Septembre…

134 Septembre

J’adore septembre. Son énergie. Son renouveau, son retour à la vie quotidienne. Année après année la rentrée demeure un moment exaltant. Professionnelle, littéraire, culturelle.

La vie urbaine bat à nouveau, on sort de la paresseuse torpeur estivale. Le repos devenu ennui se barre au moment où le goudron revient sous nos pieds – cette année la chaleur a aussi disparu dans la foulée.

En tant que professeur des écoles, le mois de septembre c’est aussi un travail intense. Cette année en particulier, puisque j’ai changé de poste, et malgré mon anticipation – préparation de la rentrée à partir du 16 août – je me suis sentie submergée jusqu’à… maintenant.

Enfin… je recommence à écrire, à dessiner, à rêver éveillée d’autre chose que du collège. J’émerge de mes eaux tumultueuses et je retrouve le plaisir d’être ici.

Peut-être qu’un de ces quatre je prendrai le temps de mettre à jour mon profil et d’alimenter ma page facebook.

Je vous dis, alors, à très bientôt…

Pause estivale

Pause estivale

L’été est là. Les vacances toutes proches. Les soirées, les barbecues, les glaces, le sable, les lunettes de soleil.

Je vais éteindre mon ordinateur, m’éloigner de ma connexion internet, oublier Facebook et les statistiques de mon blog.

Je vais jouer avec mes enfants, sourire à mon mari, partir sur les routes.

Je vais lire dans mon lit le soir, parfois à la frontale sous la toile du combi.

Je vais écrire, un peu beaucoup passionnément, prendre le temps de poser mes idées en mots sans les publier tout de suite sur internet.

Je vais prendre des centaines de photos.

 

Et puis dans seulement quelques semaines ce sera l’heure de la rentrée. L’énergie reviendra avec le renouveau et des projets tout neufs (re)prendront forme…

Ma vie professionnelle sera chamboulée, un nouveau poste dans un autre lieu et davantage de travail.

J’espère pouvoir écrire régulièrement pour le site internet d’une association marseillaise et y aborder des thèmes qui me tiennent à cœur – maternité parentalité allaitement famille…

Il y aura peut-être une exposition de photographies à l’automne.

Je présenterai – si tout va bien – de nouveaux tableaux dans un restaurant marseillais en décembre ou en février.

 

En attendant, je vous souhaite un bel été, joyeux, léger et ressourçant. Et de pouvoir suivre jusqu’au bout vos envies pour maintenant et pour ensuite…

La Famille Zen, une jeune association marseillaise à découvrir

Banderolle Famille zen

Vous l’avez peut-être ressenti à travers le rythme de publication ralenti des derniers jours… En ce moment, il m’est difficile de trouver du temps. Mes listes de choses à faire s’allongent et mes journées s’écourtent. Je suis plongée dans les préparatifs de mon exposition qui démarre dans deux semaines et j’avoue avoir du mal à me poser pour respirer, réfléchir, ou écrire… Pourtant dans cet ouragan d’activités se superposant les unes aux autres, j’ai vécu aujourd’hui une parenthèse de rencontre et d’écoute. Je suis allée, en famille, à un pique-nique organisé par la toute jeune association marseillaise La Famille Zen, qui entend reprendre les activités du Zèbre Zen aujourd’hui disparu. Pour l’instant les deux super mamans qui tiennent cette association organisent environ une fois par mois des rencontres avec les familles (papas et enfants archi bienvenus) pour échanger sur la parentalité. Ainsi, aujourd’hui, nous avons causé éducation bienveillante et phases d’opposition. Nous avons partagé nos astuces pour gérer les crises de nerfs de nos minots sans taper ni crier. C’était doux, vrai, chaleureux, un moment d’échange sans jugement, un moment où l’on se sent compris et capable d’évoluer. Même mon homme – qui n’a pourtant jamais trop voulu m’accompagner aux réunions allaitement où j’allais aussi chercher ces instants de partage bienveillant – a apprécié le pique-nique. Et moi, qui ai été une grande consommatrice de réunions d’allaitement quand j’en avais le temps et l’occasion, j’ai retrouvé avec bonheur cette ambiance feutrée et ressourçante.

Alors merci La Famille Zen, de proposer ces temps hors du temps. Si vous n’avez pas encore cliqué sur le lien plus haut, la page Facebook de La Famille Zen c’est . Et si vous avez envie de vous investir… vous savez bien que les plus belles choses se construisent à plusieurs. J’essaie d’enrôler, mais pour être honnête avec vous, mon investissement pour l’instant s’est limité à la création de leur logo, et à cet article. Promis je vais réfléchir à ce que je pourrais proposer, et à comment trouver le temps pour cela. Je termine en parlant du temps qui manque, et la boucle et bouclée…

Je vous souhaite de profiter de ce week-end prolongé.

Allaitement long, très long, très très long

Allaitement long

Il fait tellement partie de mon quotidien, cet allaitement. Avec le temps il est devenu tellement naturel, tellement normal. J’ai développé une telle indifférence à la surprise des gens, qu’elle glisse sur moi. Les remarques sont devenues inexistantes face à cette assurance sereine que je porte en moi, qu’allaiter son enfant jusqu’au sevrage « naturel » c’est… naturel. J’en parlais déjà, ici, avant que ma fille ne fête ses trois ans. Quelques mois sont passés, et l’allaitement est encore là, en pointillé, de moins en moins présent, chaque tétée comme peut-être la dernière, mais encore là… Dans une semaine, cela fera six ans que j’allaite – avec une interruption de cinq mois pendant ma seconde grossesse. Alors oui, chez nous l’allaitement est très très long. Une très longue période de ma vie de femme, de notre vie de famille.

En créant ce blog je pensais que l’allaitement serait un sujet récurrent, et puis finalement dans le nuage de tags le mot reste petit, discret, comme son rôle dans notre vie de famille, maintenant que nous n’avons plus de nourrisson à la maison.

Je pensais que l’allaitement – ce lien et cette implication du corps dans la maternité – me manquerait en s’estompant, mais je me trompais. L’allaitement est un passage. La maternité est un tout.

Je l’oublie, alors, cet allaitement « hors norme »… Et puis parfois il ressurgit dans toute son exception. L’autre jour chez notre pédiatre un journaliste faisait un reportage sur la vaccination. Quand j’ai mis ma fille de trois ans au sein pour l’aider à gérer la douleur de l’injection, que mon médecin adoré en a rajouté une – énorme – couche en me demandant de répéter l’âge de ma fille, et a affirmé au journaliste qu’il assistait à quelquechose d’extraordinaire… Bon j’avoue que j’ai piqué un fard.

De la même façon, quand je compare nos propos de futurs parents à ce que l’on vit aujourd’hui, le contraste est flagrant. Enceinte, quand j’évoquais, déjà, l’allaitement long (à cette époque j’envisageais d’allaiter un an), nous étions d’accord avec mon amoureux pour dire que nous trouvions cela étrange un enfant qui marche, qui parle… et qui tète encore. Mais ça c’était avant… Il y a quelques semaines, ma fille est venue me voir dans ma chambre et m’a dit très précisément : « Je veux téter avant que tu ailles te doucher ». « Avant que tu ailles », quoi ! Et puis elle a tété, cinq secondes en tout, moi accroupie, elle debout, et j’ai eu cette image à l’esprit…

Allaitement long Une Time

Cette Une « scandaleuse » représentant une réalité que personne ne veut voir.

Ces gens trop overbookés pour répondre à vos mails

Ces gens trop overbookés pour répondre à vos mails

C’est une expérience récente qui m’a inspiré cet article. Pour couper court à l’imagination de certain(e)s, je ne parle pas ici des copines qui n’ont pas le temps de répondre à un mail amical, celles-là sont toutes excusées… Non, je parle des personnes avec qui j’ai un lien professionnel – donc un intérêt commun à travailler ensemble – mais qui sont tellement mais alors tellement overbookées qu’elles ne peuvent pas répondre à mes mails…

J’ai essayé d’être compréhensive. J’ai mis les formes pour insister sans harceler. J’ai proposé de me déplacer un midi sur ma pause déjeuner – aucune réponse.

Aucune réponse quand on prépare un événement pour dans moins de trois semaines, cela n’envoie pas les bons signaux…

Puis j’ai attendu – que pouvais-je faire d’autre ? J’ai attendu, donc, trois jours et demi – autant dire une éternité dans ces circonstances – pour avoir un retour sur des flyers pour une expo. J’y avais passé du temps, plusieurs heures de mon week-end. Et pour être tout à fait honnête, j’ai vécu l’absence de réponse, et le contenu des réponses tardives, comme du mépris.

Dans un contexte où le temps était clairement compté, nous avons fini par échanger quand même par mail. Mais vous l’avez probablement vécu aussi, ces échanges par écrit ont leurs limites, surtout quand les relations se tendent pour quelque raison que ce soit. A chaque phrase les incompréhensions semblent s’accentuer. « Coupons court », me suis-je dis. J’ai proposé une conversation téléphonique sur le mode j’aimerais t’appeler mais je n’ai pas ton numéro de téléphone… A deux semaines et deux jours de l’événement.

J’ai attendu six jours.

Visiblement, quand on est trop overbooké pour répondre aux mails, on est aussi trop overbooké pour filer son 06…

Bon, je vous rassure, j’ai quand même eu une réponse – par mail, faut pas pousser, pas le temps de décrocher son téléphone – au bout de six jours… pour annuler l’expo (à dix jours de la date prévue initialement, sans être du tout d’accord sur la forme et sur le fond des flyers, ce n’était pas une énorme surprise non plus).

De cette petite histoire tellement commune, je veux juste tirer une leçon de vie.

Nous avons tous des vies de dingues. On a un boulot, des enfants, une famille, un repas à préparer le soir, on est fatigué, on attend les vacances, on n’a pas le temps. On est tous overbookés.

A quel point l’êtes-vous ?

Trop overbooké pour répondre aux sollicitations ? Pour filer son numéro ? Pour faire tout son boulot ? Pour faire bien son boulot ? Pour jouer avec ses enfants ? Pour faire l’amour avec son conjoint ? Pour être sympathique ? Pour sourire ? Pour vivre ?

A quel point on se ferme aux autres, à leur univers à leurs propositions à leurs demandes et aux échanges qu’on pourrait avoir avec eux ?

Pour moi, c’est la même chose qui est à l’œuvre, lorsque je demande son mail à un collègue de boulot et qu’il me donne le mail professionnel collectif qu’il partage avec cinq autres personnes.

Une façon de fermer la porte.

Moi je m’en fiche, j’ai un trou en forme de cœur sur mes volets…

Et je crois que je vais bannir le mot «overbookée» de mon vocabulaire.

Ecrivain, en 2017 ?

Ecrivain, en 2017

Ecrivain, quel mot !

Mais je vous l’avais promis et le voilà, l’article où je reviens sur mon premier salon du livre… J’y évoquerai aussi – brièvement – les maisons d’édition et la rémunération des auteurs…

J’avoue que depuis que je suis en âge de me croire capable d’écrire un livre en entier, je considère le métier d’écrivain avec une naïveté poétique. Je trimballe dans mon imaginaire des représentations surannées, l’écrivain attablé à son bureau ou à la table de sa salle à manger, l’écrivain cherchant l’inspiration en déambulant dans des paysages de bord de mer, l’écrivain plongé dans les intrigues de ses personnages tard dans la nuit. Toujours solitaire, toujours frappé de la grâce de l’artiste, un génie en quelque sorte, dont les mots sont suffisamment forts et profonds pour qu’il puisse vivre de son art… D’ailleurs il est des lieux que j’associe irrésistiblement au métier d’écrivain. La maison de la photo est de ceux-là, une demeure d’écrivain dans mon imaginaire… Elle est à la mesure de l’immensité que je place dans l’Ecrivain. Rien que le mot est gigantesque. En ce qui me concerne, j’ai beau écrire depuis des mois voire des années, j’ai le plus grand mal à me qualifier d’écrivain. Quel grand mot pour le peu que je fais des mots. Si j’arrive un jour au bout d’un roman, alors peut-être je serai plus que «juste quelqu’un qui écrit un peu»…

Mais revenons à la réalité, bien moins romantique vous vous en doutez.

Il y a presque trois semaines, je me suis rendue à un « salon du livre » à Trets (petite ville à trois-quart d’heure de Marseille). J’en parlais et je promettais d’y revenir dans un article.

Ce dimanche matin là, donc, assez tôt – trop tôt pour un dimanche matin – j’ai pris ma voiture, vérifié l’adresse sur mon smartphone, programmé le GPS, et je suis partie comme on part à l’aventure. De cette journée, je n’attendais rien d’autre que les rencontres que je pourrais y faire. J’allais représenter un livre collectif auquel j’avais participé (Les femmes nous parlent), et pour lequel les droits d’auteurs sont reversés à des associations de défense des femmes. Aucun enjeu financier, donc. Aucun enjeu d’orgueil non plus. Juste une journée pour discuter avec d’autres auteurs, rencontrer un éditeur en vrai, parler de mon blog éventuellement…

Quand je suis arrivée à Trets, le centre-ville était bouclé pour cause de fête de printemps. Premier obstacle. Le GPS recalcule et je poursuis ma route. Au deuxième virage, je me retrouve sur une route de terre, les trottoirs impraticables, de gros travaux en cours. Un instant je me demande où je suis. En bonne marseillaise j’ai déjà une sensation de ruralité extrême dès que je sors de ma ville, alors quand les rues d’un « centre-ville » n’ont plus de goudron, tous mes repères se trouvent presque anéantis… Lorsque mon GPS m’annonce que je ne suis plus qu’à 600 mètres de mon point d’arrivée, en bonne marseillaise, je me gare à la première belle place venue. (Mais vous allez voir, le réflexe « il y a une place je me gare et je finis à pied », si c’est redoutablement efficace à Marseille, ça l’est beaucoup moins à Trets.)

Je descends de ma voiture. Il est 9h10. Je suis attendue à 9h30. Autour de moi, une zone pavillonnaire où de petites maisons s’égrènent en face d’une paire de terrains de basket. Dans la rue, pas un chat. Il fait froid – comme d’ordinaire on perd presque dix degrés en sortant de la pollution urbaine. Je perçois un reste de brume matinale à la cime des arbres et dans les bosquets des jardins. Smartphone en main, j’avance vers mon but. Un peu plus loin dans la rue une femme suivie d’un homme traîne une valise à roulettes. Je songe que la valise est peut-être pleine de livres… Au croisement suivant, ils ont disparus. D’après mon téléphone, ma cible est là, au milieu du chemin de terre en face de moi. Improbable, même pour un salon du livre à Trets ! Je suis dans la bonne rue, mais la vérité est ailleurs, plus loin. Dois-je prendre à gauche ou à droite ? Je choisis au hasard le côté qui semble se rapprocher du centre, selon le plan partiel dont je dispose il y a une école et une crèche à côté de la salle où se déroule le salon. Seule, j’avance en scrutant les panneaux. A nouveau, je doute, comme tout à l’heure en conduisant sur la terre nue. Mais qu’est ce que je fais là ?

Finalement je trouve la place, le parking puis la salle. A l’intérieur, ça s’installe, ça papote, ça se retrouve. J’entre et mes yeux dessinent des cercles autour de moi. Une personne vient me parler. Un organisateur. Ouf. Il me montre « mon éditeur », je me présente. « C’est ton premier salon ? »

Plus tard dans la journée nous rirons de la crainte dans mes yeux à ce moment là…

Les minutes du début s’étalent et les présentations aussi. Je les regarde s’installer. Ouvrir leurs valises pleines de livres et installer minutieusement leur « stand ». Je sors juste mes cartes de visites et un stylo (pour les « dédicaces », rires).

A ma droite, elle défend son premier roman « Pauline et le hussard ». A ma gauche, elle a déjà plusieurs livres à son actif, un petit livre de citations, plusieurs ouvrages de littérature de jeunesse, et le recueil collectif de nouvelles Les femmes nous parlent. De l’auto-édition et de l’édition classique, parmi lesquelles une petite maison d’édition qui a fermé (et donc un livre à faire rééditer)… Jacques, qui porte les éditions Phénix d’Azur, a les yeux qui pétillent quand il parle des livres, ceux qu’il montre et ceux à venir. Une vraie belle personnalité bien éloignée de l’image que je me faisais de l’éditeur. Pourtant, c’est une triste réalité, loin des gros blogbusters de l’édition et leurs bureaux au sol jonché de manuscrits, les petites maisons d’édition à taille humaine peinent à survivre. Si vous voulez aider Phénix d’Azur éditions qui s’engage – entre autre – pour l’égalité hommes femmes, je vous invite à aller faire un tour sur la campagne de financement Ulule avant le 27 avril…

Revenons à notre salon. La journée démarre et les visiteurs sont rares. Une conjecture d’éléments explique peut-être la faible fréquentation, la pluie, le changement de lieu par rapport aux années précédentes, la communication incomplète (les banderolles qui devaient être affichées en ville sont restées roulées à la mairie faute de personnel municipal disponible le vendredi après-midi pour les poser). Pour moi, c’est l’absence d’animation sur le lieu du salon qui pose problème. Qui vient volontairement se faire signer des livres que personne ne connaît par des auteurs que personne ne connaît ?

Malgré l’absence de public, pourtant, je n’ai pas ressenti l’ennui. J’ai discuté, beaucoup, un peu surfé et lu sur mon portable, et surtout, je suis rentrée chez moi avec l’envie de reprendre le travail sur mon roman – bon par contre je n’ai toujours pas gagné d’heures supplémentaires sur mes journées pour m’y remettre…

Ma voisine de gauche s’étonnait, le matin, que j’ai pu venir passer une journée à poireauter dans un salon sans la perspective du moindre euro dans ma poche. Mais la journée avançant, j’ai finalement apprécié d’être venue sans me faire la moindre illusion. Parce que clairement on est nombreux à avoir fait du bénévolat ce jour là !

D’ailleurs, à ceux qui pensent ou disent « ah oui, tu as écrit un livre, ça va, tranquille, tout va bien pour toi ! » (petite anecdote de ma voisine de droite), sachez que la rémunération d’un auteur, c’est environ un euro par livre vendu… Trois euros s’il vend en direct et qu’il récupère la marge libraire. Pas de quoi faire des folies quand dans un salon comme celui de mon «baptême» on vend sur la journée un, deux ou trois livres (voire zéro) !

Une de mes collègues de ce jour m’a raconté ce mot d’auteur : «  Si tu veux travailler sur ton ego, tu te places dans un salon du livre juste à côté de Marc Lévy ». Pour moi, participer à un salon du livre où l’on trouve Marc Lévy serait déjà une belle avancée…

D’autant plus qu’avec la perspective d’augmenter mes heures de travail l’an prochain, je suis en train de revoir mes priorités. Je continuerai à peindre, à avancer sur mes projets d’albums jeunesse, et à publier sur mon blog. Mais poursuivre mon roman, je ne sais pas si j’y parviendrai.

En même temps, si mon but c’est d’écrire pour être un peu lue… j’ai mon blog. Direct, gratuit, bloguer c’est échanger avec le monde entier. Alors pour moi, écrire en 2017, c’est peut-être juste le faire ici… Affaire à suivre.

Ecoute, j’écris…

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Ceux qui me connaissent – un peu – ou qui me lisent – beaucoup – savent que j’écris passionnément… Tous les jours ou presque. Que l’écriture a pris dans ma vie une place que je ne croyais pas libre. Différents projets s’égrènent, entre les écrits de mon blogs, vifs et distrayants, et la laborieuse écriture d’un roman. Le temps disparaît dans le quotidien, et les minutes de creux, précieuses, s’enrobent de bruits ambiants. Musique, jouets, pleurs, disputes, télé… Pas facile alors de se concentrer sur les mots et la mélodie des phrases.

Pour écrire malgré tout j’ai trouvé ma solution : l’écoute de musique « nature », pluie, bruits de cascade ou rivière chantante. Ce « bruit blanc » dans les oreilles me coupe de l’environnement sonore de la maison. Rien à voir avec la musique, même classique, qui m’oblige à la suivre exclusivement. Le bruit blanc est au contraire une bonne alternative au silence, enrobant et un peu enivrant. Et je sors toujours de ces sessions d’écriture un peu étourdie.

Par contre je n’ai pas encore trouvé comment lutter contre la procrastination face à la feuille blanche…

Et vous, avez-vous des astuces d’écriture au quotidien ?

Routine matinale version 1

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La musique adoucit les moeurs

Ce matin là, ça partait mal… Les premières phrases de ma fille avaient été : «Non pas maman.» «Moi je t’aime pas. » «Tu es une vilaine maman.»

Ça aurait pu finir dans les cris, comme .

Le petit déjeuner entamé dans la tension, je commençais à me sentir dépassée. Lorsque je me suis entendue leur dire que leur père pouvait les déposer à l’école à 7h si je ne leur convenais pas le matin, j’ai pris une autre bifurcation.

« Je mets de la musique, c’est moi qui choisis. »

J’ai mis du Slam, le premier album de Grand Corps Malade, et j’ai retrouvé mes sensations oubliées d’avant eux. Ils ont écouté, silencieux.

Puis ils m’ont demandé leurs chansons fétiches du moment, La croisade des enfants et La maman des poissons. Ensuite mon fils a quémandé de l’opéra. Et j’ai enchaîné sur Les quatre saisons de Vivaldi. L’hiver. On a fini le petit déjeuner. Le printemps. On s’est habillé. L’été. On s’est brossé les dents et on a terminé nos préparatifs. L’été s’est terminé quand on mettait nos chaussures. Ce matin là il n’y eut ni cri ni énervement. Juste nous et nos grands écarts musicaux.

Dans la version 0 de la routine matinale, j’affirmais que tous les matins c’est le même refrain. Mais heureusement les habitudes peuvent aussi se réinventer…

Et chez vous ?

Routine matinale version 0

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Tous les matins c’est le même refrain. Se réveiller, les réveiller. Boire son café. Les convaincre de venir s’asseoir à la table… des négociations. Discuter chaque ingrédient à ingurgiter. «Juste un petit bout.» «Tu vas avoir faim.» «Encore un peu.» S’habiller. Les presser de finir leur petit déjeuner. Se maquiller. Les habiller. Les presser encore un peu. Faire son sac. Imposer le passage aux toilettes. Vérifier la liste des choses à faire dans la matinée. Brosser les dents. Interrompre le jeu entamé. «Rangez un peu.» Leur dire de mettre leurs chaussures. «Je sais que vous voulez encore jouer mais c’est l’heure.» Demander de mettre le pull. Faire son thermos de thé. Mettre les chaussures à la plus petite. Au plus grand : «Mais tu n’as mis qu’une seule chaussure depuis tout ce temps ?» Sortir les manteaux. Leur dire de les mettre. A la plus petite : «En faisant le papillon.» «Non maman je mets comme ça !» La regarder se contorsionner et râler. Mettre ses chaussures. Remonter les fermetures éclair. Mettre son manteau. Leur enfiler les gants. Attraper son sac et le hisser sur son dos. Se remémorer où est la voiture. Leur dire de descendre les escaliers sans crier. Aller jusqu’à l’école en poussant l’un et en tirant l’autre. «Dépêche toi.» «Marche plus vite.» «Allez !» Dire au revoir, envoyer des bisous, dire à la petite de dire au revoir, d’envoyer des bisous. Repartir au pas de course. «Maman je veux les bras.» Négocier plus ou moins pour qu’elle marche. Rejoindre la voiture. Aller jusqu’au jardin d’enfant dans la circulation matinale. Essayer de s’approcher. Ne pas trouver de place. Vérifier qu’il n’y a pas la police municipale. Se garer jeter où l’on peut. Courir sur le trottoir. Essayer de rendre cela amusant. Etre soulagée de trouver la porte encore ouverte – pas de regard désapprobateur ce matin sur la mère encore en retard. Traverser la cour le plus vite possible tout en récitant le menu du jour lu en trois secondes. Enlever le manteau, faire un énorme câlin, dire qui vient ce soir. Ressortir en regardant l’heure et en pressant le pas. Remonter dans sa voiture.

Maintenant la journée peut commencer…

Maman tu cries très fort !

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J’avais annoncé () que la culpabilité était bannie de ma vie de mère. Mais vous le savez, elle n’est jamais très loin, elle se planque derrière la moindre de nos faiblesses – la garce ! Et quand ce sont nos enfants qui pointent nos défauts, c’est parfois drôle (vive l’auto-dérision) et souvent un peu – voire très – douloureux…

 

La semaine dernière, j’ai crié – je devrais dire hurlé – une fois de plus. C’était le matin, nous étions – comme d’habitude – en retard sur l’horaire qui m’assurerait d’être à l’heure à mon travail. Je leur avais dit de mettre leurs chaussures, puis j’avais préparé mon sac, mon thé, mon repas. Les chaussures n’étaient toujours pas mises. Je leur avais demandé de mettre leurs pulls, et leurs manteaux, tout en enfilant mes chaussures et en n’oubliant pas le sac du goûter, les clés de la voiture, le portable. Je lui avais dit de mettre ses gants en fermant le manteau de sa sœur. Il avait hésité, cherché, tatonné. «Mets tes gants !» «METS TES GANTS ! MAINTENANT !»

Quelques minutes plus tard, la colère était partie, alors de sa toute petite voix si douce, ma fille m’a dit : «Tu as crié vraiment très fort maman. Je veux que tu cries moins fort.» Oups. J’ai promis de faire des efforts.

 

Déjà quelques jours avant, j’avais raconté au repas du soir que j’avais crié sur mes élèves – ils n’arrivaient pas à faire un exercice de maths réalisé déjà de nombreuses fois et j’ai « craqué ». Le jugement de mon fils – 5 ans – a été sans appel : «  Mais maman ! Tu ne dois pas t’énerver contre eux ! Tu es leur maîtresse tu dois être gentille avec eux !

– Ah parce que ta maîtresse ne crie pas ?

– Jamais ! Ma maîtresse elle ne nous crie jamais dessus ! »

Un peu plus tard, j’ai eu l’explication complète : «Des fois elle se fâche, et elle nous punit. Mais elle ne nous crie jamais dessus…»

 

Il ne me reste plus qu’à présenter mes respects à la maîtresse de mon fils. Et à essayer de m’améliorer, comme maîtresse, et comme maman…

Peut-être prendre exemple sur la maman des poissons