Devine quel âge j’ai eu à la cantine aujourd’hui ?

Devine quel age j ai eu

Nous avons tous connu ces verres de cantine numérotés dont on comparait les âges fictifs.

Nos enfants jouent le même jeu dans les cantines de leurs écoles. Les verres numérotés en pirex sont l’un de ces nombreux traits d’union entre nos enfants et nous, entre leur enfance et notre enfance. Comme les billes, les jeux de société mythiques auxquels nous jouions avec nos parents ou les romans marquants de nos premiers pas de lecteur…

Observer mes enfants qui grandissent, c’est revivre des bribes de ma propre enfance, et ce faisant tisser des liens supplémentaires entre eux et moi, entre mon homme et moi, entre mes parents et moi, même.

Lorsque je tiens les petites mains de ma fille pour l’aider à casser un œuf sur la tranche du saladier, je me souviens du geste identique de ma mère avec moi. Quand je feuillette un catalogue de jouets avec mon fils et que je pointe Mastermind en lui expliquant à quel point ce jeu est génial, ce sont des émotions d’enfant qui vibrent dans mon crâne. Et quand j’écris avec eux leurs « lettres au Père Noël », c’est encore un rendez-vous avec mes désirs d’enfant.

J’ai tant de fois l’impression de rajeunir, en regardant vivre mes enfants et en vivant à leur côtés, au contact de leur naturel et de leur enthousiasme.

En plus, chez moi, Noël est la période idéale pour les réminiscences d’enfance…

Et chez vous ?

Tenir son enfant par la main

Tenir son enfant par la main

J’étais loin d’imaginer ce que l’on ressentait en serrant la main de son enfant, avant de le toucher du bout des doigts…

Pendant des mois, des années, j’ai marché avec lui dans la rue, tenant sa petite main dans la mienne.

J’ai savouré. Tendrement pressé sa paume.

J’ai goûté, cette chaleur, cette douceur.

Je me suis sentie entièrement maman à travers ce simple geste.

Tenir sa main. Cheminer avec lui. Lui parler, lui montrer, l’emmener avec moi. Être avec lui.

J’avais pris l’habitude de passer mon petit doigt de l’autre côté de sa main, pour l’enserrer plus près, plus fort. Puis il a grandi et m’a dit, m’a répété, de ne plus faire ça. Il m’a montré comment il voulait que je le tienne.

Les mois passant, j’ai gardé sa main. Je n’arrivais pas à imaginer qu’un jour je le lâcherais, qu’il marcherait à côté de moi, sur un trottoir, au cœur de cette ville dangereuse, tout près des voitures, des scooters, des clébards. Qu’il marcherait et que sa main ne serait plus dans la mienne.

Il en était capable depuis longtemps. Mais sa main restait là.

Et puis, ma fille a grandi. Au début de l’année dernière, elle a fait ses premiers pas, et quelques mois plus tard elle s’est mise à réclamer de descendre de mon dos. Alors, j’ai commencé à marcher, dans la rue, en tenant sa toute petite main, à elle.

Le moment était arrivé. J’ai lâché la main de mon fils.

Aujourd’hui, il m’arrive encore, souvent, de réclamer sa petite main à mon grand garçon… mais de moins en moins.

En écrivant cet article, j’ai une chanson qui trotte dans ma tête, une chanson au goût de nostalgie. Prendre un enfant par la main. Je me souviens du jour où je l’ai entendue pour la première fois, j’étais alors toute jeune, et ma mère tellement émue de me faire découvrir cette chanson qu’elle adorait.

Près de vingt-cinq ans plus tard, c’est mon tour. Je comprends.

Et j’ai encore quelques mois, quelques années, à tenir la main de ma fille…