[Lecture] « The End » de Zep

L14 imgCette bande dessinée est arrivée dans mon cheminement de lectures juste après La route. Ses images de forêt et ses dessins doux à la coloration monochrome m’ont dès lors ressourcée, après la lecture éprouvante du roman post-apocalyptique de Cormac McCarthy. Dans le même temps, les histoires sont entrées en résonance, et encore une fois l’enchaînement (hasardeux – je vous l’ai déjà dit, l’ordre de mes lectures n’est souvent dicté que par la date de retour en bibliothèque) de l’une avec l’autre induit une étrange sensation de perfection.

L’histoire : Un petit groupe de scientifiques étudient les substances émises par les arbres d’une réserve naturelle. Le professeur dirigeant ces recherches défend l’idée selon laquelle les arbres, outre leurs capacités de communication et de défense contre les prédateurs, renferment dans leur génome l’intégralité de l’histoire de la planète.

Bien entendu, je ne vous en révèlerai pas davantage sur le mystère que vont découvrir les protagonistes de cette histoire… Je vous dirai juste que c’est une bande dessinée très réussie, utilisant comme point de départ des données scientifiques réelles sur la communication des arbres (j’en parlais , d’ailleurs, rappelez vous…).

Voilà en tout cas un album de Bande Dessinée qui me donne envie de redécouvrir le genre, entre deux romans…

Quand je vis en nomade…

Quand je vis en nomade

Quand je vis en nomade, je crois, parfois, que je ne pourrai plus jamais vivre autrement. J’aime croire, pour quelques jours ou quelques semaines, que je pourrais renoncer au confort d’une maison pour la liberté d’un lieu chaque jour différent. Pour la beauté du passage, en pleine nature, du jour à la nuit, de la nuit au jour. Pour l’intensité de cette vie, au plus proche de ce qu’est, en fait, la vie. Bouger, regarder, manger, dormir, recommencer.

A la fin de nos vacances d’été, après des semaines de chaussures de marche et d’opinel dans la poche, je n’arrivais pas à m’imaginer revivre en ville.

Quand je vis en nomade 2

Nous sommes rentrés à Marseille, et un midi de la fin du mois d’août, ce reportage est passé à la télévision. A l’écran, nous avons découvert assez hébétés comment cet homme avait vécu, pendant plusieurs mois, principalement de cueillette, marchant toute la journée, dormant dans un hamac sous une bâche, se lavant à sec à la poudre d’argile… Avec cette « initiation à la vie sauvage », Vianney voulait prouver que l’homme pouvait vivre en autonomie dans la nature. Comme une version très augmentée de notre nomadisme de loisir…

Je reviens toujours avec bonheur, finalement, au cocon de notre vie sédentaire. A la chaleur d’un radiateur l’hiver, à la sécurité d’un mur tout autour de nous la nuit, à la douce habitude d’une vue par la fenêtre. Cette sédentarité, je l’apprécie d’autant plus que la vie nomade m’appelle à chaque période pas trop fraîche de vacances…

 

En attendant les escapades de printemps, voici les quelques images du retour du combi réparé (Brest – Marseille en 4 jours) pendant les vacances de la Toussaint, photos prises au portable, sans filtre ni aucune retouche… (ça fait gagner du temps !).

Bivouac nuit 1 sur le golfe du Morbihan :

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Route jour 2 :

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Bivouac nuit 2 vers Saintes :

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Bivouac nuit 3 vers Albi :

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Route jour 4 :

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Arrivée à Marseille :

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La force de ces corps de femmes

La force de ces corps de femmes

Ils sont, ils se contentent d’exister

Ces chairs assemblées

Ces corps imparfaits

Non photoshopés

Ils sont, machines bien huilées

Destinés à servir

Doivent être utilisés

 

Pour porter les enfants

Porter les enfants

Porter les enfants

Porter les enfants

Tenir les enfants

Tirer les enfants

Pousser les enfants

 

Porter la grossesse

Porter pour nourrir

Porter devant

Porter dans le dos

Tenir pour marcher

Tirer tout le long de la vie qui file

Puis les pousser dans cette vie

Redevenir des corps séparés

 

Etre alors, encore, un autre corps

Un corps de sourires de soupirs de plaisirs et de rires

Un corps qui se mire et veut s’alanguir

Un corps qui transpire

Un corps fort

 

 

 

Ce texte est à la fois une aspiration personnelle et une réponse au défi initiateur d’écriture de mars (A vos claviers #5) du blog L’atelier sous les feuilles. J’ai été la première étonnée de le voir prendre la forme d’un texte poétique tant la poésie ne fait pas partie de mes types d’écrits…

Si comme moi le sujet du corps des mères vous inspire j’avais écrit un autre texte (non poétique) sur ce thème.

Devenir un chasseur de déchets plastiques

Devenir un chasseur de dechets plastiques

Une autre info Brief.me qui m’a accrochée (le 9 mars dernier) !

Vous aimeriez aider à débarrasser notre planète de tous ces déchets plastiques qui la jonchent ? Et bien maintenant, vous pouvez contribuer à une action participative, à grande échelle, sans bouger de derrière l’écran de votre ordinateur. En effet, l’organisation anglaise The Plastic Tide sollicite les citoyens concernés afin qu’ils aident à programmer un algorithme, avec comme but ultime que le logiciel puisse reconnaître (seul !) des déchets plastiques sur une photo aérienne.

Le principe est simple. Sur le site Zooniverse, n’importe quel volontaire peut repérer des déchets sur les photos détaillées, prises par des drones, de trente plages du Royaume-Uni. Il suffit d’encadrer les déchets visibles et de déterminer de quel type de plastique il s’agit (fragments plastiques rigides ou souples / ficelles et filets / bouteilles plastiques / autres contenants plastiques / autres objets / incertain (quand ce n’est peut-être pas un déchet)). Testez, vous verrez, c’est comme un jeu pas trop facile et (peut-être) utile !

Et pour joindre le réel au virtuel, avec les beaux jours qui arrivent, de nombreuses associations proposent aux volontaires de se réunir pour nettoyer des plages. A Marseille par exemple, l’association Boud’mer organise des «Frioulades», journées éco-citoyennes de nettoyage des îles du Frioul, la prochaine aura lieu ce week-end.

N’hésitez pas à partager d’autres initiatives en commentaires !

Emotions hivernales

Avant de basculer dans les jours printaniers, un coup d’œil par dessus l’épaule vers nos heures d’hiver.

On a bien pris notre part de neige tombée (comme l’hiver d’il y a deux ans, qui m’avait inspiré cela).

Restent à additionner, mentalement, les courses de luges effrénées et les descentes des enfants skis aux pieds (l’hiver dernier j’en parlais ).

Emotions hivernales 1

Emotions hivernales 2

Emotions hivernales 3

Emotions hivernales 4

Notre princesse Leïa des neiges et sa créature bizarre…

Emotions hivernales 5

Emotions hivernales 6

Emotions hivernales 7

Emotions hivernales 8

 

Le printemps c’est demain ! N’oubliez pas de changer d’heure ce week-end !

Pas de foie cette fois

Pas de foie cette fois

Une oeuvre du Musée d’Art Contemporain de Marseille (2017)

Je sais bien que vous ne voulez pas lire ces mots aujourd’hui – la plupart d’entre vous en tout cas. Peut-être vous rendrez-vous à votre supermarché habituel aujourd’hui ou demain. Devant le rayon foie gras vous vous questionnerez juste sur le prix – il sera plus élevé cette année selon toutes les prédictions. Mais «c’est Noël» après tout, et vous l’avez bien entendu à la radio, le foie gras c’est LE produit de fête par excellence. Comment s’en passer alors puisqu’ils l’ont dit à la télé aussi ?

Pour moi – mais, je le sais, pas seulement pour moi – le foie gras ce n’est plus le symbole des fêtes de fin d’année, c’est le symbole de ce qu’il y a de pire dans la maltraitance animale au service de la suprématie humaine. Je vis déjà assez mal la maltraitance planquée derrière mon steak. J’imagine quand même que l’animal dans mon assiette n’a peut-être pas été torturé comme le montrent les vidéos chocs sortant régulièrement dans les médias. Mais pour le foie gras, je ne peux même pas me raconter un tel mensonge. Le foie d’un animal rendu malade par le gavage, comment ne pas considérer que c’est de la torture, même sans causer environnement de vie, cages, espace disponible et autres conditions d’hygiène…

Nous y voilà, donc, dans le foie gras je ne vois plus que la violence qui efface le goût, l’exception et le luxe. Je ne vois aucun intérêt nutritionnel. Je vois une consommation effrénée et irraisonnée qui oublie surtout de se questionner sur son sens et son impact.

Et comme je n’ai pas l’âme d’une diplomate j’essaierai peut-être même d’aborder le sujet en famille… ou pas.

Quoi qu’il en soit, ma foi, foie ou pas, je vous souhaite un joyeux Noël !

L’arbre est-il un humain comme un autre ?

L arbre est il un humain comme un autre

Allez, un petit sujet surprenant aujourd’hui, pour sortir un peu la tête des pré-pré-pré-préparatifs de Noël, du froid, de l’automne et des gratins de courge…

Cette idée d’article traînait depuis bien longtemps dans mes tiroirs. Et peut-être qu’à la fin de la page, vous aussi, vous ne regarderez plus les forêts de la même façon… D’abord, j’avais lu ceci et cela sur le « Wood Wide Web ». Puis j’ai vu l’émission Envoyé spécial du 26 octobre dernier, «Le monde secret des arbres», évoquant les liens tissés entre les arbres d’une forêt, cette société interconnectée dans laquelle des couples vivent entrelacés, des mères nourrissent leurs enfants, et des anciens sont soutenus par les membres de la communauté. Certains scientifiques ont même prouvé que les arbres émettent des messages électriques, certes très lents, mais pouvant induire des réactions de défense face à un danger.

Du coup, après ces révélations, je ne sais pas bien comment gérer la question de l’arbre de Noël…

Le corps des mères

Le corps des meres

Cette histoire commence avec l’implantation d’un locataire dans un corps jusqu’alors libre. Une prise de poids effrénée, des assimilations linguistiques entre «grossesse» et «grosse», des mots prononcés avec un étonnement un peu écoeuré («Mais tu es énorme !») ponctuent les neufs mois de squat intensif de notre ventre. Je passe vite sur l’imbécillité crasse de ceux qui, sur une chaîne néerlandaise dont on taira le nom, ont décidé de faire de la comparaison entre grosse et enceinte la question d’un jeu télévisé. Je passe aussi sur les désagréments qui ne nous toucheront pas toutes au même endroit ni avec la même intensité, la nature est injuste et frappe au hasard. Les vergetures comme de la peinture qui craquelle et le décolleté transformé en carte routière «toutes les routes mènent aux seins» ne sont que la partie visible du désordre corporel. A l’intérieur les organes se poussent pour laisser croître l’enfant, et les conséquences sur le système digestif de la mère à venir sont à la hauteur de ce bouleversement.

Et puis un jour arrive la première contraction, celle où l’on comprend. Celle qui nous fera vivre toutes les douleurs de règles à venir comme de la souffrance de petite joueuse. L’étau serre, redondant, imposant, puissant. De femme on devient mère dans la force de la douleur utile, enserrée et écartelée, désespérée et joyeuse, énergique et anéantie. Soyons reconnaissantes, les accouchées « voie basse », certaines deviennent mères dans le froid et le silence d’une salle d’opération. Leur passage à elles, c’est une incision au scalpel.

Après, la douleur deviendra les mots pour la décrire et le corps oubliera. Il oubliera même la fermeture éclair entre les cuisses et les douleurs honteuses qui n’en finissent pas de palpiter. D’autres épreuves sont dressées pour nos corps de mères. La privation de sommeil. Les mamelons cisaillés. La reprise du travail. Le retour à la vie d’avant.

Sauf que pour notre corps, notre corps de mère, l’avant n’est plus une option d’avenir. On a porté le futur, on a fabriqué l’amour, on a construit notre dévouement pour nos enfants dans le creux de notre chair. Nos seins ne sont plus un accessoire de mode. Nos hanches ont contenu un être humain. Notre ventre est devenu un coussin confortable pour les jours de maladie de nos petits.

Notre corps s’est transformé même quand autour de lui rien n’a changé, ni les couvertures des magazines ni les panneaux publicitaires ni les attendus de la société. Notre corps de mère s’est transfiguré, à l’inverse de ces injonctions superficielles.

Il porte sur lui les stigmates de son histoire et de son but…

Soyez fières de votre corps de mère, soyez fiers du corps de mère de votre femme, soyons fiers du corps de mère de nos mères. Il est à l’origine de tout.

Le plastique c’est pas fantastique

Le plastique c est pas fantastique

Jeudi dernier je me suis réveillée avec cette information : selon une étude du WWF, les cétacés de Méditerranée sont contaminés par les phtalates (ces composés chimiques dangereux qui rentrent dans la composition des plastiques).

Vous le savez peut-être déjà, nos océans abritent 269000 tonnes de plastique.

Au nord de l’océan pacifique, c’est une soupe de plastique qui flotte, jusqu’à 30 mètres de profondeur. Une soupe mêlant de petits fragments et de gros déchets, sur une surface étendue comme six fois la France. A ce sujet vous pouvez lire cet article du Monde sur le 7ème continent de plastique.

Il paraît qu’on a commencé à faire des efforts pour réduire nos déchets plastiques. Déjà on a interdit les sacs plastiques en magasin (j’en parlais ). Enfin pas vraiment, on trouve encore des sacs plastiques – « réutilisables » qu’ils disent. Ensuite, les gobelets et assiettes en plastique devraient être interdits en 2020 pour privilégier le carton…

Mais en attendant, si l’on suit l’estimation selon laquelle 10% du plastique produit chaque année finit dans la mer, ça fait 1000 gobelets par an dans la Méditerranée rien que pour l’école maternelle de mon fils…

Comme les sources se croisent et se confortent, je suis tombée sur cette interview de Beth Terry, une activiste américaine du no plastic. Selon elle, le plastique biodégradable est problématique car sa composition est souvent obscure. Quant au recyclage, quand il est possible il reste cher, coûteux en énergie et même polluant… Reste la possibilité de réduire notre consommation de plastique. Vous voulez vous y mettre ? Voici les 100 premières étapes – en anglais – de Beth Terry.

(Moi je vais ressortir la partie anglaise de mon cerveau pour les lire… et puis je vous tiens au courant !)

La Sainte Baume

La première sortie de la saison pour notre Poumpo, c’était le 1er mai à la Sainte Baume, une sortie à la journée car les températures et la pluie ont quelque peu retardé notre première nuitée en camion… Quand les enfants marcheront un peu plus longtemps on se fera la randonnée de la grotte.

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Vue splendide sur Marseille

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Très bientôt, les photos de notre premier road-trip de l’année sur cinq jours (quatre nuits).