Le plastique c’est pas fantastique

Le plastique c est pas fantastique

Jeudi dernier je me suis réveillée avec cette information : selon une étude du WWF, les cétacés de Méditerranée sont contaminés par les phtalates (ces composés chimiques dangereux qui rentrent dans la composition des plastiques).

Vous le savez peut-être déjà, nos océans abritent 269000 tonnes de plastique.

Au nord de l’océan pacifique, c’est une soupe de plastique qui flotte, jusqu’à 30 mètres de profondeur. Une soupe mêlant de petits fragments et de gros déchets, sur une surface étendue comme six fois la France. A ce sujet vous pouvez lire cet article du Monde sur le 7ème continent de plastique.

Il paraît qu’on a commencé à faire des efforts pour réduire nos déchets plastiques. Déjà on a interdit les sacs plastiques en magasin (j’en parlais ). Enfin pas vraiment, on trouve encore des sacs plastiques – « réutilisables » qu’ils disent. Ensuite, les gobelets et assiettes en plastique devraient être interdits en 2020 pour privilégier le carton…

Mais en attendant, si l’on suit l’estimation selon laquelle 10% du plastique produit chaque année finit dans la mer, ça fait 1000 gobelets par an dans la Méditerranée rien que pour l’école maternelle de mon fils…

Comme les sources se croisent et se confortent, je suis tombée sur cette interview de Beth Terry, une activiste américaine du no plastic. Selon elle, le plastique biodégradable est problématique car sa composition est souvent obscure. Quant au recyclage, quand il est possible il reste cher, coûteux en énergie et même polluant… Reste la possibilité de réduire notre consommation de plastique. Vous voulez vous y mettre ? Voici les 100 premières étapes – en anglais – de Beth Terry.

(Moi je vais ressortir la partie anglaise de mon cerveau pour les lire… et puis je vous tiens au courant !)

La Sainte Baume

La première sortie de la saison pour notre Poumpo, c’était le 1er mai à la Sainte Baume, une sortie à la journée car les températures et la pluie ont quelque peu retardé notre première nuitée en camion… Quand les enfants marcheront un peu plus longtemps on se fera la randonnée de la grotte.

RT10 03    RT10 02

RT10 01    RT10 04

RT10 05

Vue splendide sur Marseille

RT10 06    RT10 07

RT10 08    RT10 09

Très bientôt, les photos de notre premier road-trip de l’année sur cinq jours (quatre nuits).

Oscillations de température et vibrations printanières

Oscillations 1

Un jour je sors de chez moi et ma veste reste suspendue dans l’entrée. Même pour quelques minutes, je chausse mes lunettes. Sous le pull le débardeur s’installe…

On ressort notre camion aménagé. On achète de la crème solaire. On fait notre premier pique-nique sur une pelouse couverte de pâquerettes.

Les envies culinaires changent. Verdure, fraîcheur.

Les premières fraises dans notre panier.

Des couches de tissu à enlever ou à remettre.

La laine passe de mes épaules, à ma taille, à mes épaules.

Demain, avril – ne te découvre pas d’un fil – deviendra mai – fais ce qu’il te plaît.

Mais quand se fera, vraiment, le passage ?

Un jour, après-demain ou le jour suivant, c’est évident, nous serons en saison chaude.

En attendant, oscillons gaiement…

Oscillations 2

Oscillations 3

Oscillations 4

Oscillations 5

Je vous souhaite un joyeux passage au mois de mai.

Vies d’ordures, l’exposition incontournable du Mucem

Vie d'ordures 2

Cette grande exposition très complète nous permet de réfléchir à nos modes de vie, et en particulier à notre énorme production de déchets.

En cheminant, on observe tour à tour le débordement de déchets sur notre planète, ce que la modernité nous a apporté en terme de surconsommation d’objets en plastique jetables, et puis tous ces gestes de gestion de ces déchets qu’on oublie volontiers au quotidien : ramasser, transporter, stocker, trier, recycler…

Vie d'ordures 4

Vie d'ordures 5   Vie d'ordures 6

Vie d'ordures 7

C’est une exposition nécessaire, dont on ressort à la fois écrasés par l’immensité de la tâche à accomplir, et la tête pleine d’images pour nous aider à nous améliorer. Car le changement vient aussi de chacun d’entre nous.

Je crois que faire cette expo en famille, c’est un acte d’éducation incontournable au 21ème siècle… Allez, amis marseillais (ou pas), vous avez jusqu’au 14 août pour vous y rendre !

Vie d'ordures 3

D’ailleurs, pour aller au bout de la logique, je compte bien recycler cette expo auprès de mes élèves…

Et promis, je vais me remettre la tête dans la réduction de déchets, et je reviens très bientôt pour vous parler « Zéro déchet » (ou presque).

 

Allaitement long, très long, très très long

Allaitement long

Il fait tellement partie de mon quotidien, cet allaitement. Avec le temps il est devenu tellement naturel, tellement normal. J’ai développé une telle indifférence à la surprise des gens, qu’elle glisse sur moi. Les remarques sont devenues inexistantes face à cette assurance sereine que je porte en moi, qu’allaiter son enfant jusqu’au sevrage « naturel » c’est… naturel. J’en parlais déjà, ici, avant que ma fille ne fête ses trois ans. Quelques mois sont passés, et l’allaitement est encore là, en pointillé, de moins en moins présent, chaque tétée comme peut-être la dernière, mais encore là… Dans une semaine, cela fera six ans que j’allaite – avec une interruption de cinq mois pendant ma seconde grossesse. Alors oui, chez nous l’allaitement est très très long. Une très longue période de ma vie de femme, de notre vie de famille.

En créant ce blog je pensais que l’allaitement serait un sujet récurrent, et puis finalement dans le nuage de tags le mot reste petit, discret, comme son rôle dans notre vie de famille, maintenant que nous n’avons plus de nourrisson à la maison.

Je pensais que l’allaitement – ce lien et cette implication du corps dans la maternité – me manquerait en s’estompant, mais je me trompais. L’allaitement est un passage. La maternité est un tout.

Je l’oublie, alors, cet allaitement « hors norme »… Et puis parfois il ressurgit dans toute son exception. L’autre jour chez notre pédiatre un journaliste faisait un reportage sur la vaccination. Quand j’ai mis ma fille de trois ans au sein pour l’aider à gérer la douleur de l’injection, que mon médecin adoré en a rajouté une – énorme – couche en me demandant de répéter l’âge de ma fille, et a affirmé au journaliste qu’il assistait à quelquechose d’extraordinaire… Bon j’avoue que j’ai piqué un fard.

De la même façon, quand je compare nos propos de futurs parents à ce que l’on vit aujourd’hui, le contraste est flagrant. Enceinte, quand j’évoquais, déjà, l’allaitement long (à cette époque j’envisageais d’allaiter un an), nous étions d’accord avec mon amoureux pour dire que nous trouvions cela étrange un enfant qui marche, qui parle… et qui tète encore. Mais ça c’était avant… Il y a quelques semaines, ma fille est venue me voir dans ma chambre et m’a dit très précisément : « Je veux téter avant que tu ailles te doucher ». « Avant que tu ailles », quoi ! Et puis elle a tété, cinq secondes en tout, moi accroupie, elle debout, et j’ai eu cette image à l’esprit…

Allaitement long Une Time

Cette Une « scandaleuse » représentant une réalité que personne ne veut voir.

Tester les couches lavables ? C’est par ici !

Tester les couches lavables

Le système des couches lavables vous intrigue mais vous n’avez pas encore sauté le pas ? Vous vous questionnez ? Vous vous êtes perdus dans l’infinité de sites marchands – et non marchands – traitant de ce sujet ?

Pas de panique, je vous dis tout, en mode concis, avec les liens qui vont bien, et je vous propose même des packs gratuits pour tester !

Allez, on est partis, donnez-moi la main vous allez découvrir un univers fascinant !

Le système des couches lavables, pour faire simple, consiste à remplacer les couches Pamprout bourrées de produits chimiques et d’autres substances issues du pétrole par des couches en tissu. C’est mieux pour les fesses de bébé (et il n’absorbe pas de produits dangereux par la peau), c’est mieux pour la planète (tant à la fabrication qu’en terme de déchets), c’est mieux pour votre porte-monnaie (un calcul édifiant ici partie 4 « La couche lavable est économique »). Même en comptant l’eau utilisée pour le lavage, ça fait moins que l’eau nécessaire pour fabriquer des couches jetables.

Les principaux inconvénients, c’est qu’il faut se tenir à une discipline de lavage, investir au départ, et ne pas craindre de gérer les pipis et cacas de nos enfants (mais bon, ça, en tant que parents normalement on gère…).

Les différents systèmes

Les TE1 ou « tout en un », c’est sur le papier le système le plus simple. La couche en tissu est d’une seule pièce, elle absorbe à l’intérieur et est imperméable à l’extérieur. On peut avoir un système de poche pour rajouter un ou deux « insert » ou « absorbant » (un rectangle de tissu plus ou moins épais qui absorbe, comme son nom l’indique).

109 01

Problème, ces couches sont chères à l’achat (je dirais dans les vingt euros pièce) et les élastiques qui permettent qu’il n’y ait pas de fuites ont une durée de vie inférieure à celle du tissu.

Quand j’avais testé – brièvement – les couches lavables avec mon grand, j’avais entrepris de fabriquer mes propres couches TE1, mais elles n’étaient pas tout à fait parfaites en terme d’élastiques… d’où quelques fuites.

Vous aurez quand même une TE1 fait maison dans chaque pack « grand bébé ».

Les TE2 (« tout en deux ») sont absorbantes dedans imperméables dehors et on rajoute l’absorbant à l’intérieur, par pressions généralement (au lieu de le mettre dans une poche comme pour les TE1).

En théorie on peut changer juste l’absorbant et garder la couche jusqu’au change suivant. En réalité ça déborde toujours sur les côtés, donc il faut tout changer à chaque fois.

Je pensais adopter ce système mais j’ai été déçue en seulement quelques essais.

Les couches lavables classiques sont très absorbantes (et font un énorme popotin). Elles sont constituées d’une couche absorbante (avec un absorbant en plus généralement) et d’une culotte de protection imperméable séparée. C’est le système pour la nuit (parce qu’avec une couche TE1 TE2 ou avec un lange c’est l’inondation assurée). Pour ces couches j’ai toujours été contente de la marque Popolini. Et comme j’étais dans une période couture j’avais ajouté la polaire pour avoir un effet au sec…

109 02

Vous aurez deux couches classiques « de nuit » dans chaque pack « grand bébé ».

Le système des langes est celui qu’on a adopté pour notre fille, dès le retour de la maternité et pendant plus d’un an (après on a lâché… pour différentes raisons qui n’ont pas grand chose à voir avec les couches elles mêmes). Il est à la fois très économique à l’achat, très adaptable à la morphologie du bébé, très facile à faire évoluer dans le temps à moindre frais…

Ce système consiste à utiliser un lange pour la partie absorbante et une culotte de protection imperméable par dessus. Nous avons utilisé trois types de langes.

Les langes prépliés : j’en ai des petits et des grands, ainsi que des absorbants carré en matière bambou.

C’est le top pour les nourrissons. On les plie en trois ce qui donne un rectangle allongé, on les place dans la culotte imperméable et banco. Pour les petits langes, la partie centrale est plus absorbante, alors si on veut pousser le perfectionnisme, on peut plier dans le sens des coutures pour un garçon pour avoir la même absorption partout ou dans l’autre sens pour une fille pour avoir plus d’absorption au milieu… Enfin vous verrez à l’usage !

Vous aurez trois petits et trois grands langes prépliés, ainsi que des absorbants en plus dans chaque pack « petit bébé ».

Les langes simples : un carré de tissu fin que l’on plie. Pour les nourrissons on utilise un seul carré que l’on plie ainsi.

109 03 onappy-pliage-lange-triangle

Quand ça n’absorbe plus assez, on passe à deux langes que l’on plie comme ça.

109 04

Et on utilise un snappy pour faire bien tenir.

109 05 Snappy

Une culotte imperméable par dessus (à une taille adapté à votre enfant) et c’est réglé !

Vous aurez au moins deux langes simples dans chaque pack « grand bébé ». Ils sont adaptables aussi aux petits bébés.

Les langes à nouer : explication de mise en place ici.

109 06 langer-a-nouer

Quand le lange à nouer est devenu insuffisant en terme d’absorption, on a rajouté un absorbant « à l’intérieur du pliage » du lange à nouer.

109 07

Là j’ai beaucoup utilisé les absorbants que j’avais cousus pour mes TE1.

Vous aurez au moins deux langes à nouer dans chaque pack « grand bébé ». Ils sont adaptables aussi aux petits bébés.

 

A propos des absorbants des TE1 :

109 08

Attention !!! Ils ne doivent pas être en contact direct avec la peau de bébé, car c’est de la microfibre et ça absorbe tellement que ça assèche la peau fragile de bébé.

 

A propos des langes simples et des langes à nouer : au départ on avait fuite sur fuite… jusqu’à ce que j’applique cette astuce. Il faut « rouler » le tissu du lange au niveau des cuisses, vers l’intérieur. Le tissu ne doit surtout pas « bailler », sinon c’est l’inondation !

 

Les couches lavables au quotidien

La fréquence de change

Il faut quand même rester attentif à changer bébé toutes les deux, trois heures maximum (sauf pour les couches de nuit bien sûr)… C’est sûr que sans la chimie l’absorption n’est pas « magique » !

Le stockage sale

Chez nous on stockait les couches sales dans une poubelle avec couvercle, et on faisait une lessive tous les deux trois jours maximum. Pour les pipis on s’embête pas, zou dans la poubelle. Pour les cacas soit on utilise des voiles de protection pour jeter direct le voile et son contenu à la poubelle (mais comme ça déborde…) soit on envoie le caca dans les toilettes. Nous on avait un système de bassine, on rinçait à l’eau de la douche dans la bassine puis on vidait la bassine aux toilettes.

Le stockage propre

Un autre détail qui a son importance, pour les langes, il vaut mieux les plier quand ils sont secs et les ranger tout bien pliés dans la salle de bain… Parce que le pliage avec un bébé qui gigote sur sa table à langer, c’est la cata assurée !

Le décrassage

Quand on s’aperçoit que les couches absorbent un peu moins bien (ou quand on récupère des couches d’occasion) il faut les « décrasser ».

Pour tout ce qui est en tissu absorbant (pas imperméable), couches classiques, langes, inserts absorbants, lingettes :

Faire tremper dans de l’eau très chaude avec 500g de cristaux de soude et 2 pressions de produit vaisselle écologique. Remuer un peu tant que c’est chaud, laisser 24 heures environ. Transférer sans essorer dans un seau, laisser 2 jours et 2 nuits. Faire tourner à la machine, sans lessive, à 60°C.

Pour les couches TE1 (avec tissu imperméable) :

Tremper les couches dans le bain de cristaux, mettre du liquide vaisselle sur l’entrejambe et frotter. Laisser agir hors du bain. Faire tremper 5 minutes dans le bain avant de tout sortir pour aller dans le seau.

Les culottes de protection imperméables

Ce n’est pas la peine de les décrasser. On peut les réutiliser plusieurs fois, mais on doit les aérer entre chaque change. On peut les rincer si on veut ou si ça sent fort. Au bout de quelques utilisations ou quand elles sentent l’urine, on les met à laver.

La lessive

Les lessives du commerce peuvent avoir tendance à encrasser les couches (une liste de lessives correctes pour les couches lavables ici). Notre solution a été de fabriquer notre propre lessive… Et du coup on l’a gardée même après les couches.

Pour 3L de lessive, 125g de savon de Marseille véritable type Marius Fabre, 30 gouttes d’huile essentielle (moi je prends arbre à thé pour les propriétés antibactériennes).

Râper le savon, ajouter 2L d’eau et porter à ébullition.

Eteindre quand ça bout, laisser tiédir en remuant de temps à autre.

Verser dans le bidon, ajouter 1L d’eau puis 30 gouttes d’huile essentielle (lavande ou tea tree) quand la lessive est refroidie (moins de 40°C).

Le lendemain, selon la consistance, ajouter de l’eau et mélanger.

Le vinaigre blanc

Ajouté dans le bac à assouplissant de la machine, il désodorise le linge, évite les dépôts calcaires et désinfecte, mais attention, le vinaigre blanc, ça flingue les élastiques des couches lavables !

 

Ouf, c’est fini !

Si vous saviez… le temps que j’ai passé sur le net à chercher toutes ces infos un peu partout ! Et pour vous, c’est du tout cuit… bande de veinards !

Vous en voulez plus ? Faites un tour ici, une référence hyper complète !

Si vous êtes convaincus, un petit mail ici mamandeplume@gmail.com et vous récupérez un sac avec quelques couches test (frais de port à votre charge si besoin).

A disposition :

4 packs « grand bébé » avec 1 TE1, 2 absorbants, 2 couches de nuit et 1 culotte de protection « nuit », 2-3 langes simples et 1 snappy, 2-3 langes à nouer, 2-3 culottes de protection « jour » tailles moyenne et grande.

109 09

2 packs « petit bébé » (en complément du pack « grand bébé » si vous commencez tôt) avec 3 petits langes pliés, 3 grands langes pliés, 2 absorbants en plus, 2-3 culottes « jour » taille petite, 1 culotte nuit taille petite.

109 10

Pourquoi je fais ça ? Je préfère faire découvrir les couches lavables à quatre personnes hésitantes plutôt que de m’acharner à les vendre très peu cher à des parents déjà convaincus… Les bonnes initiatives doivent être propagées !

(Je vous parlais déjà couches, , et contrairement à ce que j’en disais, j’aurai bien fini par faire la promo des couches lavables !..)

A bientôt !

Ça c’était avant

ca-cetait-avant

Dire qu’il y a dix ans, je ne triais même pas mes déchets… Je faisais un bond à chaque fois que je rencontrais une chenille dans une salade, je ne mangeais surtout pas bio, et je croyais encore que les industriels de l’alimentation nous voulaient du bien…

Mais ça, c’était avant.

Depuis que j’ai appris – grâce à mon amoureux – à trier mes déchets, je ne m’imagine plus faire autrement ; même en vacances on fait l’effort de chercher les conteneurs papiers, emballages et verre.

Avec l’arrivée des enfants, et la prise de conscience progressive des couleuvres alimentaires qu’on essaie de nous faire avaler, nous mangeons de plus en plus bio. Alors les petites bêtes, on en a toutes les semaines dans notre panier de légumes…

Il y a quelques semaines, à la caisse du magasin bio, une cliente m’interrogeait sur mes achats de féculents en vrac. Je me suis entendu lui expliquer que oui, effectivement, les petites bestioles arrivent plus vite, mais que finalement on s’habitue à trouver des choses vivantes dans notre nourriture…

Enfin – chose qui m’aurait paru impossible il y a dix ans – j’envisage très sérieusement d’équiper notre appartement d’un lombricomposteur, histoire de ne plus gonfler notre poubelle avec toutes ces épluchures, alors qu’elles pourraient servir de nourriture de choix à toute une colonie de vers de terre…

Il n’y a que la raison pour faire changer nos actions.

Petit papa Noël, si tu passes par là … c’est un cadeau original, le lombricomposteur !

L’allaitement dure trois ans

lallaitement-dure-trois-ans

Du moins, il peut.

Comme il peut durer trois jours.

Ou trois semaines, avec un pic de croissance dont personne ne parle (hormis les mamans allaitantes averties) et qui fera croire à la plus motivée des mères qu’elle n’a « pas assez de lait ».

Ou trois mois, avec la reprise du boulot et le refus de la présumée torture du tire-lait.

Il existe mille raisons d’arrêter l’allaitement avant qu’il ne cesse de lui même…

Chez nous, on a cheminé, de mois en mois, jusqu’à deux ans et quatre mois pour mon grand. J’étais enceinte de sa sœur, et c’est ma grossesse qui a provoqué son sevrage (les hormones induisent changement de goût et diminution de quantité).

Ma fille, deux ans et neuf mois, tète encore. Depuis longtemps ce n’est plus que dans l’intimité du réveil ou des soirées à la maison. Et si je ne me cache pas d’allaiter encore, quand le sujet est abordé, j’avoue sans mal aussi que j’en ai vraiment marre.

J’en ai marre, mais j’irai au bout. Jusqu’au sevrage naturel. Je savais par expérience que passé un certain âge il est plus difficile de sevrer un enfant, plus douloureux, plus brutal, moins justifiable. Comment pourrais-je expliquer à ma fille qu’hier encore elle pouvait téter, et qu’aujourd’hui c’est fini ? Je m’y refuse et donc je persisterai jusqu’à ce qu’elle s’arrête d’elle-même. A un moment, l’enfant est prêt à passer à autre chose, et le réflexe de succion disparaît. Tout concorde, ils n’en ont plus besoin et ils ne savent plus. Quand j’explique cela à toute personne qui s’y intéresse, la question suit immédiatement : « Mais ça peut durer longtemps ? »

Alors je réponds d’un ton sérieux que la plupart des enfants se sèvrent naturellement entre deux et trois ans. J’espère que ce sera notre cas. Et j’omets de stipuler ceux qui ont cessé à cinq ans.

L’allaitement est tout empli, aussi, de merveilleux moments de tendresse, et d’histoires rigolotes. Comme lorsque je raconte que si je bois de l’alcool au repas du soir, je lui annonce qu’elle ne pourra pas téter avant le lendemain matin. Alors elle me demande régulièrement : « Tu as bu du vin, maman ? Je peux téter ? » Mon pharmacien a bien rigolé lorsque je lui ai livré, il y a quelques jours, cette petite anecdote.

Je suis consciente d’être un peu une extra-terrestre. Mais ce qui me permet d’assumer notre anormalité sociétale, c’est que je suis persuadée d’être dans la normalité biologique…