Ecrivain, en 2017 ?

Ecrivain, en 2017

Ecrivain, quel mot !

Mais je vous l’avais promis et le voilà, l’article où je reviens sur mon premier salon du livre… J’y évoquerai aussi – brièvement – les maisons d’édition et la rémunération des auteurs…

J’avoue que depuis que je suis en âge de me croire capable d’écrire un livre en entier, je considère le métier d’écrivain avec une naïveté poétique. Je trimballe dans mon imaginaire des représentations surannées, l’écrivain attablé à son bureau ou à la table de sa salle à manger, l’écrivain cherchant l’inspiration en déambulant dans des paysages de bord de mer, l’écrivain plongé dans les intrigues de ses personnages tard dans la nuit. Toujours solitaire, toujours frappé de la grâce de l’artiste, un génie en quelque sorte, dont les mots sont suffisamment forts et profonds pour qu’il puisse vivre de son art… D’ailleurs il est des lieux que j’associe irrésistiblement au métier d’écrivain. La maison de la photo est de ceux-là, une demeure d’écrivain dans mon imaginaire… Elle est à la mesure de l’immensité que je place dans l’Ecrivain. Rien que le mot est gigantesque. En ce qui me concerne, j’ai beau écrire depuis des mois voire des années, j’ai le plus grand mal à me qualifier d’écrivain. Quel grand mot pour le peu que je fais des mots. Si j’arrive un jour au bout d’un roman, alors peut-être je serai plus que «juste quelqu’un qui écrit un peu»…

Mais revenons à la réalité, bien moins romantique vous vous en doutez.

Il y a presque trois semaines, je me suis rendue à un « salon du livre » à Trets (petite ville à trois-quart d’heure de Marseille). J’en parlais et je promettais d’y revenir dans un article.

Ce dimanche matin là, donc, assez tôt – trop tôt pour un dimanche matin – j’ai pris ma voiture, vérifié l’adresse sur mon smartphone, programmé le GPS, et je suis partie comme on part à l’aventure. De cette journée, je n’attendais rien d’autre que les rencontres que je pourrais y faire. J’allais représenter un livre collectif auquel j’avais participé (Les femmes nous parlent), et pour lequel les droits d’auteurs sont reversés à des associations de défense des femmes. Aucun enjeu financier, donc. Aucun enjeu d’orgueil non plus. Juste une journée pour discuter avec d’autres auteurs, rencontrer un éditeur en vrai, parler de mon blog éventuellement…

Quand je suis arrivée à Trets, le centre-ville était bouclé pour cause de fête de printemps. Premier obstacle. Le GPS recalcule et je poursuis ma route. Au deuxième virage, je me retrouve sur une route de terre, les trottoirs impraticables, de gros travaux en cours. Un instant je me demande où je suis. En bonne marseillaise j’ai déjà une sensation de ruralité extrême dès que je sors de ma ville, alors quand les rues d’un « centre-ville » n’ont plus de goudron, tous mes repères se trouvent presque anéantis… Lorsque mon GPS m’annonce que je ne suis plus qu’à 600 mètres de mon point d’arrivée, en bonne marseillaise, je me gare à la première belle place venue. (Mais vous allez voir, le réflexe « il y a une place je me gare et je finis à pied », si c’est redoutablement efficace à Marseille, ça l’est beaucoup moins à Trets.)

Je descends de ma voiture. Il est 9h10. Je suis attendue à 9h30. Autour de moi, une zone pavillonnaire où de petites maisons s’égrènent en face d’une paire de terrains de basket. Dans la rue, pas un chat. Il fait froid – comme d’ordinaire on perd presque dix degrés en sortant de la pollution urbaine. Je perçois un reste de brume matinale à la cime des arbres et dans les bosquets des jardins. Smartphone en main, j’avance vers mon but. Un peu plus loin dans la rue une femme suivie d’un homme traîne une valise à roulettes. Je songe que la valise est peut-être pleine de livres… Au croisement suivant, ils ont disparus. D’après mon téléphone, ma cible est là, au milieu du chemin de terre en face de moi. Improbable, même pour un salon du livre à Trets ! Je suis dans la bonne rue, mais la vérité est ailleurs, plus loin. Dois-je prendre à gauche ou à droite ? Je choisis au hasard le côté qui semble se rapprocher du centre, selon le plan partiel dont je dispose il y a une école et une crèche à côté de la salle où se déroule le salon. Seule, j’avance en scrutant les panneaux. A nouveau, je doute, comme tout à l’heure en conduisant sur la terre nue. Mais qu’est ce que je fais là ?

Finalement je trouve la place, le parking puis la salle. A l’intérieur, ça s’installe, ça papote, ça se retrouve. J’entre et mes yeux dessinent des cercles autour de moi. Une personne vient me parler. Un organisateur. Ouf. Il me montre « mon éditeur », je me présente. « C’est ton premier salon ? »

Plus tard dans la journée nous rirons de la crainte dans mes yeux à ce moment là…

Les minutes du début s’étalent et les présentations aussi. Je les regarde s’installer. Ouvrir leurs valises pleines de livres et installer minutieusement leur « stand ». Je sors juste mes cartes de visites et un stylo (pour les « dédicaces », rires).

A ma droite, elle défend son premier roman « Pauline et le hussard ». A ma gauche, elle a déjà plusieurs livres à son actif, un petit livre de citations, plusieurs ouvrages de littérature de jeunesse, et le recueil collectif de nouvelles Les femmes nous parlent. De l’auto-édition et de l’édition classique, parmi lesquelles une petite maison d’édition qui a fermé (et donc un livre à faire rééditer)… Jacques, qui porte les éditions Phénix d’Azur, a les yeux qui pétillent quand il parle des livres, ceux qu’il montre et ceux à venir. Une vraie belle personnalité bien éloignée de l’image que je me faisais de l’éditeur. Pourtant, c’est une triste réalité, loin des gros blogbusters de l’édition et leurs bureaux au sol jonché de manuscrits, les petites maisons d’édition à taille humaine peinent à survivre. Si vous voulez aider Phénix d’Azur éditions qui s’engage – entre autre – pour l’égalité hommes femmes, je vous invite à aller faire un tour sur la campagne de financement Ulule avant le 27 avril…

Revenons à notre salon. La journée démarre et les visiteurs sont rares. Une conjecture d’éléments explique peut-être la faible fréquentation, la pluie, le changement de lieu par rapport aux années précédentes, la communication incomplète (les banderolles qui devaient être affichées en ville sont restées roulées à la mairie faute de personnel municipal disponible le vendredi après-midi pour les poser). Pour moi, c’est l’absence d’animation sur le lieu du salon qui pose problème. Qui vient volontairement se faire signer des livres que personne ne connaît par des auteurs que personne ne connaît ?

Malgré l’absence de public, pourtant, je n’ai pas ressenti l’ennui. J’ai discuté, beaucoup, un peu surfé et lu sur mon portable, et surtout, je suis rentrée chez moi avec l’envie de reprendre le travail sur mon roman – bon par contre je n’ai toujours pas gagné d’heures supplémentaires sur mes journées pour m’y remettre…

Ma voisine de gauche s’étonnait, le matin, que j’ai pu venir passer une journée à poireauter dans un salon sans la perspective du moindre euro dans ma poche. Mais la journée avançant, j’ai finalement apprécié d’être venue sans me faire la moindre illusion. Parce que clairement on est nombreux à avoir fait du bénévolat ce jour là !

D’ailleurs, à ceux qui pensent ou disent « ah oui, tu as écrit un livre, ça va, tranquille, tout va bien pour toi ! » (petite anecdote de ma voisine de droite), sachez que la rémunération d’un auteur, c’est environ un euro par livre vendu… Trois euros s’il vend en direct et qu’il récupère la marge libraire. Pas de quoi faire des folies quand dans un salon comme celui de mon «baptême» on vend sur la journée un, deux ou trois livres (voire zéro) !

Une de mes collègues de ce jour m’a raconté ce mot d’auteur : «  Si tu veux travailler sur ton ego, tu te places dans un salon du livre juste à côté de Marc Lévy ». Pour moi, participer à un salon du livre où l’on trouve Marc Lévy serait déjà une belle avancée…

D’autant plus qu’avec la perspective d’augmenter mes heures de travail l’an prochain, je suis en train de revoir mes priorités. Je continuerai à peindre, à avancer sur mes projets d’albums jeunesse, et à publier sur mon blog. Mais poursuivre mon roman, je ne sais pas si j’y parviendrai.

En même temps, si mon but c’est d’écrire pour être un peu lue… j’ai mon blog. Direct, gratuit, bloguer c’est échanger avec le monde entier. Alors pour moi, écrire en 2017, c’est peut-être juste le faire ici… Affaire à suivre.

Ma propre culture pub

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Vous vous rappelez de cette émission ? Elle passait très tard. Elle n’était, sur le papier, pas très attractive. Un florilège de publicités, alors qu’on zappe dès qu’elles arrivent, quel intérêt ? Pourtant, quand on tombait sur ce programme, on restait scotchés à l’écran.

Parmi les pubs contemporaines aussi, il y en a des mythiques, mais dans notre quotidien du zapping on les oublie aussitôt disparues de nos écrans. Aujourd’hui je vous livre, donc, mon florilège récent, avant d’avoir perdu la mémoire…

“Oui Patrick !”

La voiture bip bip…

C’est moi qui l’ai pas faite !

Et enfin… Ha !

 

Si vous aussi avez une pub à partager… N’hésitez pas, mettez son lien en commentaire !

C’que ça me gonfle le ballon… de foot

Foot

J’avais déjà déploré, dans cet article, les incidents survenus à Marseille dès le premier week-end de l’Euro. On touche enfin au bout du supplice, puisque le dernier match sur terre marseillaise aura lieu dans trois jours. On ne se rend pas compte quand on n’y vit pas, mais la fête des uns est la galère des autres. Routes coupées, embouteillages monstrueux… Et un emploi du temps de début de vacances tronqué par cette demi finale. “On ne sort pas en voiture jeudi, il y a match !” (Et quel match, France Allemagne, rien que ça !)

Je fais ma mauvaise tronche. Je n’aime pas le foot. Comme d’habitude ça ne m’intéresse pas. Même avec le France Islande et sa ribambelle de buts en fond, mon regard glisse sur l’écran. Indifférente, au degré zéro de l’émotion, j’ai du mal à comprendre la passion…

Et puis je bloque sur le mur de pubs derrière Didier Deschamps pour chacune de ses interventions. Sans surprise ni liberté, il n’a le droit de l’ouvrir que s’il est entouré des logos des annonceurs de l’Euro. A méditer… Ou pas.