Favoritisme vestimentaire pro-filles

Favoritisme vestimentaire pro filles

Cette galère pour habiller les garçons, on en parle ?

Il y a deux semaines, je voulais regarnir l’armoire de mon fils, 6 ans et demi, pour l’hiver. Je me rends donc en magasin, dans l’enseigne très connue à laquelle je suis fidèle depuis ma première grossesse. Pour une fois j’aimerais pouvoir essayer avec lui, qui est si fin et porte des tailles différentes en haut et en bas… Ce samedi matin, dans le rayon garçon à l’abandon, je songe qu’ils devraient modifier leur slogan « Les enfants d’abord » pour « Les filles d’abord… les garçons s’il reste de la place… ». La zone « petit mec » est clairement moins garnie et la plupart des tailles introuvable. Je finis par passer en caisse en ressassant mon agacement, deux pantalons à la main. « Ils lui vont, ils lui plaisent, c’est déjà ça. » Pourtant – surprise ! – la caissière m’annonce un prix bien supérieur à celui que j’avais calculé, puis m’explique « vous n’êtes plus dans le club depuis le 1er novembre madame » (nous sommes le 4 novembre) « pour prolonger votre adhésion vous devez prendre un troisième article ». C’est vrai que je suis juste cliente depuis sept ans ! La colère enfouie remonte à la surface, les pantalons posés sur la caisse, je quitte le magasin en expliquant qu’il me sera impossible de prendre un article de plus dans ce désert que constitue leur rayon garçon.

Plus tard, sur internet, je n’ai trouvé que ce texte déplorant le manque de choix pour les garçons. Et puis je me suis souvenue des discussions de mamans sur la galère de l’habillage de garçon. Mon fils était encore bébé, je ne ressentais pas encore cette difficulté. Aujourd’hui je suis en plein dedans et une chose est certaine, j’éviterai cette marque désormais… Marre de ne trouver chez eux, pour mon fils, que du plus triste et moins bien coupé que ce qu’ils proposent à l’autre sexe. Pour nos garçons, du gris, du marron, du taupe… couleur des murs revisités en « home staging » par une célèbre émission télévisée…

Lutter contre le sexisme, c’est aussi arrêter de considérer les filles comme des princesses bien habillées – mais écervelées et chouineuses – et les garçons comme des meubles – mais intelligents ne vous plaignez pas !

Mon fils me le disais il y a quelques mois : « Maman pourquoi tu me changes de tee-shirt, l’essentiel c’est d’être habillé ! » L’essentiel, oui, mais je refuse de renoncer à des vêtements assortis, à un peu de fun, un peu de couleur et un peu de style.

Il y a davantage de choix sur internet, me direz vous, on peut même, selon les enseignes, y précommander des tailles à essayer. En maman moderne qui se respecte, j’utilise souvent les boutiques sur internet… mais j’aimerais aussi pouvoir simplement aller acheter des vêtements en magasin avec mon garçon. Ce ne sera plus chez cet âne verdâtre, j’espère que ce sera ailleurs. La solution est peut-être chez les marques qui ne différencient plus les rayons garçons et filles

Ou alors on déménage dans un pays où l’on peut rester en maillot toute l’année…

 

Et vous alors, des galères d’habillage de nains à raconter ?

Le corps des mères

Le corps des meres

Cette histoire commence avec l’implantation d’un locataire dans un corps jusqu’alors libre. Une prise de poids effrénée, des assimilations linguistiques entre «grossesse» et «grosse», des mots prononcés avec un étonnement un peu écoeuré («Mais tu es énorme !») ponctuent les neufs mois de squat intensif de notre ventre. Je passe vite sur l’imbécillité crasse de ceux qui, sur une chaîne néerlandaise dont on taira le nom, ont décidé de faire de la comparaison entre grosse et enceinte la question d’un jeu télévisé. Je passe aussi sur les désagréments qui ne nous toucheront pas toutes au même endroit ni avec la même intensité, la nature est injuste et frappe au hasard. Les vergetures comme de la peinture qui craquelle et le décolleté transformé en carte routière «toutes les routes mènent aux seins» ne sont que la partie visible du désordre corporel. A l’intérieur les organes se poussent pour laisser croître l’enfant, et les conséquences sur le système digestif de la mère à venir sont à la hauteur de ce bouleversement.

Et puis un jour arrive la première contraction, celle où l’on comprend. Celle qui nous fera vivre toutes les douleurs de règles à venir comme de la souffrance de petite joueuse. L’étau serre, redondant, imposant, puissant. De femme on devient mère dans la force de la douleur utile, enserrée et écartelée, désespérée et joyeuse, énergique et anéantie. Soyons reconnaissantes, les accouchées « voie basse », certaines deviennent mères dans le froid et le silence d’une salle d’opération. Leur passage à elles, c’est une incision au scalpel.

Après, la douleur deviendra les mots pour la décrire et le corps oubliera. Il oubliera même la fermeture éclair entre les cuisses et les douleurs honteuses qui n’en finissent pas de palpiter. D’autres épreuves sont dressées pour nos corps de mères. La privation de sommeil. Les mamelons cisaillés. La reprise du travail. Le retour à la vie d’avant.

Sauf que pour notre corps, notre corps de mère, l’avant n’est plus une option d’avenir. On a porté le futur, on a fabriqué l’amour, on a construit notre dévouement pour nos enfants dans le creux de notre chair. Nos seins ne sont plus un accessoire de mode. Nos hanches ont contenu un être humain. Notre ventre est devenu un coussin confortable pour les jours de maladie de nos petits.

Notre corps s’est transformé même quand autour de lui rien n’a changé, ni les couvertures des magazines ni les panneaux publicitaires ni les attendus de la société. Notre corps de mère s’est transfiguré, à l’inverse de ces injonctions superficielles.

Il porte sur lui les stigmates de son histoire et de son but…

Soyez fières de votre corps de mère, soyez fiers du corps de mère de votre femme, soyons fiers du corps de mère de nos mères. Il est à l’origine de tout.

Chemin de parents

Chemin de parents

Pendant que les enfants poussent les parents grandissent.

A chaque croisement ils font des choix. Allaitement ou biberon. Pouce ou sucette. Sommeil séparé ou cododo. Tel pédiatre ou tel autre. Poussette ou écharpe.

Au fur et à mesure qu’ils avancent, ils ferment des voies. D’autres s’ouvrent. Ils évoluent, découvrent, explorent. Des rencontres de bord de chemin dévoilent des sentiers cachés.

Mais surtout, ils deviennent sûrs. Gagnent en confiance. En sérénité. En expérience.

Ils ne sont plus ces jeunes parents avides de perfection, avec ce besoin de prouver à tous qu’ils sont capables. Ils ont renoncé à la perfection et même à la capacité. Ils ont compris qu’ils ne seront jamais cette illusion…

Au bout de quelques années et à partir de deux enfants, tous ceux qui les noyaient de conseils plus ou moins (plutôt moins) sollicités ne mouftent plus un mot. Les parents n’ont plus rien à prouver. Leur susceptibilité s’est éteinte.

Alors les rares conseils encore donnés glissent. Ils acceptent cette main tendue pour ce qu’elle est, ni critique ni recette, mais une astuce en forme de parenthèse.

De toute façon, pour ceux autour, ils n’en ont pas vraiment besoin. Ils ont gagné leurs galons de parents, comme un tampon à chaque étape. Ils sont sacrément tamponnés, ça se voit de l’extérieur. Qu’importe si l’intérieur est constamment submergé.

Un chemin sous-marin en quelque sorte…

Réussir son allaitement ce n’est pas seulement un coup de chance

Tenue correcte exigée

On a peut être un peu trop tendance à penser, enceintes, que l’allaitement c’est naturel. Que ça coulera tout seul – c’est le cas de le dire.

On compte sur la chance de la débutante, sur les conseils à la maternité, sur l’expertise du pédiatre… Aïe ! Rien de tout cela ne fonctionne à coup sûr. L’accompagnement en maternité est souvent bien léger – quand il est approprié ; les conseils contradictoires – voire contraires aux bons usages de l’allaitement ; les pédiatres pas formés à cette question – et pour certains carrément réfractaires à un allaitement qui dépasserait trois mois. On n’est pas rendues dès lors, si l’on ne s’est pas renseignées pendant la grossesse, si l’on ne pose pas les questions aux bonnes personnes, si l’on ne se blinde pas contre les bêtises que l’on entendra.

Si l’allaitement est important pour vous, si vous croyez qu’il est important pour votre enfant, si vous y tenez, ne passez pas à côté de l’inévitable prise d’informations avant. Sachez où prendre les infos pendant (site de la Leche League, Forum des tétouilleurs, associations de soutien à l’allaitement). Et puis venez partager aux réunions allaitement, on y chemine tellement, entourées d’autres mères qui allaitent, qui ont allaité, qui vivent, qui ont vécu ce que l’on traverse…

A Marseille, c’est nouveau cette année, la Famille Zen propose des rencontres allaitement, totalement gratuites, que je co-anime avec une autre maman ayant une expérience longue d’allaitement (en ce qui me concerne : plus de deux ans pour mon fils et plus de trois ans pour ma fille), avec l’envie d’accompagner avec bienveillance votre expérience d’allaitement.

Les réunions allaitement me manquaient tant, j’ai dû trouver un moyen d’en faire exister de nouvelles ! Et puis… le savoir ne vaut rien s’il n’est pas partagé.

Ça vous tente ? Je vous donne les dates des prochaines réunions pour 2017 : le dimanche 15 octobre, le dimanche 12 novembre et le dimanche 17 décembre, de 10h à 12h à chaque fois. Après-demain, ce sera au parc du Palais Longchamps (tant qu’il fait beau et chaud profitons-en !). Toutes les infos sont sur la page facebook de la Famille Zen. A dimanche ?

La Famille Zen, une jeune association marseillaise à découvrir

Banderolle Famille zen

Vous l’avez peut-être ressenti à travers le rythme de publication ralenti des derniers jours… En ce moment, il m’est difficile de trouver du temps. Mes listes de choses à faire s’allongent et mes journées s’écourtent. Je suis plongée dans les préparatifs de mon exposition qui démarre dans deux semaines et j’avoue avoir du mal à me poser pour respirer, réfléchir, ou écrire… Pourtant dans cet ouragan d’activités se superposant les unes aux autres, j’ai vécu aujourd’hui une parenthèse de rencontre et d’écoute. Je suis allée, en famille, à un pique-nique organisé par la toute jeune association marseillaise La Famille Zen, qui entend reprendre les activités du Zèbre Zen aujourd’hui disparu. Pour l’instant les deux super mamans qui tiennent cette association organisent environ une fois par mois des rencontres avec les familles (papas et enfants archi bienvenus) pour échanger sur la parentalité. Ainsi, aujourd’hui, nous avons causé éducation bienveillante et phases d’opposition. Nous avons partagé nos astuces pour gérer les crises de nerfs de nos minots sans taper ni crier. C’était doux, vrai, chaleureux, un moment d’échange sans jugement, un moment où l’on se sent compris et capable d’évoluer. Même mon homme – qui n’a pourtant jamais trop voulu m’accompagner aux réunions allaitement où j’allais aussi chercher ces instants de partage bienveillant – a apprécié le pique-nique. Et moi, qui ai été une grande consommatrice de réunions d’allaitement quand j’en avais le temps et l’occasion, j’ai retrouvé avec bonheur cette ambiance feutrée et ressourçante.

Alors merci La Famille Zen, de proposer ces temps hors du temps. Si vous n’avez pas encore cliqué sur le lien plus haut, la page Facebook de La Famille Zen c’est . Et si vous avez envie de vous investir… vous savez bien que les plus belles choses se construisent à plusieurs. J’essaie d’enrôler, mais pour être honnête avec vous, mon investissement pour l’instant s’est limité à la création de leur logo, et à cet article. Promis je vais réfléchir à ce que je pourrais proposer, et à comment trouver le temps pour cela. Je termine en parlant du temps qui manque, et la boucle et bouclée…

Je vous souhaite de profiter de ce week-end prolongé.

Allaitement long, très long, très très long

Allaitement long

Il fait tellement partie de mon quotidien, cet allaitement. Avec le temps il est devenu tellement naturel, tellement normal. J’ai développé une telle indifférence à la surprise des gens, qu’elle glisse sur moi. Les remarques sont devenues inexistantes face à cette assurance sereine que je porte en moi, qu’allaiter son enfant jusqu’au sevrage « naturel » c’est… naturel. J’en parlais déjà, ici, avant que ma fille ne fête ses trois ans. Quelques mois sont passés, et l’allaitement est encore là, en pointillé, de moins en moins présent, chaque tétée comme peut-être la dernière, mais encore là… Dans une semaine, cela fera six ans que j’allaite – avec une interruption de cinq mois pendant ma seconde grossesse. Alors oui, chez nous l’allaitement est très très long. Une très longue période de ma vie de femme, de notre vie de famille.

En créant ce blog je pensais que l’allaitement serait un sujet récurrent, et puis finalement dans le nuage de tags le mot reste petit, discret, comme son rôle dans notre vie de famille, maintenant que nous n’avons plus de nourrisson à la maison.

Je pensais que l’allaitement – ce lien et cette implication du corps dans la maternité – me manquerait en s’estompant, mais je me trompais. L’allaitement est un passage. La maternité est un tout.

Je l’oublie, alors, cet allaitement « hors norme »… Et puis parfois il ressurgit dans toute son exception. L’autre jour chez notre pédiatre un journaliste faisait un reportage sur la vaccination. Quand j’ai mis ma fille de trois ans au sein pour l’aider à gérer la douleur de l’injection, que mon médecin adoré en a rajouté une – énorme – couche en me demandant de répéter l’âge de ma fille, et a affirmé au journaliste qu’il assistait à quelquechose d’extraordinaire… Bon j’avoue que j’ai piqué un fard.

De la même façon, quand je compare nos propos de futurs parents à ce que l’on vit aujourd’hui, le contraste est flagrant. Enceinte, quand j’évoquais, déjà, l’allaitement long (à cette époque j’envisageais d’allaiter un an), nous étions d’accord avec mon amoureux pour dire que nous trouvions cela étrange un enfant qui marche, qui parle… et qui tète encore. Mais ça c’était avant… Il y a quelques semaines, ma fille est venue me voir dans ma chambre et m’a dit très précisément : « Je veux téter avant que tu ailles te doucher ». « Avant que tu ailles », quoi ! Et puis elle a tété, cinq secondes en tout, moi accroupie, elle debout, et j’ai eu cette image à l’esprit…

Allaitement long Une Time

Cette Une « scandaleuse » représentant une réalité que personne ne veut voir.

Un jeudi soir aux urgences pédiatriques

Un jeudi soir aux urgences pédiatriques

C’était un jeudi d’hiver. Rentrée de mon travail à 19h, je referme la porte de mon appartement derrière moi et j’entends mon fils gémir depuis son lit. Hier il a loupé l’école pour un passage de virus, mais ce matin il allait plutôt bien.

Je me précipite à son chevet, il a mal. Pas de fièvre, mais il se plaint de douleurs. Je le sors du lit, le garde dans mes bras sur le canapé. Mon amoureux m’explique qu’il s’est mouché avec un kleenex à la menthe et que depuis il a mal. Mal à la bouche, à la langue, puis à l’œil. La douleur semble osciller d’un lieu à l’autre et se montre fulgurante.

Je demande à mon homme d’appeler les urgences. Ils ne savent rien sur les mouchoirs à la menthe et nous conseillent d’appeler le 15. Il s’exécute, explique le problème, puis commence à s’énerver avant de conclure : « Je vais arrêter de faire mon père maltraitant et donner du Doliprane ! » et de raccrocher.

La doc de garde lui a signifié avec dédain que la première chose à faire était de donner du Doliprane. Sans bienveillance ni écoute. Doliprane et lâchez-moi avec vos questions débiles.

Nous ne savons toujours pas si l’irritation causée par le menthol peut être grave. Cet élément semble ne pas exister pour les gens auxquels on parle. Notre fils se tord de douleur, il crie, il râle. On flippe. Maintenant c’est l’oreille. Plus la langue, plus l’œil. Juste l’oreille.

Il est 19h30, une dose de Doliprane plus tard, je l’habille et en route pour les urgences. Lorsque je le laisse quelques secondes dans les escaliers pour remonter chercher le carnet de santé, je le retrouve allongé par terre sur le palier. « Pourquoi tu es par terre ? – Parce que j’ai mal. »

Dans la voiture, il gémit « Aïe, j’ai mal, maman, j’ai mal. »

On arrive aux urgences, il s’allonge la tête sur mes genoux. Je regarde les autres enfants dans la salle d’attente. Les autres parents surtout. L’inquiétude au coin de l’œil. Je le questionne sur sa douleur. Ça va mieux. Il a encore un peu mal. A l’oreille juste. Le Doliprane a fait effet.

Il décrit joyeusement les personnages peints sur les murs.

L’infirmière d’accueil nous reçoit. Elle introduit ma carte vitale dans son lecteur, puis dit le prénom de mon fils et notre adresse. Mon garçon se tourne vers moi : « Comment elle fait pour tout savoir ?

– Je suis une magicienne, répond-t-elle avec un sourire de fée. »

Quand elle demande ce qu’il a, il répond tout seul « J’ai mal à l’oreille ». Elle le regarde, elle l’écoute. Elle prend son pouls au bout du doigt, sa température. Elle lui met son bracelet. Et l’on retourne s’asseoir dans la salle d’attente.

Il ne tarit pas de paroles, avec sa voix claire plus du tout gémissante.

« Je l’adore, elle ! »

« Pourquoi elle m’a mis un bracelet ? »

« Je vais le montrer à ma sœur mon bracelet, je vais lui montrer qu’il y a mon nom dessus. »

Puis on a appelé chez nous : « Papa, j’ai un bracelet avec mon nom dessus ! »

La visite aux urgences est en train de devenir une aventure extraordinaire pour petit garçon malicieux.

« Chut. Ne parle pas trop fort. »

Une otite et un petit en pleine forme, combien de temps va-t-on attendre avant d’être appelés ?

Quelques minutes passent et l’on se retrouve dans un box étriqué à attendre le médecin. Mon fils est en slip, je le couvre avec mon pull. Il me questionne sur les machines suspendues sur le mur au dessus de la table de consultation. Je ne connais rien de tout cela.

La doc arrive. Auscultation. Petite otite.

Je lui parle des mouchoirs. Sans jugement elle me répond : « Les mouchoirs à la menthe ce n’est pas dangereux. » Si seulement la doc du 15 nous avait dit ces mots…

Elle rédige l’ordonnance – antibio, gouttes et doliprane.

Dans ma tête une question passe : « Les antibios ça peut attendre demain ? » Mais je suis venue aux urgences pour rien, avec un gosse qui n’a plus mal grâce au doliprane donné chez nous. Alors je me tais. Je prends l’ordonnance, je remercie.

Mon fils est ravi. Il dit au revoir à tout le monde, très poliment. Et il ajoute « A bientôt ! »

Euh, non, pas à bientôt…

Aller aux urgences un soir de semaine pour « rien », on va essayer d’éviter. En plus j’avais des gouttes magiques pour calmer les otites dans mon armoire à pharmacie…

Images de ma première expo

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Au moment où je prépare ma future exposition – à partir du 19 mai à Aubagne, je vous en reparle très bientôt – je veux poser ici quelques images pour (re)partager avec vous l’esprit de ma toute première exposition…

Elle a eu lieu en décembre dernier. Elle mêlait photos et dessin, avec pour titre Etre une maman contemporaine c’est un art.

Qui s’interroge sur l’art d’être maman, aujourd’hui ? Qui s’interrogent sur l’art contemporain ? A quel moment notre vie quotidienne devient-elle de l’art ?

Qui s’interroge sur ce que font les femmes, les mères, sur ce qu’elles veulent, sur ce qu’elles sont ?

Cette exposition se déclinait en différentes « actions artistiques » de maman contemporaine.

Chanter Joyeux Anniversaire

Maman de Plume a 1 an

Le temps se déverse goutte à goutte, une fuite jamais colmatée, et au milieu de l’inondation, certains jours pèsent plus que d’autres. Les larmes coulent quand les souvenirs ressurgissent de certains flots.

Alors, les yeux scintillants, on fête chaque année, en hissant les couleurs de l’enfance joyeuse, sa flamme remuante. On soigne les préparatifs, on échauffe sa voix pour chanter à tue-tête, et l’on se découvre des talents de jukebox/animatrice/cameraman…

 

Se faire de nouveaux amis

L'écriture sur internet

Avant, on jouait les geeks collés à notre écran. Après aussi…

Quand nos grand-mères étaient abandonnées avec leur bébé et leurs questions, nous vivons l’exact inverse. Nous nous noyons dans ces mondes ; sites médicaux, forums et autres guides de survie plus ou moins spécifiques, plus ou moins bienveillants, plus ou moins inquiétants ou déroutants…

Quelle place reste-t-il pour se faire confiance et suivre son instinct ?

Les guider vers l’autonomie

L'allaitement dure trois ans

L’allaitement dure trois ans

Du moins, il peut. Comme il peut durer trois jours. Ou trois semaines, avec ce pic de croissance dont personne ne parle… Ou trois mois, avec la reprise du boulot et le refus de la présumée torture du tire-lait.

Il existe mille raisons d’arrêter l’allaitement avant qu’il ne cesse de lui même…

Et sinon, il y a le sevrage naturel, cette normalité biologique oubliée : à un moment, l’enfant est prêt à passer à autre chose, et le réflexe de succion disparaît. Tout concorde, ils n’en ont plus besoin et ils ne savent plus.

Ainsi, mois après mois, ils cheminent avec naturel vers leur autonomie.

 

Contempler le monde avec des yeux d’enfant

Le vélo, liberté urbaine ?

Liberté urbaine ?

Le 31 janvier 2016, l’événement politique de la semaine c’était Christiane Taubira quittant le gouvernement à bicyclette. Alors on avait érigé ce vélo en « symbole de liberté » – n’ayons pas peur des mots.

Moi, je m’interrogeais sur cet objet (A la mode ? Electrique ? Familial ?) et sur ma peur de l’accident.

Et c’est ainsi que cette photographie est née, à l’intersection entrechoquée de la liberté et de la ville…

 

Petite Padawan

Petite Padawan

Est-ce que les filles aussi ont la Force ?

Apparemment, l’imagination n’est pas une question de sexe.

Les laisser explorer l’immensité des possibles qui s’ouvre devant eux… Ce n’est peut-être pas plus difficile que de créer en pensée des mondes irréels…

 

Interpréter la couleur et l’odeur

Tester les couches lavables

Le pipi de trop

Encore un monde qui s’ouvre à nos pieds, et devant nos yeux ébahis, lorsque l’on rentre dans la parentalité.

Avant d’y être confrontée, je croyais que toutes les couches se valaient, et que leur contenu était aussi de qualité égale.

Puis j’ai découvert l’arc-en-ciel des selles du bébé allaité et j’ai appris à lire dans les couches comme d’autres devinent le marc de café.

Je les ai soupesées avec la tentation d’utiliser balance et calculatrice.

J’y ai baladé mon flair et, hormis les odeurs âcres et violemment acérées des cacas de bébés plus tout à fait nourrissons, c’est la senteur du dérivé de pétrole qui a insulté mon nez. Surtout après m’être habituée, avec les couches lavables, aux odeurs normales non additionnées de chimie.

Enfin, j’ai essuyé les débordements inexpliqués des couches leader du marché – plus souvent que les fuites de mes lavables. Pourtant, on avait fini par y croire… « Je fais caca aussi, ou tout le monde a compris ? »

Trouver leur place

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Deux ans et demi, et un petit problème de place

Deux ans et demi, et un petit problème de place

Les jeunes enfants, c’est souvent, en plus de tout le reste, un souci de garde. A l’usage, on se rend vite compte qu’on a trop de contraintes pour réfléchir seulement en terme de bien-être de nos petits.

Les places en crèches ? Rarissimes dans les crèches municipales et dans les crèches privées à prix abordable. On peut éventuellement dégoter une place en micro-crèche, si l’on aligne les ronds… sans oublier que les aides de la CAF se tarissent aux trois ans de l’enfant.

Une autre solution ? Les assistantes maternelles… souvent pas ouvertes à l’accueil des petits à temps partiel. Et toute une confiance à construire.

Reste l’école, mais là encore, contre toute attente, c’est un problème de place qui se pose. Si l’enfant n’est pas « dans l’année de ses trois ans » en septembre, la mairie étudiera le dossier après la rentrée… Même les écoles privées n’ont aucune place disponible, plus d’un an à l’avance !

Alors on fait quoi ? On cherche…

 

Décoder leurs mots

Parents avec décodeur intégré

Parents avec décodeur intégré

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En pleine explosion langagière, ils se font très bien comprendre, tout en parlant de façon, disons, personnelle… Moments savoureux qui ne durent pas.

 

Les cinq premières photographies sont disponibles en tirage de qualité professionnelle, grand format (environ 40×60 cm), sur aluminium… alors si vous les voulez pour chez vous, votre commerce, votre salle d’attente… Contactez-moi. Je peux même vous les prêter, après tout l’art doit vivre… et pas dormir dans un placard

Ma prochaine expo sera plus « plastique » et moins « photographique », mais toujours, colorée, participative et davantage ouverte aux petits !

Plus d’informations très bientôt…

 

Maman tu cries très fort !

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J’avais annoncé () que la culpabilité était bannie de ma vie de mère. Mais vous le savez, elle n’est jamais très loin, elle se planque derrière la moindre de nos faiblesses – la garce ! Et quand ce sont nos enfants qui pointent nos défauts, c’est parfois drôle (vive l’auto-dérision) et souvent un peu – voire très – douloureux…

 

La semaine dernière, j’ai crié – je devrais dire hurlé – une fois de plus. C’était le matin, nous étions – comme d’habitude – en retard sur l’horaire qui m’assurerait d’être à l’heure à mon travail. Je leur avais dit de mettre leurs chaussures, puis j’avais préparé mon sac, mon thé, mon repas. Les chaussures n’étaient toujours pas mises. Je leur avais demandé de mettre leurs pulls, et leurs manteaux, tout en enfilant mes chaussures et en n’oubliant pas le sac du goûter, les clés de la voiture, le portable. Je lui avais dit de mettre ses gants en fermant le manteau de sa sœur. Il avait hésité, cherché, tatonné. «Mets tes gants !» «METS TES GANTS ! MAINTENANT !»

Quelques minutes plus tard, la colère était partie, alors de sa toute petite voix si douce, ma fille m’a dit : «Tu as crié vraiment très fort maman. Je veux que tu cries moins fort.» Oups. J’ai promis de faire des efforts.

 

Déjà quelques jours avant, j’avais raconté au repas du soir que j’avais crié sur mes élèves – ils n’arrivaient pas à faire un exercice de maths réalisé déjà de nombreuses fois et j’ai « craqué ». Le jugement de mon fils – 5 ans – a été sans appel : «  Mais maman ! Tu ne dois pas t’énerver contre eux ! Tu es leur maîtresse tu dois être gentille avec eux !

– Ah parce que ta maîtresse ne crie pas ?

– Jamais ! Ma maîtresse elle ne nous crie jamais dessus ! »

Un peu plus tard, j’ai eu l’explication complète : «Des fois elle se fâche, et elle nous punit. Mais elle ne nous crie jamais dessus…»

 

Il ne me reste plus qu’à présenter mes respects à la maîtresse de mon fils. Et à essayer de m’améliorer, comme maîtresse, et comme maman…

Peut-être prendre exemple sur la maman des poissons

Un accrochage

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Aujourd’hui, je vous livre une petite anecdote automobiliste. Un matin, j’accompagne ma fille à son école. Je me gare dans la rue non loin, sur une des rares mais vraies places de stationnement. Tout en faisant attention à la circulation du matin, j’entreprends de couvrir ma fille avant de la sortir de la voiture. Je suis sur la chaussée. La portière est entrouverte, au minimum, posée contre moi pour gêner le moins possible les autres véhicules. Ils sont plusieurs à passer derrière moi pendant que je lui enfile son manteau, penchée à l’intérieur de la voiture. Et puis d’un coup, choc, bruit de plastique brisé. Je jette une œillade à la Twingo qui s’arrête un peu plus loin, mémorise sa plaque d’immatriculation, ramasse un morceau de son rétroviseur sur le sol derrière moi, le pose sur le toit de ma voiture. J’achève de préparer ma fille. Sur le trottoir, de l’autre côté de ma voiture, on se retrouve.

On échange quelques mots, des numéros de téléphone, un début de constat. Ma voiture n’a rien. Son rétro est littéralement arraché.

Elle n’est pas agressive. Mais elle me demande pourquoi, mais pourquoi donc, je sors ma fille du côté de la route. Je ne devrais pas faire ça. C’est dangereux. Elle sait de quoi elle parle, elle a eu trois enfants.

Je lui demande pourquoi elle n’a pas ralenti. Parce que le matin il y a du monde sur la route, et puis elle est pressée. Mais alors, moi, qui sors ma fille par la portière à côté de laquelle est placé son siège, je suis une dangereuse imprudente !

Le lendemain, je la retrouve à son travail pour rédiger le constat. Son mari vient me faire la morale en me surplombant et pointant sur moi son doigt inquisiteur : « Vous trouvez que c’est prudent ce que vous faites ? » Je reste calme et souriante. Je comprends ce qu’il essaie de faire. Réveiller la culpabilité en moi. Mais je sais trop ce qu’il s’est passé pour les laisser s’immiscer dans ma tête.

Ma portière était déjà entrouverte, visible, statique.

Elle n’a pas ralenti. Elle a mal estimé la distance entre nous. Elle a explosé son rétro dans ma portière.

Elle aurait pu blesser ma fille ou moi.

Elle n’a pas eu un mot d’excuse.

Mais bon, je suis probablement une mauvaise mère à ne pas me contorsionner tous les matins pour sortir ma fille côté trottoir…

Quand je lui ai dit, au détour d’une phrase, que j’avais le siège de mon fils de l’autre côté, j’ai senti une faille dans son argumentaire. Je ne m’y suis pas engouffrée.

En quelques jours j’ai transformé ma colère en inspiration à écrire.

Et voilà la suite de l’histoire : grâce à son très vieux constat, ma voiture «en stationnement» n’est pour l’assurance en aucun cas responsable. S’il l’on avait écrit «portière ouverte» sur la première page les choses auraient été différentes…

Pour aller jusqu’au bout de l’anecdote, il m’arrive maintenant de me contorsionner pour sortir ma fille côté trottoir, les jours de trafic rapide ou de manteau à mettre. Je me montre effectivement plus prudente depuis cet accrochage…

Mais surtout, je soigne ma non-culpabilité comme une très bonne amie que je veux garder à mes côtés (à ce sujet, je vous conseille cet article).