Oscillations de température et vibrations printanières

Oscillations 1

Un jour je sors de chez moi et ma veste reste suspendue dans l’entrée. Même pour quelques minutes, je chausse mes lunettes. Sous le pull le débardeur s’installe…

On ressort notre camion aménagé. On achète de la crème solaire. On fait notre premier pique-nique sur une pelouse couverte de pâquerettes.

Les envies culinaires changent. Verdure, fraîcheur.

Les premières fraises dans notre panier.

Des couches de tissu à enlever ou à remettre.

La laine passe de mes épaules, à ma taille, à mes épaules.

Demain, avril – ne te découvre pas d’un fil – deviendra mai – fais ce qu’il te plaît.

Mais quand se fera, vraiment, le passage ?

Un jour, après-demain ou le jour suivant, c’est évident, nous serons en saison chaude.

En attendant, oscillons gaiement…

Oscillations 2

Oscillations 3

Oscillations 4

Oscillations 5

Je vous souhaite un joyeux passage au mois de mai.

La grenade, cette arnaque

La grenade, cette arnaque

Pour le dessert du réveillon de Noël, j’avais envie de fraîcheur, d’originalité, de légèreté. La salade de fruits exotiques a alors remporté sa place à mon menu de Noël 2015 – aux côtés tout de même de la mousse au chocolat chaleureusement réclamée par mon homme. Me voilà donc chez le primeur – pas bio – le 24 décembre au matin, consultant ma recette sur l’internet de mon smartphone. J’erre devant les étals des fruits exotiques, qui occupent une place réduite, dans ce magasin de quartier. Je lis les étiquettes, je me sers, mais il me manque encore quelques fruits. Je me sens un peu bête quand je demande s’ils ont des « fruits de la passion », et qu’il me montre celui devant lequel j’étais passée et repassée, mais dont l’ardoise affichait un autre nom. Puis là où trône l’étiquette « papaye », il y a deux fruits différents. Quelle inculte je fais ! Je demande ma route, si je puis dire, à une cliente de passage, et je termine mes courses.

Une mangue et une papaye parvenues par avion, trois fruits de la passion du Brésil, une grenade de je ne sais où, mais probablement pas de tout près… J’te dis pas l’empreinte carbone de la salade de fruits !

Je tempère l’écolo qui hurle en moi. C’est Noël… Pour une fois… C’est même pas pour une fois dans l’année, en fait. A Noël dernier, et à Noël prochain, pas de salade de fruits exotiques à l’horizon. On ne mange même plus de banane. Je me remémore notre consommation de fruits de l’année passée, une main (une huitaine, quoi) de bananes en tout et pour tout. Et sinon, des pommes, des poires, des pêches, des cerises, locales et bio. Ouf.

Mais je reviens à mes moutons – ou plutôt à mes fruits exotiques. Ma recette – que je suis (presque) à la lettre – m’indique de conserver la salade au frais, et d’ouvrir, au moment de servir, la grenade, pour décorer les verrines de quelques graines. La cerise sur le gâteau, en quelque sorte. Enfin, la graine de grenade sur la salade, en l’occurrence.

Vous voyez la scène ? Un 24 décembre, 22h30, dans ma cuisine ouverte, j’ouvre ma grenade en deux. Tout de suite, je flaire l’arnaque. Visuellement, il doit y avoir une trentaine de graines dans chaque moitié. Il y en a plus, bien sûr, mais il faut découper petit à petit la chair blanche et détacher les graines à la petite cuillère. Le jus qui en coule est rouge, ça tâche. J’y passe quelques minutes, et mes salades de fruits sont toutes belles avec leurs billes rouges sur le dessus. Oui, sauf que je n’ai pas vraiment aimé cet ajout sur ma salade. Les graines de grenade ont fini à côté… Et c’est donc là que je déclare : la grenade, c’est une arnaque !

Le lendemain de Noël, j’ai trouvé un article – en anglais – qui explique comment ouvrir une grenade (pas comme j’ai fait…). Alors pour ne pas être complètement de mauvaise foi, je ne vous dirai pas de ne pas acheter de grenade, juste de lire cet article avant.

En ce qui me concerne, l’an prochain, je ferai – peut-être – ma propre bûche…

Si à 40 ans on n’a pas son Thermomix…

Si à 40 ans on n'a pas son Thermomix

… A-t-on pour autant raté sa vie de ménagère de moins de cinquante ans ?

 

Peut-être ne savez-vous pas de quoi je parle ? (Oh que j’envie votre innocente ignorance !)

Peut-être êtes-vous déjà propriétaire de ce « fantastique » aide culinaire ?

Ou bien, êtes-vous en train d’économiser pour vous le payer ?

Avez-vous pensé à prendre rendez-vous avec votre banquier, pour un prêt à la consommation ?

Non ? Pas grave, vous pouvez souffler, il paraît qu’on peut le payer en vingt fois si on le souhaite…

 

Il y a quelques semaines, j’ai été invitée, par une de mes connaissances, à une « démonstration » à son domicile. Une vente en réunion, en réalité.

Je n’y suis pas allé, mais j’ai commencé à m’interroger.

Deux poids font tanguer la balance de mon cerveau. La merveilleuse description d’une vie de cuisinière transfigurée, contre le prix démesuré de 1139€.

J’essaie de poser ma réflexion, de peser mes arguments. Pour. Contre.

Est-il vraiment utile, ce robot, pour moi ? Je pense à ce que je fais, chaque jour, dans ma cuisine, et je me questionne. En ai-je besoin ?

Est-ce qu’il vaut son coût ?

 

Très connu – et très couru – chez les mères de familles portées sur la cuisine, cet objet encombrant et coûteux est presque un mythe. Un phénomène de la consommation qui s’inscrit dans cet air du temps du retour au naturel et du fait maison contre les vilains produits industriels…

Dans l’argumentaire de vente, on vous explique paraît-il que grâce au robot vous allez arrêter d’acheter certains produits (sucre glace, pâtes feuilletées, etc.). Un moyen, en somme, de moins consommer… à 1139€ quand même.

J’ai lu ici que « le prix importe peu quand on a envie et confiance ».

Peut-être. Chacun(e) se fera son avis…

 

En ce qui me concerne, le jour où le Thermomix lavera les salades et pèlera les cardons, j’étudierai la question. En attendant, chez nous, nous sommes deux à nous y coller, ce qui est déjà pas mal – même en 2015.

 

Et vous ? Thermomix ou pas thermomix ?

Le goût… suspendu à ses lèvres

05 Le gout suspendu à ses lèvres

Deux hivers et deux étés que nous mangeons les légumes de Georges, cultivés, ramassés, transportés et vendus par cet homme passionné qui raconte des histoires de courses d’escargots à mon fils. Mais Georges prend sa retraite. Désormais mon petit ne pourra plus affirmer, très sérieux, que les haricots de Georges sont bien meilleurs que ceux du congélateur. Chez Georges, on trouvait ces boules violines couvertes de tiges à une feuille. Un jour, mon garçon a expliqué à ses grands-parents qu’il s’agissait de choux raves, et que c’était très bon. Quelques semaines à peine après son premier repas de légume, ma petite puce a croqué à pleines dents dans une fleurette de brocoli. Repas après repas, mes enfants ont goûté, mangé, boudé les légumes de Georges. Ils les ont parfois renversés par erreur, ou jetés par terre exprès. Ils ont préféré une cuisson à l’huile, ou à la vapeur, ils ont refusé ce qui n’était pas blanc comme des pâtes, ils ont redemandé des concombres, ils ont piqué dans l’assiette de l’autre… En me remémorant ces vingt-quatre mois de repas en famille, je touche du doigt ce bonheur ; les rires, l’impatience et même l’agacement.

L’alimentation, quel sujet central de la parentalité ! Et la mère, « nourricière » de son état, qui s’y investit à corps perdu. Il s’y cristallise tant de craintes ; surpoids, anorexie, mauvaise santé. Quand l’angoisse me monte au nez, embusquée derrière la colère de les voir ne pas manger, je me répète avec force les mots de ce pédiatre, vu à la télé. Il disait qu’il suffisait de mettre de la nourriture sur la table, de proposer, pour que les enfants ne meurent pas de faim. Alors, la peur se ratatine, et il ne reste plus que le plaisir.

Et l’inattendu…

Ce midi à table, nous avions un fromage fermier, une tomme de brebis à la croute puante et au goût prononcé. Une nouveauté gustative, pour notre fils, entraîne, depuis déjà plusieurs mois, un automatisme de refus catégorique. La petite puce, au contraire, montre un intérêt pour le fromage odorant. Alors, sans conviction, je lui propose une fine lamelle. Elle goûte. Pendant quelques secondes, le silence se répand. Chaque membre de la famille s’immobilise, suspendu aux lèvres de la petite dernière. « Est bon ! » prononce-t-elle dans un sourire. Et ce succès nous laisse sans voix…

Alors aujourd’hui, je me dis que mes enfants ont le goût de « manger ».

Et chez vous ? Les repas ont quel goût ?