Ça c’était avant

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Dire qu’il y a dix ans, je ne triais même pas mes déchets… Je faisais un bond à chaque fois que je rencontrais une chenille dans une salade, je ne mangeais surtout pas bio, et je croyais encore que les industriels de l’alimentation nous voulaient du bien…

Mais ça, c’était avant.

Depuis que j’ai appris – grâce à mon amoureux – à trier mes déchets, je ne m’imagine plus faire autrement ; même en vacances on fait l’effort de chercher les conteneurs papiers, emballages et verre.

Avec l’arrivée des enfants, et la prise de conscience progressive des couleuvres alimentaires qu’on essaie de nous faire avaler, nous mangeons de plus en plus bio. Alors les petites bêtes, on en a toutes les semaines dans notre panier de légumes…

Il y a quelques semaines, à la caisse du magasin bio, une cliente m’interrogeait sur mes achats de féculents en vrac. Je me suis entendu lui expliquer que oui, effectivement, les petites bestioles arrivent plus vite, mais que finalement on s’habitue à trouver des choses vivantes dans notre nourriture…

Enfin – chose qui m’aurait paru impossible il y a dix ans – j’envisage très sérieusement d’équiper notre appartement d’un lombricomposteur, histoire de ne plus gonfler notre poubelle avec toutes ces épluchures, alors qu’elles pourraient servir de nourriture de choix à toute une colonie de vers de terre…

Il n’y a que la raison pour faire changer nos actions.

Petit papa Noël, si tu passes par là … c’est un cadeau original, le lombricomposteur !

Un carnet de cuisine virtuel

49 Une plume sur la cocotte

Quand ma mère est morte, une fois passé le choc et une part du deuil, j’ai regretté qu’elle ne m’ait pas laissé un carnet de cuisine. Elle découpait des recettes dans les magazines, les stockait dans des porte-vues, et les refaisait en modifiant toujours quelque-chose. Alors j’ai ces dizaines de recettes sans grand intérêt et sans personnalité. Pas de notes, pas de ratures.

A l’exception de mes souvenirs, goûts et odeurs d’enfance, en cuisine, je suis repartie de zéro. Quand j’ai commencé à cuisiner « pour de bon », j’ai entamé un carnet de cuisine. Les recettes s’y sont accumulées. Aide mémoire des quantités, ordre des « opérations », astuces de cuisson. Un entassement de recettes, certaines devenues depuis cultes de « ma » cuisine, d’autres tombées aux oubliettes (à plus ou moins juste titre…).

Maintenant, j’ai deux carnets, des dizaines de pages, et le plus grand mal à m’y retrouver. Quand je reprends un carnet du début, je pousse à chaque fois des exclamations joyeuses – « Ah oui, c’est vrai ! » – en retrouvant des recettes oubliées. Et puis tout y est mélangé. Eté, hiver, recettes quotidiennes et exceptionnelles s’y succèdent dans le plus grand désordre.

J’ai pensé un temps imprimer un joli livre avec des photos. Mais de nouvelles recettes arrivent toujours. Et puis je veux léguer mon carnet de cuisine à chacun de mes deux enfants. Alors l’idée du blog s’est imposée, avec un classement par catégorie – printemps-été, automne-hiver, desserts – et des tags qui répertorient les ingrédients (pour pouvoir trouver en un seul clic toutes les recettes avec des courgettes, par exemple)…

Ce blog de cuisine s’appelle Une plume sur la cocotte. Il est, surtout, un héritage pour mes enfants, une manière facile et moderne de partager mes recettes avec mes amis et ma famille… Et avec tous ceux qui y trouveront un petit quelque chose à mitonner.

Avant de vous y aventurer, un petit avertissement : j’ai réalisé chaque photo moi même. Contrairement aux mannequins et aux recettes de magazine, aucune n’a été photoshoppée. Les couleurs sont réelles, les défauts aussi, et les recettes sont éprouvées…

Au fait vous saviez, vous, que la très grande majorité des recettes de chef qu’on trouve dans les livres de cuisine sont soit irréalisables, soit incomplètes, et le plus souvent pas même testées (selon un article du Stylist du 9 juin 2016, introuvable sur internet) ? Ca donne vraiment envie de prendre ses petites mains, sa cocotte, sa connexion internet, et de se débrouiller tout seul avec les vraies recettes des gens normaux de Marmiton, et d’ailleurs…

Enfin, et je terminerai là dessus, si toutes mes recettes sont éprouvées et personnalisées, elles sont aussi largement inspirées des magazines, livres et autres sites. Des reprises plus que des créations, en somme, mais c’est tant mieux, la cuisine est faite pour être partagée !

Le goût… suspendu à ses lèvres

05 Le gout suspendu à ses lèvres

Deux hivers et deux étés que nous mangeons les légumes de Georges, cultivés, ramassés, transportés et vendus par cet homme passionné qui raconte des histoires de courses d’escargots à mon fils. Mais Georges prend sa retraite. Désormais mon petit ne pourra plus affirmer, très sérieux, que les haricots de Georges sont bien meilleurs que ceux du congélateur. Chez Georges, on trouvait ces boules violines couvertes de tiges à une feuille. Un jour, mon garçon a expliqué à ses grands-parents qu’il s’agissait de choux raves, et que c’était très bon. Quelques semaines à peine après son premier repas de légume, ma petite puce a croqué à pleines dents dans une fleurette de brocoli. Repas après repas, mes enfants ont goûté, mangé, boudé les légumes de Georges. Ils les ont parfois renversés par erreur, ou jetés par terre exprès. Ils ont préféré une cuisson à l’huile, ou à la vapeur, ils ont refusé ce qui n’était pas blanc comme des pâtes, ils ont redemandé des concombres, ils ont piqué dans l’assiette de l’autre… En me remémorant ces vingt-quatre mois de repas en famille, je touche du doigt ce bonheur ; les rires, l’impatience et même l’agacement.

L’alimentation, quel sujet central de la parentalité ! Et la mère, « nourricière » de son état, qui s’y investit à corps perdu. Il s’y cristallise tant de craintes ; surpoids, anorexie, mauvaise santé. Quand l’angoisse me monte au nez, embusquée derrière la colère de les voir ne pas manger, je me répète avec force les mots de ce pédiatre, vu à la télé. Il disait qu’il suffisait de mettre de la nourriture sur la table, de proposer, pour que les enfants ne meurent pas de faim. Alors, la peur se ratatine, et il ne reste plus que le plaisir.

Et l’inattendu…

Ce midi à table, nous avions un fromage fermier, une tomme de brebis à la croute puante et au goût prononcé. Une nouveauté gustative, pour notre fils, entraîne, depuis déjà plusieurs mois, un automatisme de refus catégorique. La petite puce, au contraire, montre un intérêt pour le fromage odorant. Alors, sans conviction, je lui propose une fine lamelle. Elle goûte. Pendant quelques secondes, le silence se répand. Chaque membre de la famille s’immobilise, suspendu aux lèvres de la petite dernière. « Est bon ! » prononce-t-elle dans un sourire. Et ce succès nous laisse sans voix…

Alors aujourd’hui, je me dis que mes enfants ont le goût de « manger ».

Et chez vous ? Les repas ont quel goût ?