Routine matinale version 2

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C’est comme Georges Sand…

Ce matin là, au moment fatidique de mettre leurs chaussures, ils se houspillent et le ton commence à monter. «Non c’est moi le père Noël !» affirme la petite à son frère, qui essaie de lui expliquer : «Tu ne peux pas être le père Noël, tu es la mère Noël et c’est moi le père Noël.» Mais la petite sœur répond du tac au tac : «Non, c’est toi la mère Noël et moi je suis le père Noël.» Mon fils argumente. Le père Noël est un garçon, la fille c’est la mère Noël… Alors j’interviens. Peut être qu’en fait, le père Noël est une fille. Mais qu’elle fait semblant d’être un garçon, parce que la vie est toujours plus facile pour les garçons (message non subliminal numéro 1).

J’enchaîne. «C’est comme Georges Sand.» Et je leur conte, avec des mots simples, l’histoire de cette femme qui faisait semblant d’être un homme pour écrire des livres…

Croyez-le ou non, non seulement ils ont arrêté là leur bataille d’ego, mais en plus mon fils a retenu mon histoire. Le soir quand j’ai prononcé le nom de Georges Sand il s’est écrié : «C’est la dame qui écrivait des livres, avant, quand c’était les garçons qui écrivaient les livres, alors elle faisait semblant d’être un garçon.»

Et moi, j’ai trouvé une autre façon d’égayer le quotidien, faire des liens complètement loufoques en prenant comme point de départ leurs réflexions d’enfants…

Je suis la galette, la galette

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Je suis faite avec le blé, ramassé dans le grenier, on m’a mise à refroidir, mais j’ai mieux aimé courir !

Si vous avez des enfants en âge d’aller à l’école, vous n’avez pas pu passer à côté du célèbre album Roule Galette – enfin, c’est surtout eux qui n’ont pas pu passer à côté ! Une histoire à la structure répétitive dans lequel la galette prend la poudre d’escampette et rencontre tour à tour un lapin, un loup, un ours et un renard. Tous veulent la manger mais seul le rusé renard y parvient…

Je ne m’appesantirai pas sur la lecture archaïque que je fais de cet album. Le vieux assis sur son confortable fauteuil de patriarche demande à la vieille de lui faire une galette. Et la vieille ne lui répond pas «Tu n’as qu’à te la faire toi même ta galette !». Non, elle s’exécute. Sur les conseils du vieux, elle monte au grenier et balaie le plancher pour récupérer du blé pour faire la galette (Beurk ! Crado la galette à la poussière de grenier !). Le tout avec le sourire bien sûr. Quand elle a fini : Et voilà la galette cuite. « Elle est trop chaude ! crie le vieux. Il faut la mettre à refroidir ! » Et en plus il crie ! Non mais il se prend pour qui ce goujat. Si c’était moi je… (censuré)… D’accord je me suis un peu appesanti, mais c’est vrai qu’à chaque fois que je leur lis cette histoire, je ne peux pas m’empêcher de la trouver pas très vingt-et-unième siècle !

Revenons à notre galette qui roule, roule. L’autre jour mon fiston – cinq ans et demi – me demande : «Maman ? Est ce que ça existe en vrai la galette à l’escampette ?

– La galette à quoi ?

– Ben oui, si on met de la poudre d’escampette dans la galette ! »

C’est peut être pour ça qu’elle roule, cette galette, si l’on remplace la poudre d’amande par la poudre d’escampette, forcément…

Enfin, je n’ai pas résisté à la tentation d’aller voir sur internet d’où vient vraiment cette expression. Si ça vous intéresse, c’est .

Jouets genrés, un an après

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En décembre dernier je déplorais, dans cet article, la frontière hermétique qui se dressait entre jouets « de garçon » et jouets « de fille » dans les catalogues des enseignes spécialisées.

Sans vouloir sombrer dans les cadeaux genrés, on avait quand même suivi les envies de nos bambins avec, entre autre, une poupée aux habits rose fuchsia pour elle, un camion de pompier et un Hulk articulé pour lui.

Un an après où en est-on ? Le Hulk a été réquisitionné par elle comme une poupée supplémentaire. Il a été baladé en poussette, bercé, cajolé, et plus récemment grondé et mis au coin d’une façon assez intensive. On le retrouve face au mur dans différents endroits de la maison : « Il a été méchant avec Poupée ». (Au passage on se demande ce qu’il se passe vraiment à l’école pour qu’elle pratique des punitions aussi radicales sur ses jouets, mais c’est une autre histoire…)

Le camion de pompier a eu beaucoup de succès au départ, puis il a été un peu délaissé. La dernière fois que je l’ai vu, tout récemment, c’est elle qui y jouait.

Les poupées, dont la bien nommée « Poupée », celle aux habits roses, sont complètement son univers à elle, elle les promène, les nourrit, les éduque…

Lui ce qu’il aime, ce sont « les dragons, les dinosaures et les volcans » mais aussi le dessin, la musique, les livres… Pas beaucoup de voitures et de camions, donc, mais il est de plus en plus conscient que certains jouets et certaines couleurs sont « de fille », et l’on n’a pas l’impression d’avoir beaucoup d’influence sur ses convictions. On essaie juste de continuer à le questionner pour attiser sa réflexion sur ces catégories.

Et puis l’un des grands avantages à partager la même chambre, c’est la variété de jouets auxquels ils ont accès… Alors, certes, on n’est pas dans le non-genré absolu, mais on travaille notre rapport aux caricatures.

Et chez vous alors, ça se passe comment avec les jouets genrés ?

Petites histoires du sexisme

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Les femmes nous parlent, paru tout récemment, est un recueil de nouvelles écrites par des femmes et traitant de l’égalité – ou de l’inégalité – hommes femmes… J’ai eu la chance d’y participer avec Les stéréotypes de genre expliqués à mon fils.

Au delà de la fierté que je ressens d’être impliquée dans un tel projet (à noter, les droits d’auteur sont reversés à une Association d’Entraide et Mouvement des Femmes), j’ai attendu d’avoir lu le livre en entier pour vous livrer mon ressenti.

C’est, donc, un livre engagé. Le postulat de départ, l’égalité entre hommes et femmes, a libéré une parole multiple et intense. Les voix s’élèvent, alors, jeunes ou plus tannées, accentuées aux couleurs du monde, singulières. Certaines racontent, d’autres témoignent. Les points communs s’amoncellent mots après mots.

Le résultat est lancinant, déroutant. L’accumulation des injustices donne presque la nausée. Pourtant, l’espoir en l’avenir est unanime. L’optimisme se trame au fond de chaque récit, celles qui ont connu le pire ne font souvent que l’esquisser, et les héroïnes qui le frôlent s’en tirent toujours en combattantes.

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Vous le voulez ? Vous pouvez vous le procurer directement chez l’éditeur Phénix d’Azur avec un court délai de livraison, mais aussi sur Amazon ou Fnac.com, ainsi que chez votre libraire, s’il le commande.

Et comme c’est un sujet qui me tient à cœur, je vous dis à bientôt pour d’autres histoires du sexisme…

Comment on dit UN nounou ?

Comment on dit UN nounou

Dans l’éducation que je donne à mes enfants, je m’attache à démonter les stéréotypes de genre à chaque fois qu’ils pointent le bout de leur nez.

Alors, il y a quelques jours, quand mon fils s’est étonné que tel papa de l’école soit « nounou », l’occasion était trop belle, et j’ai cherché à comprendre ce qui l’intriguait. D’abord il m’a dit que c’était les « filles » qui étaient nounous. Je l’ai contredit en lui expliquant que c’était un métier, pour les femmes comme pour les hommes.

Mais il était encore chiffonné. Pas sur les carcans sexistes, mais sur les mots. « On dit « une nounou » pour les filles, m’a-t-il affirmé, mais alors comment on appelle « un nounou » ? »

Je lui ai glissé les réponses qui me venaient : « un assistant maternel », « un nounou » pourquoi pas après tout ? Et quand on est tombé, par hasard, sur le fameux papa quelques heures après, on lui a posé la question.

« Tu peux m’appeler par mon prénom. » a-t-il simplement répondu.

Le soir, quand je lui ai raconté cette anecdote, mon mari m’a soufflé que si une nounou c’était le diminutif de nourrice, un nounou pouvait être le diminutif de nounours…

Et j’ai trouvé cela si mignon que je voulais le partager avec vous.

 

Starwars 7, les femmes aussi ont la Force

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Attention, pour ceux qui n’auraient toujours pas vu Starwars 7, il y a des spoilers dans cet article ! Par contre si vous ne souhaitiez pas forcément voir ce film mais changez d’avis à la lecture de cet article (sait-on jamais), sachez que je n’en révèle pas trop…

La Force est aussi, donc, avec les femmes… Il aura fallu attendre le septième épisode pour s’en apercevoir.

J’avoue que ça m’a fait plaisir de voir le premier rôle occupé par une fille. J’ai pu m’identifier à Rey la splendide, et la vibration que j’ai ressentie en regardant ce film en a été toute différente. Même mon homme, fan de la première heure, a tout de suite pointé cette évidence : “C’est bien que ce soit une femme, cette fois”.

Avant Rey, la force, c’était un truc de mec. Les Jedis femmes existaient, pourtant, mais on ne les voyait jamais.

Il y avait bien Leia. Fille d’Anakin, elle aussi a la Force – enfin je suppose – mais ne s’en sert jamais, sauf pour aller aider son Jedi de frère. Leia, c’est vraiment la potiche de base, alors que Rey, elle envoie, elle ne se laisse pas faire, elle se bat pour ses convictions, elle ne se contente pas de regarder les mecs se battre pour elle. Certains diront que Leia est une figure du féminisme, et qu’elle tue Jabba the Hutt toute seule comme une grande fille. D’autres estiment que son bikini doré est une humiliation pour les femmes, et qu’il fait de Leia un fantasme d’adolescents.

Mon homme m’explique que Leia et Padmé sont des femmes de pouvoir, des femmes politiques qui défendent la paix à leur façon. Alors oui, c’est vrai, on nous dit qu’elles agissent, mais on les voit peu en action. Mon sentiment, c’est qu’elles sont des faire-valoir pour les hommes qui les entourent.

Et que dire de la mère d’Anakin ? Une femme qui a porté Anakin Skywalker dans ses entrailles, tout de même, on pourrait s’attendre à ce qu’elle ait une petite étincelle de Force, non ? Et bien non ! Parce qu’Anakin a été conçu par l’ « immaculée conception ». Alors là, vraiment, c’est la goutte d’eau. En fait, avant l’épisode 7, Starwars, c’est sexisme à tous les étages…

Cela explique peut-être pourquoi j’ai vécu des années sans être particulièrement emballée par la saga, mais ce film là, « Le réveil de la Force », pourrait me faire entrer dans l’univers Starwars. Outre le rôle féminin pas tapisserie, il y a cette respiration, l’alternance des scènes, le rythme, le montage… Moi je dis, allez-y, vous allez en prendre plein les mirettes.

Et vous, vous en pensez quoi ? Sexiste, Starwars ?

Sexisme au rayon jouets

Sexisme au rayon jouets

C’est une petite remarque qui m’a mis la puce à l’oreille. Il y a quelques semaines, j’ai récupéré un seul catalogue de Noël d’une grande enseigne de jouets, par souci économique-écologique — un seul catalogue pour deux enfants. « Ils ne découperont pas les mêmes pages », ai-je projeté. Alors on m’a répondu « Oui c’est sûr. Elle les pages roses, lui les pages bleues. »

J’ai revu en pensées les catalogues de jouets de mon enfance, et ceux des quelques dernières années. Les couleurs imposées, le dégueuli de rose recouvert de poupées, et le bleu pour les voitures, les tracteurs, les avions…

Puis j’ai voulu vérifier. Alors j’ai feuilleté quelques catalogues. Et là… Rien d’aussi flagrant. Mis à part les pages poupons poupées poussettes, les couleurs de fond ne tombent pas dans la simpliste dichotomie du rose et du bleu.

Pourtant, à y regarder de plus près, rien n’a vraiment changé. Les pages n’annoncent pas forcément la couleur, mais les fabricants de jouets, eux, oui.

Tous les objets de l’univers poupée sont immanquablement roses. Les garçons n’ont qu’à pas jouer à la poupée. Ou alors ils assument le rose. Et les filles, elles n’ont qu’à aimer le rose, ou alors elles ne jouent pas à la poupée. Avant la naissance de sa sœur, mon fils a voulu un poupon. Sa façon de se préparer à son futur rôle de grand frère, et aussi de se venger un peu sur le modèle inanimé du bébé qui allait arriver. Le poupon était vêtu de violet, difficile de trouver moins féminin…

Au delà des poupées, on trouve des micros sur pied, roses, de nombreuses boîtes de loisirs créatifs, roses, beaucoup de jouets sur le thème de la cuisine, roses. Et si mon fils veut dessiner des mandalas, je n’aurai qu’à lui expliquer que c’est un jouet pour fille…

Et puis il y a les mises en scènes. Aucune fille à la page des drones et autres objets télécommandés, et derrière le volant des quads, des garçons. Les filles, elles, sont sagement assises sur le siège passager.

Finalement, c’est toujours le même constat : aux garçons les jeux d’action, les armes factices, les véhicules, aux filles la cuisine, les bébés et les loisirs créatifs.

Et sur les jouets mixtes, certains fabricants rajoutent, l’air de rien, un petit coup de couleur. « Existe aussi en bleu. » Ou comment nous faire dépenser encore plus, quand il faut racheter pour le deuxième le trotteur qui n’est définitivement pas de la bonne couleur…

Non, je ne juge pas. Vous verriez les jouets que vont recevoir mes enfants… Un vélo rose à fleurs et une poupée couleur fuchsia pour elle, du super-héros et du pompier pour lui. Ici aussi, nous sacrifions au sexisme, du moins partiellement. Mais l’essentiel est peut-être d’en avoir conscience ?

Et chez vous, alors ?