Une cour de récré est faite pour Jouer !

Une cour de récré est faite pour Jouer

Au mois d’août dernier, en furetant sur internet pour préparer en douceur ma rentrée scolaire, je suis tombée sur ce concept. Des jeux libres pour la cour de récréation… Des objets récupérés en fait, que les enfants peuvent utiliser selon leurs souhaits pour jouer. Le concept peut paraître simple. Mais la réalité, une vraie belle découverte… Imaginez, une cour de récréation dans laquelle les enfants trouvent, rangés dans un coin, des pneus, des bâches, des poussettes ou une chaise roulante. Ils vivent ensuite la liberté d’utiliser ces objets, collaborent, partagent, échangent, fabriquent. De tels projets ont été menés dans différents établissements scolaires, en Angleterre (Scrapstore Playpod), en Belgique (les récrés « Jeu t’aime »), en Espagne et en France (la boîte à jouer). Je vous laisse libre de lire les conclusions de ceux qui ont sauté le pas, mais ce qui en ressort, pour moi, c’est moins d’ennui, moins de disputes, plus d’entraide et de création dans le jeu. Ces cours de récréation deviennent ce qu’elles devraient toutes être, des espaces de liberté et d’expérimentation. Les vidéos en particulier (ici et ) sont édifiantes.

Au-delà des obstacles de tout ordre que ne doit pas manquer de soulever un tel projet, je crois réellement que le gain pour les élèves et les professionnels est à la mesure de la folie du concept… Alors, parents, enseignants, directeurs, directrices, vous les imaginez, ces jeux de récup dans vos écoles (ou les écoles de vos enfants) ?

Les stéréotypes de genre expliqués à mon fils

Les stereotypes de genre expliques à mon fils

Ses yeux s’ouvrent grands, deux billes bleues qui fixent le grand-père avec intensité. Elle tend sa minuscule main, paume ouverte, vers le biscuit inaccessible. Elle commence à geindre. A peine une plainte, d’abord. Son papi lui propose le doudou abandonné sur la table, puis la poupée, le chapeau, la figurine, le gribouillage réalisé quelques heures plus tôt. Le râle se transforme en pleurs criards, avec des pointes vers les aigus et des sanglots tout au fond. Le grand-père s’excuse, il ne comprend pas. Mais la petite est allongée par terre désormais, elle tape des pieds, elle se tortille dans tous les sens, et crie de plus en plus fort.

« Qu’est ce qu’il se passe ici ?

– Je ne sais pas ce qu’elle veut. Je lui ai proposé tous les jouets de la table, elle a tout repoussé.

– Mais ma poupette, susurre la grand-mère, essaie de nous dire ce que tu veux ! »

Tout à coup, les hurlements cessent. La petite Elise se relève, les yeux baignés de larmes, la morve coulant du nez. Elle regarde, implorante, son grand-père, et murmure : « Veut un biki. »

Le grand-père interroge son épouse du regard.

« Un biscuit, traduit-elle.

– Et le mot magique ?

– Pipeplait Papi. » Elle penche la tête et offre un sourire timide.

Les grands-parents, interloqués, observent leur petite fille passer des pleurs au rire en quelques secondes. La mamie mouche son nez, et le grand-père lui explique qu’elle ne doit pas se mettre dans de tels états pour un pauvre biscuit.

Pour Elise, le chambardement est déjà loin derrière. Elle croque dans son biscuit, radieuse. Puis elle dévisage son grand-père qui converse, et à la fin de sa logorrhée conclut de sa petite voix charmeuse : « D’accord Papi. »

« Alors celle là, c’est vraiment bien une fille ! » lance la grand-mère. Puis elle retourne à sa cuisine.

Moins d’une heure plus tard, l’odeur de gâteau au caramel leur saute au nez lorsqu’il entrent dans l’appartement. Thomas jette son sac à travers l’entrée au moment où la grand-mère tourne la tête dans sa direction. « Qu’est ce qu’il t’arrive ? » s’écrit-elle.

Le grand-père, sur les talons de son petit-fils, lui fait signe de se taire. Elle entame une autre question, mais son époux lui coupe la parole. « Laisse-le arriver ! »

Le ton est sans appel, et la mamie observe en silence la mine renfrognée du jeune garçon.

Il s’installe dans un fauteuil, la tête engoncée dans ses épaules, le visage fermé et dirigé vers le sol.

« Tu as passé une mauvaise journée à l’école ? » demande encore la grand-mère.

Son époux lève les mains, près à intervenir, à nouveau, pour lui faire tenir sa langue.

« Je me suis disputé avec mes copains. » Le papi interrompt son geste. « Ils m’ont dit que j’étais une fille parce que j’ai un jouet de fille. »

Et le jeune garçon raconte tout. Il parle de ce jouet qu’il trouvait vraiment super, un piano avec les personnages de la Reine des Neiges dessus. Il était tellement content que ses parents lui aient acheté ce cadeau qu’il s’en était vanté à l’école. Mais ses copains s’étaient moqués de lui. Ils avaient ricané que la Reine des Neiges c’était un dessin animé de fille. « D’ailleurs, le piano est rose, et ils m’ont dit que c’était une couleur de fille. Mais moi j’aime bien la Reine des Neiges. Est ce que ça veut dire que je suis comme une fille ?

– Mais non chéri, tu es un garçon voyons, répond la grand-mère.

– Tu as aussi beaucoup de jouets de garçon, surenchérit le grand-père. »

Et tous deux lui dressent la liste de ses jouets virils. Camion de pompier, épée de chevalier, figurine de super-héros, déguisement de pirate… Peut-être pourra-t-il laisser le piano Reine des neiges à sa petite sœur.

Mais Thomas reste boudeur. Pour lui même il chuchote des phrases incompréhensibles, la colère et la tristesse transpirent sur son visage.

La grand-mère sent une boule grossir dans son ventre. « Si tu veux, on va t’acheter un vrai jouet de garçon, comme… » Elle réfléchit une seconde puis poursuit. « … un pistolet en plastique ! Et tu l’amèneras à l’école pour prouver à tes copains que tu es un vrai garçon. »

L’idée semble séduire Thomas. Il relève un peu la tête, et demande à manger.

Dans la cuisine, la grand-mère démoule le gâteau. D’un pas rapide, le grand-père rapplique et lui souffle : « En même temps, quelle idée ils ont eu de lui offrir ce jouet de fille ! C’était sûr que ça allait faire des histoires.

– Oui, beh, ne leur dis pas ça, hein ! Ils vont mal le prendre.

– Oui oui, je sais. De toute façon, on peut rien leur dire ! »

En face de sa fille, le grand-père est moins virulent lorsqu’il essaie de lui expliquer pourquoi Thomas traîne une telle mine morose. La grand-mère rapplique bientôt pour expliquer toute l’histoire. Mais la mère de Thomas reprend à la volée les propos de ses parents. « Un jouet de fille ? Qu’est ce que c’est un jouet de fille ? » Elle s’adresse à son fils. Elle le questionne sur ce qui rend un jouet féminin, ou masculin, mais Thomas ne sait pas. Alors Estelle cesse de parler, s’accroupit et le prend dans ses bras.

A ses parents, elle murmure simplement : « On va en parler à la maison. » Et elle rentre chez elle avec ses enfants.

Thomas dilue un peu sa colère dans les routines du soir. Dans le bain il se dispute des jouets flottants avec sa sœur, il sautille et fait des grimaces en enfilant son pyjama tout seul, et au repas il chantonne et répète les injonctions des parents. Au moment de l’histoire, Estelle tend un album coloré à son époux : « Je crois qu’il est temps de lui lire et de lui expliquer ce livre… »

Alors, Christophe s’assoit sur le petit lit, à côté de son fils. « Tous les garçons et les filles sont ainsi », lit-il. Il ouvre l’album, tourne les pages, pose les mots avec douceur. Les dessins sont simples et colorés, et l’histoire raconte une dispute autour d’un jouet, qui vire au règlement de compte entre garçons et filles. Les préjugés sont étalés. Christophe et Thomas discutent ces phrases jetées comme des vérités, et se moquent un peu de leur bêtise.

Quand Christophe referme le livre, Thomas semble avoir compris. « Je peux jouer à ce que je veux. »

Christophe acquiesce : « Oui, exactement. Et la seule chose qui fait de toi un garçon, c’est ton zizi, ça suffit pour être un garçon. »

A la même heure, dans un autre appartement, le grand-père regarde le début du film du soir. Il essaie, du moins, d’en saisir l’essentiel, oscillant sa tête de droite et de gauche pour apercevoir la télévision derrière les allées et venues de son épouse. La grand-mère, elle, débarrasse la table, secoue la nappe, passe un coup d’éponge sur le bois verni puis un coup de balai au sol. Quand elle quitte la pièce pour s’occuper de la vaisselle dans la cuisine, le grand-père pousse un soupir de soulagement. Enfin il peut regarder son film sans être gêné.

Le grand-père sur son fauteuil et la grand-mère à sa vaisselle pensent tous les deux, à peu près au même moment, qu’il est tout de même extraordinaire que les hommes et les femmes soient si différents… Et que c’est là l’un des grands mystères de la biologie.

 

Cette nouvelle a été publiée dans le recueil de nouvelles Les femmes nous parlent au sein d’une édifiante accumulation d’histoires du sexisme résonnant d’une manière particulière avec notre l’actualité du ashtag…

Fabriquer sa bouteille de retour au calme

Fabriquer sa bouteille de retour au calme

Une des magies que je vis sur internet, c’est d’y trouver des idées que je n’aurais pas eu autrement… Comme la bouteille de retour au calme. A force de cliquer, dans Pinterest (j’en parlais ), sur des idées de bricolages pour mes enfants ou pour ma classe, ou sur des astuces d’éducation positive, j’ai vu apparaître ces objets remplis de paillettes, j’ai nommé les « bouteilles sensorielles » ou « bouteilles de retour au calme ». Alors je ne vais pas vous vanter les propriétés calmantes des dites bouteilles, je doute fort que quelques paillettes flottant dans une bouteille en plastique puisse avoir un effet sur les grosses colères de mes enfants… Mais l’objet est joli, très attractif même, facile à fabriquer et à personnaliser, ce qui suffit déjà pour en faire une sympathique activité de début de vacances.

Comme pour le slime (pour le coup la pâte pailletée moitié coulant moitié gluante je ne suis pas sûre de tester je crains que mon intérieur ne s’en remette pas), il semblerait qu’il existe de nombreuses recettes. Je ne vais pas vous livrer « la vraie bonne recette », oubliez-moi sur ce coup. Au contraire, je vais vous rassurer : faites au feeling ce sera très bien. En ce qui nous concerne, on a mis environ un tiers d’eau colorée avec de la gouache fluo, de la colle Cléopatre (mélangée en amont avec des colorants alimentaires et des paillettes) puis pour compléter, encore de la colle, un peu plus de paillettes, un peu de liquide vaisselle (pour faire des liquides de différentes densité, j’avais lu ça sur un site – ne me demandez pas lequel) et pour finir des sequins étoiles. On peut bien sûr varier les éléments, ajouter de petits objets, des pompons, des perles (allez, promis si j’en fabrique d’autres je rééditerai cet article avec les variantes)…

Dans tous les cas, la bouteille ne doit pas être trop remplie, pour que le liquide puisse « bouger » à l’intérieur. Le plus délicat est la coloration de la colle avec les colorants alimentaires en poudre, par exemple je n’ai jamais réussi à obtenir du violet pour la bouteille de ma fille qui en est restée au bleu foncé, et le orange de mon fils tire plus vers le jaune. Certains utilisent de la colle pailletée (glitter glue) achetée dans le commerce. J’ai voulu faire ma maline en la fabriquant moi-même mais le résultat est moins joli, d’autant plus que je n’ai trouvé que de la colle blanche, et l’effet serait probablement meilleur avec de la colle transparente…

Quoi qu’il en soit, je vous conseille cette fabrication, de quoi mettre des paillettes dans les yeux de vos petits !

 

Et vous ? Vous avez testé la bouteille de retour au calme ? Le slime ? Avec quels effets sur vos enfants ? Dites-nous tout en commentaire !

Les Zurbanards d’Arles

Et si l’art était (aussi) dans les dessins de notre imagination ?

Je vous propose un petit jeu :

Zurbanard Arles 1

Zurbanard Arles 2

Zurbanard Arles 3

Zurbanard Arles 4

Zurbanard Arles 5

Zurbanard Arles 6

Zurbanard Arles 7

Zurbanard Arles 8

Tous ces personnages, que j’ai baptisés Zurbanards, sont dans le centre-ville d’Arles :

Carte Zurbanards

(Carte accessible sur le web ici)

Si vous êtes d’humeur joueuse et que vous passez du temps en Arles vous pouvez :

  1. Trouver quel Zurbanard (des photos ci-dessus) se cache derrière chaque prénom (de la carte) en parcourant la ville.
  2. Décoder les correspondances entre les couleurs des points de la carte et les familles de Zurbanard (Gouthierre, Mobiliurbin, Dumur et Plakossol)…
  3. Résoudre l’anagramme de chaque prénom pour retrouver une caractéristique du Zurbanard.

(Oui, j’assume mon côté enfant.)

 

Et sinon, vous pouvez aussi visiter Arles pour ses immanquables Rencontres de la Photographie du 3 juillet au 24 septembre 2017, époustouflant pour quiconque aime la photographie contemporaine…

Le hand spinner ou quand la fulgurance d’une mode file le tournis

Le hand spinner

Il y a trois semaines, je ne connaissais pas cet objet. Vous non plus j’en suis sûre.

Et puis j’ai vu l’une de mes élèves jouer avec à la récré et les autres tourner autour.

Mon mari m’a demandé si mes élèves en amenaient à l’école.

Quelques jours sont passés, désormais à mon travail chaque jeune possède le sien.

J’ai même du édicter une nouvelle règle qui pourrait se résumer en « Spinner sorti en classe, spinner dans ma besace ».

A la sortie de l’école, chez les « grands » d’élémentaire, des spinners tournent au bout de chaque petite main.

Et maintenant, mon fils.

Pour l’instant, je le trouve amusant ce petit jouet tournant.

 

Il suscite tout de même une question chez moi, une question d’instits, récurrente. Comment se fait-il que d’un bout à l’autre de la France les mêmes jeux envahissent les cours de récré au même moment ? Alors que des dizaines de jeux différents sont disponibles en magasin… Et à une vitesse telle qu’on ne peut pas croire à une expansion « de bouche à oreille ». (D’autant que dans le cas du hand spinner, selon certaines sources, la demande a précédé l’offre. Une petite histoire de cette « toupie à main » ici.)

 

A votre avis, combien de temps durera cette mode ? On lance les paris ?

Un nouveau petit fantôme

Je vous les avais présentés ici.

J’en ai trouvé un autre, toujours dans le même quartier… Celui-là n’est pas dans des escaliers, mais dans une montée. Et il a son propre petit soleil vert.

Fantome Dellepiane

Dans l’avenue David Dellepiane

J’en suis à quatre petits fantômes du coup (sur le modèle des esprits de la forêt de princesse Mononoké) : escaliers Notre-Dame, montée Belle-vue, Vauban, et Dellepiane. Avis aux marseillais, je cherche toujours les autres, ou celui qui leur a donné vie sur nos murs…

Allez je vous livre un petit secret en avant première : ils seront les personnages principaux de ma prochaine histoire. Affaire à suivre…

C’est beau une chambre d’enfant

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Un jour, je suis rentrée dans la chambre de mes enfants, c’était le milieu de la journée, ils n’étaient pas là. Les jouets rangés. L’air muet. Les avions et les papillons suspendus dans le ciel silencieux. La douceur et les rires en creux.

Je me suis dit « C’est beau une chambre d’enfant… rangée. »

J’ai noté cette phrase dans mon carnet… J’ai photographié la vitrine qui fait l’en-tête d’aujourd’hui… Je ne sais plus dans quel ordre. Puis le temps est passé. Je fonctionne souvent ainsi pour les articles de mon blog ; une idée née d’un instant vit dans ma mémoire puis fleurit quand les conditions s’y prêtent…

Parmi les blogs que je suis, en l’espace de trois jours la semaine dernière, j’ai lu « une chambre d’enfant » (des mots poétiques posés comme des gouttelettes de souvenirs enfantins), et puis cet autre article «Marre de ranger ? Ne rangez plus -)» qui m’a mené ici (Arrêtez de ranger, mieux vaut vivre dans le désordre). Une déculpabilisation inspirante pour tous ceux qui ne sont pas au top du rangement – comme moi.

Même si j’exhorte mes enfants à ranger leur chambre, avec une forte récurrence et une précision assez intense, j’avoue trouver les « mers de jouets » – dont parle entre autre le dernier article cité – d’une esthétique euphorique toute particulière.

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Au lancement de mon blog j’en avais même fait un logo.

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Je vous souhaite à tous – et à vos enfants – une belle semaine… qu’elle soit organisée ou bordélique.

Cherchez les petits fantômes

C’est mon fils qui m’a fait remarquer le premier… en en parlant comme d’un personnage presque réel (« tu sais, maman, le petit fantôme qui vit dans les escaliers de Notre Dame de la Garde »)…

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Dans les escaliers de Notre Dame de la Garde

Et puis, un jour, j’en ai rencontré un autre…

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Dans les escaliers de la montée Belle Vue

Et encore…

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Dans les escaliers « en haut » de Vauban

Ils ne sont pas très loin les uns des autres. Ils semblent aimer les escaliers…

Combien sont-ils ?

Avant Noël c’est l’Avent

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Cette année, nous n’achèterons pas de calendrier de l’Avent aux chocolats ou aux petits bonhommes de plastique. Non, cette année, ce sera calendrier de l’Avent fait maison. Mes envies d’originalité m’en ont fait imaginer un qui cache un jeu de piste.

Pour chaque jour, le numéro est relié à une enveloppe glissée dans un livre. A l’intérieur de l’enveloppe, deux photos (une pour chacun de mes enfants) désignant – en gros plan pour brouiller les pistes – les endroits où seront cachées leurs surprises du jour… Bon ça fait quarante-huit cachettes à trouver – et à photographier, un tableau à constituer pour s’y retrouver, et une petite mise en place quotidienne. Mais je crois que le jeu en vaudra la chandelle.

Les petites surprises seront des figurines ou petits objets – non emballés – achetés d’occasion dans l’atelier d’insertion Remise en Jeux.

Et les nombres–enveloppes pourront bien sûr être réutilisés l’an prochain…

Réutilisation, réduction d’emballage, vous l’aurez peut-être compris, je rêve d’un Noël – juste un petit peu – moins consumériste.

D’ailleurs j’ai une autre solution de calendrier de l’Avent minimaliste, l’application «Fiete Christmas» qui vous réservera pour chaque jour une petite surprise numérique – et gratuite !

Par avance, je vous souhaite un joyeux Avent à tous !

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Le jour où j’ai demandé mon chemin

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Je cherchais l’atelier Remise en jeux. Un atelier d’insertion qui récupère les jouets dont on ne veut plus pour leur offrir une seconde vie. Un lieu où la solidarité est un concept global. J’étais partie, donc, en mission reportage pour écrire un article les concernant dans le magazine Bubble (je consacrerai un article à ma prose bubblesque au moment de sa parution – en décembre).

Ce matin là, j’entre l’adresse de l’atelier dans le GPS de ma voiture : 670 route de Berre, Eguilles. Le robot cartographique m’indique le lieu dit vers le 350 route de Berre – erreur fréquente. Là, j’interroge une boulangère, sans succès. Je marche le long de la route à la recherche d’un endroit peut-être difficile à repérer en passant en voiture. Mais après quelques dizaines de mètres quand les numéros réapparaissent ils en sont déjà au 820. En revenant sur mes pas, je m’arrête dans une boutique qui semble correspondre au numéro recherché sur cette route. Une boutique de réparation de vélos. En entrant je dis « bonjour » et on ne me répond pas. La personne derrière le comptoir est visiblement occupée… J’attends quelques secondes. Un homme entre, un employé – ou le patron – du lieu. Et je pose ma question. Ça aurait pu être l’occasion de se montrer gentil et serviable. D’étaler sa science avec bienveillance. De répondre à l’espoir d’un monde généreux et altruiste que je portais dans ma mission de ce jour là. Mais à la place :

– Ah oui, on nous le demande souvent, ça. C’est quelle adresse que vous cherchez ?

– 670 route de Berre.

– Mais c’est dans quelle ville votre adresse ?

– Eguilles.

– Et on est où là ? On est à Eguilles ?

Le sourire qu’il adresse à un client planté là se fait sarcastique.

Je bredouille un « euh » hésitant. Il enchaîne.

– Et non ! On n’est pas à Eguilles, là. On est à Aix-en-Provence. Vous voyez, c’est pas la même chose. Eguilles. Aix-en-Provence.

– Mais nous sommes bien route de Berre ?

– Oui. Mais la route de Berre elle va d’un endroit à un autre. Elle commence à Aix et va à Eguilles. Vous, vous cherchez à Eguilles. Et là, on est à Aix.

– Mais j’ai le numéro, le 670.

– Vous ne comprenez pas. Là vous êtes à Aix. Vous ce que vous cherchez c’est à Eguilles. Des routes de Berre, il y en a plusieurs. A Aix, à Eguilles, à Berre…

J’ai compris. Il y a plusieurs 670 route de Berre. Il y a le 670 route de Berre à Aix, et il y a le 670 route de Berre à Eguilles. En fait il se trouve (je le découvrirai quelques minutes plus tard) que la route de Berre d’Aix et la route de Berre d’Eguilles sont dans la continuité l’une de l’autre. Autant dire que c’est la même route… Mais le 670, lui, il y en a plusieurs.

Tout en m’expliquant que je me suis trompé d’endroit sur un ton fort désagréable, l’homme ricane en coin en prenant comme témoin le client qui attend qu’on s’occupe de lui. Vers la fin, il ajoute, en aparté : « Ça arrive tout le temps. » (Je ne suis donc pas la première imbécile à m’être cru à Eguilles en étant à Aix ?)

Sans un mot, en retenant surtout le « merci » automatique que prononcent mes lèvres quand je quitte une personne qui m’a renseignée, je tourne les talons pour sortir de cet endroit.

– Je peux vous expliquer comment y aller. (Ne pouvait-il pas commencer par cela ?)

Je me retourne vers lui et écoute ses explications. Il faut continuer la route de Berre, passer un ou deux ronds-points, et tourner à droite après la station service.

Je quitte la boutique de cycles en murmurant un « merci » lugubre.

Le panneau indiquant la limite de la commune d’Aix-en-Provence se dresse à peine quelques centaines de mètres plus loin. Et l’atelier se trouve bien dans la zone commerciale derrière la station service.

De cette journée, je retiendrai deux informations importantes.

Dorénavant, je sais où j’irai pour donner les jouets de mes enfants – même abimés – ou trouver des jeux à tout petit prix.

Et aussi, si je dois faire réparer un vélo, je sais très bien où je n’irai pas…