vouloir sombrer dans les cadeaux genrés, on avait quand même suivi les envies de nos bambins avec, entre autre, une poupée aux habits rose fuchsia pour elle, un camion de pompier et un Hulk articulé pour lui.

Un an après où en est-on ? Le Hulk a été réquisitionné par elle comme une poupée supplémentaire. Il a été baladé en poussette, bercé, cajolé, et plus récemment grondé et mis au coin d’une façon assez intensive. On le retrouve face au mur dans différents endroits de la maison : « Il a été méchant avec Poupée ». (Au passage on se demande ce qu’il se passe vraiment à l’école pour qu’elle pratique des punitions aussi radicales sur ses jouets, mais c’est une autre histoire…)

Le camion de pompier a eu beaucoup de succès au départ, puis il a été un peu délaissé. La dernière fois que je l’ai vu, tout récemment, c’est elle qui y jouait.

Les poupées, dont la bien nommée « Poupée », celle aux habits roses, sont complètement son univers à elle, elle les promène, les nourrit, les éduque…

Lui ce qu’il aime, ce sont « les dragons, les dinosaures et les volcans » mais aussi le dessin, la musique, les livres… Pas beaucoup de voitures et de camions, donc, mais il est de plus en plus conscient que certains jouets et certaines couleurs sont « de fille », et l’on n’a pas l’impression d’avoir beaucoup d’influence sur ses convictions. On essaie juste de continuer à le questionner pour attiser sa réflexion sur ces catégories.

Et puis l’un des grands avantages à partager la même chambre, c’est la variété de jouets auxquels ils ont accès… Alors, certes, on n’est pas dans le non-genré absolu, mais on travaille notre rapport aux caricatures.

Et chez vous alors, ça se passe comment avec les jouets genrés ?

« C’est dans combien de dodos le week-end ? »

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Les semaines se suivent et se ressemblent, mais pour mes enfants tout est incompréhensible.

«Demain tu ne vas pas à l’école.

– Je vais à la Ludigym ?

– Non la Ludigym c’est le mercredi, là demain c’est samedi, c’est pas le jour de la Ludigym.»

Je vous laisse imaginer le regard perplexe de ma fille, deux ans et demi.

Mon fils, cinq ans, maîtrise peu à peu son temps. « Aujourd’hui c’était une moitié de journée d’école (le mercredi) ». Mais il a encore besoin de demander, chaque jour : « Tu me racontes la journée de demain ? »

Et puis le vocabulaire temporel reste un peu hasardeux :

« Tu te rappelles quand on a joué à ce jeu, l’année dernière (hier !) ? »

Alors, oui, le repérage dans le temps, c’est un apprentissage au long cours – j’en avais d’ailleurs fait le sujet de mon mémoire de spécialisation tant cela posait de problèmes à mes élèves…

Ce week-end, j’ai décidé de fabriquer une aide précieuse à mes deux loustics pour qu’ils comprennent mieux le temps : un planning de leur semaine. Mon grand a collé ses images – école, maison, cantine, gym – et des mini photos de papa et maman selon qui vient le chercher à l’école. Ensuite chaque planning a été collé sur du papier cartonné et plastifié pour tenir dans le temps…

Si vous êtes intéressé, les documents clés en main sont ici (ne restera qu’à rajouter vos bouilles) : planning-semaine-enfants

Et vous pouvez partager toutes vos astuces d’aide au repérage dans le temps en commentaire…