Le « partie partie » de ma fille

Le partie partie de ma fille

Voilà le mois de septembre qui pointe – bientôt – son nez frétillant de nouveautés. Aujourd’hui je vous propose un tout petit article léger pour se mettre en jambes. Ensuite j’aurai beaucoup d’autres choses à dire et écrire, sur l’école, l’orthographe, la parentalité positive, la maternité, les jeux de cour de récréation, le sexisme ordinaire, l’allaitement…

Mais pour l’heure, je vais vous parler du « partie partie ».

Chers amis marseillais, rien à voir avec le « fini parti » !

Chers amis non marseillais, le « fini parti » c’est une pratique des éboueurs marseillais consistant à quitter leur travail dès lors que leur mission de la journée est finie. Un article à ce propos ici. Et non, je ne vous donnerai pas mon avis, ni dans un sens ni dans l’autre bien au contraire…

Le « partie partie » donc, c’est une trouvaille de ma fille, trois ans et demi, pour manger moins que ce que contient son assiette. La négociation donne à peu près ça :

« Maman, on fait « partie partie ». Cette partie je mange. Et cette partie je laisse.

– Non chérie, on fait « fini fini », ça veut dire… tu finis. »

Bon je plaisante, on fait souvent partie partie, mais comme c’est à tous les repas, ça peut avoir un côté lassant. Surtout le matin au petit dèj où le « partie partie » sur la galette ressemble davantage à « je mange un tout petit bout je laisse le reste » qu’à « je fais moitié moitié ».

Là tout de suite j’ai une pensée attendrie pour notre nounou du matin (entrain) qui va découvrir le « partie partie » dès lundi prochain !

On ne sait plus comment s’habiller !

On ne sait plus comment s'habiller

Elle : pantalon velours et débardeur / Lui : Short et tshirt manches longues

Et oui, ma bonne dame, il n’y a plus de saison…

Ce matin…

Ma fille : « Mais maman, je peux enlever le pull là… parce que dans notre maison il n’y a pas de vent ! »

Mon fils : « Maman, je mets le pantalon manches courtes ou manches longues ? »

Allaitement long, très long, très très long

Allaitement long

Il fait tellement partie de mon quotidien, cet allaitement. Avec le temps il est devenu tellement naturel, tellement normal. J’ai développé une telle indifférence à la surprise des gens, qu’elle glisse sur moi. Les remarques sont devenues inexistantes face à cette assurance sereine que je porte en moi, qu’allaiter son enfant jusqu’au sevrage « naturel » c’est… naturel. J’en parlais déjà, ici, avant que ma fille ne fête ses trois ans. Quelques mois sont passés, et l’allaitement est encore là, en pointillé, de moins en moins présent, chaque tétée comme peut-être la dernière, mais encore là… Dans une semaine, cela fera six ans que j’allaite – avec une interruption de cinq mois pendant ma seconde grossesse. Alors oui, chez nous l’allaitement est très très long. Une très longue période de ma vie de femme, de notre vie de famille.

En créant ce blog je pensais que l’allaitement serait un sujet récurrent, et puis finalement dans le nuage de tags le mot reste petit, discret, comme son rôle dans notre vie de famille, maintenant que nous n’avons plus de nourrisson à la maison.

Je pensais que l’allaitement – ce lien et cette implication du corps dans la maternité – me manquerait en s’estompant, mais je me trompais. L’allaitement est un passage. La maternité est un tout.

Je l’oublie, alors, cet allaitement « hors norme »… Et puis parfois il ressurgit dans toute son exception. L’autre jour chez notre pédiatre un journaliste faisait un reportage sur la vaccination. Quand j’ai mis ma fille de trois ans au sein pour l’aider à gérer la douleur de l’injection, que mon médecin adoré en a rajouté une – énorme – couche en me demandant de répéter l’âge de ma fille, et a affirmé au journaliste qu’il assistait à quelquechose d’extraordinaire… Bon j’avoue que j’ai piqué un fard.

De la même façon, quand je compare nos propos de futurs parents à ce que l’on vit aujourd’hui, le contraste est flagrant. Enceinte, quand j’évoquais, déjà, l’allaitement long (à cette époque j’envisageais d’allaiter un an), nous étions d’accord avec mon amoureux pour dire que nous trouvions cela étrange un enfant qui marche, qui parle… et qui tète encore. Mais ça c’était avant… Il y a quelques semaines, ma fille est venue me voir dans ma chambre et m’a dit très précisément : « Je veux téter avant que tu ailles te doucher ». « Avant que tu ailles », quoi ! Et puis elle a tété, cinq secondes en tout, moi accroupie, elle debout, et j’ai eu cette image à l’esprit…

Allaitement long Une Time

Cette Une « scandaleuse » représentant une réalité que personne ne veut voir.

Pu… rée !

107 Pu... rée !

Aujourd’hui je vous livre des morceaux choisis des mots de mes enfants sur le thème des gros mots…

Mon fils, cinq ans, il y a quelques mois : « Il faut pas le dire hein maman, le vilain mot, tu sais, le mot qui commences par pu et qui finit par tain ? »

Nous habitons Marseille, et ce vilain mot là, il reste assez présent, presqu’un signe de ponctuation comme diraient certains… Un jour, ma fille m’a même affirmé, toute fière d’elle du haut de ses deux ans et demi : « Quand je sera grande je dira pu**** ! ». (Sur le coup, j’ai changé de tête – et maintenant j’en rigole.)

Alors on a trouvé des substituts, devenus presqu’autant savoureux que l’original.

Ma fille, trois ans, tout récemment : « Il faut dire purée ou punaise et pas l’autre mot ! » Et son frère de répondre : « On peut dire crotte-zut-flute aussi ! »

J’avoue, « crotte zut flute », ça va rester…

Et chez vous, on en rit ou pas ?

Des mots-défouloirs à partager ?

Routine matinale version 2

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C’est comme Georges Sand…

Ce matin là, au moment fatidique de mettre leurs chaussures, ils se houspillent et le ton commence à monter. «Non c’est moi le père Noël !» affirme la petite à son frère, qui essaie de lui expliquer : «Tu ne peux pas être le père Noël, tu es la mère Noël et c’est moi le père Noël.» Mais la petite sœur répond du tac au tac : «Non, c’est toi la mère Noël et moi je suis le père Noël.» Mon fils argumente. Le père Noël est un garçon, la fille c’est la mère Noël… Alors j’interviens. Peut être qu’en fait, le père Noël est une fille. Mais qu’elle fait semblant d’être un garçon, parce que la vie est toujours plus facile pour les garçons (message non subliminal numéro 1).

J’enchaîne. «C’est comme Georges Sand.» Et je leur conte, avec des mots simples, l’histoire de cette femme qui faisait semblant d’être un homme pour écrire des livres…

Croyez-le ou non, non seulement ils ont arrêté là leur bataille d’ego, mais en plus mon fils a retenu mon histoire. Le soir quand j’ai prononcé le nom de Georges Sand il s’est écrié : «C’est la dame qui écrivait des livres, avant, quand c’était les garçons qui écrivaient les livres, alors elle faisait semblant d’être un garçon.»

Et moi, j’ai trouvé une autre façon d’égayer le quotidien, faire des liens complètement loufoques en prenant comme point de départ leurs réflexions d’enfants…

Je suis la galette, la galette

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Je suis faite avec le blé, ramassé dans le grenier, on m’a mise à refroidir, mais j’ai mieux aimé courir !

Si vous avez des enfants en âge d’aller à l’école, vous n’avez pas pu passer à côté du célèbre album Roule Galette – enfin, c’est surtout eux qui n’ont pas pu passer à côté ! Une histoire à la structure répétitive dans lequel la galette prend la poudre d’escampette et rencontre tour à tour un lapin, un loup, un ours et un renard. Tous veulent la manger mais seul le rusé renard y parvient…

Je ne m’appesantirai pas sur la lecture archaïque que je fais de cet album. Le vieux assis sur son confortable fauteuil de patriarche demande à la vieille de lui faire une galette. Et la vieille ne lui répond pas «Tu n’as qu’à te la faire toi même ta galette !». Non, elle s’exécute. Sur les conseils du vieux, elle monte au grenier et balaie le plancher pour récupérer du blé pour faire la galette (Beurk ! Crado la galette à la poussière de grenier !). Le tout avec le sourire bien sûr. Quand elle a fini : Et voilà la galette cuite. « Elle est trop chaude ! crie le vieux. Il faut la mettre à refroidir ! » Et en plus il crie ! Non mais il se prend pour qui ce goujat. Si c’était moi je… (censuré)… D’accord je me suis un peu appesanti, mais c’est vrai qu’à chaque fois que je leur lis cette histoire, je ne peux pas m’empêcher de la trouver pas très vingt-et-unième siècle !

Revenons à notre galette qui roule, roule. L’autre jour mon fiston – cinq ans et demi – me demande : «Maman ? Est ce que ça existe en vrai la galette à l’escampette ?

– La galette à quoi ?

– Ben oui, si on met de la poudre d’escampette dans la galette ! »

C’est peut être pour ça qu’elle roule, cette galette, si l’on remplace la poudre d’amande par la poudre d’escampette, forcément…

Enfin, je n’ai pas résisté à la tentation d’aller voir sur internet d’où vient vraiment cette expression. Si ça vous intéresse, c’est .

Maman tu cries très fort !

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J’avais annoncé () que la culpabilité était bannie de ma vie de mère. Mais vous le savez, elle n’est jamais très loin, elle se planque derrière la moindre de nos faiblesses – la garce ! Et quand ce sont nos enfants qui pointent nos défauts, c’est parfois drôle (vive l’auto-dérision) et souvent un peu – voire très – douloureux…

 

La semaine dernière, j’ai crié – je devrais dire hurlé – une fois de plus. C’était le matin, nous étions – comme d’habitude – en retard sur l’horaire qui m’assurerait d’être à l’heure à mon travail. Je leur avais dit de mettre leurs chaussures, puis j’avais préparé mon sac, mon thé, mon repas. Les chaussures n’étaient toujours pas mises. Je leur avais demandé de mettre leurs pulls, et leurs manteaux, tout en enfilant mes chaussures et en n’oubliant pas le sac du goûter, les clés de la voiture, le portable. Je lui avais dit de mettre ses gants en fermant le manteau de sa sœur. Il avait hésité, cherché, tatonné. «Mets tes gants !» «METS TES GANTS ! MAINTENANT !»

Quelques minutes plus tard, la colère était partie, alors de sa toute petite voix si douce, ma fille m’a dit : «Tu as crié vraiment très fort maman. Je veux que tu cries moins fort.» Oups. J’ai promis de faire des efforts.

 

Déjà quelques jours avant, j’avais raconté au repas du soir que j’avais crié sur mes élèves – ils n’arrivaient pas à faire un exercice de maths réalisé déjà de nombreuses fois et j’ai « craqué ». Le jugement de mon fils – 5 ans – a été sans appel : «  Mais maman ! Tu ne dois pas t’énerver contre eux ! Tu es leur maîtresse tu dois être gentille avec eux !

– Ah parce que ta maîtresse ne crie pas ?

– Jamais ! Ma maîtresse elle ne nous crie jamais dessus ! »

Un peu plus tard, j’ai eu l’explication complète : «Des fois elle se fâche, et elle nous punit. Mais elle ne nous crie jamais dessus…»

 

Il ne me reste plus qu’à présenter mes respects à la maîtresse de mon fils. Et à essayer de m’améliorer, comme maîtresse, et comme maman…

Peut-être prendre exemple sur la maman des poissons

Quand je serai grand je serai père Noël

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Hier soir au repas, notre fils nous a annoncé fièrement : “Quand je serai grand, je serai père Noël. Je fabriquerai un traîneau. J’irai voir le vrai père Noël, au pôle nord, et je lui demanderai quelques nains (= lutins) pour m’aider, et puis je fabriquerai des cadeaux pour tous les enfants.”

On a trouvé ça mignon et touchant…

Mais cette déclaration tombe aussi juste après une conversation d’adultes, où j’expliquais à mon mari que je culpabilisais de plus en plus de le laisser croire au père Noël. Déjà quand il était plus petit je me questionnais (j’en parlais ici). Maintenant il a cinq ans et demi. Il comprend que les monstres, les dragons et les licornes n’existent pas pour de vrai. Il sait que les dinosaures ont disparu. Il demande si la magie de Harry Potter est réelle et on lui dit non… Seul le père Noël échappe encore à toute cette logique. On entretient le doute. On ment. “Oui mais le vrai père Noël lui…” “Il passe dans toutes les maisons et il laisse des cadeaux partout.” “Il passe dans la nuit de Noël, mais parfois il prend de l’avance.”

Il s’interroge, un peu. “Comment elle sait mamie que je vais avoir ça et ça et ça ?

— Je ne sais pas. Peut être qu’elle a appelé le père Noël ?”

Et au moment du déballage. “Celui là c’est le père Noël de chez nous…”

Cette année encore on va lui dire que le père Noël n’amène pas tous les cadeaux, que les adultes en rajoutent. Une sorte de solution entre deux… On va lui faire vivre la magie de Noël, la beauté, les lumières, le partage, l’amour. Et puis quand ce sera le bon moment on aura LA conversation.

Cet après-midi le « père Noël » était à l’école. Et en sortant, son camion de pompier sous le bras, il jubilait. J’ai hasardé : “C’était le « vrai » père Noël ?

— Oui parce qu’il nous a donné des cadeaux !”

Puis il a décrit la barbe qui était “pour de vrai”, le câlin qu’il lui a fait… Comment lui briser le rêve que toute la société lui a construit ? On va attendre encore un peu en le laissant rêver.

Aujourd’hui, j’ai cuisiné des petits biscuits montés en couronne et des amandes caramélisées pour offrir aux maîtresses et aux autres personnes qui s’occupent de nos enfants. En passant du temps en cuisine, en pensant avec tendresse à ceux à qui je dédiais ces présents, je me suis ressourcée à l’esprit de Noël. Puis j’ai terminé les achats de cadeaux…

Finalement les rêves se réalisent. Je suis grande, et je suis le père Noël…

Paroles de vieilles chansons pour enfants

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Certaines paroles des vieilles chansons pour enfants sont pour le moins étonnantes…

Dansons la Capucine, par exemple, sous son aspect léger, sonne presque comme une analyse sociale du bonheur :

 

Dansons la capucine

Y’a pas de pain chez nous

Y’en a chez la voisine

Mais ce n’est pas pour nous You !

Dansons la capucine

Y’a pas de vin chez nous

Y’en a chez la voisine

Mais ce n’est pas pour nous You !

Dansons la capucine

Y’a pas de feu chez nous

Y’en a chez la voisine

Mais ce n’est pas pour nous You !

Dansons la capucine

Y’a du plaisir chez nous

On pleure chez la voisine

On rit toujours chez nous You !

 

Le côté obscur de l’étrangeté, par contre, ce serait Ne pleure pas Jeannette.

 

Ne pleure pas Jeannette,

Tra, lallallallalla lla llallalla lla lla,

Ne pleure pas Jeannette,

Nous te marierons, Nous te marierons,

Avec le fils d’un prince,

Tra, lallallallalla lla llallalla lla lla,

Avec le fils d’un prince,

Ou celui d’un baron, Ou celui d’un baron

Je ne veux pas d’un prince,

Tra, lallallallalla lla llallalla lla lla,

Je ne veux pas d’un prince,

Encore moins d’un baron ! Encore moins d’un baron !

Je veux mon ami Pierre,

Tra, lallallallalla lla llallalla lla lla,

Je veux mon ami Pierre,

Celui qui est en prison, Celui qui est en prison,

Tu n’auras pas ton Pierre,

Tra, lallallallalla lla llallalla lla lla,

Tu n’auras pas ton Pierre,

Nous le pendouillerons, Nous le pendouillerons,

Si vous pendouillez Pierre,

Tra, lallallallalla lla llallalla lla lla,

Si vous pendouillez Pierre,

Pendouillez moi avec, Pendouillez moi avec,

Et l’on pendouilla Pierre,

Tra, lallallallalla lla llallalla lla lla,

Et l’on pendouilla Pierre,

Et sa Jeannette avec, Et sa Jeannette avec

A cett’ histoire si triste,

Tra, lallallallalla lla llallalla lla lla,

A cett’ histoire si triste,

Tous les gens pleureront, Tous les gens pleureront

 

Autant dire que l’on n’écoute plus l’histoire de Jeannette chez nous, ne serait-ce que pour éviter de répondre à « ça veut dire quoi nous le pendouillerons ? »…

 

Et vous, vous en connaissez sûrement des vieilles chansons pleines de surprises ?

Quand on se rue sous la capuche

quand-on-se-rue-sous-la-capuche

On n’a pas tous les mêmes raisons…

 

Entendu sous la capuche d’un « grand » de CM devant l’école de mon fils la semaine dernière :

«Moi je mets ma capuche tu sais pourquoi ? J’ai peur de perdre des cheveux avec le vent.»

 

Un peu plus tard le même matin, c’était plutôt ambiance «Fous ta cagoule t’auras les glandes t’auras les boules» quand une twingo est venue exploser son rétroviseur dans ma voiture… Mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai plus tard…