La Famille Zen, une jeune association marseillaise à découvrir

Banderolle Famille zen

Vous l’avez peut-être ressenti à travers le rythme de publication ralenti des derniers jours… En ce moment, il m’est difficile de trouver du temps. Mes listes de choses à faire s’allongent et mes journées s’écourtent. Je suis plongée dans les préparatifs de mon exposition qui démarre dans deux semaines et j’avoue avoir du mal à me poser pour respirer, réfléchir, ou écrire… Pourtant dans cet ouragan d’activités se superposant les unes aux autres, j’ai vécu aujourd’hui une parenthèse de rencontre et d’écoute. Je suis allée, en famille, à un pique-nique organisé par la toute jeune association marseillaise La Famille Zen, qui entend reprendre les activités du Zèbre Zen aujourd’hui disparu. Pour l’instant les deux super mamans qui tiennent cette association organisent environ une fois par mois des rencontres avec les familles (papas et enfants archi bienvenus) pour échanger sur la parentalité. Ainsi, aujourd’hui, nous avons causé éducation bienveillante et phases d’opposition. Nous avons partagé nos astuces pour gérer les crises de nerfs de nos minots sans taper ni crier. C’était doux, vrai, chaleureux, un moment d’échange sans jugement, un moment où l’on se sent compris et capable d’évoluer. Même mon homme – qui n’a pourtant jamais trop voulu m’accompagner aux réunions allaitement où j’allais aussi chercher ces instants de partage bienveillant – a apprécié le pique-nique. Et moi, qui ai été une grande consommatrice de réunions d’allaitement quand j’en avais le temps et l’occasion, j’ai retrouvé avec bonheur cette ambiance feutrée et ressourçante.

Alors merci La Famille Zen, de proposer ces temps hors du temps. Si vous n’avez pas encore cliqué sur le lien plus haut, la page Facebook de La Famille Zen c’est . Et si vous avez envie de vous investir… vous savez bien que les plus belles choses se construisent à plusieurs. J’essaie d’enrôler, mais pour être honnête avec vous, mon investissement pour l’instant s’est limité à la création de leur logo, et à cet article. Promis je vais réfléchir à ce que je pourrais proposer, et à comment trouver le temps pour cela. Je termine en parlant du temps qui manque, et la boucle et bouclée…

Je vous souhaite de profiter de ce week-end prolongé.

Allaitement long, très long, très très long

Allaitement long

Il fait tellement partie de mon quotidien, cet allaitement. Avec le temps il est devenu tellement naturel, tellement normal. J’ai développé une telle indifférence à la surprise des gens, qu’elle glisse sur moi. Les remarques sont devenues inexistantes face à cette assurance sereine que je porte en moi, qu’allaiter son enfant jusqu’au sevrage « naturel » c’est… naturel. J’en parlais déjà, ici, avant que ma fille ne fête ses trois ans. Quelques mois sont passés, et l’allaitement est encore là, en pointillé, de moins en moins présent, chaque tétée comme peut-être la dernière, mais encore là… Dans une semaine, cela fera six ans que j’allaite – avec une interruption de cinq mois pendant ma seconde grossesse. Alors oui, chez nous l’allaitement est très très long. Une très longue période de ma vie de femme, de notre vie de famille.

En créant ce blog je pensais que l’allaitement serait un sujet récurrent, et puis finalement dans le nuage de tags le mot reste petit, discret, comme son rôle dans notre vie de famille, maintenant que nous n’avons plus de nourrisson à la maison.

Je pensais que l’allaitement – ce lien et cette implication du corps dans la maternité – me manquerait en s’estompant, mais je me trompais. L’allaitement est un passage. La maternité est un tout.

Je l’oublie, alors, cet allaitement « hors norme »… Et puis parfois il ressurgit dans toute son exception. L’autre jour chez notre pédiatre un journaliste faisait un reportage sur la vaccination. Quand j’ai mis ma fille de trois ans au sein pour l’aider à gérer la douleur de l’injection, que mon médecin adoré en a rajouté une – énorme – couche en me demandant de répéter l’âge de ma fille, et a affirmé au journaliste qu’il assistait à quelquechose d’extraordinaire… Bon j’avoue que j’ai piqué un fard.

De la même façon, quand je compare nos propos de futurs parents à ce que l’on vit aujourd’hui, le contraste est flagrant. Enceinte, quand j’évoquais, déjà, l’allaitement long (à cette époque j’envisageais d’allaiter un an), nous étions d’accord avec mon amoureux pour dire que nous trouvions cela étrange un enfant qui marche, qui parle… et qui tète encore. Mais ça c’était avant… Il y a quelques semaines, ma fille est venue me voir dans ma chambre et m’a dit très précisément : « Je veux téter avant que tu ailles te doucher ». « Avant que tu ailles », quoi ! Et puis elle a tété, cinq secondes en tout, moi accroupie, elle debout, et j’ai eu cette image à l’esprit…

Allaitement long Une Time

Cette Une « scandaleuse » représentant une réalité que personne ne veut voir.

Un jeudi soir aux urgences pédiatriques

Un jeudi soir aux urgences pédiatriques

C’était un jeudi d’hiver. Rentrée de mon travail à 19h, je referme la porte de mon appartement derrière moi et j’entends mon fils gémir depuis son lit. Hier il a loupé l’école pour un passage de virus, mais ce matin il allait plutôt bien.

Je me précipite à son chevet, il a mal. Pas de fièvre, mais il se plaint de douleurs. Je le sors du lit, le garde dans mes bras sur le canapé. Mon amoureux m’explique qu’il s’est mouché avec un kleenex à la menthe et que depuis il a mal. Mal à la bouche, à la langue, puis à l’œil. La douleur semble osciller d’un lieu à l’autre et se montre fulgurante.

Je demande à mon homme d’appeler les urgences. Ils ne savent rien sur les mouchoirs à la menthe et nous conseillent d’appeler le 15. Il s’exécute, explique le problème, puis commence à s’énerver avant de conclure : « Je vais arrêter de faire mon père maltraitant et donner du Doliprane ! » et de raccrocher.

La doc de garde lui a signifié avec dédain que la première chose à faire était de donner du Doliprane. Sans bienveillance ni écoute. Doliprane et lâchez-moi avec vos questions débiles.

Nous ne savons toujours pas si l’irritation causée par le menthol peut être grave. Cet élément semble ne pas exister pour les gens auxquels on parle. Notre fils se tord de douleur, il crie, il râle. On flippe. Maintenant c’est l’oreille. Plus la langue, plus l’œil. Juste l’oreille.

Il est 19h30, une dose de Doliprane plus tard, je l’habille et en route pour les urgences. Lorsque je le laisse quelques secondes dans les escaliers pour remonter chercher le carnet de santé, je le retrouve allongé par terre sur le palier. « Pourquoi tu es par terre ? – Parce que j’ai mal. »

Dans la voiture, il gémit « Aïe, j’ai mal, maman, j’ai mal. »

On arrive aux urgences, il s’allonge la tête sur mes genoux. Je regarde les autres enfants dans la salle d’attente. Les autres parents surtout. L’inquiétude au coin de l’œil. Je le questionne sur sa douleur. Ça va mieux. Il a encore un peu mal. A l’oreille juste. Le Doliprane a fait effet.

Il décrit joyeusement les personnages peints sur les murs.

L’infirmière d’accueil nous reçoit. Elle introduit ma carte vitale dans son lecteur, puis dit le prénom de mon fils et notre adresse. Mon garçon se tourne vers moi : « Comment elle fait pour tout savoir ?

– Je suis une magicienne, répond-t-elle avec un sourire de fée. »

Quand elle demande ce qu’il a, il répond tout seul « J’ai mal à l’oreille ». Elle le regarde, elle l’écoute. Elle prend son pouls au bout du doigt, sa température. Elle lui met son bracelet. Et l’on retourne s’asseoir dans la salle d’attente.

Il ne tarit pas de paroles, avec sa voix claire plus du tout gémissante.

« Je l’adore, elle ! »

« Pourquoi elle m’a mis un bracelet ? »

« Je vais le montrer à ma sœur mon bracelet, je vais lui montrer qu’il y a mon nom dessus. »

Puis on a appelé chez nous : « Papa, j’ai un bracelet avec mon nom dessus ! »

La visite aux urgences est en train de devenir une aventure extraordinaire pour petit garçon malicieux.

« Chut. Ne parle pas trop fort. »

Une otite et un petit en pleine forme, combien de temps va-t-on attendre avant d’être appelés ?

Quelques minutes passent et l’on se retrouve dans un box étriqué à attendre le médecin. Mon fils est en slip, je le couvre avec mon pull. Il me questionne sur les machines suspendues sur le mur au dessus de la table de consultation. Je ne connais rien de tout cela.

La doc arrive. Auscultation. Petite otite.

Je lui parle des mouchoirs. Sans jugement elle me répond : « Les mouchoirs à la menthe ce n’est pas dangereux. » Si seulement la doc du 15 nous avait dit ces mots…

Elle rédige l’ordonnance – antibio, gouttes et doliprane.

Dans ma tête une question passe : « Les antibios ça peut attendre demain ? » Mais je suis venue aux urgences pour rien, avec un gosse qui n’a plus mal grâce au doliprane donné chez nous. Alors je me tais. Je prends l’ordonnance, je remercie.

Mon fils est ravi. Il dit au revoir à tout le monde, très poliment. Et il ajoute « A bientôt ! »

Euh, non, pas à bientôt…

Aller aux urgences un soir de semaine pour « rien », on va essayer d’éviter. En plus j’avais des gouttes magiques pour calmer les otites dans mon armoire à pharmacie…

Images de ma première expo

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Au moment où je prépare ma future exposition – à partir du 19 mai à Aubagne, je vous en reparle très bientôt – je veux poser ici quelques images pour (re)partager avec vous l’esprit de ma toute première exposition…

Elle a eu lieu en décembre dernier. Elle mêlait photos et dessin, avec pour titre Etre une maman contemporaine c’est un art.

Qui s’interroge sur l’art d’être maman, aujourd’hui ? Qui s’interrogent sur l’art contemporain ? A quel moment notre vie quotidienne devient-elle de l’art ?

Qui s’interroge sur ce que font les femmes, les mères, sur ce qu’elles veulent, sur ce qu’elles sont ?

Cette exposition se déclinait en différentes « actions artistiques » de maman contemporaine.

Chanter Joyeux Anniversaire

Maman de Plume a 1 an

Le temps se déverse goutte à goutte, une fuite jamais colmatée, et au milieu de l’inondation, certains jours pèsent plus que d’autres. Les larmes coulent quand les souvenirs ressurgissent de certains flots.

Alors, les yeux scintillants, on fête chaque année, en hissant les couleurs de l’enfance joyeuse, sa flamme remuante. On soigne les préparatifs, on échauffe sa voix pour chanter à tue-tête, et l’on se découvre des talents de jukebox/animatrice/cameraman…

 

Se faire de nouveaux amis

L'écriture sur internet

Avant, on jouait les geeks collés à notre écran. Après aussi…

Quand nos grand-mères étaient abandonnées avec leur bébé et leurs questions, nous vivons l’exact inverse. Nous nous noyons dans ces mondes ; sites médicaux, forums et autres guides de survie plus ou moins spécifiques, plus ou moins bienveillants, plus ou moins inquiétants ou déroutants…

Quelle place reste-t-il pour se faire confiance et suivre son instinct ?

Les guider vers l’autonomie

L'allaitement dure trois ans

L’allaitement dure trois ans

Du moins, il peut. Comme il peut durer trois jours. Ou trois semaines, avec ce pic de croissance dont personne ne parle… Ou trois mois, avec la reprise du boulot et le refus de la présumée torture du tire-lait.

Il existe mille raisons d’arrêter l’allaitement avant qu’il ne cesse de lui même…

Et sinon, il y a le sevrage naturel, cette normalité biologique oubliée : à un moment, l’enfant est prêt à passer à autre chose, et le réflexe de succion disparaît. Tout concorde, ils n’en ont plus besoin et ils ne savent plus.

Ainsi, mois après mois, ils cheminent avec naturel vers leur autonomie.

 

Contempler le monde avec des yeux d’enfant

Le vélo, liberté urbaine ?

Liberté urbaine ?

Le 31 janvier 2016, l’événement politique de la semaine c’était Christiane Taubira quittant le gouvernement à bicyclette. Alors on avait érigé ce vélo en « symbole de liberté » – n’ayons pas peur des mots.

Moi, je m’interrogeais sur cet objet (A la mode ? Electrique ? Familial ?) et sur ma peur de l’accident.

Et c’est ainsi que cette photographie est née, à l’intersection entrechoquée de la liberté et de la ville…

 

Petite Padawan

Petite Padawan

Est-ce que les filles aussi ont la Force ?

Apparemment, l’imagination n’est pas une question de sexe.

Les laisser explorer l’immensité des possibles qui s’ouvre devant eux… Ce n’est peut-être pas plus difficile que de créer en pensée des mondes irréels…

 

Interpréter la couleur et l’odeur

Tester les couches lavables

Le pipi de trop

Encore un monde qui s’ouvre à nos pieds, et devant nos yeux ébahis, lorsque l’on rentre dans la parentalité.

Avant d’y être confrontée, je croyais que toutes les couches se valaient, et que leur contenu était aussi de qualité égale.

Puis j’ai découvert l’arc-en-ciel des selles du bébé allaité et j’ai appris à lire dans les couches comme d’autres devinent le marc de café.

Je les ai soupesées avec la tentation d’utiliser balance et calculatrice.

J’y ai baladé mon flair et, hormis les odeurs âcres et violemment acérées des cacas de bébés plus tout à fait nourrissons, c’est la senteur du dérivé de pétrole qui a insulté mon nez. Surtout après m’être habituée, avec les couches lavables, aux odeurs normales non additionnées de chimie.

Enfin, j’ai essuyé les débordements inexpliqués des couches leader du marché – plus souvent que les fuites de mes lavables. Pourtant, on avait fini par y croire… « Je fais caca aussi, ou tout le monde a compris ? »

Trouver leur place

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Deux ans et demi, et un petit problème de place

Deux ans et demi, et un petit problème de place

Les jeunes enfants, c’est souvent, en plus de tout le reste, un souci de garde. A l’usage, on se rend vite compte qu’on a trop de contraintes pour réfléchir seulement en terme de bien-être de nos petits.

Les places en crèches ? Rarissimes dans les crèches municipales et dans les crèches privées à prix abordable. On peut éventuellement dégoter une place en micro-crèche, si l’on aligne les ronds… sans oublier que les aides de la CAF se tarissent aux trois ans de l’enfant.

Une autre solution ? Les assistantes maternelles… souvent pas ouvertes à l’accueil des petits à temps partiel. Et toute une confiance à construire.

Reste l’école, mais là encore, contre toute attente, c’est un problème de place qui se pose. Si l’enfant n’est pas « dans l’année de ses trois ans » en septembre, la mairie étudiera le dossier après la rentrée… Même les écoles privées n’ont aucune place disponible, plus d’un an à l’avance !

Alors on fait quoi ? On cherche…

 

Décoder leurs mots

Parents avec décodeur intégré

Parents avec décodeur intégré

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En pleine explosion langagière, ils se font très bien comprendre, tout en parlant de façon, disons, personnelle… Moments savoureux qui ne durent pas.

 

Les cinq premières photographies sont disponibles en tirage de qualité professionnelle, grand format (environ 40×60 cm), sur aluminium… alors si vous les voulez pour chez vous, votre commerce, votre salle d’attente… Contactez-moi. Je peux même vous les prêter, après tout l’art doit vivre… et pas dormir dans un placard

Ma prochaine expo sera plus « plastique » et moins « photographique », mais toujours, colorée, participative et davantage ouverte aux petits !

Plus d’informations très bientôt…

 

Maman tu cries très fort !

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J’avais annoncé () que la culpabilité était bannie de ma vie de mère. Mais vous le savez, elle n’est jamais très loin, elle se planque derrière la moindre de nos faiblesses – la garce ! Et quand ce sont nos enfants qui pointent nos défauts, c’est parfois drôle (vive l’auto-dérision) et souvent un peu – voire très – douloureux…

 

La semaine dernière, j’ai crié – je devrais dire hurlé – une fois de plus. C’était le matin, nous étions – comme d’habitude – en retard sur l’horaire qui m’assurerait d’être à l’heure à mon travail. Je leur avais dit de mettre leurs chaussures, puis j’avais préparé mon sac, mon thé, mon repas. Les chaussures n’étaient toujours pas mises. Je leur avais demandé de mettre leurs pulls, et leurs manteaux, tout en enfilant mes chaussures et en n’oubliant pas le sac du goûter, les clés de la voiture, le portable. Je lui avais dit de mettre ses gants en fermant le manteau de sa sœur. Il avait hésité, cherché, tatonné. «Mets tes gants !» «METS TES GANTS ! MAINTENANT !»

Quelques minutes plus tard, la colère était partie, alors de sa toute petite voix si douce, ma fille m’a dit : «Tu as crié vraiment très fort maman. Je veux que tu cries moins fort.» Oups. J’ai promis de faire des efforts.

 

Déjà quelques jours avant, j’avais raconté au repas du soir que j’avais crié sur mes élèves – ils n’arrivaient pas à faire un exercice de maths réalisé déjà de nombreuses fois et j’ai « craqué ». Le jugement de mon fils – 5 ans – a été sans appel : «  Mais maman ! Tu ne dois pas t’énerver contre eux ! Tu es leur maîtresse tu dois être gentille avec eux !

– Ah parce que ta maîtresse ne crie pas ?

– Jamais ! Ma maîtresse elle ne nous crie jamais dessus ! »

Un peu plus tard, j’ai eu l’explication complète : «Des fois elle se fâche, et elle nous punit. Mais elle ne nous crie jamais dessus…»

 

Il ne me reste plus qu’à présenter mes respects à la maîtresse de mon fils. Et à essayer de m’améliorer, comme maîtresse, et comme maman…

Peut-être prendre exemple sur la maman des poissons

Un accrochage

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Aujourd’hui, je vous livre une petite anecdote automobiliste. Un matin, j’accompagne ma fille à son école. Je me gare dans la rue non loin, sur une des rares mais vraies places de stationnement. Tout en faisant attention à la circulation du matin, j’entreprends de couvrir ma fille avant de la sortir de la voiture. Je suis sur la chaussée. La portière est entrouverte, au minimum, posée contre moi pour gêner le moins possible les autres véhicules. Ils sont plusieurs à passer derrière moi pendant que je lui enfile son manteau, penchée à l’intérieur de la voiture. Et puis d’un coup, choc, bruit de plastique brisé. Je jette une œillade à la Twingo qui s’arrête un peu plus loin, mémorise sa plaque d’immatriculation, ramasse un morceau de son rétroviseur sur le sol derrière moi, le pose sur le toit de ma voiture. J’achève de préparer ma fille. Sur le trottoir, de l’autre côté de ma voiture, on se retrouve.

On échange quelques mots, des numéros de téléphone, un début de constat. Ma voiture n’a rien. Son rétro est littéralement arraché.

Elle n’est pas agressive. Mais elle me demande pourquoi, mais pourquoi donc, je sors ma fille du côté de la route. Je ne devrais pas faire ça. C’est dangereux. Elle sait de quoi elle parle, elle a eu trois enfants.

Je lui demande pourquoi elle n’a pas ralenti. Parce que le matin il y a du monde sur la route, et puis elle est pressée. Mais alors, moi, qui sors ma fille par la portière à côté de laquelle est placé son siège, je suis une dangereuse imprudente !

Le lendemain, je la retrouve à son travail pour rédiger le constat. Son mari vient me faire la morale en me surplombant et pointant sur moi son doigt inquisiteur : « Vous trouvez que c’est prudent ce que vous faites ? » Je reste calme et souriante. Je comprends ce qu’il essaie de faire. Réveiller la culpabilité en moi. Mais je sais trop ce qu’il s’est passé pour les laisser s’immiscer dans ma tête.

Ma portière était déjà entrouverte, visible, statique.

Elle n’a pas ralenti. Elle a mal estimé la distance entre nous. Elle a explosé son rétro dans ma portière.

Elle aurait pu blesser ma fille ou moi.

Elle n’a pas eu un mot d’excuse.

Mais bon, je suis probablement une mauvaise mère à ne pas me contorsionner tous les matins pour sortir ma fille côté trottoir…

Quand je lui ai dit, au détour d’une phrase, que j’avais le siège de mon fils de l’autre côté, j’ai senti une faille dans son argumentaire. Je ne m’y suis pas engouffrée.

En quelques jours j’ai transformé ma colère en inspiration à écrire.

Et voilà la suite de l’histoire : grâce à son très vieux constat, ma voiture «en stationnement» n’est pour l’assurance en aucun cas responsable. S’il l’on avait écrit «portière ouverte» sur la première page les choses auraient été différentes…

Pour aller jusqu’au bout de l’anecdote, il m’arrive maintenant de me contorsionner pour sortir ma fille côté trottoir, les jours de trafic rapide ou de manteau à mettre. Je me montre effectivement plus prudente depuis cet accrochage…

Mais surtout, je soigne ma non-culpabilité comme une très bonne amie que je veux garder à mes côtés (à ce sujet, je vous conseille cet article).

Exposition « Etre une maman contemporaine c’est un art »

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La vie prend parfois des tournants inattendus. La volonté d’exposer mes œuvres (photo)graphiques est apparue je crois au détour d’un songe… Et comme je n’abandonne jamais une idée créative, j’ai décroché cette première exposition dans un “concept store” de la rue de la République à Marseille. Elle s’intitule “Etre une maman contemporaine c’est un art”, et c’est une exposition qui fait la part belle aux spectateurs, alors venez… voir, sentir, créer, écrire…

En plus vous pourrez trouver dans ce lieu des pièces uniques de créateurs locaux qui feront des cadeaux originaux pour Noël. Bijoux, accessoires, vêtements pour petits et grands, doudous câlins, veilleuses rassurantes, et même savons fait main ou shampoings solides… De quoi combler tous les goûts et tous les budgets.

“Etre une maman contemporaine c’est un art”, exposition du 9 au 30 décembre à L’Alternative Concept Store (21 rue de la République, 13002 Marseille).

Vernissage le vendredi 9 décembre à 18h.

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Atelier créatif “Carte de vœux” pour les 3 – 6 ans le samedi 17 décembre à 11h.

Surconsommation

Surconsommation

Elle sortit un sachet de thé de la boîte en carton et lui imprima un léger mouvement de balancier, observant sa forme pyramidée. Encore un de ces produits « nouvelle génération » aux performances, goûts et prix sur-améliorés. Elle trouvait cela ridicule, toutes ces nouveautés soi-disant révolutionnaires, mais son mari et ses enfants les adoraient au contraire. Ainsi, chaque semaine, ils revenaient des courses avec les derniers nés des industriels : blocs de produit-lavant-tout-compris-anti-vaisselle-ternie encore plus efficaces, sodas et sucreries sans-sucre-mais-avec-vitamines-à-hauteur-des-apports-de-cinq-fruits-et-légumes-par-jour, mélange d’épices-extraordinaires-et-leur-sac-plastique-pour-une-cuisson-géniale-au-micro-onde, parmi d’autres choses incroyables.

En suivant, distraite, les oscillations du sachet pointu, elle se mit à songer à la cuisine de sa grand-mère. Dans cette pièce, claire, lumineuse, chaleureuse, emplie des odeurs de son enfance, elle avait observé, des années durant, la lourde cocotte en fonte où mijotaient les ragoûts, la batterie de cuisine en cuivre accrochée au mur, les ustensiles en bois. Aujourd’hui, entourée de sa multitude de gadgets modernes, noyée sous des kilos de plastique, elle enviait cette modeste simplicité.

Oubliant son sachet dans l’eau bouillante, elle quitta sa cuisine précipitamment. Sa famille l’appelait pour qu’elle vienne ouvrir son cadeau de fête des mères. Avec vivacité, elle déchira le papier, et découvrit le dernier né des gadgets de cuisine : un épulpeur.

« Merci », murmura-t-elle, sans conviction. « On n’en avait pas encore. »

Pendant que ses enfants tournaient le carton dans tous les sens pour détailler les différentes fonctions de ce nouvel appareil, son mari se mit en quête d’une place pour ranger le nouveau venu dans leur cuisine aménagée.

La mère de famille retourna, en soupirant, remuer son sachet de thé dans l’eau bouillante. Saisissant son smartphone, elle pianota sur le clavier, dans la barre de recherche google : « Quel livre acheter pour apprendre la décroissance heureuse à des surconsommateurs hystériques ? »

Et le papa ?

Et le papa ?

Plus de deux mois que j’écris, ici, ma vie de maman.

Et le papa, dans tout ça ?

Mon homme, mon amour, ce père formidable pour nos enfants… Il est là, en filigrane dans tout ce que j’écris de notre vie de famille. Tellement présent. Mais je ne voulais pas parler en son nom. Alors sa présence est restée diffuse, parfois presque imperceptible.

Aujourd’hui, je veux le raconter, en secret (car il ne sait rien de cet article, il le découvrira comme vous).

Sur le dessin – spontané – de mon fils, son papa (à gauche) m’a transformé en glaçon (oui, c’est moi la chose informe dans le carré rose sur la droite). Un papa roi des neiges en somme !

Mon homme, il est, je suppose, ce que certains appelleraient un « papa moderne », un « super papa », un « papa impliqué ». Et je me questionne sur ces « nouveaux papas ». Sont-ils en passe de devenir la majorité ? A quel point faut-il valoriser cette soi-disant révolution de la paternité ? Pour moi, le problème, si je peux me permettre ce mot, avec les « nouveaux pères » — comme le souligne très justement une blogueuse dans ce billet — c’est qu’ils sont encensés lorsqu’ils jouent leur rôle de père. Alors que nous, les mères, peu importe à quel point on se démène pour faire de notre mieux, personne ne nous dira jamais qu’on est une bonne mère. Pire, au moindre souci chez nos enfants, on sera pointée comme la responsable.

Mais sortons de cette opposition stérile. Cela ne concerne pas le père de mes enfants. Il n’y est pour rien, si le monde ne tourne pas toujours rond…

Pour moi, le papa de mes enfants, c’est mon égal. Il peut faire tout ce que je fais. Je peux faire tout ce qu’il fait. Nous sommes tous les deux, tout simplement, des parents pour nos petits.

S’il est « Papa » pour mes enfants, il demeure «Chéri», «Mon amour», pour moi. J’essaie de ne jamais m’adresser à lui en lui disant « papa ». C’est un interdit, chez nous, de nous appeler mutuellement « Papa Maman ». Parents à temps plein, nous voulons rester, quand même, des amoureux…

Mais vous, au fait, vous en pensez quoi des « nouveaux papas » ?

Tenir son enfant par la main

Tenir son enfant par la main

J’étais loin d’imaginer ce que l’on ressentait en serrant la main de son enfant, avant de le toucher du bout des doigts…

Pendant des mois, des années, j’ai marché avec lui dans la rue, tenant sa petite main dans la mienne.

J’ai savouré. Tendrement pressé sa paume.

J’ai goûté, cette chaleur, cette douceur.

Je me suis sentie entièrement maman à travers ce simple geste.

Tenir sa main. Cheminer avec lui. Lui parler, lui montrer, l’emmener avec moi. Être avec lui.

J’avais pris l’habitude de passer mon petit doigt de l’autre côté de sa main, pour l’enserrer plus près, plus fort. Puis il a grandi et m’a dit, m’a répété, de ne plus faire ça. Il m’a montré comment il voulait que je le tienne.

Les mois passant, j’ai gardé sa main. Je n’arrivais pas à imaginer qu’un jour je le lâcherais, qu’il marcherait à côté de moi, sur un trottoir, au cœur de cette ville dangereuse, tout près des voitures, des scooters, des clébards. Qu’il marcherait et que sa main ne serait plus dans la mienne.

Il en était capable depuis longtemps. Mais sa main restait là.

Et puis, ma fille a grandi. Au début de l’année dernière, elle a fait ses premiers pas, et quelques mois plus tard elle s’est mise à réclamer de descendre de mon dos. Alors, j’ai commencé à marcher, dans la rue, en tenant sa toute petite main, à elle.

Le moment était arrivé. J’ai lâché la main de mon fils.

Aujourd’hui, il m’arrive encore, souvent, de réclamer sa petite main à mon grand garçon… mais de moins en moins.

En écrivant cet article, j’ai une chanson qui trotte dans ma tête, une chanson au goût de nostalgie. Prendre un enfant par la main. Je me souviens du jour où je l’ai entendue pour la première fois, j’étais alors toute jeune, et ma mère tellement émue de me faire découvrir cette chanson qu’elle adorait.

Près de vingt-cinq ans plus tard, c’est mon tour. Je comprends.

Et j’ai encore quelques mois, quelques années, à tenir la main de ma fille…