Pleurer, aimer, continuer

Pleurer aimer continuer

Samedi 14 novembre, à 6h, les pleurs de ma fille m’ont tirée de ma torpeur. Tandis qu’elle tétait, goulument, allongée entre nous, j’ai raconté à mon homme les attentats atroces de la veille. En quelques mots, prononcés dans l’obscurité d’une chambre, j’ai démembré nos espoirs d’un weekend radieux.

05 Attentats

Une demi-heure plus tard, nous étions debout et la télé, allumée, nous crachait à la figure son flot de mots et d’images d’horreur. Petit loup a rejoint le salon avec un bruit joyeux de petits pas sur le parquet… « Ce matin il n’y a pas de dessins animés », lui a-t-on dit. Et il s’est mis à pleurer.

Alors, on s’est détaché de l’écran, on a zappé, avec difficulté on s’est décroché de ces images qui nous retenaient.

Sans conviction, on a joué, on a chanté. Puis j’ai appelé le théâtre, et une voix terne m’a confirmé qu’ils étaient ouverts. J’étais tel un somnambule ivre de tristesse et inapte à verser ses larmes.

Mais on a continué. Dans la rue, on a ri, on a couru. On est allé contempler ce spectacle jeune public, réservé des jours plus tôt. Pour nos enfants, on a vécu, on a parlé, presque comme si de rien n’était. Leur innocence a été un baume sur nos blessures.

Maintenant, les jours passent, on va pleurer.

On va lutter contre leur haine, on va s’aimer.

On va continuer.

Le pire mois de l’année ?

Le pire mois de l annee

L’effervescence de la rentrée est enterrée. L’hiver pas encore tout-à-fait là. Et les journées d’automne s’étirent dans la morosité du mois de novembre. Novembre. J’ai coutume de l’affubler du sobriquet de pire mois de l’année, le plus maussade, terne et interminable. Lorsque le mois de décembre arrive, avec son calendrier de l’avent et son sapin illuminé, c’est à chaque fois un soulagement. Enfin, on va être ensemble, au chaud, à fredonner des chants de Noël en buvant des tisanes à la cannelle… Non pas qu’il soit impossible de boire des tisanes en novembre, mais il me semble que rien n’a de goût, que rien n’est gai en cette période.

Alors j’essaie de poser des jalons de joie. Au calendrier de novembre, j’accroche des évènements à me remémorer. Cette année, je lance mon blog, l’an dernier je commençais à écrire au quotidien. Et dans mon cœur, le mois de novembre est en train de muter.

Novembre c’est aussi le mois du NaNoWriMo – National Novel Writing Month. Un challenge bien connu des écrivains amateurs, qui consiste à écrire 50000 signes, soit un roman d’environ 175 pages, en un mois. Lancé en 1999 aux Etats-Unis, le NaNoWriMo est devenu un véritable phénomène avec ses forums, ses rencontres réelles et même sa fête de fin, début décembre. Une question me taraude pourtant. Pourquoi choisir le mois de novembre pour un tel événement d’écriture ? Si un amateur de Nano passant par là a ne serait-ce qu’une bribe de réponse, je suis toute ouïe… Peut-être que l’an prochain je me jetterai dans cette nouvelle aventure.

Alors, peu à peu, le pâle et fade mois de novembre entamé auprès des morts devient porteur d’un élan de création.

Et vous, vous en faites quoi, de ce mois de novembre ?