[Lecture] « L’arbre monde » de Richard Powers

L33 imgCe livre est un arbre.

Il s’élève, lentement, vraiment très lentement.

Pour moi qui lit si vite d’ordinaire, suivre chacune de ses racines à été d’une longueur étourdissante. Pourtant, à aucun moment je n’ai voulu l’abandonner. J’ai vite compris ce qu’il était. Un arbre. Lent. Majestueux. Imposant. Lourd.

J’ai tourné ses pages pendant des jours, des semaines. Je me suis frottée à la rugosité de son style. J’ai poursuivi ma lecture avec la patience que m’inspirerait un arbre centenaire.

Pendant que son tronc s’élevait, tranquille, j’ai vu chacun de ses personnages – ses racines – prendre sa place dans l’arborescence. Lentement.

Alors j’ai compris que j’avais bien fait de m’accrocher à lui.

Il restera, comme un livre qui a fait changer mon regard, sur les arbres, sur les forêts, sur le monde et sur nous.

« Rappelle-toi ! Les hommes ne sont pas l’espèce suprême qu’ils croient être.D’autres créatures – plus grandes, plus petites, plus lentes, plus rapides, plus vieilles, plus jeunes, plus puissantes – mènent la danse, fabriquent l’air et dévorent la lumière du soleil. Sans elles, il n’y a rien. »

A condition d’être prêt à être patient comme un arbre, c’est un livre à lire.

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[Lecture] « Les chiennes savantes » de Virginie Despentes

L32 imgJe sortais de Vernon et je voulais encore un peu de Despentes… Comme il était là, sur l’étagère de la bibliothèque, ça a été Les chiennes savantes.

L’intrigue met tout de suite dans l’ambiance : Louise travaille dans un peep-show. Le jour où deux de ses collègues sont découvertes mortes dans une mare de sang, elle essaie de découvrir ce qui leur est arrivé.

Alors, oui, c’est cru et très sexuel. Virginie Despentes décrit avec une précision proche du vécu ce qu’il se passe dans les cabines des peep-shows.

Mais outre la découverte d’un univers, j’ai trouvé le personnage de Louise intéressant, avec ses contradictions que je vous laisserai découvrir…

L’intrigue et sa résolution ne sont pas extraordinaires mais c’est un livre qui se lit bien.

[Lecture] « Eleanor Oliphant va très bien » de Gail Honeyman

L31 imgAu départ, j’ai cru en la légèreté de ce livre. Une héroïne un peu empotée voire carrément inadaptée, pour laquelle le quotidien est une épreuve ; des collègues de travail qui la regardent comme une foldingue ; le coup de cœur de notre héroïne pour une rock star locale… Je m’apprêtais à rire. Alors c’est vrai que j’ai souri, au début. Puis au fil des pages, je me suis attachée à Eleanor en même temps que je découvrais peu à peu la vérité sur son histoire. Et à la toute fin du livre, je pleurais sans m’arrêter.

(Oui, je sais, ce n’est pas la première fois que je pleure à la fin d’un livre… Mais cela reste la marque d’une « bonne » fin ! Si si je vous assure.)

Merci (encore !) à La Rousse Bouquine pour cette belle découverte !

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[Lecture] « Les indifférents » de Julien Dufresne Lamy

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Voilà un autre roman d’adolescence comme je les apprécie de temps à autre…

Les indifférents, c’est le nom qu’ils se donnent. Eux, ce sont des adolescents sur le bassin d’Arcachon, la narratrice qui arrive de l’autre bout de la France et ses nouveaux « amis ». Seulement, un jour, sur la plage, le drame survient.

Sur tout le roman plane cette ambiance étrange, entre la légèreté de l’adolescence et la tension suspendue, prête à s’abattre.

Un livre et un auteur à découvrir. (Un grand merci à La Rousse Bouquine pour m’avoir mis sur la route de cette lecture !)

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[Lecture] « Vernon Subutex » de Virginie Despentes

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J’ai voulu lire du Despentes, après la découverte libératoire de King Kong Théorie, et j’ai commencé par Vernon Subutex. Trois tomes pour une histoire. Histoire de bouffer vraiment du Despentes…

Je peux dire que j’ai été servie. J’ai dévoré les trois livres, mais l’avantage de la quantité c’est que même en avalant les pages à un bon rythme la traversée dure longtemps.

Pendant des semaines, j’ai vécu avec Vernon, j’ai marché et dormi à ses côtés. J’ai été la groupie, la maîtresse délaissée, l’amie blasée. J’ai partagé au quotidien mon univers avec celui de ce personnage si particulier, à la fois envoutant et un peu minable.

Et que dire de tous ceux qui gravitent autour de lui ?

Le génie de Despentes, c’est de les rendre si vivants, si réels, que quand je les ai vus sur l’écran de ma télé, quelque temps après avoir fini ma lecture, j’ai eu l’impression de retrouver de vieilles connaissances…

Je vous donne juste le début de l’histoire. Vernon Subutex est un ancien disquaire ayant fermé boutique il y a quelques années. Un matin, après des mois de loyers impayés, il est expulsé de chez lui.

Vous n’en saurez pas plus ici.

Enfin, juste quelques mots sur Despentes si vous ne connaissez pas sa plume… C’est moderne, rock, il y a du sexe et de la vie, de la poussière et de la ville, et ses histoires s’inscrivent dans un moment de l’époque contemporaine, dans une actualité que l’on a vécue. En tout cas, son univers me parle, à moi, parce qu’il est si proche du monde dans lequel je vis depuis toujours…

Lisez Vernon Subutex.

Vraiment.

[Lecture] « Dans la forêt » de Jean Hegland

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Ce roman paru aux Etats-Unis en 1996 a été traduit en français en 2017. C’est un livre incroyable. Puissant, lumineux et profond. Un livre qui nous confronte d’une façon terrible à notre condition d’humains, sur notre planète.

Nelle, la narratrice, et sa sœur Eva, ont 17 et 18 ans au début de l’histoire. Elle vivent dans la maison qu’elles ont toujours connue, isolée dans une forêt de Caroline du Nord. Elles ont perdu leurs parents dans des circonstances qui seront éclaircies par la suite et se retrouvent donc livrées à elles-mêmes. Depuis quelque temps déjà l’électricité ne fonctionne plus, il n’y a plus d’essence, aussi la civilisation telle que nous la connaissons est-elle en train de disparaître. Les deux jeunes femmes devront, pour survivre, renoncer à tout ce qui a constitué leur quotidien depuis toujours.

Alors pour ne rien vous cacher, je suis très réceptive aux sujets traités dans ce roman. Dès les premières pages, les larmes aux yeux, j’ai su que ce serait un livre essentiel de ma vie.

La fin, je l’ai découverte derrière un rideau de larmes.

Plus que de tristesse, j’ai pleuré devant l’extraordinaire beauté de cette histoire.

Vous ne pouvez pas passer à côté de ce livre, il est plus qu’essentiel…

 

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[Lecture] « La fille qui brûle » de Claire Messud

L27 imgLa fille qui brûle est un roman de l’adolescence. Julia et Cassie sont amies depuis toujours. Elles se connaissent et s’aiment comme des sœurs. L’été de leurs douze ans, juste avant l’entrée en cinquième, elles trouvent dans un asile psychiatrique désaffecté un terrain de jeu idéal pour leurs inventions de jeunes filles. Mais à la rentrée scolaire, tout change. Cassie s’éloigne et Julia ne parvient pas à la retenir.

Avec ce livre, on perçoit une partie des désarrois adolescents, la perte de l’innocence, la noirceur, et l’on assiste, impuissants, à l’éloignement irrépressible de la jeune Cassie…

 

La photographie de pages des livres que je lis est devenue une habitude… Quelques citations, donc :

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[Lecture] « L’archipel du chien » de Philippe Claudel

L26 imgJe suis passée par tous les états en lisant ce livre.

Le thème, d’abord, m’avait accrochée dès la parution du livre, aussi était-il sur ma liste de lecture depuis des mois.

Quand je l’ai ouvert, je suis entrée très vite dans l’histoire :

Un matin, sur une petite île de l’archipel du chien, trois cadavres sont retrouvés sur la plage. Des cadavres de jeunes hommes noirs. Mais une telle découverte n’est pas une bonne nouvelle pour la petite île en plein projet de construction touristique…

A partir de là tout s’enchaîne, très vite. Trop vite, peut-être. J’ai eu la sensation de me retrouver au milieu du roman alors que je l’avais tout juste commencé.

Vers les trois-quarts du livre je me suis dit « tout ça pour ça… ». Puis la fin m’a rattrapée, et j’ai refermé le livre avec les larmes aux yeux, ce qui, chez moi, est toujours très bon signe…

 

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[Lecture] « Un monde à portée de main » de Maylis de Kerangal

L25 imgIls sont trois, deux filles et un garçon. Ils se sont connus dans une école de Bruxelles, une école qui forme des peintres de trompe l’œil. On suit Paula, de la décision à la plongée dans ce monde de la peinture.

C’est un livre qui décrit des sensations surtout, plus qu’une histoire.

La douleur du corps qui peint. L’apprentissage, lent, précis, difficile. Les prémices d’une vie, la vie de Paula, qui veut peindre.

Il n’y a pas véritablement d’intrigue, mais une vraie douceur à entrer dans cette vie, dans cet univers dont on arrive presque à sentir les effluves.

Un mois après, je garde un souvenir très sensuel de cette lecture, l’impression d’avoir été embarquée avec ces jeunes gens, d’avoir tenu leur pinceau, d’avoir vécu leurs désarrois et leurs réussites… Un voyage des sens.

 

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[Lecture] « Not fade away » de Jim Dodge

l24 imgImaginez les paysages américains, de la côte ouest aux plaines du Midwest, et sur les routes à perte de vue, un chauffeur amphétaminé complètement perché, lancé à toute blinde dans une cadillac flambant neuve, au son du rock’n roll des années 50. Tout au long de ces pages, on redécouvre le bon vieux rock vintage du Big Bopper (« Chantilly Lace »), de Buddy Holly (« Not Fade Away ») et de Ritchie Valens (« Donna ») pour ne citer qu’eux. C’est un vrai trip que nous propose Jim Dodge, un trip dans tous les sens du terme, un voyage déjanté, halluciné au point d’être presque une expérience de la drogue en lecture. Filez vite découvrir ce livre joyeux, azimuté, ses personnages exubérants et sa quête musicale par le road-trip. La lecture est une drogue dure en vente libre…

 

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