Septembre…

134 Septembre

J’adore septembre. Son énergie. Son renouveau, son retour à la vie quotidienne. Année après année la rentrée demeure un moment exaltant. Professionnelle, littéraire, culturelle.

La vie urbaine bat à nouveau, on sort de la paresseuse torpeur estivale. Le repos devenu ennui se barre au moment où le goudron revient sous nos pieds – cette année la chaleur a aussi disparu dans la foulée.

En tant que professeur des écoles, le mois de septembre c’est aussi un travail intense. Cette année en particulier, puisque j’ai changé de poste, et malgré mon anticipation – préparation de la rentrée à partir du 16 août – je me suis sentie submergée jusqu’à… maintenant.

Enfin… je recommence à écrire, à dessiner, à rêver éveillée d’autre chose que du collège. J’émerge de mes eaux tumultueuses et je retrouve le plaisir d’être ici.

Peut-être qu’un de ces quatre je prendrai le temps de mettre à jour mon profil et d’alimenter ma page facebook.

Je vous dis, alors, à très bientôt…

« Smaïl le gardien du phare de Planier » primé !

bateau-14

Je vous en avais parlé , le film réalisé avec les jeunes de l’IME où je travaille faisait partie de la sélection officielle du concours Je filme le métier qui me plaît, la cérémonie de remise des prix avait lieu la semaine dernière… et le film a obtenu un Clap de Bronze (comme 140 autres films, parmi les 614 de la sélection officielle).

Toute l’équipe et les jeunes qui ont travaillé sur ce projet sont très fiers.

Si vous voulez voir le palmarès, c’est ici, pour (re)voir certains films, c’est (il y a une zone de recherche). Le film « Smaïl le gardien du phare de Planier » est toujours .

 

Avant de vous laisser, voici quelques uns de mes films préférés du concours :

Empreinte (Clap d’Or)

Tutu vas voir ! (Clap de la communication)

Etre écrivain (Clap de bronze)

 

A très bientôt ! (J’espère écrire un peu plus ici au mois de juin… avant le ralentissement de rythme estival…)

Ces gens trop overbookés pour répondre à vos mails

Ces gens trop overbookés pour répondre à vos mails

C’est une expérience récente qui m’a inspiré cet article. Pour couper court à l’imagination de certain(e)s, je ne parle pas ici des copines qui n’ont pas le temps de répondre à un mail amical, celles-là sont toutes excusées… Non, je parle des personnes avec qui j’ai un lien professionnel – donc un intérêt commun à travailler ensemble – mais qui sont tellement mais alors tellement overbookées qu’elles ne peuvent pas répondre à mes mails…

J’ai essayé d’être compréhensive. J’ai mis les formes pour insister sans harceler. J’ai proposé de me déplacer un midi sur ma pause déjeuner – aucune réponse.

Aucune réponse quand on prépare un événement pour dans moins de trois semaines, cela n’envoie pas les bons signaux…

Puis j’ai attendu – que pouvais-je faire d’autre ? J’ai attendu, donc, trois jours et demi – autant dire une éternité dans ces circonstances – pour avoir un retour sur des flyers pour une expo. J’y avais passé du temps, plusieurs heures de mon week-end. Et pour être tout à fait honnête, j’ai vécu l’absence de réponse, et le contenu des réponses tardives, comme du mépris.

Dans un contexte où le temps était clairement compté, nous avons fini par échanger quand même par mail. Mais vous l’avez probablement vécu aussi, ces échanges par écrit ont leurs limites, surtout quand les relations se tendent pour quelque raison que ce soit. A chaque phrase les incompréhensions semblent s’accentuer. « Coupons court », me suis-je dis. J’ai proposé une conversation téléphonique sur le mode j’aimerais t’appeler mais je n’ai pas ton numéro de téléphone… A deux semaines et deux jours de l’événement.

J’ai attendu six jours.

Visiblement, quand on est trop overbooké pour répondre aux mails, on est aussi trop overbooké pour filer son 06…

Bon, je vous rassure, j’ai quand même eu une réponse – par mail, faut pas pousser, pas le temps de décrocher son téléphone – au bout de six jours… pour annuler l’expo (à dix jours de la date prévue initialement, sans être du tout d’accord sur la forme et sur le fond des flyers, ce n’était pas une énorme surprise non plus).

De cette petite histoire tellement commune, je veux juste tirer une leçon de vie.

Nous avons tous des vies de dingues. On a un boulot, des enfants, une famille, un repas à préparer le soir, on est fatigué, on attend les vacances, on n’a pas le temps. On est tous overbookés.

A quel point l’êtes-vous ?

Trop overbooké pour répondre aux sollicitations ? Pour filer son numéro ? Pour faire tout son boulot ? Pour faire bien son boulot ? Pour jouer avec ses enfants ? Pour faire l’amour avec son conjoint ? Pour être sympathique ? Pour sourire ? Pour vivre ?

A quel point on se ferme aux autres, à leur univers à leurs propositions à leurs demandes et aux échanges qu’on pourrait avoir avec eux ?

Pour moi, c’est la même chose qui est à l’œuvre, lorsque je demande son mail à un collègue de boulot et qu’il me donne le mail professionnel collectif qu’il partage avec cinq autres personnes.

Une façon de fermer la porte.

Moi je m’en fiche, j’ai un trou en forme de cœur sur mes volets…

Et je crois que je vais bannir le mot «overbookée» de mon vocabulaire.

Ecrivain, en 2017 ?

Ecrivain, en 2017

Ecrivain, quel mot !

Mais je vous l’avais promis et le voilà, l’article où je reviens sur mon premier salon du livre… J’y évoquerai aussi – brièvement – les maisons d’édition et la rémunération des auteurs…

J’avoue que depuis que je suis en âge de me croire capable d’écrire un livre en entier, je considère le métier d’écrivain avec une naïveté poétique. Je trimballe dans mon imaginaire des représentations surannées, l’écrivain attablé à son bureau ou à la table de sa salle à manger, l’écrivain cherchant l’inspiration en déambulant dans des paysages de bord de mer, l’écrivain plongé dans les intrigues de ses personnages tard dans la nuit. Toujours solitaire, toujours frappé de la grâce de l’artiste, un génie en quelque sorte, dont les mots sont suffisamment forts et profonds pour qu’il puisse vivre de son art… D’ailleurs il est des lieux que j’associe irrésistiblement au métier d’écrivain. La maison de la photo est de ceux-là, une demeure d’écrivain dans mon imaginaire… Elle est à la mesure de l’immensité que je place dans l’Ecrivain. Rien que le mot est gigantesque. En ce qui me concerne, j’ai beau écrire depuis des mois voire des années, j’ai le plus grand mal à me qualifier d’écrivain. Quel grand mot pour le peu que je fais des mots. Si j’arrive un jour au bout d’un roman, alors peut-être je serai plus que «juste quelqu’un qui écrit un peu»…

Mais revenons à la réalité, bien moins romantique vous vous en doutez.

Il y a presque trois semaines, je me suis rendue à un « salon du livre » à Trets (petite ville à trois-quart d’heure de Marseille). J’en parlais et je promettais d’y revenir dans un article.

Ce dimanche matin là, donc, assez tôt – trop tôt pour un dimanche matin – j’ai pris ma voiture, vérifié l’adresse sur mon smartphone, programmé le GPS, et je suis partie comme on part à l’aventure. De cette journée, je n’attendais rien d’autre que les rencontres que je pourrais y faire. J’allais représenter un livre collectif auquel j’avais participé (Les femmes nous parlent), et pour lequel les droits d’auteurs sont reversés à des associations de défense des femmes. Aucun enjeu financier, donc. Aucun enjeu d’orgueil non plus. Juste une journée pour discuter avec d’autres auteurs, rencontrer un éditeur en vrai, parler de mon blog éventuellement…

Quand je suis arrivée à Trets, le centre-ville était bouclé pour cause de fête de printemps. Premier obstacle. Le GPS recalcule et je poursuis ma route. Au deuxième virage, je me retrouve sur une route de terre, les trottoirs impraticables, de gros travaux en cours. Un instant je me demande où je suis. En bonne marseillaise j’ai déjà une sensation de ruralité extrême dès que je sors de ma ville, alors quand les rues d’un « centre-ville » n’ont plus de goudron, tous mes repères se trouvent presque anéantis… Lorsque mon GPS m’annonce que je ne suis plus qu’à 600 mètres de mon point d’arrivée, en bonne marseillaise, je me gare à la première belle place venue. (Mais vous allez voir, le réflexe « il y a une place je me gare et je finis à pied », si c’est redoutablement efficace à Marseille, ça l’est beaucoup moins à Trets.)

Je descends de ma voiture. Il est 9h10. Je suis attendue à 9h30. Autour de moi, une zone pavillonnaire où de petites maisons s’égrènent en face d’une paire de terrains de basket. Dans la rue, pas un chat. Il fait froid – comme d’ordinaire on perd presque dix degrés en sortant de la pollution urbaine. Je perçois un reste de brume matinale à la cime des arbres et dans les bosquets des jardins. Smartphone en main, j’avance vers mon but. Un peu plus loin dans la rue une femme suivie d’un homme traîne une valise à roulettes. Je songe que la valise est peut-être pleine de livres… Au croisement suivant, ils ont disparus. D’après mon téléphone, ma cible est là, au milieu du chemin de terre en face de moi. Improbable, même pour un salon du livre à Trets ! Je suis dans la bonne rue, mais la vérité est ailleurs, plus loin. Dois-je prendre à gauche ou à droite ? Je choisis au hasard le côté qui semble se rapprocher du centre, selon le plan partiel dont je dispose il y a une école et une crèche à côté de la salle où se déroule le salon. Seule, j’avance en scrutant les panneaux. A nouveau, je doute, comme tout à l’heure en conduisant sur la terre nue. Mais qu’est ce que je fais là ?

Finalement je trouve la place, le parking puis la salle. A l’intérieur, ça s’installe, ça papote, ça se retrouve. J’entre et mes yeux dessinent des cercles autour de moi. Une personne vient me parler. Un organisateur. Ouf. Il me montre « mon éditeur », je me présente. « C’est ton premier salon ? »

Plus tard dans la journée nous rirons de la crainte dans mes yeux à ce moment là…

Les minutes du début s’étalent et les présentations aussi. Je les regarde s’installer. Ouvrir leurs valises pleines de livres et installer minutieusement leur « stand ». Je sors juste mes cartes de visites et un stylo (pour les « dédicaces », rires).

A ma droite, elle défend son premier roman « Pauline et le hussard ». A ma gauche, elle a déjà plusieurs livres à son actif, un petit livre de citations, plusieurs ouvrages de littérature de jeunesse, et le recueil collectif de nouvelles Les femmes nous parlent. De l’auto-édition et de l’édition classique, parmi lesquelles une petite maison d’édition qui a fermé (et donc un livre à faire rééditer)… Jacques, qui porte les éditions Phénix d’Azur, a les yeux qui pétillent quand il parle des livres, ceux qu’il montre et ceux à venir. Une vraie belle personnalité bien éloignée de l’image que je me faisais de l’éditeur. Pourtant, c’est une triste réalité, loin des gros blogbusters de l’édition et leurs bureaux au sol jonché de manuscrits, les petites maisons d’édition à taille humaine peinent à survivre. Si vous voulez aider Phénix d’Azur éditions qui s’engage – entre autre – pour l’égalité hommes femmes, je vous invite à aller faire un tour sur la campagne de financement Ulule avant le 27 avril…

Revenons à notre salon. La journée démarre et les visiteurs sont rares. Une conjecture d’éléments explique peut-être la faible fréquentation, la pluie, le changement de lieu par rapport aux années précédentes, la communication incomplète (les banderolles qui devaient être affichées en ville sont restées roulées à la mairie faute de personnel municipal disponible le vendredi après-midi pour les poser). Pour moi, c’est l’absence d’animation sur le lieu du salon qui pose problème. Qui vient volontairement se faire signer des livres que personne ne connaît par des auteurs que personne ne connaît ?

Malgré l’absence de public, pourtant, je n’ai pas ressenti l’ennui. J’ai discuté, beaucoup, un peu surfé et lu sur mon portable, et surtout, je suis rentrée chez moi avec l’envie de reprendre le travail sur mon roman – bon par contre je n’ai toujours pas gagné d’heures supplémentaires sur mes journées pour m’y remettre…

Ma voisine de gauche s’étonnait, le matin, que j’ai pu venir passer une journée à poireauter dans un salon sans la perspective du moindre euro dans ma poche. Mais la journée avançant, j’ai finalement apprécié d’être venue sans me faire la moindre illusion. Parce que clairement on est nombreux à avoir fait du bénévolat ce jour là !

D’ailleurs, à ceux qui pensent ou disent « ah oui, tu as écrit un livre, ça va, tranquille, tout va bien pour toi ! » (petite anecdote de ma voisine de droite), sachez que la rémunération d’un auteur, c’est environ un euro par livre vendu… Trois euros s’il vend en direct et qu’il récupère la marge libraire. Pas de quoi faire des folies quand dans un salon comme celui de mon «baptême» on vend sur la journée un, deux ou trois livres (voire zéro) !

Une de mes collègues de ce jour m’a raconté ce mot d’auteur : «  Si tu veux travailler sur ton ego, tu te places dans un salon du livre juste à côté de Marc Lévy ». Pour moi, participer à un salon du livre où l’on trouve Marc Lévy serait déjà une belle avancée…

D’autant plus qu’avec la perspective d’augmenter mes heures de travail l’an prochain, je suis en train de revoir mes priorités. Je continuerai à peindre, à avancer sur mes projets d’albums jeunesse, et à publier sur mon blog. Mais poursuivre mon roman, je ne sais pas si j’y parviendrai.

En même temps, si mon but c’est d’écrire pour être un peu lue… j’ai mon blog. Direct, gratuit, bloguer c’est échanger avec le monde entier. Alors pour moi, écrire en 2017, c’est peut-être juste le faire ici… Affaire à suivre.

La règle du 20/40/40

La règle du 20 40 40

C’est une phrase anodine, incrustée dans ma tête et devenue un moyen de décoder des comportements. Lâchée au détour d’une conversation par l’ancien directeur de mon IME, une vérité issue de son expérience de manager – du moins est-ce ainsi que je l’ai entendue : «Dans un groupe de personnes, il y en a 20% qui s’impliquent dans les projets, 40% qui attendent de voir ce que ça donne avant de bouger, et 40% qui quoi qu’il arrive ne bougeront jamais. Les pourcentages peuvent varier un peu, mais le principe reste le même.»

Cela m’a rappelé ce que j’avais lu dans L’encyclopédie du savoir relatif et absolu de Bernard Werber au sujet des rats. Dans un groupe de rats, il y a systématiquement des dominants et des dominés dans des proportions semblables, et ce quel que soit le groupe de départ. Même en ne prenant que des dominants – ou que des dominés – l’équilibre se reconstitue toujours avec les mêmes rapports entre dominants et dominés. Dans les sociétés humaines, c’est pareil. Quel que soit le groupe, ses actions et son contexte, la règle du 20/40/40 semble s’appliquer. D’ailleurs les mots de mon directeur m’ont rappelé ce que j’avais observé dans l’Association des Parents d’Elèves de l’école de mon fils. Il n’y en a toujours qu’un certain pourcentage qui se bouge sur un événement, pas toujours les mêmes selon les moments et les relations dans le groupe, mais en nombre comparable par rapport à la totalité…

Vous en voulez plus ? Quelques éléments ici sur les niveaux d’implication dans un groupe et sur la règle du 1% régissant la participation dans une communauté en ligne (ici on est dans le 1/9/90 !).

J’avoue que cette « trouvaille » n’est pas d’un intérêt majeur, mais en ce qui me concerne, elle m’aide à surmonter mes difficultés à appréhender le fonctionnement des groupes d’adultes…

J’y ai même pensé pendant nos vacances à la neige, quand il ne restait que 20% de neige sur 40% de glace et 40% de terre !

En ce moment, à mon travail…

Tag Escat

Les montagnes russes des émotions répondent à une mécanique étrange… Ou c’est que la joie inondant mon cœur peut braver les tempêtes les plus violentes.

Avant-hier encore j’étais paumée. Je ne savais pas si je voulais rester ou tenter de partir.

J’ai essayé de prendre de la distance et de peser mentalement le poids des éléments. J’ai rédigé un tableau en deux colonnes et contre toute attente la liste de positif dépassait celle de négatif.

Alors j’ai décidé de laisser un an de plus la chance à ce lieu de se rapprocher de ce qu’il pourrait être, pour moi.

Sans surprise j’ai été rassurée par ma décision, emplie de bonheur et de rire toute la journée d’hier…

Avant de retomber, jeudi prochain peut-être, je publie cette chanson. Ecrite il y a quelques semaines quand on avait encore un directeur dynamique et enjoué, plein d’espoir et d’optimisme. Ecrite quand l’avenir était lumineux et certain. Ecrite avant.

 

Elle suit le thème de la chanson de La Petite Sirène « Sous l’océan », elle était ma réponse aux discours sombres…

 

Le roseau est toujours plus vert

Dans l’IME d’à côté

Toi qui voudrais y prendre l’air

Ce serait une calamité !

 

Regarde bien le monde qui t’entoure

Dans l’IME de Périer

On fait carnaval tous les jours

Mieux tu ne pourras pas trouver !

 

Au Centre Escat, au Centre Escat

Promis c’est bien mieux

Tout le monde est heureux

Au Centre Escat

Chez nous on n’est pas cent cinquante

Allez hisse-toi en haut de notre pente

Presqu’une famille

Même quand ça vrille

Le Centre Escat

 

Chez nous on invente, on cuisine

On construit et on fabrique

On a notre journal, on jardine

On fait du sport, de la musique

 

On s’épanouit en peinture

Et on écrit même des livres

On fait des sorties en nature

Ici on apprend à vivre

 

Au Centre Escat, au Centre Escat

Vraiment c’est le mieux

Tout le monde est heureux

Au Centre Escat

Ailleurs ils bossent tout l’été

Et en continu toute l’année

Mais nous on danse

Chaque vacances

Au Centre Escat

 

Au Centre Escat !

Au Centre Escat !

Au Centre Escat !

La vie est super

Voyons notre verre

A moitié plein

Oui, à moitié plein ! Hihi !

 

Maintenant regarde comme c’est chouette

Bientôt notre blog sur internet

On garde le rythme

C’est de la dynamite

Au Centre Escat !

 

(Le nuage de tags entièrement personnalisable, c’est sur Tagxedo, une application en ligne découverte par ma collègue professeur des écoles pour nos élèves. Ou comment s’amuser avec les mots…)

« Smaïl le gardien du Phare de Planier »

Phare de Planier

J’ai une chance immense : j’exerce un métier que j’adore. Je suis professeur des écoles spécialisée et je travaille dans un IME (Institut Médico Educatif) avec des adolescents en situation de handicap mental.

Peut-être qu’un jour j’écrirai plus longuement sur le handicap. Sur la différence entre l’idée qu’on s’en fait et la réalité du quotidien d’un IME. Ni peur, ni pitié ; chez ces jeunes je ne vois pas le handicap ou l’incapacité, je vois les humains qu’ils sont, leur singularité, leurs difficultés, la lumière qu’ils portent…

L’énergie que j’y mets, jour après jour, pèse parfois sur mes épaules. Mais surtout, je vis des moments de grâce. Le tournage du court métrage «Smaïl le gardien du Phare de Planier» est de ceux-là. Et cerise sur le projet, notre film fait partie de la sélection officielle du concours national Je filme le métier qui me plaît. Il est en ligne ici.

Si vous voulez soutenir les jeunes de l’IME vous pouvez noter le film, grâce à vous on gagnera peut-être le « Clap communication »… Et, promis, je vous tiendrai au courant de la suite, la cérémonie de remise des prix aura lieu le 23 mai prochain.

Routine matinale version 0

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Tous les matins c’est le même refrain. Se réveiller, les réveiller. Boire son café. Les convaincre de venir s’asseoir à la table… des négociations. Discuter chaque ingrédient à ingurgiter. «Juste un petit bout.» «Tu vas avoir faim.» «Encore un peu.» S’habiller. Les presser de finir leur petit déjeuner. Se maquiller. Les habiller. Les presser encore un peu. Faire son sac. Imposer le passage aux toilettes. Vérifier la liste des choses à faire dans la matinée. Brosser les dents. Interrompre le jeu entamé. «Rangez un peu.» Leur dire de mettre leurs chaussures. «Je sais que vous voulez encore jouer mais c’est l’heure.» Demander de mettre le pull. Faire son thermos de thé. Mettre les chaussures à la plus petite. Au plus grand : «Mais tu n’as mis qu’une seule chaussure depuis tout ce temps ?» Sortir les manteaux. Leur dire de les mettre. A la plus petite : «En faisant le papillon.» «Non maman je mets comme ça !» La regarder se contorsionner et râler. Mettre ses chaussures. Remonter les fermetures éclair. Mettre son manteau. Leur enfiler les gants. Attraper son sac et le hisser sur son dos. Se remémorer où est la voiture. Leur dire de descendre les escaliers sans crier. Aller jusqu’à l’école en poussant l’un et en tirant l’autre. «Dépêche toi.» «Marche plus vite.» «Allez !» Dire au revoir, envoyer des bisous, dire à la petite de dire au revoir, d’envoyer des bisous. Repartir au pas de course. «Maman je veux les bras.» Négocier plus ou moins pour qu’elle marche. Rejoindre la voiture. Aller jusqu’au jardin d’enfant dans la circulation matinale. Essayer de s’approcher. Ne pas trouver de place. Vérifier qu’il n’y a pas la police municipale. Se garer jeter où l’on peut. Courir sur le trottoir. Essayer de rendre cela amusant. Etre soulagée de trouver la porte encore ouverte – pas de regard désapprobateur ce matin sur la mère encore en retard. Traverser la cour le plus vite possible tout en récitant le menu du jour lu en trois secondes. Enlever le manteau, faire un énorme câlin, dire qui vient ce soir. Ressortir en regardant l’heure et en pressant le pas. Remonter dans sa voiture.

Maintenant la journée peut commencer…

C’est beau une chambre d’enfant

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Un jour, je suis rentrée dans la chambre de mes enfants, c’était le milieu de la journée, ils n’étaient pas là. Les jouets rangés. L’air muet. Les avions et les papillons suspendus dans le ciel silencieux. La douceur et les rires en creux.

Je me suis dit « C’est beau une chambre d’enfant… rangée. »

J’ai noté cette phrase dans mon carnet… J’ai photographié la vitrine qui fait l’en-tête d’aujourd’hui… Je ne sais plus dans quel ordre. Puis le temps est passé. Je fonctionne souvent ainsi pour les articles de mon blog ; une idée née d’un instant vit dans ma mémoire puis fleurit quand les conditions s’y prêtent…

Parmi les blogs que je suis, en l’espace de trois jours la semaine dernière, j’ai lu « une chambre d’enfant » (des mots poétiques posés comme des gouttelettes de souvenirs enfantins), et puis cet autre article «Marre de ranger ? Ne rangez plus -)» qui m’a mené ici (Arrêtez de ranger, mieux vaut vivre dans le désordre). Une déculpabilisation inspirante pour tous ceux qui ne sont pas au top du rangement – comme moi.

Même si j’exhorte mes enfants à ranger leur chambre, avec une forte récurrence et une précision assez intense, j’avoue trouver les « mers de jouets » – dont parle entre autre le dernier article cité – d’une esthétique euphorique toute particulière.

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Au lancement de mon blog j’en avais même fait un logo.

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Je vous souhaite à tous – et à vos enfants – une belle semaine… qu’elle soit organisée ou bordélique.

L’autisme couleur grand bleu

L'autisme couleur grand bleu

Aujourd’hui, 2 avril, c’est la journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme. Une journée bleue. « Habillez-vous tous en bleu », disent-ils, ici et là.

Nos habits bleus, sur le sol de notre salon, prennent la forme de sphères flottantes. Ces bulles que j’imagine, parois invisibles entre « leur monde » et nous.

Il y a trois jours, quand France 2 faisait le lancement de sa « grande soirée » sur le thème de l’autisme, j’ai tenté d’expliquer à mon fils les images qu’il avait aperçues à la fin de son repas. Les mots défilent : langage, parole, handicap, différence, peur… Je me sens armée pour répondre à ses interrogations, apte à ouvrir son cœur, à l’emmener sur le chemin de la tolérance. « C’est mon métier, lui dis-je, j’ai des élèves qui sont autistes. » Alors je lui explique. Je me sens à l’aise. Et en même temps, pleine de questions, et sans aucune certitude.

Le jour où je « saurai », je n’aurai qu’à changer de métier…

En attendant, j’ai laissé vagabonder mon esprit sautillant, j’ai rêvé de poissons d’avril qui laissaient s’échapper des bulles, prisons de verre irisé. Et tout ce bleu, cet océan, ce monde du silence, comme Le Grand Bleu. Est-ce pour cela – pour le silence – qu’ils ont choisi le bleu pour la journée de l’autisme ?

Hier soir, mon fils s’est couché en parlant de poissons de papier collés dans le dos de sa maîtresse, et en demandant d’en fabriquer et d’en coller d’autres. Pour le coup, on colle au thème de la journée !

Ce sera une journée bleue, donc, chez nous.

Et l’occasion rêvée de vous parler de ce personnage, ce porte-parole de « l’Autistan », comme il aime lui-même se présenter : Josef Schovanev, philosophe, globe-trotteur, et autiste « Asperger ». Au fil des derniers mois, il est devenu en quelque sorte un représentant de l’autisme en France, une « personne ressource », un « exemple type », permettant aux non-initiés de se représenter ce qu’est l’autisme. Ses chroniques sur Europe 1, le dimanche juste avant midi, sont savoureuses, à chaque fois prétexte à s’interroger.

Mais, pour être confrontée, parmi d’autres handicaps, à l’autisme, je sais que Josef avec son syndrôme d’Asperger est un cas particulier. Dans la vraie vie, hors médias, il semblerait que la moitié, au moins, des autistes présentent aussi un retard mental. Les autistes de haut niveau nous « parlent » plus, ils sont plus proches de nous (au sens propre comme au sens figuré), mais ne devraient pas occulter tous les autres, moins « photogéniques » mais qui rencontrent, peut-être, de plus grandes difficultés dans la vie quotidienne… A méditer, donc…